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 Pâques 1716 où la « Résurrection » … du capitaine Bertrick !

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Bertrick
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MessageSujet: Re: Pâques 1716 où la « Résurrection » … du capitaine Bertrick !    Mar 5 Juil 2016 - 16:07

Lively au près bon plein, sous trinquette, grand foc d’étai et voile de senau, amures sur bâbord. Un honnête marchand - en apparence - taillant bravement sa route.

Dans la grand-chambre, comme la mer est assez calme pour ne pas renverser le tablier, une partie de trique-trac oppose le chirurgien et le maître. Une bouteille de tafia est à portée de mains des joueurs comme des spectateurs et Alcide, une Dame-Jeanne à ses  pieds, veille à remplir le flacon dès qu’il est besoin. Deux fois déjà me semble t-il.
Eusèbe, Crawley et moi-même suivons la partie avec une inégale attention. Par les fenêtres de poupe grandes ouvertes, je distingue les voiles de notre conserve, à une lieue dans notre sillage.

- Holà en bas ! Navire en vue par bâbord devant !

- M. Crawley prenez ma longue-vue. Vous me direz ce que vous voyez de là-haut.

Le charpentier sort prestement pour monter jusqu’au ton du petit mât de hune. Nous sortons tous derrière lui à la file jusqu’à la plage arrière.

La voix de Crawley nous parvient peu après depuis les hauteurs du mât de misaine.

- Un deux ponts … Cap ouest !

- "Peu probable qu’il soit seul" dis-je in petto à Jaume qui est à la gouverne.

Crawley nous rejoint.

- Au vent arrière, on ne voit pas son pavillon qui est masqué par ses basses voiles mais à ses hauts châteaux un peu surannés …

- Surannés ???

- A l’ancienne mode quoi ! Je pencherai pour un vaisseau de cinquante canons sorti des chantiers de La Habana.

- Sauf à être une prise, nous sommes donc en présence d’un espagnol.


Une couple d’heures plus tard, aucune voile n’est apparu derrière le deux ponts.
On le perd de vue avec le crépuscule. Cependant, nous sommes à son vent. Il peut nous avoir pris pour un marchand – ce qu’on espère - comme l’avait cru la corvette angloise, il n’en va pas de même pour notre conserve avec ses formes élancées caractéristiques et ses voiles latines et qu’il n’a point manqué d’apercevoir aussi.

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Bertrick
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MessageSujet: Re: Pâques 1716 où la « Résurrection » … du capitaine Bertrick !    Jeu 7 Juil 2016 - 15:44

A l’aube, il est là, à trois milles un peu en arrière du travers bâbord. Il a désormais perdu sur nous, l’avantage du vent … mais pas encore sur notre conserve.

Lorsque le disque solaire décolle de l’horizon, il brasse ses lourdes vergues et court sus au chebec de Breeg toujours à un bon mille derrière nous. Les couleurs espagnoles sont à présent visibles. Nous lofons en grand pour aller soutenir notre conserve.

Le Don est tellement accaparé par sa manœuvre d’approche sur le chebec – tout les hommes du pont pressés contre la lisse et dans le gréement pour voir de près le vaisseau pirate - que nous parvenons à portée de canons sur son autre bord sans éveiller la moindre défiance.

C’est le Manus Dei, cinquante six canons, portant guidon d’amiral. Il fait deux fois notre longueur et jauge plus de milles tonneaux !
Nous prend-il encore pour un navire au commerce où fait-il fi d’un si piètre ennemi ?

- De l’avant à l’arrière feu à volonté !

Trois volées - au vrai assez dérisoires, de nos huit pièces de 4 livres - mais suffisantes pour stupéfier les espagnols.

Les sabords de Manus Dei sont encore fermés de ce côté-ci mais nous n’allons pas attendre qu’ils lèvent les mantelets de sa terrible batterie basse de 32 livres capable d’une seule bordée de nous couler à fond.
Nous lofons dans notre propre nuage de fumée, pour nous mettre au plus tôt hors de portée de la mortelle riposte, laquelle ne saurait tarder.

Notre conserve use promptement du désarroi qu’engendre notre attaque. Plusieurs volées de boulets ramés déchirent les huniers de Manus Dei.
Coup heureux !
Un boulet sectionne la drisse de pic de la ourse qui choit brutalement sur le gaillard d’arrière. Son centre de voilure déséquilibré, le deux pont embarde et pivote lourdement dans le lit du vent.

Les batteries de Manus Dei n’ont plus notre conserve en ligne de mire.
Apostat de Saint Pierre  des Pendus en profite. Il vire, coupe le sillage du vaisseau. Ses immenses voiles brassées en ciseaux avec célérité, il s’esquive à notre suite.

Peut-être l’amiral espagnol a t-il été estourbi par la chute de la corne de ourse ?
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MessageSujet: Re: Pâques 1716 où la « Résurrection » … du capitaine Bertrick !    Dim 10 Juil 2016 - 15:59

- M. Jaume cap sud quart est.

Sous perroquets et bonnettes au vent, Lively fait force de voiles en direction de la côte,
suivit à une demi lieue par le chebec de Jeremiah Breeg.

- Navires en vue sur notre hanche bâbord !

C’est un grand chebec à cinq où six milles à peine et suivi, coque sur l’horizon, d’un autre deux ponts, au moins mille cinq cents tonneaux celui-là, un 74 sans doute.
J’avais raison de penser que Manus Dei ne croisait pas en solitaire.

Cette partie de la Côte Sauvage est encore noyée dans les brumes matinales lesquelles nous soustraient bientôt aux vues de l’escadre espagnole. Nous embouquons en sondant la Rivière Courantyne et mouillons près d’une des  îles en amont de l’embouchure.
Jeremiah nous y rejoint une couple d’heures plus tard.

- Une frégate escorte le 74 qui arrivait dans l’Est » me dit-il.

- Nous avons l’heur que l’amiral espagnol ne dispose d’aucun navire calant un tirant d’eau assez faible pour venir nous débusquer.

- Ses chaloupes le pourraient !

- Mais sans l’effet de surprise et avec notre puissance de feu, nous ferions joli massacre de ses compagnies d’abordeurs. Il y perdrait en outre toutes ses embarcations.

- Tu a raison. Et puis, notre repli a été masqué par la brume de terre, il n’a pu nous voir entrer dans l’estuaire et ne sais donc pas vraiment où nous sommes. Il y a l’établissement anglois dans l’estuaire de la Rivière Demerara au nord ouest, de là à penser que nous y avons trouvé refuge …

D’un commun accord, on embosse cependant les deux  navires, canons battant l’aval de notre mouillage. Juste pour le cas où l’amiral serait assez fou pour envoyer ses chaloupes.
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MessageSujet: Re: Pâques 1716 où la « Résurrection » … du capitaine Bertrick !    Mar 19 Juil 2016 - 12:46

Lively, sous une belle pyramide de voiles blanches, quitte la Baye de Montjoly.
Dès le lendemain, nous prenons un brigantin batave en provenance de Pernambouco.

Un couple de jours plus tard, c’est un senau de trois cents tonneaux sous même pavillon qui est pris au large de la Rivière Démérara où il souhaitait toucher.
Ce dernier, armé de quatorze pièces de canons & que notre apparence de marchand n’a pas leurré, nous a durement accablé avant qu’on s’en saisisse. Il nous faut retourner à La Baye de Montjoly pour compléter la compagnie.

Quelques jours après avoir quitté notre mouillage pour une nouvelle expédition, une pinque angloise enregistrée à Plymouth est prise aux atterrages de la Rivière Maroni et ce, sans presque coups férir.
Elle était pourtant forte de douze pièces de six livres mais son équipage,  quoique plus nombreux que nous, souffrait du scorbut, du manque d’eau douce et était au bord de la mutinerie.

Quelques survivants, que nous avons épargné, nous contèrent leurs malheurs.

- Mrs. Cécilia Bullot l’épouse du capitaine, accompagnait son mari pour cette traversée.
Le pilote M. Turnbull, homme bien fait de sa personne et avec assez de verve, s’est fait au fil des jours son suborneur.

Nous avions reconnu et doublé Madère et faisions route sur les Açores pour nous y recaler avant de mettre le cap sur la côte de Suriname.
Le capitaine Bullot, homme sanguin, vindicatif et convaincu d’être un mari bafoué a, sous le fallacieux prétexte qu’il fomentait une mutinerie, condamné M. Turnbull à deux cents coups de fouet.
Le pilote n’a pas survécu au supplice.

Mrs. Cécilia s’est jeté à l’eau dans la nuit qui suivit le trépas du pilote mais, l’équipage est convaincu que c’est le capitaine Bullot qui a jeté son épouse par la fenêtre de poupe. Peut-être après l’avoir occis car nul n’entendit le moindre cri … mais rien n’est moins sûr.

Le capitaine se révèle, dès le lendemain, totalement incompétent pour ce qui a trait à la navigation. Il s’avéra incapable de faire le point pour établir notre position et de là, à déterminer la route à suivre pour reconnaître les Açores. Le bosco ne lui était d’aucune aide. Lui ne savait que faire "marcher" le navire.
On n’aperçut jamais ces îles.

A cela suivirent deux semaines de dérives dans les calmes plats, des courants contraires et des vents qui l’étaient tout autant.
Bref, Bullot a égaré son navire dans l’immensité de la Mer Océane.
Les plus anciens de l’équipage se dirent convaincus avoir été entraîné jusqu’au sud du Tropique du Capricorne.

C’est la rencontre fortuite avec un baleinier qui nous sauva de cette errance. En échange de l’entièreté de la réserve de gin ainsi que de celle de tabac et du coffre de médecine, le capitaine du baleinier indiqua à Bullot sa position et lui donna les indications nécessaires pour atterrir à bon port.


- Où plutôt … jusqu’à Lively ! Ha ha ha !
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MessageSujet: Re: Pâques 1716 où la « Résurrection » … du capitaine Bertrick !    Dim 7 Aoû 2016 - 16:10

La bonace. Lively n’a plus de quoi gouverner et dérive au milieu de ses propres ordures. Nous ne sommes pas dans une urgence telle qu’il faille mettre nos embarcations à l’eau pour remorquer le navire mais la situation est plus que désagréable.
La barque roule et tangue à faire passer la mâture par dessus bord – nous avons calé nos mâts de perroquets sur le pont et amené les vergues des huniers sur les chouquets pour soulager les hauts – et nos hommes les moins amarinés – nous en avons parmi les dernières recrues - souffrent du mal de mer.
Sans le moindre souffle d’air pour amener un peu de fraîcheur, le brai fond dans les coutures du pont supérieur et des gaillards et l’étoupe en sort à chaque mouvement du navire.

J’ai fais frapper une araignée au dessus de la dunette et jusqu’au gaillard d’avant. On a guindé dessus un taud pour nous protéger des ardeurs du soleil.
Sauf par devoir, nul ne se rend plus dans l’entrepont qui est une fournaise que ne renierait pas Satan lui-même.

Enfin ! Une légère brise de sud est. On met sous voiles. C’est plaisir que d’entendre le gargouillis de l’eau autour du safran et la mer bruisser le long du bord.
On lance le loch, un nœud et demi !
Tout juste de quoi manœuvrer mais la brise amène un peu de fraîcheur et le moral de tous s’en ressent.
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MessageSujet: Re: Pâques 1716 où la « Résurrection » … du capitaine Bertrick !    Ven 26 Aoû 2016 - 15:37

Eusèbe, lui maintenait la tête renversée vers arrière d’une main ferme appuyée sur le front. La lame qu’il tenait de l’autre, effleurait le cou offert de Bertrick.

- Bouge pas capitaine, un geste malheureux est si vite arrivé.

- Tu me rejoindrai aussitôt en Enfer baragouina Bertrick sans presque ouvrir la bouche pour éviter tout mouvement de sa gorge exposée.
Ce disant, il dégagea son bras gauche de sous le linge qui le couvrait des épaules aux genoux. Sa main enserrait la crosse d’une espingole dont le canon évasé pointait sur le bas-ventre d’Eusèbe.

- Tu es le Diable capitaine. Tu penses à tout et ne donne ta confiance à personne.

D’un aller-retour du poignet, il essuya la lame du rasoir sur le drap couvrant l’épaule de Bertrick.

- Cache ce pistolet capitaine. A le voir ainsi braqué sur mes parties nobles, ma main est bien moins sûre.

- Tes parties nobles dis-tu ? Ignores-tu donc que je déteste la noblesse ?

- Heu … je voulais dire mes bijoux de famille.

- Quoi ? Ta famille aurait des bijoux ? Au lieu que de t’affranchir j’aurai dû lui demander d’échanger ta libération contre rançon.


Crawley entra à ce moment dans la grand-chambre.
Sans un mot, il tendit le bras en direction du râtelier tout près de la porte, s’empara de la bouteille de tafia qu’il savait trouver là, avala une longue rasade et remis le flacon en place.

- Capitaine, on a envoyé un coup de loch … cinq nœuds où peu s’en faut.
Puis il sortit.
Eusèbe leva son rasoir.

- Comment se fait-il que chaque fois que le maître d’équipage  entre ici, il boit une lampée de tafia avant même de prononcer le moindre mot ?

- Ben, ce sont mes ordres. Il a souffert du scorbut au cours de son dernier embarquement.

- … ?

- C’est pour l’odeur … Ses dents se sont déchaussées  ha ha ha !
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MessageSujet: Re: Pâques 1716 où la « Résurrection » … du capitaine Bertrick !    Mer 21 Sep 2016 - 12:40



Surprise. Quand le maître de hache du chantier naval lui avait demandé quel nom il devrait inscrire sur le tableau arrière, Surprise lui était venu naturellement.

Il est vrai que s’en était une. Bertrick s’était toujours refusé à commander ce type de navire à voiles latines.

Il avait changé d’avis quand le patron du chantier lui avait fait un croquis d’un chebec à gréement carré comme on commençait à en construire aux royaumes d’Espagne et de France et même sur les chantiers de la côte barbaresque.

Maintenant, Bertrick, attablé sous le patio de l’auberge où il dînait – il n’y avait ni maître coq ni aucun avitaillement à bord - admirait son nouveau navire que les gens du chantier naval avaient déhalé ce matin jusqu’au quai d’approvisionnement.

Avec ses 127 pieds (39m) Surprise était aussi long qu’une frégate de 8.  Là s’arrêtait la comparaison car Surprise ne jaugeait que 175 tonneaux, était très bas de franc-bord et, avec 25 pieds (7,8m) au maître bau, il était plus fin dans ses formes, gage de vitesse. Par contre, s’il portait autant de canons, ceux-là étaient d’un calibre moindre.

D’autant plus que le marchand local ne disposant pas de pièces de six, Bertrick avait du se résoudre à acquérir des quatre livres qu’on devaient embarquer dès qu’on aurait assez d’hommes.
Crawley le maître d’équipage était déjà à l’œuvre dans les tavernes pour recruter un équipage. La tâche ne serait pas trop ardue, la notoriété de Bertrick et l’absence d’autres navires y concourraient.
Bertrick avait déposé son coffre à bord. La grand chambre était spacieuse, le double dans ses dimensions que celle du senau, sauf pour la hauteur sous barrots bien sûr.
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Bertrick
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MessageSujet: Re: Pâques 1716 où la « Résurrection » … du capitaine Bertrick !    Lun 26 Sep 2016 - 15:38

Surprise croisa la frégate du capitaine Espatula en vue du Cap Tiburon. Ce dernier, après un voyage en Europe arpentait donc à nouveau sa dunette.
La frégate n’était pas seule, elle avait une conserve, une barque longue.
Au porte-voix, Luis annonça

- C’est le capitaine Aruj Barberousse. Je l’ai croisé il y a peu. Je lui ai proposé de faire route avec moi car avec un vaisseau si modeste, il est plus gibier que chasseur.

La flottille mouilla deux jours plus tard.
D’emblée ce capitaine plut à Bertrick peut-être parce que barbe rousse comme lui …
Quand en aparté Luis proposa qu’on l’intègre dans la confrérie, Bertrick opina.

Il offrit son aide financière au jeune capitaine pour armer un lougre non sans une pensée émue pour son cher Red Devil qu’il avait commandé pendant plus d’un an et avec lequel il s’était taillé fort mauvaise réputation.

Il invita les deux capitaines pour le dîner du lendemain.

Aruj était mahométan mais Bertrick ignorait si y-celui pratiquait sa foi. Il commanda à l’aubergiste du "Cul de Poule" des langoustes grillées et un haggis puisque ce plat qu'il affectionne est constitué d’une panse de brebis farcie de ses abats.
Comme boisson, il pensa que du thé et de l’eau de coco conviendraient peut-être.
Il prévit aussi du vin et de l’armagnac, mais plus pour Luis et lui-même pour le cas où Aruj n’en consommerait point.

Le repas touchait à sa fin. La panse de brebis, à présent toute flasque sans sa farce, démontrait que les convives avaient apprécié.
Bertrick repoussa sa chaise, se leva  en faisant un signe en direction de l’hôtelier. Le maître de céans ouvrit le battant d’un coffre, en sortit un tissus rouge soigneusement plié et le tendit à Bertrick.

- Capitaine Barberousse, j’ai le plaisir de vous remettre ce jour d'hui le pavillon de notre confrérie.

- Je suis honoré. Honoré et flatté. J’avais choisi de nommer mon lougre Al Ahmar, « Le Rouge » dans ma langue, par référence au Diable Rouge mon bienfaiteur. Avec ce pavillon, il méritera encore d’avantage son nom.

- Et bien, je souhaite que sous vos ordres Al Ahmar se taille une réputation comme ce le fut pour Red Devil.
A la renommée de Al Ahmar et de son capitaine Aruj Barberousse !
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MessageSujet: Re: Pâques 1716 où la « Résurrection » … du capitaine Bertrick !    Ven 30 Sep 2016 - 13:17

La rencontre avec les capitaines au pavillon rouge apporta une aide bienvenue au capitaine Aruj, peu habitué à naviguer sous ces latitudes. De plus sa barque longue, bien modeste navire pour un pirate, ne lui permettait que de bien maigres butins. Les hommes commencèrent d'ailleurs à rechigner à s'engager auprès du pirate oriental. Les risques encourus face à l'océan ainsi que face aux corsaires et marchands nationalistes en comité si restreint tenaient plus de la mission suicide que de la ruée vers l'or.

Entre les conseils bien avisés et un petit coffre débordant de piastres de ses nouveaux compagnons, Aruj arma un navire plus adéquat pour ses ambitions. A peine quelques jours s'écoulèrent depuis que le pavillon rouge trônait bien haut sur le mât principal que l'équipage du Al Ahmar faisait ses premières prises.
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MessageSujet: Re: Pâques 1716 où la « Résurrection » … du capitaine Bertrick !    Dim 23 Oct 2016 - 19:10

Fort coup de noroît. Surprise, vent arrière, épaule la grande houle océane d’est.
Quand le soleil effleure l’horizon oriental, la vigie réveille l’équipage bien mieux que la cloche égrenant les huit coups d’un changement de quart.

- Frégate proche sur tribord arrière ! Deux navires par bâbord avant !

Thomas Crawley le bosco est chef du premier quart de jour. Il ouvre sa longue-vue et la braque en direction de la frégate.
Le pavillon rouge en tête de grand mât l’apaise. C’est la frégate du capitaine Espatula à une couple de milles. Il braque ensuite la lunette vers l’avant.
Les deux navires, à moins d’un mille, sont des bâtiments de commerce.
Il envoya un aide timonier prévenir le capitaine.

Le capitaine déjeunait. Il prit le temps de terminer son hareng fumé, but d’un trait sa hale, s’essuya la bouche d’un revers de manche, éructa bruyamment et se leva pour rejoindre la dunette.

Le plus proche des marchands, un trois mâts grée latin avec hunier d’artimon et foc, une pinque donc, jaugeait dans les trois cents tonneaux. L’autre était plus que moitié moins gros, un senau.

- Tout le monde sur le pont M. Crawley. Nous avons tous besoin d’action. Nous allons nous emparer de la pinque avant que l’idée n’en vienne au capitaine Espatula.

Tout le monde sur le pont … Ordre bien inutile car tous s’y étaient précipité au cri de la vigie.
Les hommes virent le mousse entrer dans la chambre de veille, en ressortir en passant le baudrier du tambour par dessus sa tête.
Est-ce que le capitaine aurait décidé … ?
Les premiers battements de La chamade donnèrent la réponse. Un tohu-bohu couvrit le roulement de l’instrument  – cris de joie, éclats de rire, bourrades et plaisanteries. L’équipage se prépara derechef au combat. Des parts de prise allaient agrémenter cette journée.

- M. Wells voyons ce dont sont capables vos canonniers avec cette mer bien formée.
- M. Fulton prenez la barre. Amenez nous à portée.
- M. Jones constituez deux groupes d’abordeurs. Vous commanderez le groupe chargé d’investir le gaillard d’avant et l’entrepont, je commanderai celui qui attaquera le château arrière.
- Allons messieurs ! J’aimerai que l’affaire soit terminée avant l’heure de déjeuner. Notre maître coq m’a promis des rognons de bœuf au madère et j’en bave déjà.


Quand la cloche piqua le double coup du premier quart (13h), Bertrick s’attabla pour déguster les rognons accompagnés de polenta généreusement nappée de sauce madère. A l’heure prévue !
… Où peu s’en faut. Non point que la prise de la pinque fut responsable d’un possible décalage mais le ciel était couvert depuis deux jours. Matéo Ximenez le maître de navigation et lui-même ne purent observer le soleil à son zénith pour déterminer la méridienne avec précision. On dut s’en remettre au sablier étalonné l’avant veille.
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MessageSujet: Re: Pâques 1716 où la « Résurrection » … du capitaine Bertrick !    Lun 14 Nov 2016 - 16:47

La vigie a signalée la voile dès l’aube. Juste une tache blanche sur l’horizon oriental.

Au changement de quart suivant, le navire inconnu est coque visible. C’est une frégate. Elle est à contre bord, grand largue, tribord amures et accuse une bande de quelques degrés.
Ils doivent avoir découvert la présence de Surprise mais restent sous ces amures.

Bertrick monte jusqu’aux barres du petit perroquets avec une longue vue pour tenter d’en savoir d’avantage.

Une frégate certes mais, quoique grand largue, elle n’envoie pourtant pas ses perroquets ni ses bonnettes.
Ses mâts auraient-ils été offensé durant la traversée de la mer océane au point  qu’elle ne puisse supporter d’avantage de toile ?

Bertrick penche plutôt pour une frégate au commerce dont le capitaine serait parcimonieux de ses espars. Il n’empêche !
Ce type de navire est bien armé et nécessite du monde à la manœuvre.
Le pavillon écossais, croix de Saint André blanche sur fond bleu flotte à la pomme du grand mât. Un navire du roi George n’arborerait pas ces couleurs là. C’est donc bien un marchand.

De retour sur la dunette, Bertrick s’adresse au quartier maître.

- M. Fulton, voyez dans le coffre. Nous devons avoir un pavillon de mon « ami » l’Ambassadeur Von Brugen qui devrait suffire à tromper cet écossais.

Trompé, il le fut. Il ne chercha pas à éviter l’approche bien qu’ayant l’avantage du vent.
Qui plus est, probablement pour échanger des nouvelles, le capitaine écossais fit contre-brasser son grand hunier pour empanner  à une couple d’encablures de Surprise.

Cavendich fut assailli après une demi douzaine de bordées et au prix de onze tués. Ils étaient encore plus de soixante valides à son bord au moment de l’abordage. Une dizaine de rescapés se joignirent à nous. On ne laissa aucun survivant qui  auraient pu alarmer la côte.
On pilla la frégate, des armes blanches et de la poudre d’or, avant de la  couler par le fond.
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MessageSujet: Re: Pâques 1716 où la « Résurrection » … du capitaine Bertrick !    Lun 26 Déc 2016 - 19:39

Surprise croisait au large de la côte depuis les  Isles des Mosquites et jusqu’à La Rivière Kiowa.

A moins d’un demi mille sur bâbord, Maplin, une pinque aux anglois de 320 tonneaux, brûlait.
Les voiles s’étaient consumées très rapidement. Quand les étais et les galhaubans eurent brûlé, les mâts s'inclinèrent, se rompirent quelques pieds au dessus du pont et s’abattirent l’un après l’autre par dessus bord.Quelques canons qui étaient chargés, tonnèrent, ajoutant au vacarme.

A présent, l’incendie dans les cales et le gaillard arrière ronflait. Les flammes jaillissaient par les écoutilles et les fenêtres de poupe, le pont principal se boursoufla et s'éventra.

La Sainte Barbe ayant été pillée, il n'y eut pas d'explosion apocalyptique. La pinque sombra lentement jusqu’à ce qu’ils ne subsistent que quelques débris fumant parmi les espars flottants de la mâture.

Apostat-de-Saint-Pierre-des-Pendus s’accoupla à tribord. Les hommes étaient encore à raidir les amarres que le capitaine Breeg, une drisse à pavillon tenue d’une main ferme, se projeta sur la dunette de Surprise.



Dernière édition par Bertrick le Ven 30 Déc 2016 - 13:05, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Pâques 1716 où la « Résurrection » … du capitaine Bertrick !    Mer 28 Déc 2016 - 13:38

Il se reçu souplement, main droite et genou gauche sur le pont, juste devant Bertrick.

- Relevez-vous capitaine Breeg. On pourrait croire que vous ployez le genou en signe d’allégeance à mon auguste personne.

Les hommes présents sur la dunette et sur la plage arrière, des anciens pour la plupart et qui connaissaient l’amitié liant les deux capitaines, cessèrent de tourner les cordages sur les cabillots des râteliers et observèrent hilares les deux antagonistes.

- Que nenni Noble Seigneur ! Je vérifiai juste que la propreté de votre dunette seyait à mes bottes du plus fin cuir de Cuba qui soit !

- Ha ha ha ! Belle répartie ! Soit le bienvenu à bord Jérémiah. Viens j’ai un fameux Armagnac à te faire déguster. Pourtant butin saisit à bord d’un anglois. La réserve personnelle du capitaine. Le commerce maritime est florissant ici. Mais … A propos d’anglois …

Bertrick feint un profond courroux. Son œil lança un éclair diabolique.

- Mon sommeil a cette nuit été interrompu de façon impromptue par ta canonnade quelque peu inconsidérée. Dix bordées sur cette pinque ! Par Belzébuth tu lui a fait une peur bleue et elle a filé … à l’anglaise !!!
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MessageSujet: Re: Pâques 1716 où la « Résurrection » … du capitaine Bertrick !    Ven 30 Déc 2016 - 13:04


- Une pinque … ? Cette nuit … ?

Un regard innocent en direction de quelques débris flottants toujours.

- Ha oui, celle-ci  si je ne m’abuse ? J'lui avais assaisonné le gréement juste ce qu'il fallait, exprimé quelques revendications sociales musclées sur son équipage, donné quelques arguments aux boulets pleins pour un dialogue rond et sans arrête, et voilà qu’elle prend le large ? Après de si courtois échanges …?
Franchement Bertick navré, je pensais te la préparer façon haggis et voilà qu’elle te fait des impolitesses, tout de même quelle audace !

- Je lui ai couru sus et me suis placé à portée. J’ai fait reproche à son capitaine de ses manières si peu civiles et même fort discourtoises … Mais, tu me connais, emporté par ma tête toute bouillante de ressentiments à son encontre, je l'ai vertement tancé de quatre volées à mitraille avant que de lui faire entendre raison – un regard furtif vers les débris -   devant la justesse de mes  arguments il ne pouvait faire mieux que d’en convenir et se rendre à merci.

- T'as eu bien raison, il était temps que des gentilshommes de goût viennent rappeler à ce cuistre les bonnes manières. Heu … Elle a fort bien brûlé dois-je constater.

- Et bien … Ses cales regorgeaient de goudron, de suif et de bois précieux. C’est vrai que ça été un feu d’Enfer !!!

- Ha ha ha ! Un feu d’Enfer !!! Et c’est le Diable Rouge qui en fait témoignage !

Avec de grandes bourrades dans les côtes, les deux compères se dirigèrent vers la cabine pour déguster le « fameux Armagnac ».
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MessageSujet: Re: Pâques 1716 où la « Résurrection » … du capitaine Bertrick !    Ven 20 Jan 2017 - 19:58

Voilà qui met presque fin à une très longue chasse-partie.

Il y a plus de deux mois que les capitaine Orsu et de Ruyter avaient demandé à ce que Jolly Roger se joigne à eux pour intercepter une escadre hollandoise transportant l’or de la Compagnie de Saint Martin des Gueux.

Expédition quasi suicidaire s’il en est puisque nous n’alignions avec eux que deux chebecs, une frégate de 8, une corvette de 6 et trois senaus armés en course.
Hors, le capitaine Orsu, fort bien renseigné, savait les bataves forts de deux vaisseaux de 74, de deux frégates et d’un grand chebec pour escorter le Vurige Metgezel un vaisseau marchand de 1500 tonneaux armé de 50 canons.

Orsu connaissait aussi le périple qu’entreprendrait le convoi. Regroupé à Saint Martin il devait faire escale à Bermuda puis de là mettre le cap sur Charles Towne et Nassau avant que de se rendre dans le Golfe du Mexique.

Au mieux, pourrait-on espérer intercepter un traînard bien que l'informateur disait le convoi fort bien commandé & ses capitaines très coordonnés.

Les capitaines de Jolly Roger et Balther Monchild, qui depuis Mona nous avait suivi jusqu’à Cayenne, étaient enthousiastes et tant pis si nous devions tous y perdre nos navires.

Orsu & moi-même décidâmes que le plus judicieux serait d’attaque les bataves au nord des Lucayes. La route de l’escadre nous laissa envisager qu’ils seraient aux atterrages de Charles Towne vers la mi-Janvier.
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MessageSujet: Re: Pâques 1716 où la « Résurrection » … du capitaine Bertrick !    Sam 21 Jan 2017 - 19:51

Mona
Je propose à plusieurs reprises à Orsu de faire appel à d’autres pavillons noirs mais il fait la sourde oreille.
Un grave différent se fait sur une question de stratégie. La chasse-partie en commun est rompue.

Les capitaines de la Confrérie et Balther opinent dans mon sens & se rangent à mon avis. Quoique 2 navires de moins rendent l’expédition encore plus suicidaire, on décide tous de poursuivre l’aventure et fi si l'on "casse du bois".

A l’ouest du Petit Banc de Bahama, Surprise canonna une frégate batave … qui ne riposta pas mais dépêcha une chaloupe sous drapeau blanc. La frégate était commandée par le capitaine Gueert de Dening, un pirate qui naviguait sous pavillon de complaisance.

Nous convînmes que lui et ses deux comparses Mokaran Cuvier & Gradlon Silverbeard, ceux-là sous pavillon noir, pouvaient se joindre à nous.

Voilà 2 grands chebecs et une frégate de 8 – laquelle après notre canonnage doit relâcher à Grand Bahama pour réparer & compléter son équipage - qui renforçaient considérablement notre puissance.

On fut en vue des côtes de La Caroline avant même la fin de l’année. La longue attente commença. Balther avec sa corvette poussa une reconnaissance loin dans l’Est … mais la mer restait vide.

On chassa quelques marchands pour passer le temps & aguerrir nos équipages.

Nous étions prêt d’abandonner quand Aruj découvrit le vaisseau marchand juste sous l’horizon Est de Charles Towne.
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MessageSujet: Re: Pâques 1716 où la « Résurrection » … du capitaine Bertrick !    Dim 22 Jan 2017 - 16:34

Je faisais relâche à Saint Augustin d’où je reçu une missive de Jf Bâton qui me mettait en garde sur la présence de franco-espagnols au sud de Florida Key.
Je lui proposais en réponse de venir avec les siens se joindre à nous , non point par appât du gain, bien que je fis allusion aux 150 lingots, mais  pour se que je savais qu’il ne résisterait pas aux trompettes de guerre & reformer la coalition pirate comme aux temps déjà anciens où l’ont pris le vaisseau de 56 de l’ambassadeur anglais Chris Gascoigne … mais aussi puisqu'ils devaient remonter le Canal de Bahama à notre rencontre, me garantir de l’approche éventuelle des franco espagnole dans notre dos.

Au nord ouest de Grand Bahama d’où je contrôlai le débouché nord du canal, nous fîmes notre jonction. Sa flottille comprenait un autre grand chebec & une corvette faisait force de voile à l’entrée sud du canal pour rallier.

Jeremiah resterait faufilé près du port de Charles Towne pour nous renseigner. Les autres devaient faire voile sur le nord des Lucayes.
Les renseignements parvinrent. Le vaisseau marchand n’avait qu’un 74, deux frégates & un grand chebec comme escorte.
Aruj subit le feu d’une des frégates. Son senau fortement endommagé et son équipage très insuffisant, il tentait de rejoindre Eleuthera.

L’amiral hollandais pensa sans doute que c’était un éclaireur de Jolly Roger plutôt qu’un maraudeur isolé & que la confrérie était embusquée parmi les innombrables îlots proches de Nassau. Il envoya son escorte en avant garde. Elle donna au nord des Lucayes en plein sur une flotte des forbans bien plus puissante qu’escompté.

On décida de la tactique à suivre ;
Jeremiah et moi attaquerions le vaisseau marchand avec peut-être Balther dont j’ignorai la position.
Tout les autres devaient attaquer l’escorte, démâter le 74 et faire subir le même sort au reste de l’escorte voire à les prendre.

Le 14 Janvier à l’aube, Surprise laisse porter sur le vaisseau marchand De vurige metgezel et offense son gréement.
Le 14/01/17 à 09h12 : Nous avons fait feu aux boulets ramés sur le gréement du De vurige metgezel (Vaisseau marchand  ) et l'avons touché de plein fouet !
Le 14/01/17 à 09h11 : Nous avons fait feu aux boulets ramés sur le gréement du De vurige metgezel (Vaisseau marchand  ) et l'avons touché.
Le 14/01/17 à 09h11 : Nous avons fait feu aux boulets ramés sur le gréement du De vurige metgezel (Vaisseau marchand  ) et l'avons touché de plein fouet !

Jeremiah, peut-être sans vue sur le large ne vit pas Surprise se lancer à l’attaque. Le vent violent de N.O. ne lui permit pas non plus d’entendre la canonnade trop loin de la côte.
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MessageSujet: Re: Pâques 1716 où la « Résurrection » … du capitaine Bertrick !    Lun 23 Jan 2017 - 17:37

A la faveur de la nuit, le De vurige metgezel ayant effectué quelques réparations met à la voile pour rejoindre son escorte. Le lendemain, Jeremiah, qui était sorti, et moi-même découvrons une mer vide.
Les deux chebecs de Jolly Roger laissent porter pour se joindre au reste de la flotte des forbans.

Le 15, Surprise entre en lisse.
- 2 bordées très efficaces aux boulets ramés sur le 74 Raimund Trots
- 1 bordée à mitraille sur le pont de la frégate Alizéo laquelle est enlevée à l’abordage par Luis Espatula .
- Le grand chebec Grolch est pris  par Manitou de jef maître Bâton. L’autre frégate batave prend la fuite.

Jef nous prévient qu’il a trouvé six cents milles piastres à bord de Grolch !
Et si … le fuyard avait chargé l’or à son bord pour le mettre à l’abri à Cokburn Town ?

Le 16
4 bordées à boulets ramés sur le vaisseau marchand De vurige metgezel.
Je donne du repos à l’équipage & leur distribue 50 piastres à chacun pour les motiver car il a été convenu que c’est Surprise qui aborderait le 74 le lendemain.

Le 17
Après une canonnade intense de tout les navires, Surprise aborde le 74 Raimund Trots.

Il nous fallu vraiment monter à l’abordage, la lisse de pont du 74 étant à hauteur de nos basses vergues. C’est par elles d’ailleurs qu’un fort parti des nôtres passa sur le vaisseau mais nécessairement par petits groupes ce qui engendra grande bousculade. Avantage que les bataves mirent à profit en les accueillant avec forte mousquetade. Un second groupe lança des grappins depuis notre pont pour ensuite escalader la muraille du vaisseau tandis qu’un autre parti forçait au pied de biche & à la hache les mantelets des sabord du premier pont et investissait la batterie basse.

Pendant qu’ils résistaient de si belle façon sur le pont principal et les gaillards où ils nous repoussèrent par deux fois, les Surprises passés par les sabords investirent les deux ponts batterie et surgirent dans le dos des défenseurs par la grande écoutille. Un troisième abordage nous rendit maître du vaisseau.

Pendant ce temps, le capitaine Deude qui a rejoint tardivement la coalition s’est emparé du vaisseau marchand De vurige metgezel après plusieurs abordages infructueux du grand chebec Manitou de Jf Bâton..
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MessageSujet: Re: Pâques 1716 où la « Résurrection » … du capitaine Bertrick !    Jeu 26 Jan 2017 - 10:21

Plus aucun navire sous pavillon d’Orange. Un véritable désastre pour la Compagnie de Saint Martin des Gueux.
Quatre ont été pris et non des moindres, et une frégate s’est enfuie, d’ailleurs  prise en chasse par trois des plus rapides de nos navires.
Nous ne déplorons la perte d’aucun des nôtres.

Un lourd silence après l’intense canonnage, le ferraillement et le tumulte des abordages.
Soudain, une clameur ; le Pavillon noir monte, envoyé par notre maître d’équipage Thomas Crawley.

- Hourra ! Hourra ! Hourra !

Bonnets & chapeaux volent en tout sens au dessus des ponts de toute la flotte.

Après la liesse, chacun compte ses morts.
Parmi les surprises, septante tués sont rapidement dénombrés en sus de Jan Salomon notre chirurgien & Amédée Lefranc notre maître charpentier qui dirigeait le forcement des sabords & était en tête pour pénétrer dans la batterie basse de l’ennemi. Il a eu la tête fracassée par un coup de barre d’anspect d’un des rares hollandais restés en bas.

Autour de Bertrick, c’est plus de trois cents corps qui jonchent pont et gaillards parmi les innombrables débris d’espars, de poulies et l’entrelacs indescriptible des cordages rompus.
La plupart des corps sont des bataves aux ventres crevés & les tripes misent à l’air par la mitraille.
Le sang ruisselle encore par les dalots.
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MessageSujet: Re: Pâques 1716 où la « Résurrection » … du capitaine Bertrick !    Ven 27 Jan 2017 - 19:52

Les outrages dans la mâture sont considérables pour les surprises fatigués et en nombre insuffisant.
Le perroquet de fougue sur le mât d’artimon est passé par dessus bord.

Le grand mât est complet mais bras & balancines de vergues sont hachés. Les galhaubans ont été rafistolés par les hollandais pendant le combat  mais le mât de grand-hune est dangereusement incliné sur bâbord.

Le bas-mât de misaine a son étai avant presque sectionné & son petit perroquet est passé par dessus bord.

Seul le mât de beaupré semble intact – & s’est heureux car tout les étais sont frappés sur lui. Toute la mâture du vaisseau se fut écroulée comme château de carte.
il faudra cependant en vérifier la liure de beaupré.

Aruj Barberousse  fait transborder cinquante huit de ses hommes, gréeurs & charpentiers.
Plus tard, Gueert de Deining fait aussi transférer cent trente gabiers pour aider à la manœuvre.

Les autres navires de la coalition, déjà bien à court d’hommes escortent Red Devil  ex Raimund Trots dès que celui-ci peut mettre sous voiles. Il se traîne, son équipage insuffisant malgré l’apport.

Bertrick a pris ses quartiers dans la vaste grand-chambre somptueusement meublée. Il y trouva des coffres emplis de la garde robe de fort bonne facture de l’amiral batave & d’autres pleins de vaisselle d’argent. On découvre dans une cache mal refermée aménagée derrière le vaigrage du coqueron arrière, un énorme coffre à lourdes ferrures. L’armurier vient à bout de la serrure après plusieurs heures d’effort. On y trouve quatre cents milles piastres !

Voilà une manne inespérée ! Il va falloir faire exécuter les réparations par un chantier naval, il n’y a à bord ni les outils, ni les matériaux ni les compétences.

En outre, on s’en doutait car, pendant la nuit précédent l’attaque finale, tous avaient ouï les plongeons incessants des canons que l’amiral Gueert Rohund faisait jeter par dessus bord, il allait falloir acheter toute l’artillerie du vaisseau. En espérant que nos marchands en aient la ressource.
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MessageSujet: Re: Pâques 1716 où la « Résurrection » … du capitaine Bertrick !    Lun 30 Jan 2017 - 17:59

Quelques navires qui avaient besoin de compléter leurs équipages étaient partis en avant de la flotte, la nouvelle étaient donc connue.
Qu’importe, à peine les huniers du vaisseau mordirent l’horizon que la quasi totalité des habitants de l’île se rendit sur les quais où le long de la côte ceignant la rade, qui à pieds, qui en carriole, qui à cheval où à dos de mulet.
Il faut dire que le spectacle d’un vaisseau deux ponts sous pavillon noir était chose exceptionnelle.

- J’ai déjà vécu ça il y a plus d’un an » dit à son entourage un ancien à qui il manquait une jambe. « Que c’était le vaisseau de l’ambassadeur anglais Sir Chris Gascoigne qu’y z’avaient pris. Les capitaines étaient d’ailleurs les mêmes … à quelques uns près.

- Mais j’ai ouï-dire que c’était un vaisseau de 56. Là, c’est un 74 ! Le fleuron de la flotte batave.

- Et y z’ont pris aussi tout les autres navires de l’escadre sans qu’aucun de nos capitaines ait perdu le sien » renchérit un autre.

- Ça va être folie quand nos marins vont débarquer.

- Et la richesse pour toi ! T’es bien le tenancier du « Jovial Tiburon » ce que me semble ?

- Oui-da.

- Y z’ont aussi subi des pertes sévères et y va falloir du monde pour le vaisseau. Y’aura plus beaucoup de mariniers en mal d’embarquement.



Après une bonne semaine de liesse, il fallut envisager de remettre en état Red Dévil. Bertrick et son second Trevor Jones, eurent fort à faire.
Le chantier naval du repaire n’était pas, loin s’en faut, un arsenal royal.
Bertrick eut l’heur que Red Devil n’eut point de réparation d’importance sur ses œuvres vives et qu’aucun bas mât n’eut été offensé – une grand-vergue nécessite un espar de la taille d’un grand-mât de corvette !
Pour les cordages & les canons, les ressources du marchand y suffirent à peine et Bertrick fut fort aise que l’amiral batave ait un coffre si bien rempli. Plus d’un quart du magot fut dépensé pour acheter les canons nécessaires et payer le chantier naval. En revanche, constituer l’équipage fut aisé. On se bousculait pour en être.
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MessageSujet: Re: Pâques 1716 où la « Résurrection » … du capitaine Bertrick !    

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Pâques 1716 où la « Résurrection » … du capitaine Bertrick !
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