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 Andrew Tucker et le second bourru.

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Andrew Tucker
Mousse
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MessageSujet: Andrew Tucker et le second bourru.   Jeu 12 Juin 2014 - 17:43

Andrew Tucker:
 

Tandis que le silence de la nuit, rompu par l'énergie des marins à la manœuvre, berçait à nouveau les vagues du port de Tobago et alors que le bois régulièrement foulé savourait sa solitude nocturne, deux paires de bottes frappèrent le ponton où s'était amarré le Chip Breaker.
Un officier du port, posté non loin de là, s'amusa de voir qu'au dedans de la première paire se trouvait un grand homme aux larges épaules, vêtu d'amples guenilles et qui s'afférait dans le noir à tourner et retourner un papier qu'on pouvait soupçonner être une carte qu'il ne savait pas lire. Dans la seconde en revanche, un uniforme de corsaire anglais embrassait à la perfection l'allure élancée d'un corps de taille moyenne, une des rares possession du capitaine Andrew Tucker, fraîchement débarqué dans les caraïbes.

Les deux hommes restèrent ainsi figé quelques secondes, temps nécessaire à l'officier de voir dans la pénombre et au narrateur de raconter qu'il avait vu. L'élancé, alors même que son second tenait encore la carte à l'envers, marcha bientôt jusqu'à la jetée d'où il pu distinguer le son des bouteilles d'alcool, hilares à cette heure, qu'il préféra suivre. Sa démarche assurée prenait de vitesse son maladroit guide, lui le suivant dans une course folle de petits pas ridicules et faisant vaciller son regard entre l'objet dont il ne savait pas quoi faire et le chemin qu'il ne connaissait pas.

C'est dans cette taverne vers laquelle ils se dirigeaient, que le capitaine Andrew Tucker allait bientôt retrouver son contact de la Britannia Royal Naval College qui l'avait fait venir. C'est dans cette taverne aussi, qu'il allait se présenter aux autres capitaines ivres là bas et surtout, que commençait sa mission de corsaire de sa Majesté.

HRP:
 
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Andrew Tucker
Mousse
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MessageSujet: Re: Andrew Tucker et le second bourru.   Sam 14 Juin 2014 - 0:50

Quelques jours après que l'officier du port ai vu descendre d'un navire de course les deux paires de bottes anglaises dont nous n'avons décris que les contenus, le capitaine Tucker, accoudé au comptoir du rade qui avait été se première rencontre du nouveau monde, méditait. Son second, le grand gaillard maladroit, quant à lui avait retiré la majeure partie de son uniforme (qui l'avait gêné plus tôt lorsqu'il dansait ivre sur une table qui n'était pas la sienne) et ronflait désormais tandis qu'on lui faisait les poches. C'est alors que le patron, de l'autre côté du comptoir, se pencha vers Andrew en lui désignant le dormeur du doigt et lui demanda:
"Pourquoi lui ?"
Interrompu dans sa méditation, le capitaine sourit du coin des lèvres, regarda son interlocuteur et lui répondit:
"Quand il ne dort pas, il parle."

Et c'était vrai. Le bourru écoutait, répétait, déformait. C'était, en dehors du combat, sa principale qualité. Si sa taille et le nombre de ses victimes ne l'empêchaient pas d'être comparé à un enfant, il aurait pu l'être. Ses yeux curieux et ses oreilles attentives envoyaient au cerveau de l'homme des informations qu'il ne pouvait digérer que partiellement. Mais sa langue bien pendu et son désir d'avoir toujours des choses à raconter, l'empêchait de s'avouer vaincu, il utilisait donc, comme un enfant, son imagination pour combler les vides. Ainsi donc, quand il venait à raconter un banal abordage, c'était d'une manière épique, transformant l'équipage en un ban de requin affamé, faisant passer l'ennemi pour une pieuvre géante ... Un jour que Tucker assistait avec son médecin à l'opération délicate d'un membre d'équipage, le second raconta le soir à qui voulait l'entendre que son capitaine avait arraché le cœur d'un homme vivant avec sa main comme seul outil. Pour Andrew, son second lui était d'une aide précieuse.

Le patron haussa les épaules aussi nonchalamment que les sourcils et repris:
"Z'êtes pas du coin. Première fois dans les caraïbes ?
- Nous avons effectué la traversée il y a peu, l'équipage se plaignait de ne pas croiser de pavillons, je comprend maintenant qu'ils étaient tous ici.
- Ah ça ... les caraïbes ça bouge."


Effectivement, les caraïbes bougeaient, Tobago du moins d'après ce qu'en avait vu Andrew. Lorsque le jour venait, toute la ville se mettait à danser au rythme des vagues. A quai, les navires venaient et repartaient avec le sac et le ressac, déposant leur marchandises, en emportant d'autres. Les caisses, les barils étaient transportés d'un bout à l'autre de la ville sitôt qu'ils touchaient terre, tantôt finissant dans des entrepôts, tantôt se retrouvant dans les étals. Parfois, il arrivait même que les marchandises ne rencontrent pas le sol, s'échangeant de bord à bord.
Mais cette effervescence n'était pas le plus étonnant, en Angleterre aussi il arrivait que certaines villes portuaires connaissent l'afflux. Non, il y avait ici, en plus des quantités de marchandises, des quantités d'idées neuves. La taverne regorgeait de marin qui, loin de leur Reine, se laissait aller à refaire le monde sans crainte qu'elle ne les entendent. On parlait de richesses promises à tous, de liberté, de royauté ... tout cela comme des moyens d'être des hommes. Pour le capitaine c'était étonnant, lui qui avait grandi en Angleterre avait toujours pensé ces concepts comme des finalités en soi.
Les caraïbes le surprenait déjà alors qu'il n'avait pas bougé de Tobago.
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Andrew Tucker
Mousse
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MessageSujet: Re: Andrew Tucker et le second bourru.   Dim 15 Juin 2014 - 10:55

Bert Shelton avait décuvé. Bert, c'était le nom de notre maladroit gaillard bavard. Se soulevant de son hamac en toile grise, il chercha à tâtons, dans l'obscurité artificielle du dortoir, la petite flasque qu'il ne quittait jamais. L'ayant trouvé, il la porta à sa bouche, rassuré de pouvoir au matin se nettoyer la gorge par une bonne goulée de rhum. Mais rien ne coula.
Le second enfila son habit et pris le petit escalier de bois qui devait l'amener sur le pont. Il armait son ceinturon quand il fut surpris par la vive lumière du jour. L'équipage, sur le pont, se laissait aller à diverses activités dont seuls les marins, habitués par l'ennui des longs trajets, avaient le secret. Encouragé par ses camarades, l'un frappait le bois de son couteau, tentant d'éviter ses doigts, d'autres abattaient leurs gobelets de dés à même le sol, un petit groupe, assis sur les marches du gaillard d'arrière se racontait ses exploits de la nuit dernière, les malheureux présentant aux autres leurs hématomes, les plus chanceux serrant dans leur mains des carrées de soie.

C'est quand Bert referma la trappe qu'il venait d'emprunter que cinq de ses marins le prirent à parti. Retournant leurs poches, déversant au pied du second leurs maigres contenus et les paroles pleines de bon sens qui les accompagnaient, ils s'exprimèrent en ces termes:
"Shelton ! Y a rien cont' prend' un peu d'bon temps après la traversé mais avec quel tune t'veux qu'on l'fasse ? Dit au captain d'nous avancer nos gages !"
A peine eurent ils finis leur doléance que deux des joueurs de dés cités plus haut s'empoignèrent violemment sous les haranguent de leurs compagnons. Bert, qui était également qualifié pour répondre à ce genre de situation, traversa le cercle des spectateurs, empoigna chacun des deux acteurs par les bras qui lui faisaient face et écartant brusquement les siens comme un albatros à l'envol, fit faire aux deux bagarreurs un bond de quelques pas vers l'arrière.
Il ne fallut pas beaucoup de temps au second pour comprendre l'origine de la rixe. Le perdant avait misé plus haut qu'il n'avait, la gagnant s'inquiétait donc du délai de la dette, lui même ayant agi de la sorte lors d'une partie précédente qu'il avait fait face à un tierce.

Devant cette situation, Bert, prit le temps de réfléchir. Il n'était pas un abruti, il n'était certes pas intelligent mais savait prendre la mesure des situations particulières. Dans telle circonstance, et une fois qu'il eut donné aux deux bagarreurs des balais et des seaux, il s'empressa de rejoindre la cabine du capitaine. C'est à ce moment là précisément, soit par un heureux coup du sort, soit que le destin soit bien écrit, soit encore que le narrateur ne jugeait pas le moment opportun pour décrire la cabine, qu'Andrew Tucker, sortant, se trouva nez à nez avec son second. Ce dernier, déglutit et dit:
"Les hommes sont pauvres."
Et Andrew de répondre aussitôt:
"Rappelez les, nous partons."
Il tendit à son second une missive bombardée du sceau de la Britannia Royal Naval College.

Le second qui devenait capitaine:
 
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