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 Fonds mouvants à Saint Martin

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Raimund
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MessageSujet: Fonds mouvants à Saint Martin   Lun 29 Juin 2015 - 13:51

Fin juin 1715, du coté des Petites Antilles.  Alors qu’elle tentait de rejoindre son point de rendez vous pour participer à la chasse au pirate appelée par l’Ambassadeur von Brugen, l’escadre hollandaise, après un court engagement demeuré indécis,  avait du se disperser face à l’arrogante et croissante supériorité numérique d’un fort parti de voiles françoises, visiblement plus enclines à guerroyer notre nation qu’à courir sus au pavillon noir.

Les Gueux de Mer, en quête de légitimé envers leur nouveau pavillon étaient de l’expédition, et en subirent promptement l’avanie:  le Capitaine Janszoon, quant à lui respectable fils de tisserand de Delft récemment arrivé à la caraïbe, du regagner les premiers rivages à l’aviron, abandonnant à la houle les débris de son navire.

Dispersés aux quatre coins des petites Antilles, les quatre capitaines finirent par se retrouver autour de la Frégate de leur chef, ledit « Horace de Corroy », autrefois connu sous le nom d’ « Horacio Albéro », mouillant dans la rade de Saint Martin.

Alors qu’il arpentait les docks en quête de denrées pour avitailler La Vigilante, le Capitaine de Corroy était contrarié par la situation: comment, étant placé dans la raisonnable impossibilité de satisfaire l’appel de l’Ambassadeur von Brugen, les Gueux de Mer allaient-ils pouvoir restaurer leur honneur

C’est alors qu’il fut tiré de son amère réflexion par une conversation véhémente, qui n’avaient rien à envier à une acerbe polémique sur la fraîcheur de la poiscaille à l’étale du marché de Middelburg.


« Quoi !? 17 prises représailles ? Et pas la moindre piastre en droits de commission ? Ce Rohuud se paye notre tête !! Cocagne Sound n’est pourtant pas aux mers du Sud ! »


L’homme indigné qui escomptait avec bien plus satisfaction six mois auparavant apprendre la disparition corps et âme dudit Rohuud, venait de voir sa vénalité chavirer ses attentes. Juché sur des souliers vernis et portant perruque autant que poudre au nez, l’individu semblait bourgeois et l’autorité du ton employé le présumais doté de quelque charge.

18 mois passé à mener vie de forban avait imprimé en Horace le don de porter l’oreille aux conversations, et d’en reconnaître le cap ouvrant la passe aux bons coups. Il se rapprocha donc discrètement.

« sauf votre sagacité, messire Bourgmestre, et sauf ma charge d’agent de la Compagnie, du Sieur Rohuud devions nous attendre plus probe attitude ? De lui n’avons-nous pas pour  souvenance que l’humiliation de quelque ministre du culte par son équipage ? », osa le second  et terne personnage dans regard à peine relevé plus haut que le jabot du premier.

« Certes, Rudi, certes, mais ce Boudewijn de Saint Eustache n’est-il pas censé le garder le respect des termes contresignés de la Compagnie, se réhaussa le bourgmestre,…enfin si ce Geert ne l’a pas pendu depuis lors à la grand vergue, ou que ne sais-je encore comme vilainie de son invention.

Puis il se saisit du document que son interlocuteur lui tendait, le déplia et plissa les yeux trahissant une courte vue, couverte par les précisions empressées dudit Rudi :

« Je tiens ces comptes du cousin issu de germain de ma nièce qui est clerc à  la chambre des négociant de Cocagne Sound, j’en garantie l’honnête exactitude »

La poudre ne parvint pas à masquer l’empourprement du bourgmestre :

«  50 094 piastres ! Ce Rohuud vogue à son plaisir sur une ardoise de 50 094 piastres de nos droits sur sa commission! 50 094 piastres ! Quel affront ! Il nous faut absolument dénicher fort caractère pour faire valoir nos droits auprès du ce gueux de Rohuud ! 50 094 piastres ! »

« Sauf votre sagacité messire Bourgmestre, et sauf ma charge d’agent de la Compagnie, glissa l’agent sur un mode emprunt d’une déprimante routine, ne craignez vous pas que quiconque mandaté à recouvrer cette dette dans le sillage de Geert Rohuud, pourvu qu’il y parvienne en quelque lieu de la Caraïbe, n’ai pas la probité à ce point chevillé à l’âme, pour sans détours ni ponction, nous rapporter la somme ? »

A ces mots le bourgmestre se gratta énergiquement  la perruque, puis la remis délicatement en place avant qu’elle ne lui masque la fronce de ses sourcils. Puis il gratta le menton, avança le jarret dans une pose de majesté, croisa les bras et porta le regard au-delà de quelque cacatois barrant l’horizon du front de mer…

Horace à qui aucun mot n’avait échappé, et à qui la vivacité d’esprit ne manquait pas, avait entrevu là l’opportunité de renflouer les caisses de sa confrérie autant que le moyen d’en redorer le blason auprès du pavillon hollandais...
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MessageSujet: Re: Fonds mouvants à Saint Martin   Mar 30 Juin 2015 - 9:08

Délaissant le lot de biscuits de mer qu’il s’apprêtait à acquérir, Horace profita de la suspension de séance pour se manifester avec la meilleure prestance qu’il put faire voir.  Avec l’aplomb d’un ancre jetée de haut bord il déclara :

« Messire Bourgmestre, Capitaine Horace de Corroy, commandant à la Caraïbe quatre navires corsaires. Que je sois changé en rascasse si pour improbable que ce soit il existe en ces côtes un repli où je ne sois capable de dénicher ce Rohuud ! »

Interloqué par cette intervention aussi incongrue qu’inespérée le bourgmestre rengorgea un hoquet d’indignation. La suite ne fut que circonvolutions rhétoriques et valse paroles n’ayant d’un parti comme de l’autre que le but d’inspirer à l’autre quelque confiance. Moins d’une heure plus tard le trio bataillait la mise dans les bureaux de la Compagnie de Saint Martin des Pénitents. La négociation vint naturellement à se stabiliser là où les intérêts commun accostèrent.

Le bourgmestre, considérant la fragilité du hasard que se manifeste derechef une semblable opportunité, autant que considérant qu’un tient vaut mieux que deux tu l’auras, consenti aux requête du capitaine Horace en ces termes:

Eu égard aux délais et à la fatalité des probables imprévus de l’entreprise, les Gueux de Mer, plutôt que d’agir en recouvrement aux bénéfices des autorités de Saint Martin, se portaient acquéreur de la dette du sieur Rohuud, charge à eux en leur nom propre de rentrer dans leur frais. Le bourgmestre se faisant dès lors remettre sur le champ quantité de piastres sonnantes et trébuchantes en échange d’une créance au gré des vents portée, y trouva son avantage.

En contrepartie non seulement une large ristourne fut accordée aux Gueux de Mer qui rachetaient ladite dette de 50 094 piastres, au prix fort raisonnable de 24 999 piastres. Mais n’étant pas de ceux qui dindonnent de la farce, le capitaine Horace, fit valoir qu’au titre de ce rachat d’actif de la compagnie de Saint Martin des Pénitents, Les Gueux de Mer en devenaient actionnaires en proportion de ces 50 094 piastres.

Cette entrée au capital de la Compagnie ferait l’objet d’un avis auprès de l’ambassadeur afin qu’il soit su en haut lieu, que les Gueux de Mer avaient participé au renflouement d’une compagnie concourant au prestige du pavillon hollandais à la Caraïbe. Et pour que la transaction dans l’ensemble de ses termes fut devant la coutume et l’honneur garanti,  les statuts de la compagnie furent modifiés comme suit :


« Outre les autorités de Saint Martin, représentant ses bourgeois titulaires de charges, ses marchands et négociant dont le sieur Geert Rohuud, est désormais actionnaire de la compagnie la Confrérie des Gueux de Mer.

Afin d’en acter la réalité la compagnie prends désormais le nom de « Compagnie de Saint Martin des Gueux »

Soumise à l'autorité morale de l'ambassadeur de Hollande aux caraïbes, la compagnie concoure au développement du commerce local depuis les côtes des Carolines jusqu'à celles des Guyanes, et contribue à affirmer la présence hollandaise dans ces eaux.

Afin d'assurer sa prospérité ses besoins d'investissements la Compagnie garde son capital ouvert à tout résident des colonies hollandaise aux caraïbes, pourvu qu'il fasse preuve de sa digne qualité auprès de la Chambre de direction sise à Saint-Martin.

La compagnie octroie par délégation universelle à ses capitaines à la mer, toute commission en représailles vis à vis de toute nation se faisant agresseur de ces dernier, pour reprendre ce que bon et juste semble. La Chambre de direction étant sise à Saint Martin, collecte pour un dixième des gains en représailles, lequel dixième sera remis à chaque escale à Saint Martin, qu’il soit en piastres ou toute autre nature monnayable.

Afin de certifier du juste et plein accomplissement des intérêts de la compagnie, chaque navire embarque à son bord un agent de la compagnie. »



Il ne restait plus qu’au Capitaine Horace et aux Gueux de Mer  qu’a dénicher le fameux Geert Rohuud, et à recouvrer auprès de lui, si possible par la persuasion,  sinon les 50 094, du moins suffisamment pour entrer dans ses frais…
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MessageSujet: Re: Fonds mouvants à Saint Martin   Jeu 2 Juil 2015 - 11:36

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