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 La rivière sans retour

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Orsu
Matelot
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Messages : 106
Date d'inscription : 18/04/2014

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Nationalité: Pirate Pirate

MessageSujet: La rivière sans retour   Mar 10 Juin 2014 - 15:52

La rivière sans retour.

"Si tu peux supporter d’entendre tes paroles
Travesties par des gueux pour exciter des sots,
Et d’entendre mentir sur toi leurs bouches folles
Sans mentir toi-même d’un mot"
                                A lucette...

Le Maure fît signe à l'Espagnol de barrer à tribord.Il avait compris que la côte approchait.Tous ceux qui avaient l'habitude de ce genre de travail savaient que la plage était annoncée par le changement d'air.Une lourdeur faite d'humidité,de senteurs,de chaleur remplaçait brusquement la brise du large.
Le Sénault stoppa et couru lentement sur l'eau calme.La nuit était sombre,la mer presque immobile;vers la côte,les rouleaux devaient etre très légers,on entendait à peine leur sourd grondement.
Tant mieux,pensa Orsu,ce sera plus facile.
A mesure que l'obscurité diminuait,on pouvait deviner le Rio San Ruan charriant ses eaux bourbeuses,là;juste en face.Hélas,l'aube pointant,une mince et longue barre de sédiments d'une dizaine de toises de large se dévoila,bloquant tout passage.
Emilio désignait la rive:
"Acqui barra del Rio Sénores, Boca al norte"
On ne pouvait plus se permettre de finasser le jour se levant et de prendre le risque de tomber nez à nez avec quelques pirates qui infestaient ces eaux.Il fallait lui faire confiance et Orsu donna ses ordres en conséquence.
Le passage était bien là ou l'indien l'avait indiqué.Franchir le mascaret ne fût pas une partie de plaisir,mais,lorsque le soleil se leva réveillant d'un coup toute la selva,Brise de Mer remontait le Rio à l'abri des regards sous la canopée.
Suiii Suuuuiiiiiooouuuuuuuuuu
Suiii Suuuuiiiiiooouuuuuuuuuu
Les paypayos s'en donnaient à cœur joie saluant de leur chant puissant les intrus.Salut amical ou chargé de menaces?En sucrutant les visages de ses hommes,ces durs à cuire pourtant difficiles à impressionner,Orsu pouvait  lire toute une gamme de sentiments,de l'émerveillement à l'incrédulité en passant par l'anxiété,voir la peur.Seuls Emilio et le Maure semblaient parfaitement à leur aise.Le premier,les yeux scintillants chantait à voix basse une mélopée en langue tawira,le second,repliant son tapis de prière après la Salât,sachant depuis bien longtemps que son destin était entre les mains de son Créateur.
Dans ce dédale d'arroyos que formait maintenant le Rio qui descendait vers le sud,Emilo tel Ariane nous guidait avec une précision millimètrique.Son fil à lui était dans sa tête.Tous ses sens en éveil,il"lisait"la forêt tel un livre ouvert.L'inclinaison d'un acajou,la présence d'un arbre à gomme sauvage,le feulement d'un puma,toutes ces images,ces sons,ces odeurs insignifiantes pour nous etaient sources d'informations pour lui.
Orsu revoyait en lui son Oncle, Orsu Antone qui l'emmenait la nuit et qui lui"apprenait"le maquis,le passage des perdix,a Verde,dans l'Inzecca,la vie du Signari,ses habitudes.Il écoutait les yeux grands ouverts son oncle lui raconter l'histoire des six Giovannali,coupables d'avoir plus crus en Christ qu'en ses représentants,brulés vifs en invoquant le Seigneur"Christe Eleyson,Kyrie Eleison"aux six colombes qui se détachèrent du bucher et virent se poser sur les deux sommets,là même ou ils campaient et,lorsque du haut de ses huit ans il s'endormait,son Oncle le couvrait de son manteau.
Au deuxième jour de navigation,alors que le Rio remontait vers l'ouest après sa rencontre avec le Rio Colorado,Emilio semblait tendu et contrarié.La mangrove était silencieuse et l'équipage par mimétisme avec notre guide se mit à scruter la ligne de palétuviers l'arme à portée.On entendit au loin des coups de feu puis à nouveau la fôret s'anima.Bien plus tard,dans l'après-midi,c'est Otto qui l'aperçu en premier.Sur la rive.Au pied d'un grand arequier,un bébé porté sur sa poitrine et deux petites filles accrochées à ses jambes,une jeune mosquito à la longue chevelure noire,apeurée et traquée.C'était sans doute les survivants de l'arquebusade entendue plus tôt:un raid de zambos pour trouver des femmes probablement.Emilio et Orsu croisèrent leur regard.Longuement,intensement.Emilio retira son crucifix qu'il portait autour du coup,l'enroula soigneusement et le tendit à Orsu.Il se deshabilla et ne garda que son couteau.Otto arma le chien de ses pistolets.Orsu lui fit non de la tête.L'indien plongea et regagna la rive.Sans se retourner,il disparu dans la Selva avec sa nouvelle famille.
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