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 Nouvelle France

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Larkin Poldweg
Mousse
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MessageSujet: Nouvelle France   Jeu 23 Oct 2014 - 23:35

Bonsoir !

Je suis IRL un étudiant en histoire. Enfin un peu particulier, car j'ai décidé cette année de partir, de vagabonder un peu, d'être libre quoi.. et du coup, car quand même y'a des examens à passer, de tafer sur des livres d'histoire de mon côté, et même un peu beaucoup.
Ça se passe plutôt bien jusque là, et justement, je suis en train d'annoter un très bon bouquin, Histoire de l'Amérique française de Havard et Vidal, sur l'histoire de la Nouvelle France. Plus qu'annoter, j'écris, je me fais mes cours. Tout ça pour dire : je vous propose de poster ces notes, c'est intéressant, ça parle d'aventures, de coureurs des bois, de maraver les Iroquois, tout ce qui fait une jolie histoire, pis l'Histoire aussi, tant qu'à foutre. Pas tout à fait les Corsaires, mais le Nouveau Monde quand même !

Ça en botterait quelques uns ?

Bonne soirée à vous,
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Oddball
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MessageSujet: Re: Nouvelle France   Ven 24 Oct 2014 - 3:39

pour sur, oui ! merci !
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Bertrick
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MessageSujet: Re: Nouvelle France   Ven 24 Oct 2014 - 10:15

Oui, excellente idée ! Je suis toujours avide de récits historiques.
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Larkin Poldweg
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MessageSujet: Re: Nouvelle France   Ven 24 Oct 2014 - 11:04

Et beh super, on va faire ça alors ! Je vais poster un petit peu chaque jour. Déjà je vous conseille de passer par wikipedia pour les nombreux repères géographiques qui ne doivent parler qu'à un Québecois (ce que je ne suis pas).
Je vous donne une paire de cartes en même temps :

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/6/65/Nouvelle-France_map-fr.svg?uselang=fr

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/f/f8/Nouvelle-France1750.png?uselang=fr

http://www.arizona-dream.com/usa/photos/amerindiens/cartes/reserves_amerindiennes.png

La dernière concerne des réserves amérindiennes. Les noms sont en anglais, du coup ça peut changer par rapport aux noms français. Si pour la suite des posts vous avez des questions, n'hésitez pas.
Je précise de plus que ce sont mes notes personnelles, il peut donc y avoir quelques blagues idiotes, des interrogations persos entre parenthèses, peut-être une ou deux fautes mais je vais essayer de relire tout ça. Je commence par vous donner des notes d'introduction du livre. Elles peuvent être importantes pour les repères géographiques, mais arrêtez-vous surtout à ces repères. Le reste peut être lu en diagonale. Je rentrerai dans le vif du sujet un peu plus tard. A bientôt !



----------------



Si je relis mes quelques notes concernant le début de l'introduction, les auteurs expliquent tout d'abord que l'histoire coloniale du XIXe et du XX est beaucoup plus étudiée, dans une perspective de colonialisme, d'esclavagisme et des prises d'indépendance post-SGM. En fait, l'on s'arrête surtout à la fin du XVIIIe siècle dans l'histoire coloniale, ou plutôt on la commence à partir de cette date, qui est l'intervention française dans la guerre d'indépendance américaine.
Il y a de plus peu de liens dans ces études, qui sont souvent d'actualité, entre modernistes et contemporanéistes.
Pourquoi si peu d'intérêt ? Grosso modo, on peut citer une histoire d'une défaite, connue, et sans grands aboutissements contemporains. Une histoire aussi qui fut souvent dans l'esprit des historiens des Annales, qui se plaçaient probablement dans une perspective métropolitaine, celle de la politique, militaire et diplomatique. Car ce fut enfin une histoire qui eut peu d'importance dans les événements du Royaume de France, qu'ils furent économiques, politiques, sociaux, démographiques, etc. On sait que la colonisation fut faible, que, exceptées les Antilles ou certains comptoirs d'Afrique, la Nouvelle-France n'était d'une grande richesse pour le Roi. Voltaire est cité : un « pays couvert de glaces huit mois de l'année, habité par des barbares, des ours et des castors ».

Or Havard et Vidal adoptent une perspective autre, qu'ils veulent propre à l'histoire de la Nouvelle-France, ou du moins une perspective non-métropolitaine. Il s'agit d'une redéfinition des notions de colonialisme et d'impérialisme. C'est-à-dire que la colonisation n'est pas obligatoirement égale à la soumission des autochtones ni de la domination des allochtones. La confrontation entre les deux n'est pas non plus nécessaire. Mais on se place malgré tout dans une perspective d'Empire, conscient ou non pour les locaux : un Empire est un « espace dont l'unité, si relative soit-elle, est dictée par l'action d'un « centre » impérial, en l’occurrence la monarchie française, et de tous les acteurs qui agissent plus ou moins en son nom » (page 19). L'Empire n'était pas en Nouvelle-France un espace unifié politiquement, mais justifiait les liens qu'il put créer entre ses agents, les locaux, etc. Tous ceux qui le forment socialement, démographiquement. Ces liens pouvaient être directs, voulus par le Roi de France, ou indirects, créés de facto par l'existence même de cet Empire, entre les acteurs locaux.
Le refus de la perspective métropolitaine par les auteurs permet donc de prendre en compte tous les groupes locaux, et de déplacer l'étude des échanges qui font cette histoire vers la Nouvelle-France elle-même. Bien sûr, le Royaume continue d'être pris en compte, mais ne forme dès lors plus qu'une partie de cette mosaïque.
Les auteurs suivent deux autres problématiques, en fait une seule, double, qui est miroir : faire le portrait de l'histoire de la Nouvelle-France tout en faisant celui de la société d'Ancien Régime. En fait, Havard et Vidal expliquent que la société coloniale est reflet de celle du Royaume de France aux époques concernées : par exemple, par opposition à « l'Autre », comme ils le dénomment (Amérindien, Africain, métis, etc.), les colons, les missionnaires etc. dressent un portrait du « Français » idéal, et on peut ainsi repenser l'histoire (culturelle, sociale, politique...) de la France d'Ancien Régime par celle de ses colonies. L'histoire de la Nouvelle-France n'est pas quelque chose d'extérieur et de distinct, mais au contraire quelque chose s'inscrivant dans l'histoire française (bon, bien que perso je m'intéresse au sujet car justement c'est exotique et autre, je suis un peu crétin dans tout ça je crois). Une historienne de l'histoire coloniale ibérique est citée (Tamar Herzog), parlant des pratiques culturelles propres à l'Espagne, modifiées en Amérique : « ces modifications reflétaient autant la réalité américaine qu'elles révélaient les potentialités inhérentes aux pratiques elles-mêmes » (page 21). Et donc inversement, un portrait de l'histoire des colonies ne peut être dessinée sans la perspective métropolitaine, qui doit être présente aussi.
Enfin, c'est aussi et surtout l'histoire des sociétés coloniales françaises ou d'origine française que tente de retracer cet ouvrage. « Ces populations avaient construit des sociétés nouvelles, proches et néanmoins distinctes de leur société mère ».

Bref. Les auteurs présentent aussi dans cette introduction les bornes chronologiques et géographiques de leur étude. Pour le départ, sont citées les dates de 1529 (première apparition sur une carte du terme latin de Nouvelle-France, Nova Gallica), mais surtout 1600 ou 1603 : le XVIe siècle est celui des explorations, des grands voyages, mais l'histoire de la colonisation débute au XVIIe. Et le centre de l'étude de Havard & Vidal, c'est l'histoire de la Nouvelle-France « colonisée ». 1600 est donc la date correspondant au premier poste de traite, fondé à Tadoussac par  Pierre de Chauvin, à la confluence du Saguenay et du Saint-Laurent. 1603 en revanche, c'est la date du premier voyage canadien de Samuel Champlain, le « père de la Nouvelle-France », et celle du premier traité d'alliance qui le lia à des groupes locaux (Algonquins, Montagnais et Malécites), en fumant du pétun ou tabac après une victoire contre des Iroquois. En 1608 enfin, c'est la fondation de Québec.
Les dates de fin peuvent être 1763, le Traité de Paris qui clôt la guerre de 7 ans et donne à l'Anglais la presque totalité des possessions françaises américaines, une partie de la Louisiane exceptée. Ou 1803, date à laquelle Napoléon Bonaparte vend aux États-Unis la Louisiane, ou ce qu'il en restait.
Si l'on se focalise sur les bornes géographiques, l'on peut diviser l'Amérique française (ou plutôt l'Amérique franco-indienne, comme les précisent Havard et Vidal, au vu de la forme originale que prit la colonisation française en Amérique) en trois grands axes :
          - Les îles et côtes de l'Atlantique Nord :
                      -Terre-Neuve, avec la fondation de Plaisance dans les années 1620, donnée aux Anglais après les traités d'Utrecht.
                      -L’Acadie, qui comprend :
                                   -Le Nouveau-Brunswick.
                                   -La Nouvelle-Écosse, où Port-Royal est fondé dans les années 1630.
                                   -L'île de Saint-Jean (aujourd'hui île du Prince-Édouard)
                                   -L'île Royale (aujourd'hui île du Cap Breton) où Louisbourg est édifié en 1719, après le traité d'Utrecht de 1713 qui laissa la Nouvelle-Écosse (entre autres) à l'Angleterre.
           -Le Canada, terme qui durant l'Ancien Régime désignait deux grands ensembles :
                                    -La vallée du Golfe de Saint-Laurent. On retient donc les dates de 1600, 1603 et 1608. Mais aussi 1634 pour la fondation de Trois-Rivières et 1642 pour celle de Montréal.
                                     -Le Pays d'en Haut, toute la région englobant de manière large les Grands Lacs, explorée progressivement durant la seconde moitié du XVIIe, et jamais véritablement habitée par des colons, exceptés quelques forts, comptoirs et missions.
           -La Louisiane. En 1699 les Français s'installent sur les rives de cette contrée, non par des percées intérieures mais maritimes, venues du Vieux Continent. En 1718 est fondée la Nouvelle-Orléans, et durant la même année la région de Louisiane englobe administrativement le Pays des Illinois, zone ainsi nommée en rapport à ses habitants d'alors, qui comprend les territoires entre les Grands Lacs (le Pays d'en Haut) et le Sud de la vallée du Mississippi. Bref, Havard et Vidal se permettent de diviser la Louisiane en deux entités territoriales :
                                      -La « Haute-Louisiane » : Pays des Illinois, en gros.
                                      -La « Basse-Louisiane », en gros la région de la Nouvelle-Orléans, ou même la Louisiane actuelle.

Ce que tout cela n'inclue pas : les Antilles ; les Français des colonies anglaises (huguenots émigrés pour la plupart). Le premier ensemble géographique non inclus dans cette étude est très important, mais hors-cadre : bien que vraiment proche culturellement, socialement etc. de la Louisiane, il ne s'agit pas du tout du même colonialisme qu'en Nouvelle-France, marqué par des modèles différents (je cite à peu près : « caractère continental de l'expansion » « dimension fluviale » « Amérique franco-indienne »).



---------------------


Je réalise en même temps que toutes les facilités des logiciels de traitement de texte disparaissent ici... Dommage ! J'ai refait à la main, grâce à la gentille barre espace, les tirets. Mais tout ce qui est en italique ou autre... tant pis !
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Larkin Poldweg
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MessageSujet: Re: Nouvelle France   Ven 24 Oct 2014 - 11:12

Et je vous mets déjà la première partie, avec l'histoire de Verrazzano. Je posterai doucement, car ça me prend du temps et que j'ai justement besoin de ce temps pour bosser ! Si c'est lu, dites moi, car sinon ça n'est pas la peine que je m'embête à faire cette espèce de "chronique" !
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Larkin Poldweg
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MessageSujet: Re: Nouvelle France   Ven 24 Oct 2014 - 11:13

Chapitre I : Le XVIe siècle : le temps des tâtonnements.




La découverte « officielle » du Canada, après celle des Vikings (avancée par les sagas, confirmée par les découvertes archéologiques de l'Anse-aux-Meadows de Terre-Neuve), est attribuée au Génois Jean Cabot, sous patronage d'armateurs de Bristols. Il est toutefois intéressant de noter que l'historiographie canadienne a accepté dans l'écriture de son Histoire cette première découverte en 1949 seulement, Terre-Neuve ne faisant auparavant pas partie de la confédération canadienne, et la découverte du pays étant alors attribuée à Jacques Cartier et son expédition de 1534.
Bref, cette introduction est résumée par la phrase attribuée à Cartier, « faux comme les diamants du Canada » : les entreprises américaines de la France au XVIe siècle ne trouvèrent pas de richesses, et ne surent être colonisatrices. L'historiographie a longtemps classé ces entreprises dans la catégorie « échecs » (Braudel : « faillite coloniale », cité page 32). C'est évidemment un échec au vu des entreprises ibériques d'alors, mais une historiographie plus récente qualifie tout cela de « tâtonnements » plutôt que d'échecs. Car les nombreuses expéditions qui eurent lieu, en des zones différentes de l'Amérique, les tentatives commerciales, colonisatrices, etc. peuvent être étudiées selon Havard et Vidal dans la perspective des legs qu'elles laissent : modèle de colonisation à adopter, richesses exploitables, rapports à dessiner avec les autochtones, façon dont l'État devait s'impliquer.





I. Les explorations sous patronage royal.


Globalement, la monarchie française ne prêtait pas grand intérêt aux entreprises coloniales. En 1490, le frère de Christophe Colomb, Bartolomé Colomb propose son entreprise à la Régente Anne de Beaujeu (Louis XI meurt en 1483, elle est la régente de Charles VIII), qui refuse son financement (le frangin du fameux avait pour projet de trouver la route des Indes par le Ponant).
En revanche, on connaît la célèbre remarque de François Ier, datant de 1541, faite à un ambassadeur des Habsbourgs : « Le soleil luit pour moi comme pour les autres. Je voudrais bien voir la clause du testament d'Adam qui m'exclue du partage du monde ». La remarque concernait le traité de Tordesillas, de 1493 (bulle Inter caetera), remanié en 1494 : toute terre à l'Est de ce méridien, situé 370 lieues (2000 km) à l'Ouest du Cap-Vert, appartiendrait au Portugal, et toute terre à l'Ouest à l'Espagne. Le Brésil, découvert en 1500, passa ainsi sous domination portugaise.

Mais on sait qu'effectivement et de manière générale la couronne du Royaume de France ne s'intéressa que guère aux terres outre-Atlantique, au XVIe siècle comme aux deux suivants. Les Rois de France se focalisaient sur leurs prétentions européennes. François Ier et Henri II connurent les Guerre d'Italie, prolongées après 1521 en conflit habsbourgeois. Puis ce furent les Guerres de Religion, etc. …


A. Verrazano : en quête d'un passage vers la Chine.

Le tour du monde de Magellan, qui dura de 1519 à 1521 pour sa personne, en vérité 1522, terminé par son lieutenant El Cano... bref, ce voyage enthousiasma les financeurs du Royaume de France, qui voulurent trouver leur propre chemin vers les richesses d'Asie. D'autant plus que le navire de Magellan revient rempli de clous de girofle, largement de quoi rembourser les trois années d'expédition. Ca n'était pas tout : on commençait à découvrir les trésors des Amériques par Charles Quint, Cortés ayant écrasé l'empire aztèque. Une exposition eut d'ailleurs lieu à Anvers en 1521 présentant les trésors de ce dernier...
Ainsi, des banquiers italiens de Lyon, associés à des banquiers et marchands de Rouen et Dieppe financèrent une expédition qui devait, contrairement au voyage méridional de Magellan, passer par le Nord-Ouest pour trouver la route de l'Asie. Or ! Cette expédition fut appuyée par François Ier (pas vraiment financée mais approuvée, sous patronage royal – patronage qui devait laisser le Roi toucher des bénéfices de l'expédition).
C'est ainsi que fut choisi le florentin Giovanni da Verrazano, qui quitta Dieppe en Juin 1523 à bord de son navire, la Dauphine (expédition qui devait réunir 4 caraques, finalement une seule après un faux départ), fit escale sur l'île portugaise de la Madère, dont il partit pour le grand envol le 17 Janvier 1524. Un voyage d'une cinquantaine de jours, et Verrazano fut en vue du Cap Fear, au Sud de la Caroline du Nord.
Le reste de l'expédition fut finalement plutôt bref : Verrazano accomplit une légère reconnaissance au Sud du Cap Fear, puis entreprit de remonter les côtes américaines dans l'espoir de trouver un détroit pour l'Asie. Il longea toute la côte du continent, baptisa au passage l'embouchure du fleuve Hudson « Nouvelle-Angoulême », puis termina son voyage au niveau de Newport, sur l'île du Cap-Breton (île Royale alors). De là, il revint tout droit à Dieppe, où il débarqua le 8 Juillet 1524. Si on calcule, ça fait dans les trois mois américains, voire moins.

Il est intéressant de noter que selon les auteurs, le rapport fait à François Ier par Verrazano fut le constat d'un échec. Et c'était vrai, son voyage ne permit pas de répondre à la demande de ses armateurs : trouver une route vers l'Asie par la voie maritime du Nord-Ouest.
Pour terminer cette histoire, il « faut savoir » que Verrazano termina sa vie lors d'un autre voyage, dans les Antilles, en 1528, dans l'assiette d'Indiens caraïbes anthropophages.


Note : Rien à voir, mais dans la cartographie d'époque la Floride ne désignait pas que la péninsule, il s'agissait aussi souvent des rivages du Maine. On le saura.
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Bertrick
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MessageSujet: Re: Nouvelle France   Ven 24 Oct 2014 - 18:42

J'aime, continue.
Peut-être peut-on ajouter qu'il y a un pont Verrazano à New York (qui fut Nouvelle Angoulème puis Nouvelle Amsterdam) ce que beaucoup de français ignore comme d'ailleurs l’existence même de ce capitaine qui pourtant agissait au nom du roi de France.

PS: cette intervention en accord avec l'auteur du post initial que j'avais contacté par MP pour ne pas pourrir son sujet.
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Larkin Poldweg
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MessageSujet: Re: Nouvelle France   Sam 25 Oct 2014 - 8:35

Oui, ce que je disais à Bertrick, c'est qu'il est bon pour moi d'en parler, ça aide ma mémoire trouée à chopper plus d'infos au vol, et que c'est pas du tout "mon" sujet, justement, tout au contraire.

Bon beh j'continue alors. Premier voyage de Cartier au menu du jour, idem, hésitez pas à demander si quelques soucis de compréhension.



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B. La première expédition de Cartier.

Jean le Veneur, Grand Aumônier de France, abbé du Mont Saint-Michel (entre autres charges ecclésiastiques majeures) reprit l'idée de trouver la fameuse route vers l'Asie. C'est lui qui convainc le Roi et qui lui présente Jacques Cartier (c'est du moins l'hypothèse avancée par ce livre, wikipedia, citant Marc Lescarbot, explique que cela aurait pu être le fait de la seule initiative de Cartier, qui aurait ainsi pu se présenter directement à l'amiral Philippe Chabot).
Cartier était un malouin, un pilote de grande expérience qui aurait probablement auparavant déjà participé à des expéditions vers Terre-Neuve ou le Brésil, probablement avec des pêcheurs malouins (de morue) ou des marchands normands. L'homme est né en 1491 (et a donc 44 ans en 1534), a l'expérience du grand large, « probablement l'un des meilleurs marins de son temps » selon nos deux auteurs.
Le seul obstacle à tout cela restait le traité de Tordesillas : une rencontre eut lieu entre le Roi et le pape en Octobre 1533 à Marseille, durant laquelle le chef de l'Église romaine avança que le traité de 1493 – 94 ne concernait que les terres déjà découvertes... François Ier était donc libre sur ce terrain.

La volonté du Roi est claire : trouver de l'or, des richesses, pouvoir lui aussi avoir son Eldorado (on pense à l'éternelle rivalité avec Charles Quint). Il finance ainsi directement l'expédition de Cartier.

Et Cartier partit donc de Saint-Malo le 20 Avril 1534, à la tête d'une soixantaine d'hommes répartis en deux navires.
Il rejoint Terre-Neuve en une vingtaine de jours, temps record, puis pénètre dans le détroit de Belle-Île (entre le continent et le Nord de Terre-Neuve), longe la façade orientale de l'île puis, enfin, fait son entrée dans le Golfe de Saint-Laurent. De là, il s'embarque dans la Baie des Chaleurs, en imaginant avoir trouvé un passage vers l'Asie, jusqu'à réaliser que... c'est bien une Baie.
Bref ! C'est dans la Baie des Chaleurs que Cartier rencontre pour la première fois (ou peut-être pas) les autochtones : des Micmacs, qui présentent sans grande crainte, et avec volonté de nouer contact, des peaux. C'est en revanche Cartier qui se méfie en un premier temps, puis, le lendemain, accepte les échanges contre diverses babioles (Havard et Vidal notent qu'il avait peut-être l'habitude de ce procédé). Mais il dénote une attitude plutôt méprisante envers ces « Sauvages ». C'est de l'or qu'il cherche, et les Micmacs n'ont rien à voir avec les Aztèques.
Il faut noter que cet événement peut présenter l'habitude de ces échanges ou de ces rencontres pour les autochtones. Why not, comme on le voit plus tard, Cartier ne fut probablement pas le premier européen à aller dans le Golfe du Saint-Laurent, et lui même y a déjà probablement été avant l'expédition de 1534.

Cartier continue son expédition : il remonte vers le Nord, entre dans la Baie de Gaspé où lui et ses marins rencontrent cette fois 200 Iroquois environ, venus de Stadaconé (village situé sur l'emplacement actuel de Québec) pour pêcher le maquereau. Cartier est à nouveau plutôt méprisant, trouve ces locaux « pauvres ». Une fois encore, pas de traces d'or ni de pierres précieuses.
Il plante le 24 Juillet une croix marquée du lys royal dans cette Baie de Gaspé. Or, le chef du groupe Iroquois, Donnacona, s'en trouva mécontent : il alla chercher à bord d'un canot, avec son frère et trois de ses fils (ou ses trois fils?), Cartier à bord de son grand navire. Il voulait lui signifier, du moins c'est ce que le navigateur comprit, que c'était sa terre, que rien ne s'y fichait sans son autorisation. Cartier les fit monter à bord, tenta de les rassurer (« la croix était juste une balise pour les autres navires », des cadeaux furent donnés, etc.), et.... les kidnappa. Il décida de garder deux fils de Donnacona, Domagaya et Taignoagny.
Note des deux auteurs : ces derniers expliquent que ce fut probablement un choc pour le chef Iroquois... de ne pas se voir donner des otages en échange, selon la coutume locale.
La politique du kidnapping avait déjà été plusieurs fois éprouvée, par Colomb le premier, dans les échanges avec le Nouveau-Monde. Elle suivait deux objectifs : ramener des « curiosités » au monarque européen, lui montrer de quoi est faite l'Amérique ; former des interprètes. Cela s'inscrit aussi le plus souvent dans une optique missionnaire, mais pas vraiment ici : Domagay et Taignoagny ne furent jamais baptisés durant leur séjour en France. Quoi qu'il en soit, cette politique ne desservit pas vraiment Cartier.

Le Malouin quitta finalement la Baie de Gaspé pour remonter vers le Nord de l'île d'Anticosti. Il découvre de là le Saint-Laurent, mais le mauvais temps et l'arrivée imminente de l'Automne le décident à repartir. Il débarque ainsi à Saint-Malo le 5 Septembre 1534.
Le bilan de cette première expédition est moyen. Cartier ne ramène rien de particulièrement précieux (si l'on parle monnaie), et n'a su trouver de passage vers l'Asie et ses richesses à elle. Il trouve ces territoires pauvre, les qualifie de « terre que Dieu donna à Cayn » (page 38). Mais il ramène tout de même avec lui Domagaya et Taignoagny, qui, présentés au Roi, lui parlèrent du « Royaume du Saguenay », sorte d'Eldorado empli de métaux précieux.
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MessageSujet: Re: Nouvelle France   Sam 25 Oct 2014 - 16:01

C. A la recherche du Royaume du Saguenay.

Restent donc des objectifs prometteurs, l'Eldorado est toujours à trouver : François Ier finance une nouvelle expédition, plus importante, faite de trois navires, d'une centaine d'hommes, et emportant pour 15 mois de vivres. Le départ se fit une fois encore de Saint-Malo, le 19 Mai 1535, mais le voyage fut cette fois plus rude, et l'arrivée ne se fit pas avant Août, à Anticosti.
C'est là que les deux fils de Donnacona indiquent à Cartier le chemin du « Canada » (terme dont l'épellation fut probablement quelque peu transformé, signifiant « village »), donc Stadaconé. Cartier fit ainsi remonter ses navires dans le Saint-Laurent (réalisant par là-même que le bras de mer s’amincissait, tout comme ses espoirs asiatiques, dévoilant un fleuve) : il arrive le 13 Septembre à Stadaconé, alors que Donnacona peut retrouver ses fils.

Les relations avec les Iroquois se tendirent alors (on peut déjà imaginer qu'elles n'étaient pas formidables lorsque Cartier partit, après l'épisode de la croix et l'enlèvement des deux fils...) :
                -Cartier installa un campement à deux kilomètres de Stadaconé, sans autorisation de Donnacona.
                 -Il ignora de plus les demandes du chef iroquois, qui ne désirait pas que le Malouin aille plus loin dans le fleuve, jusqu'à Hochelaga (Domagaya et Taignoagny lui avaient promis, lors de leur temps en France, de l'y emmener : vers le « Royaume du Saguenay », toujours plus à l'Ouest), probablement par soucis de garder pour lui le soutien des nouveaux arrivants, face à un groupe rival. Pour convaincre Cartier, il lui offrit un fillette et deux jeunes garçons, ce que le capitaine accepta, mais sans changer ses plans ! (Peut-être des incompréhensions ? Les deux fils de Donnacona parlaient un peu le français, mais guère plus).
                 -Enfin, Domagaya et Toignoagny n’apprécièrent probablement que peu leur séjour forcé, et si l'on accepte cette hypothèse, ils purent facilement jouer de leur influence auprès de leurs confrères contre le nouvel arrivant.
Cartier partit ainsi sans interprète de Stadaconé, le 19 Septembre 1534. Il arriva le 3 Octobre à Hochelaga, bourgade iroquoienne fortifiée, située sur l'île de Montréal, où lui fut fait bon accueil, et où de nombreux cadeaux furent échangés. Il vit aussi de là, depuis le Mont-Royal, les rapides de Lachine qui paraissaient infranchissables pour les navires. Il faut attendre Champlain pour qu'elles soient dépassées par des Européens pour la première fois.

Le lendemain, donc le 4 Octobre si je calcule bien, Cartier repart pour Stadaconé où il doit hiverner. Donnacona fut soulagé de le voir revenir (au vu des relations supposées conflictuelles avec Hochelaga), mais les relations restaient particulièrement tendues entre Iroquois et colons. Surtout, l'hivernage fut calamiteux :
                  -Cartier et ses hommes, méfiants, se barricadèrent dans le fort qu'ils entourèrent de tranchées.
                  -Le froid fut terrible pour ces marins français.
                  -Le scorbut surtout fit des ravages : en Février, sur 110 hommes, 10 étaient valides !
Heureusement pour Cartier, qui cacha les malheurs intérieurs de son « habitation » (terme signifiant « fort ») dans la crainte d'un assaut réussit néanmoins à obtenir de Domagaya un remède. Il s'agissait de la tisane d'anneda (feuilles et écorces de cèdre blanc pilées, le tout donnant une concoction pleine de vitamine C, fort utile contre le scorbut). Malgré cela, 25 Français périrent.

L'année 1536 entamée après ce dur hiver, restait la fascination pour le Royaume du Saguenay dont les Indiens vantaient la magnificence. C'est pourquoi Cartier décida, afin de confirmer auprès de François Ier ses dires, de renouveler la tactique du kidnapping : le 3 Mai 1536 fut organisée une fête à laquelle les Iroquois furent invités, et dont une dizaine furent enlevés, parmi lesquels Donnacona et ses deux fils. Deux jours plus tard, le 5, les 3 navires repartaient pour la France.
Reste que le bilan était toujours négatif : pas de chemin vers l'Asie, pas de richesses. Mais un eldorado mystérieux attendait toujours.
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MessageSujet: Re: Nouvelle France   Dim 26 Oct 2014 - 10:29



Hop portrait de Cartier pour faire joli, de Théophile Hamel, qu'on trouve en gros et en beau sur la page wikipedia. Ils expliquent cependant que comme pour Champlain, on ne connaît pas vraiment son visage!
J'en profite au passage, si il y a toujours des lecteurs, pour redonner l'importance d'une carte. De voguer sur google map, sur wikipedia en même temps, sinon z'allez être paumés.



II. L'échec des premières tentatives de colonisation.


A. Sur le Saint-Laurent : Cartier et Roberval (1541 – 1543).

Cartier arriva en France en Juillet 1536, où le contexte était à nouveau guerrier : le conflit avec Charles Quint reprenait cette même année, l'attention n'était pas du tout aux Découvertes, jusqu'à la Paix de Nice de Juin 1538.
Cartier put alors présenter Donnacona au Roi (le chef indien décède aux environs de 1539), qui à nouveau parle des richesses formidables du « Royaume du Saguenay »... Et François Ier, séduit, projeta de financer une nouvelle expédition. Persistait de plus, encore et toujours, l'idée de trouver une route vers la Chine.
C'est en Automne 1538 que fut remis au Roi un mémoire, dont l'auteur nous est resté inconnu, qui était le premier programme de colonisation du Royaume de France. Il prévoyait d'envoyer au Canada 400 personnes de différents métiers et des deux sexes, des équipements, des vivres pour deux années... Tout ce qui permettait d'établir une colonie qui, par définition, doit avoir de quoi s'installer pour permettre une vie loin de la métropole.

En Janvier 1541, Jean-François de la Rocque, seigneur de Roberval (en Picardie), est fait lieutenant-général du désormais nommé Canada. L'homme était « courtisan, intime de François Ier » - p.42 - (compagnon d'arme et de chasse surtout). Il fut doté d'une commission lui donnant les pleins-pouvoirs, ou presque, dans cet objectif colonialiste :
       -Pouvoir législatif et judiciaire, droit de vie et de mort sur les colons.
       -Le pouvoir de distribuer les terres et les fiefs, dans une idée de reproduction du système seigneurial au Canada.
       -Le commerce : lui et ses associés se voyaient attribuer un monopole.
Tout un programme donc, dont la construction de forts, de villes... Mais aussi un vœu missionnaire. Ce point est à la fois important et amusant : il s'agissait surtout d'un vœu diplomatique de François Ier, qui voulait s'affirmer comme le Roi Très Chrétien et concurrencer Charles Quint, qui voulait aussi « amadouer le Pape » (p.42). Car dans les faits, aucun missionnaire ne fut embarqué, et de La Rocque était un protestant ! N'est pas dit que François Ier se fichait complètement de l'évangélisation des autochtones, mais les richesses du « Royaume du Saguenay » devaient lui paraître plus importantes.
Cartier, dans cette expédition, était maître pilote.

Donc ! Furent in fine prévues 300 personnes réparties en 10 navires. Mais Roberval tarda à cause de problèmes de ravitaillement, et Cartier décida de partir finalement sans lui, de Saint-Malo encore, le 23 Mai 1541. Ses 5 navires atteignirent Terre-Neuve où il attendit quelques temps Roberval, qui ne se montra pas. Par conséquent, Cartier continue seul vers l'estuaire du Saint-Laurent.
Le 23 Août, il arrive à Stadaconé où il est accueilli par le chef Agona. Ce dernier demanda d'ailleurs où étaient passés les 10 disparus, et Cartier mentit, leur imaginant de grandes destinées françaises, alors que tous étaient morts, sauf une jeune fille qu'il n'avait pas cru bon de ramener.
Le Malouin rata à nouveau la conclusion d'une alliance :
         -A nouveau, il planta une « habitation » près de Stadaconé (à 15 kms) : Charlesbourg-Royal, où un tout petit début d'entreprise agricole fut lancé, et surtout où les Français trouvèrent des « pierres comme des diamants ». Alors qu'il s'agissait de quartz et de pyrite de fer, d'où l'expression : «faux comme des diamants du Canada» !
        -Eut aussi lieu un épisode particulier : Agona voulut ceindre le crâne de Cartier d'une couronne de cuir (ornée de coquillages si on fait dans les détails), probablement présent de bienvenue et d'alliance. Cartier la refusa pour la placer sur la tête d'Agona, y voyant probablement un signe de suzeraineté.
En Septembre enfin, Cartier, toujours fasciné par le « Royaume du Saguenay », poussa à nouveau jusqu'à Hochelaga et les rapides de Lachine. Là encore, il ne va pas plus loin, et revient hiberner près de Stadaconé (Charlesbourg-Royal donc). Les facteurs de tensions déjà cités, plus (j'imagine) cette nouvelle visite aux rivaux d'Hochelaga, n'allèrent pas dans le sens du Malouin.
Cela amena au premier conflit ouvert entre Français et Amérindiens, lors de cet hiver 1541 – 1542. Un « harcèlement » : les Iroquois attaquaient tous les colons qui sortaient du fort barricadé.

Ainsi, en Juin 1542, le retour est décidé par Cartier, qui peut surtout, cette fois enfin, présenter à François Ier les pierres précieuses de cette nouvelle terre. Mais, dans le même temps, Roberval qui avait quitté La Rochelle en Avril 1542 avec 3 navires et 200 hommes & femmes, arriva à Terre-Neuve. La rencontre se fit le 7 Juin à Saint-Jean-de-Terre-Neuve (extrême Est de l'île), Roberval demanda à Cartier à rester, ce qu'il ne fit pas, partant dans la nuit. On casse un peu au passage la jolie image du Découvreur.
De La Rocque se retrouva donc seul et sans connaissance de la contrée. Il commença par s'installer à l'endroit de la rencontre, construisant le fort France-Royal à cet emplacement, où il n'y avait pas d'hostiles. L'hiver en revanche le fut, et une cinquantaine de colons périt du scorbut.
L'année 1543 se profilant, il n'y avait pas vraiment d'issue. Roberval se lança dans une tentative de trouver le Royaume du Saguenay, en faisant cap vers l'Île de Montréal, mais échoua rapidement. Le 11 Septembre, il débarquait à la La Rochelle.

C'est la fin de la première tentative de colonisation française en Amérique du Nord, et c'est globalement un échec. Un échec quant aux volontés de richesses de la monarchie, mais aussi quant aux velléités colonisatrices. Quoi qu'il en soit les soutiens s'épuisèrent quand Cartier revint en France chargé de « faux diamants du Canada », et quand la guerre reprit, en 1542, contre Charles Quint.
A la même époque, on commençait à se tourner vers le Brésil.
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MessageSujet: Re: Nouvelle France   Dim 26 Oct 2014 - 10:30

Vient après l'histoire de la tentative de colonisation du Brésil, et celle de la Floride. Je continue ? C'est lu ?
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Bertrick
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MessageSujet: Re: Nouvelle France   Dim 26 Oct 2014 - 12:53

Oui !
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MessageSujet: Re: Nouvelle France   Dim 26 Oct 2014 - 15:11

C'est lu Smile
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MessageSujet: Re: Nouvelle France   Lun 27 Oct 2014 - 8:56

Continue, c'est bien agréable à lire.
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MessageSujet: Re: Nouvelle France   Lun 27 Oct 2014 - 10:25

Da da ! Je n'en posterai qu'une partie par jour de toutes façons, ou à peu près. Content que ça plaise ! (Il est vrai que je suis peu habitué à juste lancer des écrits comme ça, et comme là ce sont mes notes persos..).
Bref, aujourd'hui la France Antarctique, tentative brésilienne de Villegagnon.


Carte wiki une fois encore, datant de 1555 environ.


----------------




B. Le rêve huguenot de la « France Antarctique ».

Un personnage eut un rôle majeur dans l'effort colonial français au Brésil et en Floride : Gaspard de Coligny, neveu du connétable Anne de Montmorency, protestant à partir 1557 et Amiral de France en 1552. L'homme, de par son orientation religieuse (il meurt le 24 Août 1572 lors d'un événement bien connu...), fut symbole de l'aventure protestante huguenote au Nouveau-Monde, aventure par là même très importante dans les contrées du Sud (autres que Canada, finalement). Il voulait réunir catholiques et protestants contre l'Espagne (une sorte d'expérience de collaboration religieuse, je crois que ce fut beaucoup étudié dans cet optique), et un terrain particulièrement important pour cette lutte, ce sont les Amériques justement.

Le Brésil était une contrée déjà connue des marins français, en particulier de Normandie et de Saintonge, qui la fréquentaient depuis le début du siècle dans des objectifs commerciaux (le bois rouge, le pau brasil, surtout, qui donna son nom au pays). Ce qui est très intéressant est la pratique de ces marins, consistant à laisser sur place de jeunes matelots alors que les navires repartaient : accueillis par les indigènes, ils en apprenaient la langue et les pratiques, et pouvaient alors servir de « truchements » (intermédiaires, interprètes) lorsque les bateaux revenaient l'année suivante.
Bref, tout cela donne d'importants arguments quant à une colonisation éventuelle du Brésil : contrée mieux connue, qui paraît plus riche que le Canada, et où le rival colonisateur est le Portugal, moins puissant que l'Espagne, et surtout bien plus dispersé au Brésil. Le Brésil n'est donc pas un terrain de lutte directe contre les colonies de Charles Quint, comme l'est la Floride plus tard, mais il s'agit malgré tout de s'imposer face au Habsbourg dont les richesses de la Nouvelle-Espagne font alors la fortune et la gloire.

Celui qui proposa l'opération, qui était de fixer une colonie dans la baie de l'actuelle Rio de Janeiro, la Baie de Guanabara, fut le vice-amiral de Bretagne et chevalier de Malte Nicolas Durand de Villegagnon. Coligny et Henri II le soutiennent, lui fournissent deux navires, et le départ peut être lancé : Villegagnon arriva dans la Baie de Guanabara en Novembre 1555, in la France « Antarctique » (terme désignant alors tout ce qui était au Sud de l'Équateur). Il fit construire le Fort Coligny sur un îlot de la baie (île aujourd'hui nommée du nom de l'explorateur, Villegagnon, abritant d'ailleurs l'école navale brésilienne), près du « Pot au Beurre », ainsi nommé par les Normands, que l'on connaît aujourd'hui sous le nom de Pain de Sucre !

Note : Cette expédition est aussi particulièrement bien connue grâce à des sources de première main (enfin, Cartier offrait aussi son témoignage) : André Thevet, auteur des Singularités de la France Antarctique (1557) qui était dans le premier voyage, mais dut rentrer au début de l'année 1556 en France, car malade. Thevet est considéré comme le premier ethnologue français. Aussi Jean de Léry qui rejoint la colonie en 1557, auteur de Histoire d'un voyage faict en la terre du Brésil (1558).

Bref, la colonie de Villegagnon connaît, là aussi, rapidement des difficultés. Elles sont doubles :
         -Concernant les relations avec les autochtones Tupinambas.
                       -Villegagnon, dans une optique « chrétienne », soumit ses hommes à une discipline de fer : aucune relation sexuelle avec les natifs, en dehors du mariage (les Indiens n'étant pas baptisés...).
                       -La conséquence directe est une montée des tensions avec les truchements qui vivaient avec les autochtones. En Février 1556, ils se rebellent, rejoignent la terre-ferme et leurs hôtes, coupant par là-même Villegagnon de tout soutien indien.
         -La controverse religieuse est la seconde difficulté : Villegagnon était protestant, mais se convertit peu à peu au catholicisme. Quand des calvinistes arrivent sur l'île en Mars 1557, le heurt ne tarde pas à se faire : il eut lieu le jour de la Pentecôte, à propos de, et c'est pas neuf, l'Eucharistie. Villegagnon se rapprochant de la vision catholique du rituel, voyait dans le pain et le vin une transsubstantiation du corps du Christ, sacrilège pour les Calvinistes.
Il est amusant de noter que ce problème eut lieu dans un cadre de cannibalisme : les Tupinambas étaient cannibales. Et cette pratique était perçue comme bien moins terrible pour les Calvinistes que l'Eucharistie catholique (Havard et Vidal expliquent qu'ils y voient un horrible sacrilège : manger le Christ – mes notes sur l'Eucharistie perçue par les Calvinistes disent plutôt que Calvin, justement, permettait l'Eucharistie comme un simple rappel du sacrifice du Christ, et l'encourageait même - d'ailleurs si y'a des spécialistes, j'veux bien!). Montaigne lui-même, après lecture des récits de Thevet et Léry, et la rencontre avec trois Tupinambas à Rouen en 1562, relativisait cette pratique cannibale.
Les tensions ne vont pas en s'améliorant : les protestants de fort Coligny quittent eux aussi l'île pour la terre-ferme (les auteurs notent que trois tentent de revenir en 1558, mais sont exécutés par noyade sur ordre de Villegagnon). Mais au final, ce n'est point cela qui acheva la colonie : Villegagnon était reparti en France en 1559 pour demander plus de moyens et d'hommes (et pour « justifier sa politique auprès du Roi », concernant les différends religieux j'imagine), mais, alors qu'il était en Europe, une armada portugaise reprit la Baie de Guanabara et rasa le fort. Des résistances continuèrent de la terre-ferme pendant encore plusieurs années, mais c'était la fin de la France Antarctique !
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MessageSujet: Re: Nouvelle France   Lun 27 Oct 2014 - 11:31

Au fait, ton 3eme lien sur les réserves amérindiennes ne passe pas.
On a un avertissement "Vol d'image interdit"
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MessageSujet: Re: Nouvelle France   Lun 27 Oct 2014 - 11:41



Et bien la voilà !

Un autre lien, si il fonctionne, sur les localisations des Amérindiens en 1600 : http://www.emersonkent.com/images/indian_tribes.jpg
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MessageSujet: Re: Nouvelle France   Mar 28 Oct 2014 - 10:50





Une illustration de Le Moyne de Morgues reprise par Théodore de Bry, un contemporain du premier cité.


Bon c'est un petit pavé aujourd'hui. Vous pouvez retrouver en bas des explications plus ou moins rapides pour les termes marqués d'une astérisque le gau.. oui enfin, bon.


C. « Qui veut aller à la Floride, qu'il y aille j'y ay esté ».

Il s'agit là d'une aventure passionnante, je trouve.
Déjà, cette colonie fut entièrement protestante, ou presque. Aucune tentative de mixité. Mais attention, nos deux auteurs précisent que cela n'a rien à voir avec le Refuge* du XVIIe, mouvement qui put commencer après la Saint-Barthélémy. Les motivations sont ici géostratégiques et économiques. Les mêmes qui motivèrent les autres expéditions américaines.
En fait, depuis la paix de Cateau-Cambrésis* de 1559, Coligny espère utiliser les forces vives inactives pour une entreprise coloniale. Et ainsi viser l'Espagne qui se réclame posséder la Floride (terme qui comprenait alors la Floride en question, et tout l'ensemble au Nord contenant la Géorgie et les deux Carolines), alors que dans les faits, moyen : les Espagnols ne réussissaient à occuper ces terres malgré les expéditions, suite à de nombreux conflits avec les amérindiens Timicuas. Coligny voulait donc contester cette propriété, œuvrer à l'établissement d'une colonie française, et permettre la guerre de course contre les convois espagnols à partir de la Floride.

Une première expédition de reconnaissance est donc envoyée en 1562. Elle est menée par le marin et corsaire de Dieppe Jean Ribault, un protestant,  et du gentilhomme poitevin Goulaine de Laudonnière. L'expédition part le 18 Février du Havre, soit très peu de temps avant le coup d'envoi des guerres de religion en France, le massacre de Wassy du 1er Mars*.
Le 1er Mai, l'expédition arrive en Floride, au Nord-Est de la péninsule, entrant dans une rivière nommée Rivière de Mai (aujourd'hui rivière Saint John) où les premiers contacts se font avec les Amérindiens Timicuas, dont le chef se nommait Saturiwa. Échanges de présents, formation d'une sorte d'alliance. Et derrière tout cela un autre espoir français, bien représentatif de la conquête du Nouveau Monde : découvrir un Eldorado, le Royaume de Cibola aux Sept Cités, dont les Espagnols parlaient déjà, qui devrait se situer dans les environs de la Floride.
Ribault fit à cet endroit planter une colonne aux armes du Roi de France, puis continua vers le Nord. Le 22 Mai, il arriva dans une baie en Caroline du Sud (baptisée alors Port Royal), planta une seconde colonne et entreprit la construction d'un fort, Charlesfort, nommé ainsi en l'honneur de Charles IX. Début Juin, il repart pour la France, laissant une trentaine d'hommes sous la direction du capitaine de La Pierria, dans l'objectif de revenir dans les 6 mois pour œuvrer à la fondation de la colonie.
Or, Ribault et Laudonnière reviennent dans une France déchirée par la guerre. Ribault doit s'exiler en Angleterre où il est retenu jusqu'en 1565. De leur côté, les protestants laissés à Charlesfort connaissent la misère. Ils ne savent pas vraiment cultiver, ce sont des hommes de guerre plus que des paysans, et décident donc de dépendre de la libéralité des Indiens. Mais c'est la disette, puis la révolte : le capitaine est exécuté, et les marins décident de repartir pour la France à bord d'un brigantin de fortune. La dérive... et pas le choix : ils tirent au sort un homme, qui est tué puis mangé. L'embarcation croisa finalement heureusement la route d'un navire anglais, qui les ramena à la cour d'Elisabeth.

Enfin, c'est la paix d'Amboise* en France, du 15 Mars 1563. Coligny n'abandonne pas son idée. Patronné par Catherine de Médicis, il décide de monter une seconde expédition pour la Floride, sous le commandement de Laudonnière. Trois navires sont affrétés, 300 hommes à leur bord (des soldats et des gens de métier principalement, une seule femme dans toute l'expédition).
Havard et Vidal précisent que dans l'expédition se trouve un peintre dieppois, Jacques Le Moyne de Morgues, qui réalisa une très célèbre série d'iconographies d'indiens Timicuas.
Bref, l'expédition part en Avril 1564, pour arriver dans la Rivière de Mai deux mois plus tard. Et non pas à Charlesfort qui fut rasé par les Espagnols (et où de toutes façons il ne restait plus personne à rallier). Un fort, Fort Caroline, y est ainsi bâti en Juin. Laudonnière retrouve Saturiwa, renouvelle l'alliance... et s'embarque pour la première fois de l'histoire de la Nouvelle-France dans les guerres amérindiennes. Il promet en effet son soutien à Saturiwa contre un groupe rival Timicua, mené par le chef Utina, dans l'espoir de trouver l'Eldorado de Cibola.
Mais tout ne se passe pas si bien : Laudonnière réalise qu'il est face à de grandes confédérations amérindiennes, au pouvoir centralisé et aux fortes populations. Il décide finalement de retourner sa veste pour s'allier à Utina, qui lui paraissait plus puissant et ainsi de meilleur secours pour trouver ce Cibola magnifié. Cela fait que sa situation sur place se détériore grandement : pas de secours autochtones directs, et des débuts de mutinerie. Car à défaut de l'or rêvé, certains marins décident contre l'autorité de Laudonnière, d'ailleurs malade, de lancer une guerre de course contre les Espagnols dans les Antilles. Quand ils reviennent, en Mars 1565, le commandant fait exécuter 4 meneurs.
Tout cela se détériore : l'attitude des Français parfois brutale envers les autochtones, le caractère déloyal de leur politique indienne, fit que les Timicuas rechignèrent à les aider, provoquant une disette. Solution de dernier espoir, Laudonnière fait capturer Utina pour forcer les siens à aider Fort Caroline. C'est tout le contraire qui est provoqué : la guerre. Le commandant protestant reconnaît lui-même son échec, expliquant dans ses notes personnelles que tout le succès de son entreprise ne pouvait se faire que par l'amitié des Amérindiens.

Fin Août 1565, le 27 précisément, la colonie se prépare à l'échec que connurent toutes les entreprises coloniales françaises jusque là. Sauf que ! C'est le jour où Ribault se présente à Fort Caroline, à la tête de sept navires comptant 600 personnes. Coligny avait vraiment œuvré pour que cette colonie se fasse, mais aussi pour que l'effort de guerre contre les Espagnols soit soutenu : car les sept navires comptent 4 compagnies d'arquebusiers ; et en parallèle une foule d'artisans, de laboureurs, avec leurs femmes et leurs enfants. Des soldats et des personnes pouvant participer à la construction d'une entreprise vraiment viable.

De son côté, Philippe II refuse de laisser les Français s'installer en Floride. Et le fait qu'ils soient protestants est absolument inacceptable. Ainsi l'expédition qu'il prépare suit un but géopolitique certes, mais surtout religieux. 10 navires, menés par Pedro Menéndez de Avilés, partent de Cadix dans l'année 1565, arrivent en Floride presque au moment où Ribault le fit, à un jour près : le 28 Août. Il débarque à 70km au Sud de Fort Caroline, fait dresser les bases de la colonie de Saint Augustin, et prépare ses armes. Ribault quant à lui voulut prendre l'initiative et attaquer, mais ses navires furent rejetés sur les côtés par un ouragan. Un désastre, et Avilés prend Fort Caroline de nuit, sans défense, entre le 20 et 21 Septembre. Quelques jours plus tard, 132 Français sont exécutés (quelques rescapés toutefois, dont Le Moyne de Morgues et Laudonnière). Puis les massacres continuent avec les rescapés de l'expédition de Ribault : 200 environ le 28 Septembre, puis une centaine d'autres le 12 Octobre, dont Ribault (et ce malgré des promesses de laisser la vie sauve si reddition). Quelques catholiques français sont laissés en vie.
C'est une « Saint-Barthélémy américaine », selon l'historien F. Lestringant : les Bibles protestantes de Fort Caroline sont toutes brûlées, et des croix dressées, comme une extirpation de l'hérésie. Selon un témoin, Menéndez aurait laissé cet écriteau sur place : « Je ne fay cecy comme à François, mais comme à Luthériens ».

La nouvelle arrive en France en 1566, en plein conflit religieux. La Cour reste plutôt indifférente, seuls les milieux protestants sont indignés. Mais, et c'est là que l'histoire se pimente, il y eut vengeance : un gentilhomme gascon, probablement protestant alors (toutefois mort catholique), Dominique de Gourgues, décide de monter une expédition privée. Il arrive en Floride au printemps 1568, avec 180 hommes, retrouvant le chef Saturiwa avec qui il arrive à communiquer par l'intermédiaire de truchements qui s'étaient réfugiés dans la tribu après les massacres. Saturiwa, méfiant, lui demande de prouver qu'il est bien Français et non Espagnol, c'est dire si les conflits de ces derniers avec les Amérindiens laissaient des traces. Bref, Dominique de Gourgues et les Timicuans renouvellent la première alliance, et s'emparent en quelques semaines des trois forts espagnols établis sur place. Le gascon capture les garnisons et fait pendre tous les soldats, laissant un écriteau : « Je ne fay cecy comme à Espagnols, ny comme à marannes, mais comme à traistres, voleurs et meurdriers ». Gourgues repart à La Rochelle par la suite. Le projet de Coligny, qui apprécia néanmoins grandement cette vendetta, de fonder colonie en France Antarctique et en Floride, avait vécu. Le titre de cette partie « Qui veut aller à la Floride, qu'il y aille j'y ay esté » sont des propos de Nicolas le Challeux, un charpentier français des sept navires de Ribault qui avait miraculeusement échappé aux massacres de 1565.





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Quelques indications :
Le Refuge : émigrations de protestants, fuyant les répressions et en particulier celles de Louis XIV - émigrations qui visaient principalement la Nouvelle-Angleterre quand il s'agissait du Nouveau-Monde.
La paix de Cateau-Cambrésis marque la fin des guerres d'Italie. Paix suivie par une joute, qui se termine par une lance dans l'oeil du roi de France Henri II, mort assez atroce après une agonie de plusieurs jours.
Le massacre de Wassy, je vous dis ça de tête et grosso modo, c'est le fait du grand ligueur catholique à venir, François de Guise, qui revient de ses propriétés lorraines, passant par Wassy, tranquille. Or quand il passe par ce hameau, il voit des protestants célébrer leur culte en place publique : un édit promulgué peu avant acceptait les réunions de calvinistes et luthériens mais EN DEHORS des villes, ou dans le privé. Tout ça dégénère très vite, et un seul des deux partis a des armes et est constitué de soldats à ce moment là : les catholiques du Duc de Guise font un massacre.
La Paix d'Amboise a lieu après la première phase des guerres de religion, suite à la mort de deux chefs ligueurs (dont François de Guise, tué dans le dos par un tir d'arquebuse, du gentilhomme Jean de Poltrot de Méré... qui donne son sens au mot poltron, pour la petite histoire), Catherine de Médicis pouvant reprendre le contrôle politique sur le Royaume qu'occupaient ces hommes (ils étaient trois, le troisième fut fait prisonnier dans une bataille), et remet à jour une sorte de paix générale, liberté de conscience mais pas de culte.
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MessageSujet: Re: Nouvelle France   Mar 28 Oct 2014 - 10:55

Alors voilà pour l'histoire politique de la colonisation du XVIe. L'étude de l'histoire étant aussi celles des petites gens, reste une partie sur les autres rapports qu'eurent les Européens avec la Nouvelle-France (il ne s'agit pas de l'histoire des petites gens amérindiennes). Ce ne sont pas de grands faits, mais c'est intéressant, des histoires de marins, je vous propose de la poster, cte partie.

Le chapitre suivant concernera l'histoire de la colonisation au XVIIe et XVIIIe, les coureurs des bois, les conflits parfois, etc. Je m'arrêterai à la fin de ce chapitre pendant un temps, avant de donner mes notes sur la chute de la Nouvelle-France, durant la guerre de Sept Ans, notes pas encore prises.
En revanche, je continue l'étude en détails de mon côté (le peuplement, les villes de Nouvelle-France, les rapports avec les Amérindiens, les institutions, etc. etc.), vous pourrez toujours me contacter par mail si vous voulez en savoir plus.
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MessageSujet: Re: Nouvelle France   Mar 28 Oct 2014 - 11:07

Dans mon souvenir, le corsaire dieppois qui emmène Goulaine de Laudonnière se nomme Ripault et non Ribault.
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MessageSujet: Re: Nouvelle France   Mar 28 Oct 2014 - 11:11

C'est pourtant bien Jean Ribault ! Je viens de vérifier dans mon bouquin, et le net confirme par ailleurs !
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Bertrick
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MessageSujet: Re: Nouvelle France   Mar 28 Oct 2014 - 11:13

Haaaargh ! Avec l'âge (et le tafia), mes neurones faiblissent Very Happy
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MessageSujet: Re: Nouvelle France   Mar 28 Oct 2014 - 11:18

Enfin je me dis qu'en fait, les noms à l'époque, entre les façons de les prononcer, les façons de les retranscrire... ptêt qu'il se faisait aussi appeler Ripault le bonhomme, ça n'aurait rien d'étonnant !

(Pitêt même Ribaude, que c'était un grand coureur de jupons, et qu'on l'a jamais su !)
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MessageSujet: Re: Nouvelle France   Mar 28 Oct 2014 - 11:22

Tu a raison, j'ai cherché dans ma bibliothèque le livre de Michel Peyramaure "Le pays du bel espoir".
C'est bien Jean Ribaut qui commandait La Sainte Lucie. (orthographié Ribaut A U T ).
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MessageSujet: Re: Nouvelle France   Mar 28 Oct 2014 - 11:36

Mon bouquin dit AULT, wikipedia dit Ribaut ou Ribault. C'est bien ce que je disais, les noms... Very Happy

Il est bien ce livre, de Peyramaure ?
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