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 Nouvelle France

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Bertrick
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MessageSujet: Re: Nouvelle France   Mar 28 Oct 2014 - 11:22

Tu a raison, j'ai cherché dans ma bibliothèque le livre de Michel Peyramaure "Le pays du bel espoir".
C'est bien Jean Ribaut qui commandait La Sainte Lucie. (orthographié Ribaut A U T ).
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Larkin Poldweg
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MessageSujet: Re: Nouvelle France   Mar 28 Oct 2014 - 11:36

Mon bouquin dit AULT, wikipedia dit Ribaut ou Ribault. C'est bien ce que je disais, les noms... Very Happy

Il est bien ce livre, de Peyramaure ?
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Bertrick
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MessageSujet: Re: Nouvelle France   Mar 28 Oct 2014 - 11:39

A noter que Dominique de Gourge ce Gentilhomme gascon parti venger les français a dû fuir tout le restant de sa vie, changeant sans cesse de nom et d'adresse pour éviter les spadassins dépêchés à ses trousses par l'Espagne qui avait mis sa tête à prix.


Dernière édition par Bertrick le Mar 28 Oct 2014 - 11:51, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Nouvelle France   Mar 28 Oct 2014 - 11:42

Oh ! On sait comment ça s'est terminé ?
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Bertrick
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MessageSujet: Re: Nouvelle France   Mar 28 Oct 2014 - 11:52

A ma connaissance, il a réussi à leur échapper mais en vivant pauvrement d’expédients avec sans cesse la peur au ventre.
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MessageSujet: Re: Nouvelle France   Ven 31 Oct 2014 - 10:40

Désolé, un peu retard, gros coup de flemme/fatigue. Hop, je vous balance tout d'un coup pour la peine !










III. De la morue au chapeau de castor.

A. L'expansion vers les « terres neuves ».

Les explorations, expéditions, tentatives de colonisation ne sont « qu'une partie immergée de l'iceberg » quant aux activités françaises du Nouveau-Monde au XVIe siècle. C'est l'histoire officielle et politique. Bien plus importante était l'activité commerciale et de pêche qui draina une foule inconnue durant tout le siècle vers les Amériques.
Il faut citer le nom de Jean Ango, un armateur de Dieppe qui participa à la mise en place de l'expédition de Verrazzano de 1524 et eut un rôle important dans le mouvement d'expansion française de la première moitié du siècle. C'est un personnage qui fit pression sur François Ier pour que celui-ci soutienne les expéditions, mettant en avant la concurrence ibérique. Gravitaient autour de lieu corsaires, marchands.. et cartographes aussi, dont il participa à la fondation d'une école. Le chef d’œuvre de cette dernière fut l'atlas Cosmographie universelle selon les navigateurs, tant anciens que modernes produit en 1555 à la demande de Coligny.
Car les activités privées françaises quant au Nouveau-Monde étaient finalement les plus importantes. Autres que les désirs d'épices et de métaux précieux, plusieurs produits furent traités de manière conséquente.
                     -Le pau brasil par exemple, ce bois de teinture rouge qui donna son nom au Brésil, dont un commerce précoce se développa au tout début du XVIe siècle, pour vraiment prendre son essor dans les années 1525. Les Normands étaient pour beaucoup dans cette traite.
                     -La pêche surtout, dont la morue principalement. La pêche en Amérique du Nord et en Terre-Neuve en particulier, française, anglaise, espagnole et portugaise participa pour beaucoup au processus de découverte du Nouveau Monde.
La morue n'était pas un produit de luxe, mais elle était abondante, facile à capturer, un aliment de qualité aussi, qui était apprécie. L'essor économique, démographique explique l'évolution des pêcheries au XVIe siècle. Mais peut-être aussi les 153 jours d'interdiction de viande dans l'année qu'exigeait l'Église (bien que le poisson n'était pas indiqué comme substitut en particulier). La morue n'était pas le seul produit de la mer ici pêché : les terres neuves attiraient aussi des baleiniers, des chasseurs de phoques, morses, lions et éléphants de mers... dont les graisses et huiles étaient très utiles pour l'éclairage, le savon, la teinture...
La pêche en Terre-Neuve amena très probablement des hommes à découvrir l'Amérique, avant Christophe Colomb (si on oublie deux minutes ces Scandinaves..) : des études prouvent que des pêcheurs de Bristol s'y seraient rendus dès les années 1480.
Mais c'est un phénomène mineur. Les morutiers se développèrent progressivement au début du XVIe siècle, jusqu'aux années 1540 où le trafic augmenta considérablement. L'activité, très rentable, le resta jusqu'aux années 1580. Elle était principalement le fait de Normands, Bretons et Basques, occupait une cinquantaine de ports français (Saint-Malo, Saint-Jean de Luz, Dieppe, Rouen, La Rochelle, Bordeaux...). Les chiffres que donnent Havard et Vidal sont impressionnants : dans les décennies 1550 – 1580,  c'est près de 10 000 marins français qui se rendaient chaque années sur les rivages américains. 500 navires, pour moitié français, vers 1580, allaient pêcher dans les terres neuves ! Ce qui fait que la route la plus empruntée du XVIe siècle n'était pas celle du Mexique, des grands conquistadores espagnols, mais celle de la morue !
Cette activité des terra neuvas morutiers commença néanmoins à ralentir dans les années 1580, fruit de plusieurs facteurs : guerres de religion en France, difficultés économiques européennes, mais surtout un refroidissement climatique qui raréfiait les ressources animales dans la zone. Les activités commencèrent ainsi à se diversifier : morue, baleine, chasse (phoque etc.), mais aussi à se décaler petit-à-petit vers la fourrure.

Mais cette dernière activité, de pelleterie, fut justement permise par la pêche des terra neuvas. Car il y avait deux façons de procéder, dans la pêche à la morue :
               -La production de morue verte : les navires pêchaient et conservaient directement en mer, grâce au sel.
               -La morue séchée, qui était la solution la plus commode : les pêcheurs installaient des campements à terre afin de faire sécher la morue (ou d'extraire l'huile des baleines..), qui étaient aussi des comptoirs de fait. Car pour éviter les heurts avec la population locale, peut-être aussi pour rapporter plus du voyage, les pêcheurs procédaient à des échanges avec les autochtones. C'est ainsi qu'ils commencèrent à rapporter des fourrures de tous types d'animaux (ours, castors, orignaux, morses, phoques, loutres...) qu'ils revendaient sur les marchés européens. Cette démarche fut prologue du système de troc qui permit la colonisation française au siècle suivant.


B. La vogue des fourrures.

Les échanges avec les Amérindiens commencèrent à se développer à partir de la seconde moitié du XVIe siècle, mais cela prit un tout autre envol dans le dernier quart : à partir des années 1570, suite aux autres échecs de colonisation et surtout au développement du marché des fourrures en France, de plus en plus d'entrepreneurs se tournèrent vers le golfe du Saint-Laurent pour les fourrures. Il ne s'agissait plus d'une sorte de « bonus ». Cette explosion du marché, car c'est en vraiment une à partir des années 1580, se fit grâce à un renouvellement de la mode (et en particulier à Paris) des chapeaux de feutre de laine. Donc une très forte hausse de la demande (correctement poussée par les chapeliers et fourreurs parisiens)... face à une très forte offre, car les peaux étaient bien présentes ! En effet, si ces chapeaux étaient originellement fait en laine d'agneau, la qualité supérieure de la fourrure de castor qui pouvait être fortement exploitée, changea la donne. D'autant plus que les pêcheurs/marchands pouvaient ramener du castor gras, par opposition au sec : des robes de castors qui avaient été portées par les autochtones, assouplissant ainsi la fourrure et faisant tomber les longs poils extérieurs (point qui facilitait le feutrage). Qualité, qualité.
A partir des années 1580 donc, l'activité s'organise véritablement. Des lieux de rendez-vous avec les Amérindiens sont prisés : le détroit de Belle-Île en premier lieu, puis l'embouchure du Saint-Laurent, et surtout Tadoussac à l'embouchure du Saguenay, lieu de rassemblement estival pour les Montagnais (un peuple algonquien, tout comme les Micmacs). Tadoussac devint l'un des plus importants lieux de rendez-vous de la fourrure. C'était aussi une zone qui servait de camp de travail aux baleiniers basques. Car la pêche ne s'éteignait pas pour autant, et continuait, malgré le ralentissement déjà évoqué.

La traite de la fourrure put ainsi devenir une activité autonome pour plusieurs entrepreneurs, non additionnée à la pêche. Le premier navire mentionné comme étant armé uniquement pour les commerce de fourrures part en 1581 : ce sont des Bretons, qui devant le profit réalisé relancent l'expédition l'année suivante, vendant alors pour 14 pour 1 ! En parallèle, la révolte des Pays-Bas affaiblissait Anvers comme redistributeur commercial des fourrures des Mers du Nord, tandis que ces zones en elles-mêmes connaissaient des conflits (guerre entre Suède et Russie). Mais la marchandise reste luxueuse, et la demande qui a beau faire un bond est très vite comblée, car elle répondait auparavant à une activité secondaire. Trois navires affrétés pour les fourrures la satisfont pour un an : et en 1582 le marché est déjà débordé ! Concurrence qui devient donc rude. Nos deux auteurs donnent l'exemple de Jacques Noël, le neveu de Jacques Cartier, qui perdit 4 navires de manière criminelle dans cette entreprise, en 1587.



C. Du monopole à la colonie ?

Une manière d'éviter cette concurrence brutale était le monopole de la traite, qui signifiait aussi une colonisation, la monarchie voulant obliger ceux à qui elle accordait ces, ce monopole(s) à créer des points de peuplement. C'est ce que fit Henri III en nommant dès 1578 le sieur de La Roche Vice-Roi des Terres Neuves « et pays qu'il prendra et conquestra sur lesdits barbares » (p.61). Et ce dernier tenta, mais.. échoua : une première expédition fut contredite par les Anglais qui capturèrent l'un des deux navires. La seconde, lancée en 1584 et comprenant tout de même 300 colons, vit son navire principal s'échouer au large de Brouage (une toute petite ville aujourd'hui, un important port à l'époque moderne dont serait natif Champlain – tout près de la presqu'île d'Oléron).
Une deuxième tentative de monopole eut lieu par Jacques Noël, qui avait déjà remonté le Saint-Laurent jusqu'à l'île de Montréal et s'imposait en digne héritier de son oncle, jusqu'à la perte de 1587. L'homme demanda un monopole des fourrures et mines du Saint-Laurent à Henri III, qui le lui accorda en 1588 contre, idem, la condition de créer une colonie de peuplement (Noël devant piocher pour cela dans les prisons!). Or, il se heurta aux protestations des marchands malouins, qui en référèrent aux États de Bretagne... protestations acceptées par le Roi.

Cet effort renaît sous Henri IV, après la paix de Vervins et la fin des guerres de religion avec l'Édit de Nantes, les deux en 1598. Bref, ce dernier entendait contestait le monopole ibérique sur l'Amérique, par des tentatives au Brésil, et reprendre les terres canadiennes « sur lesquelles avait déjà flotté la bannière fleurdelisée », en référant au principe qu'un monarque ne devait laisser à son héritier un Royaume amputé, et que ces terres étaient siennes ! Henri IV se pose donc bien en possesseur de la Nouvelle-France, qu'il entend coloniser.
Henri IV redonne donc à de La Roche ses prérogatives (quelques peu différentes, du fait qu'il est nommé lieutenant-général de ces terres outre-Atlantique, comme Roberval avant lui, référence que fit le monarque), ce dernier voulant monter une entreprise colonisatrice sur l'île de Sable, au large de la Nouvelle-Écosse. La chose est fait, et cinquante colons sont envoyés monter un établissement cette même année 1598, ravitaillés chaque année... sauf une, 1602, et un navire n'en récupère que 11 l'année suivante, vêtus de peaux, affamés.. Un autre échec.

Une autre tentative eut lieu, avec le marchand protestant normand Pierre Chauvin, auquel Henri IV accorda un monopole de traite en Acadie et au Canada (monopole quelque peu réduit à une portion des rives du Saint-Laurent suite aux protestations de de La Roche qui voyait le sien rogné), contre l'engagement de ce dernier à y bâtir une colonie. C'est ce que de la Roche fit, établissant à Tadoussac un petit fort en 1600, avec l'accord de Montagnais, y laissant 16 hommes pour l'hiver. Mais c'est encore un échec, ces derniers furent décimés par la disette et la maladie, quelques survivants seulement récupérés par la suite.

Ces entreprises avaient donc échoué. Dans le même temps, les Malouins en particulier, revendiquant une expérience et un monopole de fait depuis quartier, se plaignaient. En 1602, le monopole de Chauvin fut partagé avec des armateurs de Rouen.. Mais tout cela n'avançait guère. Et nos auteurs, citant l'historien John Dickinson, expliquent que ces mouvements de colonisation par les monopoles commerciaux ne pouvaient que mener à une petitesse de l'entreprise coloniale, et probablement par conséquent à des échecs. Car ces marchands, dont le monopole pouvait cesser avant échéance, cherchaient le profit et par là même à le maximiser le plus rapidement possible : laisser sur place plus que le nécessaire minimum pour l'échange avec les autochtones, et quelques soldats pour protéger le tout, était une dépense inutile à ce profit marchand.

Enfin bref, Henri IV veut continuer l'effort colonisateur. En Février 1603, Chauvin décède, et le Roi accorde son monopole à Aymar de Chaste, conseiller d'État du Roi, vice-amiral, et gouverneur de Dieppe. Ce dernier met en place une expédition sous le commandement de Gravé du Pont, qui part le 15 Mars pour le Saint-Laurent. C'est le début d'une nouvelle ère pour la Nouvelle-France.




En conclusion, les tentatives colonisatrices du XVIe siècle furent globalement un échec, et la seule Nouvelle-France qui existait politiquement l'était uniquement sur des cartes et dans les dires des monarques. Cela est dû aux trop légers efforts de la monarchie, aux intérêts variables et variants (du Brésil au Canada, Henri IV étant d'ailleurs plus attiré par le premier que par le second), mais aussi à une situation intérieure difficile qu'il ne faut surtout pas oublier.
Se développa néanmoins un tout autre type d'expansion au XVIe siècle, celui de la pêche et du commerce. Ces activités profitables permirent l'effort colonisateur du siècle suivant, prouvant par leurs richesses qu'il y avait intérêt à pousser en cette direction. Et d'ailleurs, on voit que les tentatives de colonies de la fin du siècle sont poussées en partie par des marchands, contre les monopoles. Surtout, ces activités permirent le développement d'un énorme savoir sur les côtes nord américaines, canadiennes, et surtout sur le Golfe du Saint-Laurent et sur le fleuve en soi. Savoir géographique, cartographique, maritime, linguistique, ethnologique... Et ces deux derniers points aussi, permirent en particulier le futur développement du XVIIe : des relations avaient été nouées avec les autochtones, et elles étaient amicales. Ces relations amenèrent à la vision que l'amitié avec les Amérindiens était vitale à la conquête.
Car tout le prouve : Cartier échoua suite à ses conflits avec les Amérindiens. Laudonnière en partie de même mais reconnut que c'était nécessaire, et de Gourgues ne s'y trompa lui pas dans sa vendetta. Les techniques normandes au Brésil surtout furent essentielles et inspirèrent Gravé du Pont et Champlain au Canada, qui eux de même purent s'appuyer sur un passif de contacts prolifiques. Villegagnon montra qu'il eut lui aussi tort de sous-estimer les rapports avec les autochtones.
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Bertrick
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MessageSujet: Re: Nouvelle France   Ven 31 Oct 2014 - 17:32

... dans les décennies 1550 – 1580,  c'est près de 10 000 marins français qui se rendaient chaque années sur les rivages américains. 500 navires, pour moitié français, vers 1580, allaient pêcher dans les terres neuves !

Je ne pensais pas qu'ils fussent si nombreux.
Je trouve ton exposé très intéressant ... et instructif.

PS Le port de Brouage était un port essentiellement militaire. La ville et la forteresse (en parfait état) sont magnifiques à visiter. De nombreuses expéditions maritimes sont parties de là.
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MessageSujet: Re: Nouvelle France   Ven 31 Oct 2014 - 22:51

Merci Bertrick, le compliment est apprécié.
Je vais continuer tout ça avec l'histoire politique du XVIIe et XVIIIe, comme prévu (sans l'épisode de la chute de la Nouvelle France avec la guerre de Sept Ans, pas encore étudié), dans les temps à venir.
Et merci pour le mot sur Brouage, je ne savais pas. En fait je ne connaissais même pas l'existence de la ville jusqu'à ce que je bosse sur Champlain... J'essaierai d'y faire un tour un de ces jours ! Déjà que j'ai loupé Rochefort il y a un an..
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MessageSujet: Re: Nouvelle France   Sam 1 Nov 2014 - 10:03

Je me contente de poster l'introduction pour l'instant, suivra une première sous-partie, histoire d'entrer dans le vif du sujet. Mais là j'ai surtout besoin de kawa alors juste l'intro...
(Comme d'hab', si des points paraissent peu clairs, comme par exemple la gestion de la Marine, des points institutionnels, bref si y'a besoin d'éclairer dites moi).



---------------------------------------------------------------------------


Chapitre II : Les étapes de la colonisation
(XVIIe – XVIIIe)


Le projet colonisateur réussit enfin au XVIIe, marqué par la création de sociétés originales, en Acadie, au Canada, en Louisiane. En 1600, aucun Européen ne demeure en Nouvelle-France. En 1700, plus de 16 000 personnes vivent dans la vallée du Saint-Laurent. En 1760, ils sont près de 90 000 en Nouvelle-France Nord Américaine, dont 90% entre Québec et Montréal. Ce qui reste extrêmement faible finalement ! Même si l'on y ajoute les peuples alliés, les esclaves et affranchis d'origine africaine, et les métis – mulâtres. Alors que la Nouvelle-France s'étendait théoriquement sur un tiers de l'Amérique du Nord.
Cette colonisation malgré tout réussie fut en grande partie l'objet de l'effort des monarques, appuyés sur les monopoles commerciaux, principalement Henri IV et Louis XIV. Henri IV surtout s'y intéressa personnellement, malgré la grande hostilité de son conseiller Sully. Point contraire chez Louis III puis son fils Louis XIV : chez eux, ce sont les conseillers qui mènent la politique colonisatrice, tandis que le Roi se content la plupart du temps d'approuver. Henri IV frappa donc le coup de gong qui lança véritablement les opérations. Néanmoins, une véritable politique colonisatrice naît à partir de 1624 sous Richelieu, puis Colbert, en particulier ce dernier (à partir de 1661 donc) poussé par la pensée mercantile : faire la France puissante, c'est augmenter son stock monétaire et de métaux précieux, et pour cela développer le commerce, donc le commerce à long cours. Les colonies doivent donc se développer, non pas pour elles-mêmes, mais pour les produits qu'elles doivent apporter à la France, ce qui évite à cette dernière de dépenser ses précieux stocks pour se les procurer.

Tout cela est toutefois à nuancer grandement. Car la Nouvelle-France ne fut pas non plus l'objet d'efforts immodérés de la monarchie française, dont la priorité fut toujours le Vieux Continent. Il s'agissait d'y contrer les entreprises habsbourgeoises, autrichiennes et espagnoles, mais aussi les velléités anglaises. Il était donc particulièrement difficile, voire impossible, de financer et des conflits continentaux et une politique d'expansion maritime et coloniale. C'est pourquoi il était question de s'appuyer sur des monopoles commerciaux. Le Royaume de France s'inspira pour cela des Anglais et des Hollandais, fondateurs du système des compagnies, avec respectivement la East India Company (1600) et la VOC (pour Compagnie des Indes Orientales, je ne donne pas la transcription de cet acronyme en hollandais)(en 1602). Même principe : monopole commercial contre obligation colonisatrice (incluant un effort de développement..).
Mais en fait, nos deux amis Havard et Vidal, poussent à nouveau la nuance : la valeur géopolitique de plus en plus importante de la Louisiane et du Canada face à l'Anglais et à l'Espagnol pousse la monarchie à fournir des efforts directs. « L'expérience coloniale française en Amérique du Nord se caractérise ainsi par l'importance croissante jouée par l'État dans l'exploitation et le contrôle du territoire » (p.70). Car le Roi doit ainsi concilier intérêts divergents d'acteurs différents de la colonisation : commerce, rapports avec les Amérindiens (et leur christianisation), colonisation de peuplement.
C'est ainsi qu'en 1669 les colonies sont placées sous la responsabilité de Secrétariat d'État à la Marine, date à laquelle ce dernier est créé par Colbert. Tout au long de l'histoire de la Nouvelle-France, du moins à partir de sa création, c'est ce ministère qui gère la politique coloniale. Exceptée la période 1715 – 1723 où il fut brièvement remplacé par un Conseil de Marine. Bref, cela se faisait au nom du Roi, ce qui n'empêcha pas le monarque de s'intéresser personnellement aux questions américaines. On l'a vu avec Henri IV ; Louis XIV quant à lui évoque les Iroquois dans ses Mémoires et en particulier la paix de 1666.. surtout une énorme correspondance entre Versailles et les colonies qui bien que principalement signé en le nom de Sa Majesté, provenait parfois d'elle.

Le Secrétariat d'État à la Marine laisse donc entrevoir une volonté centralisatrice et particulièrement autoritaire de la politique de l'État en Nouvelle-France : le Ministre gère directement les grandes questions, en comptant malgré tout sur le contrôleur général des finances et aussi des premiers commis qui eux rédigeaient les instructions et autres directives, le fonctionnariat derrière. Mais aussi, et surtout, ils traitaient sans en référer au ministre, sous Colbert excepté, toutes les questions secondaires de la vie étatique en Nouvelle-France.
C'est bien une grande volonté centralisatrice, Colbert rappelant lui-même aux administrateurs de Québec en 1677 que même si le Canada paraissait « loin du Soleil », il ne fallait pas oublier qui dirigeait, grosso modo, et que les administrateurs locaux devaient se borner aux directives sans grandes initiatives. Dans les faits, bien sûr, de nombreuses initiatives étaient prises sur place, et surtout, les figures d'autorité outre-Atlantique œuvraient pour influer sur les décisions royales quant à l'avenir des colonies.
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MessageSujet: Re: Nouvelle France   Sam 1 Nov 2014 - 11:02


I. Marchands, missionnaires et Amérindiens.

L'idée de la colonisation progresse doucement entre 1603, date à laquelle sont jetés les fondements de l'alliance franco-indienne, et 1663, date à laquelle les colonies entrent dans le giron direct de la monarchie. Œuvre marchande, missionnaire, œuvre de contacts avec les autochtones..


A. 1603 : la tabagie de Tadoussac.

François Gravé du Pont était un marchand malouin, qui participa à l'expédition de Pierre Chauvin de 1600. Il se place sous la direction de Aymar de Chaste, et mène donc pour lui cette expédition de 1603, de traite et de prospection. C'est un personnage très important dans la mesure où c'est lui qui permet un nouvel angle colonisateur, que nous allons voir, « personnage central de l'expansion » selon nos deux auteurs (p.72). Il est accompagné notamment de Samuel Champlain, alors très jeune, dans les 23ans : il est né à Brouage vers 1580, dans un milieu protestant (mais est lui-même catholique), a mené une carrière d'officier dans l'armée jusqu'à ce son unité soit dissoute avec la paix de Vervins. Champlain est aussi fort d'une formation de géographe, et de dessinateur. C'est en simple observateur qu'il participe à l'expédition de Gravé du Pont, expédition dont il tire un compte rendu, un récit : Des Sauvages.
Bref, l'expédition arrive à Tadoussac le 24 Mai 1603. Trois jours plus tard, elle se rend à la pointe Saint Mathieu, aujourd'hui Pointe aux Alouettes : s'y tient un grand rassemblement de Montagnais, qui fêtent leur victoire contre les Iroquois, victoire obtenue grâce à leurs alliés algonquins et etchemins (tous sont des peuples algonquins, mais la tribu des Algonquins en est une en soi, faisant partie de cette famille algonquienne).
Gravé du Pont et Champlain sont reçus dans la cabane d'écorce du sagamo, le chef, du nom de Anadabijou où l'on faisait « tabagie », c'est-à-dire festin, dont fait partie la coutume de fumer du pétun (qui est du tabac). Champlain explique dans Des Sauvages qu'ils fêtent, mangent et fument avec eux. L'expédition française était alors accompagnée de deux jeunes Montagnais qui avaient été présentés à Henri IV l'hiver précédent. Ces derniers (et je ne sais pas, ce n'est pas expliqué, si ils avaient été kidnappés, invités... ils proviennent probablement de l'expédition de Chauvin?) vantent les mérites du Roi de France, expliquent à Anadabijou que les Français désirent s'installer, commercer, et garder une très bonne entente avec les Montagnais. Mais aussi faire la paix avec les ennemis de ces derniers, les Iroquois, ou les combattre si la paix ne peut se faire. En fait, on comprend ici qu'une alliance avait été conclue avec les Montagnais peu de temps auparavant, probablement grâce à l'expédition précédente à Tadoussac, de Chauvin une fois encore. Probablement aussi, par conséquent, que Gravé du Pont connaissait Anadabijou. Bref, ce dernier s'avère heureux de la volonté de Henri IV, voyant un peuplement français comme un énorme avantage contre les Iroquois.

On ne sait si Anadabijou était le chef de l'alliance des Montagnais, Algonquins et Etchemins (existe une petite querelle d'historiens sur le sujet).
Cela eut quoi qu'il en soit lieu le 27 Mai. Peu de temps après, le 9 Juin, une nouvelle tabagie est organisée à Tadoussac, qui comprend donc bien sûr les Français, mais aussi les trois nations indiennes alliées. Gravé du Pont et Champlain assistent alors à une danse du scalp algonquine, que Champlain relate dans son récit : danses dénudées, et présentation de scalps iroquois.

L'expédition commanditée par Aymar de Chaste conclue ainsi une alliance avec ces peuples, ce qui pose les fondements de la Nouvelle-France comme elle est par la suite dessinée. L'alliance avec les Montagnais est probablement le renouvellement d'une précédente, mais cette alliance là présente un caractère « officiel », disent les auteurs, probablement suite aux vœux formulés par Henri IV, grâce aussi aux sources que l'on détient sur cette dernière contrairement à la précédente... Enfin bref ! L'alliance devient claire, nette, et indispensable. L'expédition suivante sera avertie de devoir « conserver » cette amitié, de respecter les traités faits à condition qu'ils soient inversement satisfaits.
Les décennies précédentes sont à considérer comme une sorte de prologue : il fallait opérer à de bons rapports dans un objectif commercial, et plus encore, et la conception de l'amitié nécessaire avec les autochtones se dessinait. Là se formule une politique claire d'alliance, ce qui induit donc du militaire, du politique, bref de quoi desservir une colonie de peuplement. Et ainsi des alliances qui doivent être importantes, nombreuses, pour une installation efficace.

La suite de l'expédition est rapide à relater : les Français séjournent quelques temps encore à Tadoussac, puis remontent le Saint-Laurent comme Cartier le fit. Et de même que Cartier, ils sont arrêtés par les rapides de Lachine au bout de l'île de Montréal. Et idem, le mythe perdure : Champlain est persuadé que la route de l'Asie est proche. Ils récupèrent toutefois auprès des Iroquois de Hochelaga des informations précieuses sur les Grands Lacs et les chutes du Niagara.
L'expédition repart pour la France le 16 Août. L'objectif était double, et il fut rempli : ramener des fourrures ; collecter des informations pour une avancée coloniale future, avec un supplément non négligeable, l'alliance.
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