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 Brise légère dans la poussière d’un passé fameux…

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Raimund
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MessageSujet: Brise légère dans la poussière d’un passé fameux…   Ven 27 Juil 2018 - 10:51

Un jour de la fin juin de 1718, Geert, dit le Rude (bien ce sobriquet soit quelque peu surfait), débarque à St. Martin après 6 mois d’errance ne lui ayant point permis de toucher la rive orientale de la mer océane. Mût par la curiosité bien plus que par la nostalgie, l’ancien négociant-général tombé en déchéance, fait un détour par le siège de la Compagnie de St. Martin des Gueux, qu’il se voit bien surpris de pas être devenu taverne ou bordel, ou simple tas de gravats livré à la vermine.

A la nuit tombée, et prenant garde aux regards des insomniaques, il s’y introduit par une fenêtre battant le vent et ornant par sa béance la façade décrépite du modeste bâtiment. Dix huit mois ont passé depuis le désastre de petit Abaco et l’intérieur bien que fort poussiéreux n’en demeure pas moins correctement tenu. Tirant des tiroirs qu’il connaît bien Geert se rend vite compte que bien que de fait la compagnie n’existe plus, le loyer continue d’être ponctuellement payé par Claudio de Sisley , inspecteur aux Sabres et aux Mousquets! Ah Claudio!...Gloire à lui pensa-t-il !...

Puis mettant la main sur la charte de la compagnie, il passa en revue les dossiers concernant chacun de ses signataires, sans s’avouer néanmoins le moindre brin de nostalgie.

Horace ?...disparu sans la moindre nouvelle. Il n’aura même pas connu l’apogée de la Compagnie.

Pol ?..premier évaporé...

Diego ? ..le plus long parcours à la Compagnie, reparti trop tôt pour l’ancien monde, au moins aura-t-il eu la chance ne pas assister au désastre de Petit Abaco..

Peiter ?..parti trop tôt lui aussi, quel dommage ! S’il avait remis son départ ne serait-ce que de quelques semaines, avec un second vaisseaux de 74 le combat de petit Abaco aurait pu tourner à l’avantage de la compagnie…

Ed !?...peste soit sur lui !...l’espion par lequel la compagnie a péri !

Geert jeta son dossier au sol, cracha dessus, maugréant en pires jurons qu’il soit, avant de le brûler purement et résolument, et prenant bien soin de l’éteindre d’un jet d’urine tout aussi résolu..

Jean !? Ah Jean !..toujours en pointe dans les combats. Toujours à la piraterie dit-on. Comment lui en tenir rigueur? Ce serait là grande mesquinerie puisque ce fut en même temps que Geert lui-même avec qui il a partagé son pavillon noir..

Willem !?..Ah Willem..cramponé sans broncher sous la mitraille, son vaisseau démâté bord à bord avec le Raimund trots…48 heure de calvaire et de bravoure… Il aurait fondé sa propre Compagnie dit-on.

...
  ...
     ...

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Raimund
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MessageSujet: Re: Brise légère dans la poussière d’un passé fameux…   Ven 27 Juil 2018 - 11:02

Demeurant coi quelque temps, Geert, emporté par un élan de vitalité qu’il n’avait connu depuis longtemps, se saisit d’une mine de plomb, et rédigea une affichette qu'il cloua de fortune sur la porte de la compagnie :

Citation :
Recherche capitaine de valeur,
fiable et bon camarade dans l'heur comme dans le malheur,
fut-il ancien de la compagnie, sous pavillon d'infâmie,
ou batave de cœur ou d’allégeance. Nouvelle charte à négocier.

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Poudre van Daele
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MessageSujet: Re: Brise légère dans la poussière d’un passé fameux…   Lun 20 Aoû 2018 - 19:07

L'été 1718 fut très chaud.
C'est au mois d'Aout que le grand Chebec "De blauwe roos" accosta furtivement sur une île batave.
Après des semaines d'abordages interminables il fallu au capitaine Poudre prendre moussaillons en taverne....
Ce matin là, la capitaine s'arrêta devant la porte en chêne d'une des nombreuses battisses du port; une affichette y était clouée...
   Recherche capitaine de valeur,
   fiable et bon camarade dans l'heur comme dans le malheur,
   fut-il ancien de la compagnie, sous pavillon d'infâmie,
   ou batave de cœur ou d’allégeance. Nouvelle charte à négocier.

L'époque fut dur;...pas facile de gagner sa pitance...certes le "De blauwe roos" avait une excellente renommée....mais rien ne dur dans les mers des Caraïbes....les anciens le savent....les rares qui ne sont pas six pieds sous terre.
Poudre entra, se mis à une table et commanda une bouteille de rhum.....
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Raimund
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MessageSujet: Re: Brise légère dans la poussière d’un passé fameux…   Lun 20 Aoû 2018 - 21:42


Tout occupé à compulser les anciennes cartes et registres poussiéreux de la Compagnie, Geert n’entendit pas entrer la jeune femme, mais n’en fut pas moins interloqué qu’on lui commandât une bouteille de Rhum !

« Tudieux ! s’écria-t-il en faisant volte-face. C’te pas l’Stinkede Kat ici !...ou aut’ taverne de d’ssous l’port !... C’te l’siège de LA Compagnie ! »



Alerté par ce coup de sang de son capitaine, Boudewijn, qui ne se trouve jamais loin de là où Geert se trouve, fit grincer les quatre roulettes de la cagette qui depuis un jour funeste de mars 1715, confère à sa condition de demi-homme quelque succédané de mobilité. Le fait est que Boudwijn apprécie d’autant plus les séjours à terre, qu’en mer à moins d’être aussi vilement que solidement amarré dans la cabine, il s’en voit perclus de contusions par malencontre tant de tangage que de roulis.

Boudewijn donc, dont l’horizon toise à 80cm du plancher des vaches ne manqua pas de se heurter aux hanches du nouveau venu, ne fut pas long à comprendre à qui il avait affaire. La langue sans accent et la mise peu orthodoxe pour son sexe, ne laissait aucun doute sur l’identité de la personne…


« Capitaine van Daele ! …votre renommée vous précède!…(Boudewijn se montre volontiers obséquieux, faute dit-on à son passé de sacristain de St. Eustache). Nul doute que si vous avez eu l’audaced’accoster par devers le nez de notre bien aimé gouverneur, ce n’est pas sans une bonne raison !...autre qu’un simple bouteille de rhum ! »

Sur quoi Boudewijn, écartant la tête réduite du vieux Raimund qui n’en finit pas de sécher à son coup, tira de son haillon son flacon personnel qu’il tendit à la jeune femme..

« ne faites pas attention…le capitaine Rohuud n’est qu’un gueux…aussi rustre qu’idéaliste. Dire que cet homme a un jour commandé le seul vaisseau de ligne sous pavillon des provinces-unies à avoir été capturé par les gens de fortune…quelle misère ! …quelle boucherie !…quelle avanie ! »

Geert le fusilla des yeux avec la même intensité qu’une volée de mousquet ordonnée ce jour fatidique de janvier 1717 au large de petit Abaco, …ce qui n’empêcha pas Boudewijn de poursuivre…

« ..voilà donc qu’après 18 mois d’errance, fut-ce sous pavillon d’infamie, le capitaine Rohuud s’est mis en tête de hisser à nouveau le pavillon de la Compagnie, soit ! Et grâce soit rendue au capitaine de Sisley de l’avoir maintenu à flot tout ce temps, homme honorable s’il en est! Mais le capitaine Rohuud cherche maintenant de nouveaux associés, aussi fous que lui pour se lancer dans cette nouvelle aventure…Folie vous dis-je !..Folie que cela ! ..et cet homme est le pire mécréant que ma déchéance m’a pu faire rencontrer…»


Il fallut pas plus que ce mot de « mécréant » pour que Geert reprenne la barre:

«  P’tain d’brosseur ed’soutanes…ed’briqueur d’bénitier…d’bonimenteur ad’bonnes femmes a c’te l’ciel ed’cul…d’piétineur d’enfants d’bon Dieu sait qui ! » grommela-t-il en abattant sur la caboche de son écrivain de bord une paluche bien appuyée…

Puis se tournant vers le capitaine van Daele, lui tendant l’autre en un geste bien plus affable.


« Rohuud, Geert Rohuud…parfois dit L’Rude, …s’comme on veut qu’on dit .»

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Jeremy Fox
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MessageSujet: Re: Brise légère dans la poussière d’un passé fameux…   Mar 21 Aoû 2018 - 12:59

Seul à la dérive dans le Golf du Mexique, l'ancien amiral pensa tout d'abord que ce pigeon s'était égaré. Qui pouvait bien le contacter, lui qui n'avait plus reçu la moindre missive depuis de nombreuses semaines ?

Une invitation à rejoindre les rangs des Provinces Unies…

Fox songea à son passage raté à la piraterie, opéré dans la plus grande indifférence. D'une part, les Français et les Anglais étaient à cette époque trop occupés à trouver un terrain d’entente, peut-être pour mettre fin au conflit opposant leurs nations, afin de mener la vie dure aux pirates et particulièrement ceux de la Hermandad del Calamar. D'autre part, les Hollandais et les Espagnols étaient eux devenus tellement rares dans la Caraïbe que leur influence était devenue bien insignifiante ces derniers mois.

Fox avait rejoint les trois crânes, une confrérie certes sympathique mais sans réel objectif. Tantôt à gauche, tantôt à droite, qu'importe tant le rhum coule à flot. Et dès lors, il s’était contenté d’un rôle passif, interceptant les marchands placides ici et là.


* Reprendre du service...? Sérieusement? songa Fox, sans décrocher les yeux de la missive qu’il tenait entre les mains.
* Faire à nouveau entendre le bruit de nos canons ? Redonner des couleurs au pavillon batave et faire frémir l'ennemi rien qu'à sa vue ?

La première chose à faire est de réveiller nos fainéants de marins qui profitent des hamacs depuis trop longtemps, et s'occuper ensuite d'obtenir le pardon des Provinces Unies.

Debout là-dedans ! hurla Fox. Cap sur St. Martin !

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- les plus grandes oreilles des caraïbes.

- membre de l’équipe d’admins et actif dans le développement des idées d’amélioration à mettre en place.
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Poudre van Daele
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MessageSujet: Re: Brise légère dans la poussière d’un passé fameux…   Mar 21 Aoû 2018 - 17:00

Cela faisait certainement trop longtemps que j'étais passée du côté de la piraterie...j'en avais oubliée mes origines batave et le fait qu'on pouvait encore me reconnaître vu que j'avais passée pas mal de temps au sein de la fameuse "Witte Tijger" commandé par le redoutable Capitaine erick der waall.
J'avais certainement aussi passée trop de temps dans les tavernes mal famées pour ne plus reconnaître la maison d'une compagnie marchande et, de ce fait, y commander la boisson du diable...


- Certes, monsieur, je ne suis pas venue ici que pour commander une bouteille de rhum, mais bien pour le feuillet qui est cloué sur votre porte....dites m'en plus mon bon ami....cela paye-t-il bien ?....y-a-t-il quelques batailles à ce mettre sous la dent ?....y-a-t-il fortune et gloire a souscrire ?....un passé aussi tumultueux que le mien n'entravera pas une négociation avec le gouverneur ??....
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Raimund
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MessageSujet: Re: Brise légère dans la poussière d’un passé fameux…   Mar 21 Aoû 2018 - 21:16

« Capitaine van Daele…C’bougre ed’Boudewijn n’a rien de mieux à faire qu’à compulser les journaux des capitaineries et aut’offres de récompense de c’gouverneur-ci ou d’c’gouverneur-là. ‘Vous mettrais un nom sur l’moindre cabochon mettant l’pied bas d’la moindre barcasse dotée plus d’deux pièce de 4. »

Au regard noir que lui lança Boudewijn, Geert comprit rapidement que son propos était fort peu flatteur pour son interlocutrice…il se reprit :

«  Quoi à offrir… ?!...euh.. Commerce… ; hm !..au bout de la pique ponctua Boud’ »
« ...Course… ; pillage ! précisa le demi-homme »
« …Guerre… ; sang et larmes .. ajouta le cambusier-écrivain »


Le capitaine qui venait chercher de nouveaux horizons devait rester platement sur sa faim, songea Boudewijn. Il ne lui en fallut pas plus pour reprendre à nouveau la barre...

« Capitaine van Daele…Veuillez excuser la capitaine Geert. Il est bien plus prompt à haranguer ses gabiers dont il ne diffère qu’en bien peu de chose, qu’à discourir au coin d’une table. Aux trois mots qu’il vient de péniblement prononcer, j’ajouterais simplement qu’il a mandat de rehausser le pavillon de la Compagnie dans l’esprit de ses anciennes traditions: égalité, fraternité, partage, cohésion, organisation,... pour son plus grand profit et le plus grand rayonnement du pavillon des provinces-Unies des côtes des Carolines jusqu’à celles des Guyanes, comme le stipule le Charte de la Compagnie qui fait son droit au commerce, à la course et à la guerre.

Pour ce faire le Capitaine Rohuud a obtenu délégation du gouverneur de faire entrer quiconque lui plaira au capital de la Compagnie, fut-il entaché de piraterie - lui-même n’en est pas exempt et je le soupçonne même d’y voir là une qualité – du moment qu’il se porte caution quant à la justesse de la cause plaidée. C’est que par les temps qui courent le gouverneur serait bien mal venu de faire bouche plus fine que l’ombre de la corde qui se profile autour de son coup…voyez un peu l’état de notre pavillon, sous le lequel ne vogue plus qu’une poignée forte têtes aussi butées que le capitaine Geert… »


Boud laissa passer un instant de silence puis reprit :

« Ah !..aussi… N’espérez pas trouver en Monsieur Rohuud la moindre once de piété – si ce n’est pire, ni de respect pour quelque noblesse qui soit, toutes choses qui lui sont foncièrement étrangères. Mais il est bon marchand sans avarice, bon navigateur en ces eaux seulement, et bon camarade dans l’adversité qu'il néglige guère… Enfin, si les expéditions de la Compagnie vous sont cependant attrayantes, peu importe M. Rohuud, qui n’est qu’associé de la Compagnie, au même titre que vous le seriez… »

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El Raïs
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MessageSujet: Re: Brise légère dans la poussière d’un passé fameux…   Jeu 23 Aoû 2018 - 19:58



"Marchand!... d'où te vient cette dague fièrement arborée a ta vile ceinture, tu n'en es point digne!..."

Très vite un mousquet lui pointe le bout de son immonde citrouille qui lui sert de nez. Une main d'un geste sur prend l'objet de la mauvaise posture du gros cochon espagnol,

"Attendez donc, ne vous méprenez pas! ceci est un prêt sur gage... Son propriétaire serait toujours bien vivant... Enfin je l'espère... Si vous le connaissez, j'aurais une missive pour ses compagnons... Mais contre quelques piastres bien sûr, 10000 pour la dague si vous êtes destinataire de la missive qui elle en coûte autant?! "

"Entrez !!! Nous serions plus a l'aise... Et nous irons voir le notaire plus tard..."

El Rais n'en revenais pas?! Comment cette dague se retrouvait dans ces îles des Caraïbes ! La dague du gouverneur de Bouregreg (salé). La légende raconte que Murad Reis alias Jan Janszoon van Haarlem l'avait récupéré sur un corsaire espagnol qui avait abordé le navire chargé de présents en cadeau à la naissance du gendre du sultan d'aden...

"Notaire voici votre dû, que vous prenez sans le moindre coup de mousquet, vous êtes pire que l'infâme infamie, ouvrez vite cette lettre avant que je vous découpe au sabre!"

...El Rais, la pique du la pointe de sa longue lame...

"Geert Rohuud de St Martin"... Rien de plus

Seul dans ces eaux chaudes et très inhospitalières, El Rais suit la dague qui le conduira peut être vers d'anciens corsaires de Salé... Les « Sallee Rovers » dont il fut membre...
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El Raïs
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MessageSujet: Re: Brise légère dans la poussière d’un passé fameux…   Ven 24 Aoû 2018 - 10:33


«Ha! Te revoilà bien vite Miguel, t'as le repas du soir a faire!? Pourtant, C l'odieux Rolondo qui fait tout l'boulot!»

«Raïs... C qu'j'ai trouvé s'que tu cherchais... c't'ai cloué sur la porte d'une taverne, le flamand m'en devait une donc on n'y es allé...»

«Donne moi ça vilain coq en patte, qui s'tient plus que sur une!»

El-Raïs, parcours rapidement l'affichette,
«Compagnie de St Martin des Gueux... à… St Martin, bien-sûr !
Plus qu'a y aller voir dans ces eaux là Miguel !»

«Mais Raïs... n’ot pavillon est celui d'la couronne de Navarre, j'crois pas qu'ils apprécient ça les bataves?!»

«Allons Miguel, on est que des esclaves, esclavagistes, regarde bien l'équipage... une vraie bande de pirates!!!»

Le coq avale sa salive et donne du coude au flamand qui ne comprends pas un mots d'espagnol, il lui mimme le Jolly Roger en croissant ses deux index sous son cou qui porte une vraie tête de mort,

Le flamand sort sa lame et écorche la paume de sa mains, sert le poing et fait couler le sang sur le plancher de la cabine du capitaine!!!

Une mutinerie se prépare…



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El Raïs
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MessageSujet: Re: Brise légère dans la poussière d’un passé fameux…   Ven 24 Aoû 2018 - 23:30


El Rais est à St Martin, le marché aux épices, il aurait pu aller ailleurs, mais il a goût a retrouver les senteurs d'Orient... il se remémore les allés étroites des casbahs d'Alger, Rabat ou Salé!!! Le marché est toujours en contrebas et donne souvent sur les docks, les cris des marchands ne sont certes pas les mêmes, ni les regards d'ailleurs, mais les éclats de rires donnent cette futile illusion d'être chez soi... quoiqu'il en soit, il est content de pas être assez connu pour avoir une prime sur sa petite tête d'apprentis pirate, il savoure de pouvoir flâner en toute insouciance, il sait assez bien que la rançon de la gloire équivaut à la longueur d'une corde tressée par les mains meurtries de frêles esclaves, qui d'ordinaire ne tordraient même pas le cou d'une quelconque volaille,

«Ami, je cherche la Compagnie de St Martin des Gueux... ou est donc son comptoir?»

El Rais déplie l'affichette soigneusement, et la tend à son vis à vis,

«Point de comptoir pour l'instant mais on peut très bien faire affaire? Je suis à votre disposition!... Bon a vous de régler vos affaires courantes bien-sûr...»

L'habile négociant, prussien d'apparence, fait appeler son valet, qui anticipe bientôt, range ses affaires, sachant qu'il n'allait pas revenir de si tôt,

«Hans, soit gentil, conduit ces messieurs aux locaux de chez sieur Greet»
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Poudre van Daele
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MessageSujet: Re: Brise légère dans la poussière d’un passé fameux…   Dim 26 Aoû 2018 - 5:51

M'sieur Geert....ne vous excusez point pour Monsieur Rhohuud;...voici un homme simple, pragmatique et d'une efficacité exemplaire.
Voyez..., la pitié est source d'embêtement lors d'un abordage; pourquoi se soucier de pitié, elle ne vous apporte que malheur, autant exécuter tous l'équipage vaincu, c'est bien plus simple, vous évitez ainsi famine et épidémie....finalement c'est une forme de pitié.....

Sieur Geert, votre offre est alléchante...je pense que ma compagnie "Les Trois Crânes" sera de la partie...laissez moi le temps de prévenir le deuxième et le troisième crâne....mais je pense qu'ils marcheront.
Pour ma part, j'appose ma signature où vous le souhaitez...
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Raimund
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MessageSujet: Re: Brise légère dans la poussière d’un passé fameux…   Dim 26 Aoû 2018 - 20:49

A ces mots Geert esquissa, chose rare, l’ombre d’un sourire…

« Bien p’taine van Daele, rest’ed mettre l’gouverneur Meyers d’vant ses responsabilités.. »

*nouveau sourrire* ...Boudewijn n’en revenait pas !

***

La capitaine van Daele avait de peu quitté les locaux poussiéreux de la Compagnie qu’un homme cette fois, sa barbe noire taillée en pointe n’en laissait point douter, se présenta dans l’encadrement de la porte brinquebalante.

« Tudieux ! S’écria Boudewijn bien qu’il n’en ait jamais vu ailleurs que sur quelque gravure, un barbaresque ! »

« …notre affichette aurait-elle fait le tour du monde ? »...poursuivit-il à voie basse à l’intention de son capitaine qui ne l’entendit point pour être placé du côté de son oreille dont l’usage n’est plus qu’ornemental depuis qu’elle se trouva par malencontre bien trop proche d’une bouche à feu….

« La charchute ! …renchérit Geert, dont le regard avait plongé sur la janbiya solidement amarrée dans la ceinture du nouveau venu… »

« Geert Rohuud ? » …répondit l’étranger, tenant enveloppe au nom du capitaine Geert…

(Tudieux ! – La Charcute !– Geert Rohuud ? Tout observateur de cette étrange conversation n’eut put que la trouver bien singulière, mais il n’en était point d’autre que nos trois protagonistes.)

Dans la tête de Geert tout se bousculait. Cette janbiya était reconnaissable entre toute, et c’était bien là la dernière richesse à laquelle le vieux Raimund avait été attaché. Comment diable avait-elle pu parvenir entre les mains du berbère. Le poignard se fondait tant à merveille sur la silhouette inattendue de l’homme soudainement apparu, que Geert se demanda l’espace d’un instant, si ce n’était pas la janbiya elle-même qui l’avait fait apparaître !...Foutaises ! … se dit-il à lui-même sans totalement y croire.

Sans prendre la moindre précaution de bienséance Geert pressa l’homme de rude façon en désignant la janbya d’un doit ferme sinon vindicatif:

« Comment’ce donc que c’te charcute qu’appartient à c’t’homme là - il désigna la tête réduite du vieux Raimund qui pendait au coup de Boudewijn – a c’trouve là d’la ceinture ed’c’t’homme-ci !!?? »

L’homme, mieux dégrossi en matière de courtoisie que la Capitaine Geert, se présenta sous le nom  d’El Raïs, et relata brièvement comment il avait acquis la janbyia et comment elle l’avait menée ici, dans les locaux de la Compagnie. En guise de réponse Geert lui expliqua que la dernière fois qu’il l’avait vu, c’était à la ceinture du vieux Raimund, son mentor en toutes choses, qui lui donnait le doux sobriquet de « La Charcute », et ne la quittait jamais pour être, outre ses haillons, sa seule richesse en ce bas monde et pour peu, la mémoire de toute sa vie pour la part qu’il lui valait d’avoir été vécue.

Raimund la tenait de Jacob de Rees, alias Diego Lucifer, alias Diego de los Reyes, célèbre mulâtre natif de la Havane, bien connu pour avoir étrillé l’espagnol sous pavillon batave. Il lui aurait offert lors d’une escale faîte à l’île à vache, alors déserte sinon de bœufs sauvages, mais repaire de Raimund (alors connu sous le nom de Raymond Lapoudre) et de ses compagnons de la « Flabante », avec qui le mulâtre se lia d’amitié autour de fameux boucans.


De Rees la tenait de sa femme Lysbeth Janszoon van Haarlem, qu’il avait plus tôt marié à Amsterdam, et fille de Jan Janszoon van Haarlem alias Mourad Rais, alors devenu grand amiral de Salé. Le vieux renégat l’avait donné à sa fille lors de son unique visite en la Citée des deux rives, laquelle l’avait elle offerte à son tour à son corsaire de mari, renégat lui aussi, mais au service du Prince d’Orange. Or comme il est bien connu que Diego préférait de loin user de se lance coupe-jarrets pour étriper l’espingouin, il l’offrit à son tour à Raimund, en signe de son amitié.  

Boucanier de métier, Raymond trouva la janbyia bien pratique à éviscérer les bœufs et à en travailler le cuir. C’est ainsi que le poignard destiné au gendre du Sultan Aden s’était retrouvé aux caraïbes entre les mains d’un homme, tantôt occuper à occire des bœufs, tantôt de l’espinguoin. Cette arme lui devint si familière qu’il parvient à la tenir près de lui jusqu’à ce jour funeste de 1714 où il fut enfermé dans les geôles putrides de Paramaribo, là même où il vint à rendre son âme à Dieu sait qui…


C’est à moment d’être expédié manu militari de Saint-Martin à Paramaribo que le poignard dût lui être enlevé et déposé en gage. Pourquoi cela-fut-il fait au nom de Geert ? Lui-même l’ignorait. Probablement que ne pressentant pas de retour à ce funeste séjour forcé aux Guyanes, le vieux Raimund aurait voulu lui léguer par delà la mort? Et qui donc, ô Sacrilège, pouvait bien avoir fait en sorte qu’il vint aux mains d’un marchand espagnol ? Il ne le savait encore moins mais la vénalité des hommes ne connaissant aucune frontière, cela était dénué de tout intérêt. La seul chose qui pour l’heure en était digne, était que la Charcute venait sur l’instant de retrouver le chemin de ceux qui, quelque soit leur naissance, des rives de la Méditerranée jusqu’aux Caraïbes, combattent l’Espagne, qu’elle fut nouvelle ou ancienne…

La rencontre eut tôt fait de tourner en âpre palabre digne du marché aux épices, et Geert étant sans le sous à l’heure de faire renaître la Compagnie, n’eut d’autre choix que de proposer en échange des parts de la Compagnie au brabaresque qui malgré sa déception de ne trouver ici aucun ancien des Salle Rovers, accepta pour y voir une issue à l’impasse dans laquelle la Charcute l’avait menée.

Le capitaine conclua, comme plus tôt fait dans la journée, par ces mêmes mots :


« Bien p’taine Raïs, rest’ed mettre l’gouverneur Meyers d’vant ses responsabilités.. »

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Jeremiah Breeg
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MessageSujet: Re: Brise légère dans la poussière d’un passé fameux…   Mer 29 Aoû 2018 - 0:05

Ces derniers temps, la côte Ouest de Saint-Martin était le théâtre d'un curieux ballet nocturne. Trois nuits déjà, les chemins creux, vallons et sentiers sinuant entre les plantations s'étaient vus parcourus par des ombres en guenilles, cheminant par petits groupes en silence. Pas une lanterne, pas un mot. D'un coté ils apparaissaient des faubourgs de la colonie endormie, de l'autre ils disparaissaient dans le chaos de roches et d'arbres bordant le rivage, et inversement. Tiens, en voici d'autres justement.

Il en venait de tous les cotés, convergeant vers une étable délabrée à l'intérieur de laquelle, derrière d'épais rideaux, brûlait une bougie. Les ombres entrèrent une par une, et la sentinelle qui y veillait se retira sans un mot. Les ombres se dévoilèrent les unes aux autres, les capuchons révélant tour à tour une galerie de trognes d'enfer à faire hurler les enfants. Cinq d'entre elles s'assemblèrent en cercle à même le sol, puis l'une d'elle s'exprima :

« Demain soir. »


Et ce fut tout. Les quatre autres acquiescèrent, et par petits groupes elles s'en furent toutes dans la nuit. Alors, comme répondant à l'appel d'un cor silencieux, d'autres ombres apparurent de partout, de masures, de fermes, de grottes, de caves et de bosquets. Elles s'assemblèrent au cœur d'une forêt autour d'un arbre chenu, puis les trente qu'elles étaient glissèrent dans la nuit, vers l'Ouest. Elles s'insinuèrent dans les faubourgs, se faufilèrent dans les ruelles, se coulèrent vers le port par des sentes odorantes, puis s’infiltrèrent dans les ombres des navires endormis, et ce fut tout. Un grand silence s'installa, et plus rien ne bougea.
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Jeremiah Breeg
Gabier
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MessageSujet: Re: Brise légère dans la poussière d’un passé fameux…   Mer 29 Aoû 2018 - 22:44

Toute une journée passa sans que rien ne frémisse d'inhabituel entre les entrepôts de Saint-Martin. Le soleil se leva, les gens aussi, le vacarme quotidien de tous les ports de la Caraïbe fit entendre ses premières notes, enfla, et la cohue ordinaire délivra ses différents actes burlesques, passages de patrouilles, appels des marchands, cris et rires, puis le soleil finit par décroître, et avec lui la foule. C'est alors que les ombres grandissantes s'animèrent.

Amassées telles un banc de poissons volants, un groupe compact de barques de tous types, y compris une pirogue indigène, s'en venant d'une belle frégate battant pavillon des Provinces-Unies, se pressa vers les quais. En débarqua une troupe des plus hétéroclites, il y avait des officiers en grand appareil, des miséreux en loques, des bourgeois, mais tous étaient marins. Cela se voyait à leur façon de marcher, comme en proie à une houle invisible. Dans la lumière déclinante du jour, ils s'assemblèrent un bref instant au bout du môle puis se mirent en marche à grands pas. Ils grimpèrent rapidement les degrés vers les bas-quartiers, et dans un élan résolu s'élancèrent vers la ville haute. La tension était palpable en leur sein, et au milieu d'eux plusieurs serraient nerveusement l'arsenal conséquent qu'ils avaient sur eux. Devant le cantonnement de la garde, une rangée d'affichettes s'étalait. En passant devant, le groupe baissa les yeux et accéléra le pas. Et pour cause : pour trois d'entre eux, c'était leurs noms au bas de ces affiches.

Jeremiah Breeg, capitaine élu du
Victoire du Vil Vicaire, navire pirate, prit le temps de constater qu'on avait fait de lui un portrait assez authentique, il admit volontiers une certaine fidélité dans la gueule de macaque des enfers qui s'étalait au-dessus de son nom, qu'il reconnut facilement puisque c'était parmi les rares choses qu'il savait lire sans peine. Encore en-dessous s'étalait un chiffre colossal, qui fit rougir de plaisir ledit Breeg, il ignorait à quel point sa tête avait été mise à prix avec le temps. C'était flatteur. A ses côtés, son vieux camarade de guerre Ian Muircath, le plus celte des irlandais, et le mahométan connu sous le nom d'El Raïs, nouveau compagnon qui s'était rapidement rendu indispensable. Tout autour d'eux, tel un charme protecteur, les encadrait la fine fleur des corsaires bataves. Certains diraient aussi les derniers, mais ce n'est que de la sémantique. On comptait parmi eux le capitaine Fox, ancien amiral britannique aussi connu qu'incompris, le jeune Rhaegar, étoile montante de la course batave, la capitaine Poudre van Daele, corsaire légendaire au passé quelque peu entaché de faits de piraterie, ainsi que le retors Geert Rohuud, vieil illuminé pour certains, baroudeur légendaire pour d'autres, et très malpoli de l'avis général.
Tous ensemble et avec d'autres, ils avaient organisé cette journée avec le plus grand soin, car le risque était grand. En effet, la sinistre renommée des capitaines pirates présents et la récompense cumulée pour leur capture (ou simple meurtre) s'élevaient à des sommets. Et il suffisait d'un sergent de ville zélé, ou d'un citoyen se découvrant une vocation de vengeur, pour que cela tourne à l'émeute. A voix basse, Breeg demanda à l'un de ses hommes, un grand échalas blond : « Les navires ? » L'autre hocha la tête et murmura entre ses dents : « Derrière l'horizon, ils seront au rendez-vous à l'heure convenue. »

Alors qu'ils montaient, le nombre de cris de surprise, lazzis ou menaces de mort allait croissant, et bientôt c'est un long grondement scandalisé qui les accompagnait dans les rues, tandis qu'ils pressaient le pas, les espoirs résidant tout là haut, dans le palais du gouverneur Meyers. Ledit gouverneur avait été long à convaincre, jusqu'à ce que quasiment l'ensemble des commandants corsaires sous pavillon batave ne finisse par le convaincre d'accepter l'entrevue. Mais il avait refusé de se compromettre jusqu'au dernier instant, et cette ascension jusqu'au sommet de la colline et du pouvoir, ils allaient devoir l'accomplir seuls. Alors, pour se préserver, la petite troupe d'une vingtaine de gaillards aux physiques les plus improbables se livrait à un curieux ballet. Quand des soldats s'approchaient, ou que le sourcil d'un officier de la garde se levait un peu trop haut, les capitaines hollandais et leurs hommes se plaçaient devant, le torse avantageux, toutes les breloques possibles étaient de sortie. Et quand un parti d'honnêtes résidents tentait de s'opposer à leur progression, c'était les brutes aux trognes recousues accompagnant les gentilshommes de fortune qui prenaient la tête, exhibant des muscles et un arsenal redoutable, frappant au besoin du plat du sabre les plus véhéments des redresseurs de tort parfois sur leur chemin. Et c'est tout en se livrant à ces acrobaties, à ce ballet de la violence et de la vanité, qu'ils arrivèrent en vue de l'esplanade du palais, sur laquelle les attendait un chambellan très désireux de se trouver ailleurs, car c'était une belle brochette de rudes gaillards qui se dirigeait vers lui d'un pas pressé, tandis que derrière une petite foule en colère les abreuvait d'injures. Une sueur poisseuse traçait de longs sillons dans la poudre qui lui couvrait le front, et une série de petits pets nerveux s'échappait de ses chausses ouvragées.
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Ian Muircath
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MessageSujet: Re: Brise légère dans la poussière d’un passé fameux…   Jeu 30 Aoû 2018 - 19:40

L'errance durait depuis trop longtemps quelque part au Sud de la Havane.
Le Capitaine Muircath passait plus de temps à courir les gueuzes qu'à s'occuper de ses derniers Moribonds. La plupart sont trépassés d'ailleurs sous le feu de faux marchands espagnols qui nous sont tombés dessus après qu'on ait trop fêté la dernière prise. La vigie a bien crié "Voile à ... sur nous" qu'on était éperonnés, arraisonnés, pillés et balancés à la flotte dans ces foutus canots. Jouant avec son médaillon, l'irlandais réfléchissait.
Rallier les drapeaux noirs pour réarmer aux frais des copains... Retourner dans les Iles déterrer quelque coffre. Il restait plus grand chose dans les docks des Moribonds. L'un ou l'autre, c'était long, et il y avait cette proposition de Breeg- rejoindre les Gueux de St-Martin qui laissait entrevoir un autre avenir. Fallait en causer avec la douzaine d'infortunés qui avaient eu leur place sur le canot. Quelque bouteille de madère sauvée du désastre aidera à les convaincre.
Renier le Jolly Roger ? Servir une couronne, alliée aux anglais... Déjà naviguer, il y avait peut-être quelque chose à y gagner, ou sauver sa tête, ça changera de n'être pas poursuivi par tous les royaumes... Et puis on peut pas rester en paix éternellement avec les anglais. En attendant il y a toujours assez à faire avec les français et les pingouins.

- Amenez le drapeau ! Cap sur le levant, on réarme.
Le trésor s'amenuisait. Ca suffira pour cette fois. On mit An Thaìbse le dernier revenant, à l'eau, canons aux sabords et cap sur les colonies bataves, voire ce qu'il en était de cette compagnie des Gueux. Les Moribonds ne pourraient pas mieux tomber.
Il fallait trouver une crique, c'est pas qu'on était connu mais on n'était pas si bien vu chez les natios.
Muircath envoya prendre les renseignements à la ville. Il y avait des voiles au port, c'était donc vrai.
Des têtes connues furent apreçues et l'on ramena au capitaine une copie du billet de la Compagnie:
Recherche capitaine de valeur,
fiable et bon camarade dans l'heur comme dans le malheur,
fut-il ancien de la compagnie, sous pavillon d'infâmie,
ou batave de cœur ou d’allégeance. Nouvelle charte à négocier.

C'est tout moi ça se dit Muircath. Allons faire savoir au Rude qu'on est partant.
On va rendre visite au gouverneur. Faudra le convaincre de not'bonne foi. Not' bon foie ça l'intéressera moins, quoi que, ce Madère sera pas de trop.
Muircath revint le soir avec sa lettre de course et un nouveau pavillon à hisser. Il rangea soigneusement le Jolly Roger au fond de sa malle. On se reverra... avant l'enfer.




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Raimund
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MessageSujet: Re: Brise légère dans la poussière d’un passé fameux…   Ven 7 Sep 2018 - 21:01

En cette journée de la fin d’août de 1718, quand le chambellan fit à nouveau chanter ses chausses ouvragées devant le groupe hétéroclite de capitaines que le gouverneur Meyers osa à peine assumer d’accompagner sur l’esplanade du palais, la petite foule, aussi folle qu’erratique, en avait presque oublié la raison de son ire, plongée qu’elle était depuis des heures à débattre du pourquoi, du quand et du comment ce qui allait advenir ou pas.

Le capitaine de Sisley, honorable parmi les honorables du pavillon des Provinces Unies, ouvrait la marche, toisant du regard les mesquins bien ramollis par de longues heures de vaines palabres, de sorte que bientôt la curiosité prit le pas sur tout autre considération. L’un se hissant sur les gros orteils, rivalisant de pointes pour apercevoir l’impeccable et légendaire mise du capitaine Fox, l’autre moins gâté par la nature, fouinant d’un groin bien nourri entre deux coudes pour apercevoir ne serait-ce qu’un instant la croupe du Capitaine van Daele, tandis qu’une bande de gamins rivalisait d’excitation à la vue d’un véritable Barbaresque dont la sombre barbe taillée en pointe faisait blêmir en coupable pâmoison quelques rombières étriquée dans un calvinisme de bon aloi.

C’est à peine si dans ce défilé de portraits bigarrés, on prêta attention à la grande silhouette sombre et voûtée du capitaine Geert, que d’aucun aurait pu prendre pour un spectre extirpée de quelque cale, de là où les rats se taillent la part du lion parmi les biscuits moisis et les fonds de barriques bons à servir de couveuse à une nouvelle génération de moustiques.

Enfin, quand ce cirque ambulant atteignit les quais sur lesquelles s’amassèrent les badauds et que quelque chaloupes se mirent à la nage, chacun retint sous souffle jusqu’à ce que, sous les hourras hystériques, 10 pavillons furent envoyés, faisant flotter haut les couleurs du pavillon des Provinces Unies, rehaussées de celui de la Compagnie de St. Martin des Gueux…




Déjà les marchands frottaient leurs moites menottes, et les notaires de faire grincer leur roides quenottes, à l’idée prenant forme sous leurs yeux ébahis qu’enfin les affaires depuis si longtemps moribondes, sous les auspices de la Compagnie reformée, allaient pouvoir à nouveau s’épanouir…

EINDE
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Brise légère dans la poussière d’un passé fameux…
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