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 François Talbot

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MessageSujet: François Talbot   François Talbot Icon_minitimeMer 24 Avr 2019 - 15:54

Frédériksted, Mars 1719.
Il souffle un nordet tempétueux quand, le chargement du fret terminé, le second Michel Roulet fait déhâler Toucan avec la chaloupe & le canot jusque dans la rade extérieure. C'est un havre sûr contre les vents océaniques aussi forts fussent-ils, même sur une seule ancre car les fonds y sont d'excellente tenue. Quatorze navires marchands d'ailleurs s'y trouvent déjà sous la surveillance d'un chasse-marée. Tous attendent une accalmie & des vents favorables.

Le coup de chien cesse au petit jour. Toucan est le premier des marchands dans la rade à déferler ses huniers & remonter son câble. Il double les promontoires pour gagner les eaux libres alors que le soleil n'est qu'à un travers de main au dessus de l'horizon oriental.  La côte est noyée deux horloges après la méridienne par brise d'Est quart Nord.
L'intention de François Talbot est d'établir sa croisière au nord des Isles Sus le Vent.

Vers la fin du mois, Toucan pille une barque de cent tonneaux aux anglois.
Talbot a invité le patron de la barque à sa table & le vin aidant, y-celui finit par convenir qu'aucun corsaire où navire du roi Georges n'est actuellement présent dans ces eaux.
François décide donc de maintenir sa croisière dans l'est de l'Isle de Barboude. La barque est coulée à fond & les quelques prisonniers sont enfermés dans le coqueron avant.

Une semaine plus tard, Toucan s'empare de l'Essex Prize, corvette marchande de cent vingt tonneaux. Il manque à  l'issue de l'attaque dix hommes avec les pertes antérieures & c'est beaucoup pour un équipage marchand nécessairement moins pléthorique qu'un corsaire mandaté par une Lettre de Marque.

Les prisonniers sont à présent dix huit. Outre qu'ils sont à l'étroit & qu'il faille les nourrir sur les provisions du bord, ils constituent un danger, pouvant tenter de s'emparer de Toucan.  François décide donc de leur offrir la chaloupe de l'Essex Prize sur laquelle il ne laisse ni mât ni voile & qu'une seule paire d'aviron. Non plus que de vivre où d'eau douce. L'Isle de Barboude n'est qu'à une douzaine de lieues au vent.


Dernière édition par Talbot le Mer 29 Mai 2019 - 15:17, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: François Talbot   François Talbot Icon_minitimeSam 4 Mai 2019 - 15:48

Avril 1719.
De retour à Frédériksted, la vente du butin des deux prises rapporte moins de neuf milles piastres soit avec un huitième des parts , mil cent piastres pour François.

Quelques temps plus tard, vent frais de suret deux quarts en arrière du travers tribord. Toucan chasse un convoi aux anglois de neuf voiles, très dispersé & seulement défendu par un petit corsaire de huit canons.
Talbot fait porter pour chasser un petit marchand qui s'est un peu écarté au sud des autres & profitant que le lougre d'escorte est au nord du convoi, sous le vent de Toucan.
La vigie annonce un navire coque visible sur l'horizon  par le travers tribord. A la coupe de ses voiles c'est aussi un anglois, une petite frégate & qui établit ses perroquets pour  intercepter Toucan. François parvient à la semer mais perd le contact avec le convoi.

Douze lieues Est estimées de l'Isle de la Désirade. Toucan trompant un cotre corsaire aux anglois en arborant les couleurs hollandoises, s'empare juste avant que le soleil ne disparaisse derrière l'horizon occidental, du senau anglois Marlow. L'obscurité permet de piller cette proie & de quitter la zone dès le transbordement effectué avant le lever du jour. Du blé un peu de suif & de cochenille, un lot d'ivoire sculpté ainsi que 4700 piastres dans le coffre du bord. François décida de mettre le cap vers Isle de Guadeloupe pour vendre la cargaison & compléter l'équipage.
Le butin négocié au Gosier rapporte vingt six milles piastres, la part de François s’élève cette fois à un peu plus de trois mil deux cents piastres.

Tribord amures, au près bon plein, le senau Toucan sous huniers pleins, double Les Saintes, cap sur La Dominique.
Entre les Isles de Sainte Alousie au nord & Saint Vincent au sud, Toucan s'empare d'un brig aux anglois transportant du chanvre, du brai, des batatas & surtout un lot de pierre précieuses.
Le coffre du bord contient 2400 piastres. Toucan n'a perdu qu'un seul homme.
Huit prisonniers sont déposés sur une plage de Saint Vincent qui est déserte. Sans aucun doute parviendront-ils à signaler leur présence pour être recueillis car le trafic anglois est conséquent avec Isle de Barbados où ils ont un établissement & qui n'est qu'à six lieues dans l'est tout au plus.
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MessageSujet: Re: François Talbot   François Talbot Icon_minitimeMer 29 Mai 2019 - 15:18

Trois jours ! Trois jours entiers de vents résolument contraires à devoir tirer des bords sans rien gagner où si peu avant de mouiller sous le Fort Cépérou.
Trinité Damour le pilote, mulâtre affranchi embarqué à Sainte Lucie, affirme que c'est fréquent en cette saison depuis le Cap Sao Roque au sud & jusqu'aux Bouches de l'Orénoque au nord.

Dès les manœuvres d'accostage terminées, Talbot a débarqué & loué une mule pour monté jusqu'au Fort Cépérou qui domine la colonie pour y visiter le lieutenant  général Marquis de la Verrie Gouverneur de la France Equinoxale.

La vente du fret & du butin auprès des négociants juifs - Une forte communauté de cette religion y est présente & c'est ici que se trouve la seule synagogue du Nouveau Monde – rapporte près de vingt cinq milles piastres dont trois milles pour François portant à présent son pactole à 7300 piastres.

Pendant que Saül Kaplan, l'écrivain du bord négocie avec ses coreligionnaires un chargement de septante tonneaux de bois précieux, d'écorce de quinquina, de minerai de fer, de fruits confits, de madère & de verroterie, toutes marchandises qui sont ici en abondance, Talbot, sur les conseils du Gouverneur, se rend au monastère y rencontrer Fra Paolo, Commandeur des Jésuites.

Après avoir quitté le mouillage de la Rivière Cayenne, Toucan au nord est de Paramaribo a pris, pillé & coulé un petit senau aux hollandois de quatre vingt tonneaux pour ce que son nom ; Propheet Daniel sentait trop fort le parpaillot (calviniste).

1er Mai
Au nord de Paramaribo Toucan s'est attaqué à un chasse-marée portant six canons. Le patron de ce lougre était vraiment trop suspicieux quand au vrai pavillon de Toucan.
Il aura fallu deux abordages pour vaincre De Triomphantelijke & dix hommes de Toucan ont péri.

Il faut envisager une escale pour compléter l'équipage & vendre le fret & le butin. François décide de faire route sur Isle de Marguerita. Avec Damour le pilote il décide de passer à l'ouest de Isle de la Trinité. Aucun des deux n'ignorent que les vents dominants sont de sud dans le Canal de Colombus.

Toucan traversa le Golfe du Paria & franchit la Gueule du Dragon au nord-est de Isle de la Trinité. Cap ouest ensuite, la coste de la Terre Ferme défilant à une lieue sur bâbord.

Isle de Marguerita.
La vente de la cargaison est décevante encore que tout n'a même pas trouver preneur même à prix coutant. 25774 piastres soit 3221 piastres pour Francois
On change aussi de pilote pour ce que Trinité Damour connaît assez peu la Coste Caraïbe de la Terre Ferme. Enrique Ribèra un natif de Nombre de Dios rejoint le carré de Toucan.
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MessageSujet: Re: François Talbot   François Talbot Icon_minitimeMer 19 Juin 2019 - 20:23

Mai
La liquidation définitive du grand senau, marchandises, canons & coque confirme une campagne somme toute très peu profitable pour le sieur Jurgensen propriétaire & armateur de Toucan.

C'est un autre armateur de Rio de la Hacha celui-là, Louis-Marie Dervieux, qui pressentit François pour lui offrir le commandement de Goupil. Il se trouvait au tribunal de commerce lors de la liquidation de Toucan pour la bonne raison qu'il y est juge.  
Il s'agit d'un armement en « Guerre & Marchandises » par actions. Un trois mâts récent de trois cents tonneaux construit à Saint Malo, pris par l'anglois dans le Golfe du Mexique aux atterrages de Biloxi & repris par un corsaire espagnol devant le Cap San Antonio, enfin terri & vendu à Rio de la Hacha.
Long de 101 pieds (32,8 m) pour 26 (8,40 m) au maître bau avec 12 pieds ( 3,90 m) de tirant d'eau arrière, il est percé pour vingt & quatre canons & peut porter un équipage de 120 hommes.
La mise hors s'est élevée à 270000 livres tournoi, soit 90000 piastres. Les fonds furent levés par l'émission de cent actions. François, à la mesure de ses moyens, acheta deux actions.

A la Sainte Clotilde, Goupil, sur lest - les négociants du cru étant d'avantage demandeurs que vendeurs - remonta ses câbles & sortit de la rade. Il s'établit sur un cap nord dès qu'il courut en eau libre.
Sitôt la côte noyée, évitant ainsi que des informateurs renseignent les ennemis du Royaume -  on était en guerre - François ordonna une nouvelle route. Son intention était d'aller établir sa croisière au sud de l'Isle de la Jamaïque pour y faire quelque prise afin d'aguerrir son équipage.

Las ! Goupil donna en plein sur une croisière anglo-hollandoise forte de deux vaisseaux, des deux-ponts d'au moins soixante canons & de deux paires de frégates.
François put ainsi juger des qualités marine de son navire, qui plus est dans le gros temps, fuyant devant ce fort parti pour lequel Goupil était une proie trop tentante. Un des vaisseaux & plus tard une frégate l'approchèrent presque à portée de tir & Talbot dut faire montre devant son équipage de ses capacités nautiques pour mettre de l'eau entre les chasseurs & son navire.

Escale à La Trinité pour embarquer du fret, du bois de chauffage, de l'eau douce & des vivres fraîches en prévision de la traversée du Golfe du Mexique jusqu' à l'embouchure de la Rivière Mississipi.

A la mi Juin Goupil ouvre le Canal de Yucatan.
Au nord du Cap San Antonio un deux mâts fut aperçu & reconnu pour être un senau aux bataves de cent vingt tonneaux au nom imprononçable de Dwergvleemuis. Il fut décidé de l'attaquer pour aguerrir les canonniers & l'équipe d'abordeurs.
Quelques jours plus tard, c'est le dogre Zeehond qui fut pillé. Pour le maître d'équipage Jacques Dumont il manquait à l'issue de ces deux attaques huit hommes pour la manœuvre, morts où si gravement blessés que le chirurgien du bord Ambrosius van Glass avait peu d'espoir d'en sauver aucun. Lazare Maupin l'écrivain était en revanche plus satisfait. Les deux cargaisons pillées étaient à présent dûment enregistrées sur ses registres & arrimées en cales ; blé, écorce de quinquina, outils, poudre à canon, sel marin, soies de Chine & viande boucanée. Soit 107 tonneaux de deux milles livres de charges en sus des soixante tonneaux de fret achetés à La Trinité.
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MessageSujet: Re: François Talbot   François Talbot Icon_minitimeDim 23 Juin 2019 - 20:01

Le jour de la Saint Silvère, à une vingtaine de lieues des côtes de La Louisiane, la frégate Goupil commandée par François Talbot vire par jolie brise de sud-est pour changer d'amures & couper ainsi la route d'un trois mâts observé deux heures plus tôt par bâbord avant & reconnu à présent comme étant aux anglois.

François Talbot qui est monté jusqu'aux barres du petit perroquet, un peu par exercice mais aussi par plaisir, l'observe longuement à la lunette. C'est un hermaphrodite en cela qu'il est à phare carré sur l'artimon mais gréé latin sur son mât principal & sur celui de l'avant. On nomme ce type de bâtiment indifféremment un où une pinque. Navire étonnant qui peut être gréé en mer entièrement à phare carré où latin où, comme à présent en gréement mixte. Le changement de gréement à la mer nécessite un équipage nombreux, plus qu'il n'est usité pour un bâtiment de ce tonnage naviguant au commerce. Element dont devra tenir compte François.

C'est un navire légèrement plus grand que Goupil & jaugeant un peu plus de trois cents tonneaux. Il est percé sur chaque flanc pour 12 canons … des 6 livres semble t-il & avec plus de quatre vingt hommes d'équipage, l'affaire sera rude & coûteuse en vies humaines. Talbot, abandonnant son poste d'observation du mât de misaine est  revenu sur la dunette. Il fait hisser l'Union Jack pour leurrer la chasse … mais si le patron anglois n'est point trop sot & qu'il avait posté une vigie, le cap que Goupil suivait avant son changement d'amures pouvait trahir sa vraie nature.

Au cours de la troisième horloge du quart de jour, Goupil parvient à moins d'un mille de la pinque. Aux voiles qu'il fait établir précipitamment, nul doute que le patron anglois a compris à qui il avait affaire & Talbot jugeant inutile de cacher d'avantage son état fit amener l'Union Jack & envoyer le pavillon fleurdelisé de sa Majesté très catholique. Le point à la méridienne indiqua 26° de latitude nord & le pilote Enrique Ribèra  estima quand à lui à 87° la longitude ouest. Point qui situait donc la frégate à 18 lieues sud de Sainte Marie de Galves qui est aux espagnols.

Le patron anglois ne s'en laissa point compter, dès que les deux navires furent à portée, ils fit donner du canon avec assez de bonheur à la première volée. Après que le maître d'équipage Jacques Dumont eut fait distribuer les armes à feu & la poudre, les abordeurs s'étaient  trop tôt agglutinés sur le gaillard d'avant & le beaupré pour jouir du spectacle &, comme de beaux diables vociféraient des insanités avec moult gestes & exhibitions obscènes.
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MessageSujet: Re: François Talbot   François Talbot Icon_minitimeMer 26 Juin 2019 - 16:00

Les cris « Couchez-vous pauvres fous » de Dumont le bosco, de Roulet le second & de Talbot au porte-voix furent couvert par le tonnerre roulant des canons de Goupil.
La mitraille de l'anglois les faucha comme blé mûr. Entre ceux hachés par les biscaïens & ceux tombés à l'eau qui se noyèrent, Goupil dénombra pour le moins trente morts, la moitié de son équipe d'abordeurs !
La canonnade continua à l'avantage certain de Goupil puis la distance fut si courte, à peine trente pieds (10 m) qu'une violente arquebusade de la frégate s'y joignit à laquelle les anglois répondirent mais d'un feu bien moins fourni. Sans doute ne disposaient-ils pas d'un grand nombre de mousquets où le désordre qui régnait à bord ne permettait point qu'on les eu distribué.

La pinque Auricula fut abordée & conquise sans pitié aucune.
Il n'y eu point de survivant à son bord. La rage habitait trop l'équipage de la frégate d'avoir perdu tant de leurs amis au début de l'engagement.
Sans que ce fut dit, chacun pensa ; Pas de quartier !


La double fut distribuée par le quartier-maître Lothaire Courtois après quoi, les hommes trimèrent mais sans joie apparente pour transborder & arrimer sur la frégate le butin qui était assez considérable, à tout le moins pour la quantité à défaut de sa qualité.
Les cales de Goupil étaient pleines jusqu'aux panneaux d'écoutilles & il fallu en arrimer dans l'entrepont entre les canons là où les morts laissaient places vacantes & jusque dans les coursives. Malgré cela, Talbot dût se résoudre à faire un choix & cinquante cinq tonneaux de marchandises qu'il pensait ne point trouver preneurs furent jetés par dessus bord.
Homme vénal s'il en fut, l'écrivain Lazare Maupin lui se frottait les mains, discrètement toutefois. Qu'importe que quarante hommes manquât à l'appel, au contraire même, les parts de butin de chacun n'en seraient que plus juteuses puisque le Livre de Rôle qu'il avait en charge de tenir à jour indiquait que onze n'avaient aucune famille connue où déclarée.
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MessageSujet: Re: François Talbot   François Talbot Icon_minitimeDim 7 Juil 2019 - 14:46

Saint Jean-Baptiste à la méridienne.
Quand il eu, avec l'octant, mesuré la latitude & déterminé la longitude d'après la vitesse & les caps suivis indiqués sur le livre de loch, le pilote Enrique Ribèra vint annoncer à Talbot que la frégate devrait sous peu entrer dans les sondes des Costes de La Louisiane.
François ordonna donc qu'on lance le plomb de sonde toutes les deux heures. Effectivement, aux quatre coups du quart de l'après-midi le sondeur juché sur le bossoir tribord annonça septante deux brasses. Talbot félicita son pilote pour la justesse de l'estimation de la position de la frégate & l'invita à descendre boire une chopine de vin de Madère dans la grand-chambre. (il en avait acquis deux tonnelets pour son usage particulier à un brigantin espagnol croisé au nord du Cap Saint Antoine).

Dans l'après-midi du lendemain, Goupil essuya un violent "coup de tabac" de sud-ouest devant ce que le pilote & lui  pensaient-être l'embouchure de la Rivière Mississippi. La tempête repoussa deux jours & une nuit durant la frégate loin dans l'est & la contraignit à relâcher à Fort Louis de la Louisiane le jour de la Saint Anthelme.

Goupil débarqua dans ce poste quelques malades de la syphilis & plusieurs blessés dont l'état a été jugé trop grave pour être soignés à bord aux dire du chirurgien Ambrosius van Glass. Le maître d'équipage, Jacques Dumont, en profita pour compléter l'effectif dans les cabarets & estaminets bordant le front de mer.
Lazare, l'écrivain de la frégate, est parvenu à négocier la vente de marchandises qui libèrent totalement entrepont & coursives. Il a acheté aussi six centaines de fourrures à deux coureurs des bois fortuitement présents au fort.  Le second, Michel Roulet, fit remplir les barriques d'eau douce à une aiguade toute proche & aisée d'accès & avitailler la frégate en vivres fraîches & bois de chauffage pour les fourneaux du coq.
François a invité à dîner à son bord les deux coureurs des bois pour se faire expliquer cette vie si particulière qu'est la trappe tout le long de la Rivière Mississippi, dans les Montagnes Rocheuses & jusqu'aux Grands Lacs & qui est une spécificité françoise.

Le 28, Goupil remonte ses câbles & s'établit cap ouest en direction du Fort Maurepas dans la Baye de Biloxi. Courte escale devant ce poste, sans grand intérêt car rien de profitable n'était à acheter où à vendre. Talbot apprend néanmoins du lieutenant commandant la place que le fort fut créé vingt ans plus tôt par un pays de François nommé Pierre Le Moyne d'Iberville natif de Ville-Marie (comme se nommait alors Québec).
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MessageSujet: Re: François Talbot   François Talbot Icon_minitimeMar 23 Juil 2019 - 14:08

François décida d'aller établir une croisière de flibuste plus à l'ouest, vers la vaste Baye de la Trinité où, Ambrosius van Glass le chirurgien avait appris dans l'échoppe d'un apothicaire, qu'au fond d'y-celle s'était implantée récemment une habitation hollandoise. Il espérait harceler avec profit le trafic maritime en faisant quelques prises & remplir ses cales à peu de frais sinon d'un peu de sang.

Holà en bas ! Voile en vue par le bossoir tribord !
Le cri de la vigie mit en effervescence la frégate écrasée de soleil.
Talbot se fit violence pour monter lui-même jusque dans les barres du petit perroquet plutôt que d'y envoyer un subalterne. Un peu d'exercice ne pouvait que lui sied car il se trouvait un soupçon d’embonpoint.
La longue vue lui révéla un petit deux mâts de cent à cent vingt tonneaux. Son cap nord-ouest laissait augurer de son pavillon de « Bonne prise ».
Laisse porter Courtois cria t-il à l'intention du quartier maître à la barre.
Avec un large sourire édenté, Lothaire fit tourner franchement la roue & Dumont le bosco, bien qu'arborant un sourire de condotière, se mit à hurler dans le porte-voix avec force jurons qu'on choque les écoutes, qu'on hâle les bras de vergues & qu'on tourne enfin sur les cabillots, bras, drisses,écoutes & boulines.

La chasse, un brick-senau aux hollandois manœuvra joliment pour éviter de subir le feu de Goupil dont il avait deviné la nature belliqueuse mais, suite à une fine manœuvre de François, reçu une volée complète de boulets enchaînés dans le gréement qui lui coupa nombre de manœuvres, offensa méchamment sa baguette de senau,  lacera ses voiles l'empêchant tout à fait d'esquiver d'avantage.
Quelques bordées à mitraille & un abordage de pure forme l'incitèrent à se rendre à merci.

La quinzaine de prisonniers transbordèrent sous étroite surveillance les marchandises puis furent enfermés dans le coqueron avant près de l'odorante soute aux câbles d'ancres encore toute parfumée de la vase marécageuse de Biloxi.
A Philémon Daviet le maître charpentier, François commanda qu'il aille avec quelques aides crever les fonds du senau pour le couler. Il voulait éviter d'y bouter le feu, la fumée pouvant révéler la présence d'un corsaire ennemy aux barques de pêches & guetteurs de la coste juste au delà de l'horizon septentrional. Les prisonniers seraient livrés aux autorités du premier port espagnol où la frégate relâcherait pour faire aiguade & avitailler .
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MessageSujet: Re: François Talbot   François Talbot Icon_minitimeLun 29 Juil 2019 - 15:03

Le pilote local recruté lors de l'escale à Biloxi reconnu les amers de la Baye de Saint Louis, puis deux jours plus tard ceux de la Baye de Saint Bernard.
Il dit à François que la frégate avait à présent la Costa Baxa el Hincon sur son horizon tribord & François fit mettre le cap sur l'ouvert de la Baye de Saint Joseph dont on apercevait le promontoire nord par tribord avant.  Un certain Alonzo Alvarez de Pineida l'a découverte en 1519 & l'a nommé Corps du Christ. Au fond d'y-celle se niche un modeste comptoir espagnol, tout au plus un gros village de pêcheurs.

Aucun navire n'était présent. Goupil accosta au ponton. Michel Roulet le second se délesta en hâte des prisonniers auprès du sergent commandant la petite garnison de lanceros lequel ne sembla trop savoir qu'en faire en l'absence de Don Alvaro représentant de la couronne qui avait embarqué à bord de la chaloupe semi pontée attachée à sa fonction de gouverneur voilà une semaine pour se rendre à Veracruz auprès du Vice-roi.

Le Señor Gomez fut recruté comme pilote. La frégate appareilla dès qu'elle eut complété son eau douce. Il était dans l'intention de François d'aller croiser au sud de la Rivière Brave où il se disait parmi les gens de mer présents sur le port que les anglois y auraient une habitation un peu au nord du Tropique.

Talbot rédigeait un rapport à l'attention de l'armateur.

A bord de la frégate Goupil par  25° de latitude nord & à 4 milles des costes de la Nouvelle Espagne
Nous passâmes deux semaines pleines à marauder en vue des costes & comme aucune voile ennemy n'estois entrante où sortante pour nous dévoiler dans quelle baye se trouvât l'habitation, je me vis contrains & forcé à devoir renoncer, l'eau douce venant à manquer & quelques cas de scorbut étant apparus parmi l'équipage. Sachant en outre par le señor Gomez notre pilote que les sauvages qui peuplent ces contrées sont très agressifs & pour certains certainement cannibales ce qui me dissuade assez pour tenter d'aborder & faire une reconnaissance à terre afin d'y trouver aiguade.
Je décida donc de pousser plus au sud jusqu'à la grande ville portuaire espagnole de Veracruz. Las, des vents contraires & du gros temps nous obligèrent à rationner l'eau douce d'un demi. Le scorbut fit des ravages il ne resta que quarante deux hommes valides sur les cent vingt que compte l'équipage. Horrible spectacle ; toutes dents déchaussées sur des gensives saignantes, anciennes plaies rouvertes & purulentes, langues noires & gonflées & faiblesse si intense que les malheureux ne parvenaient pas même à se traîner jusqu'aux poulaines pour se satisfaire. Ajouter à cela que la frégate marchait très mal, ses fonds couverts de coquillages & traînant plus de cinquante brasses d'algue.


La frégate est entrée - non sans peine avec si peu d'hommes valides - dans la rade intérieure, glissant sous les remparts formidables du Fort Saint Jean de Ulùa.
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MessageSujet: Re: François Talbot   François Talbot Icon_minitimeDim 11 Aoû 2019 - 15:14

Lazare Maupin l'écrivain est parvenu, hormis pour la téquila & les lingots, à vendre la cargaison. Le señor Gomez le pilote a par ailleurs reçu son congé.

Talbot avait fait part à Ambrosius van Glass son chirurgien qu'il connaissait un remède pour soigner le scorbut & appris par lui auprès des indiens Montagnais de Nouvelle France. Il s'agissait de la tisane d'anneda, feuilles et écorces de cèdre blanc pilées le tout donnant une concoction fort efficace contre ce fléau. (authentique, pleine de vitamine C)
Il chargea le chirurgien de faire la tournée des apothicaireries de Veracruz pour s'en procurer.

Les vivres fraîches qu'on trouvait aisément en ville, remirent assez l'équipage sur pieds en moins d'un mois hormis cinq qui, trop gravement atteint & ayant des antécédents de syphilis avancés, moururent. Ambrosius van Glass n'avait pas trouvé de feuilles où d'écorce de cèdre blanc - lesquels ne poussent point dans ces contrées. Les apothicaires du cru en ignoraient donc les vertus médicinales pour en faire venir alors qu'ils en eussent bien besoin, Veracruz étant le plus grand grand port du Golfe de Mexique.

Le chantier naval demandait une telle somme que Talbot se résolut d'abattre en carène sur la grève au nord-ouest de la ville & de nettoyer la coque avec les moyens dont il disposait à bord. Il fallu vider la frégate de tous son contenu & monter une garde vigilante pour ne pas être volé pendant les nuits d'autant qu'on n'ignorait plus en ville que Goupil transportait des lingots d'or & d'argent. Même sans cela, il y avait suffisamment à bord d'outils, de matériels indispensables aux navires & d'instruments de navigation aisément négociables dans un aussi grand port sans parler des réserves de vivre, de vin, de vaisselle, des armes & tous le reste.
La frégate, dégréée & démâtée – il ne lui restait que les bas-mâts - fut couchée sur un flanc qu'on gratta puis sur l'autre.

La frégate à nouveau à flot & chargée de tout son contenu, Talbot fit part à l'équipage le jour de la Saint Jacques de son intention de quitter ces eaux où le trafic ennemy est trop rare, les proies assez médiocres & le commerce avec les espagnols fort peu lucratif.

Depuis Fort Louis, la frégate devait courir au près, voire même louvoyer où mouiller par temps de bonace. Elle trouva enfin des brises favorables & c'est grand largue où vent portant qu'elle remonta vers les costes de La Louisiane.
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MessageSujet: Re: François Talbot   François Talbot Icon_minitimeLun 19 Aoû 2019 - 13:42

Par 22°30 de latitude septentrionale, lors que la frégate couroit tribord amures par légère brise d'est à perroquet, la vigie de misaine observa un navire de type brigantin à phare carré sur l'horizon par tribord avant & qui couroit vent par le travers, sur amures contraires.
Il fut reconnu  dans l'horloge suivante comme un brick-senau de commerce à l'anglois, & jaugeant une bonne centaine de tonneaux, lequel se rendit à merci après que Goupil avoit envoyé le pavillon fleurdelysé & donné du canon & qu'une quarantaine d'abordeurs à la suite de Michel Roullet le second avoient investi son pont supérieur & son gaillard d'arrière.
Un dogre, y-celui de cette même nation subit trois jours plus tard un sort semblable.

Un incendie, heureusement assez tôt maîtrisé  s'estoit déclaré dans la chambre de veille. Le pilote Enrique Ribèra, ivre à rouler par terre en estoit sans l'ombre d'un doute l'auteur.
Las, dans un accès de folie furieuse - suite inévitable d'une syphilis avancée d'après le chirurgien -   il a voulu brûler toute les cartes après avoir jeté par dessus bord ses instruments de navigation. Aucune carte n'a échappé au désastre soit qu'elles aient été détruites par les ravages du feu soit par l'eau de la pompe de l'avant que Jacques Dumont le bosco a fait armer pour circonscrire le sinistre.

Fou de terreur à la vue de l'incendie qui faisait rage dans son début, un gabier qui croyait le vaisseau déjà perdu corps & biens, poignarda à mort le maistre de navigation avec son couteau de marin.
Après l'incendie, Talbot dut se résoudre à punir cet homme pour ce qu'il avait homicidé par volonté un supérieur. L'assassin a été condamné à cent coups de fouet & y-celui en est mort malgré les onguents & pommades idoines préparés par le chirurgien  Ambrosius van Glass pour ce genre de situation, le fouet étant punition assez commune en mer.

Courte escale à Bilochi où il fut impossible de trouver un pilote local qui veuille bien embarquer, Talbot décida malgré tout de lever l'ancre quoique sans carte ni pilote, à faire du cabotage le long des costes & a ne se fier qu'à ses seules remembrances.

Goupil cap à l'est. Les Costes de La Louisiane juste sur l'horizon bâbord ensuite cap sud-est le long de la péninsule de Floride dont la frégate approchait toutes les quatre horloges pour tenter d'y observer & reconnaître quelque amer.
Enfin, la frégate doubla le Cap Muspu & pénétra au delà des Isles des Martires le Canal de Bahama qu'elle devait traverser. François à l'est du canal fit sonder & plaça une vigie  dans la hune du beaupré pour détecter au plus tôt les haut-fonds du Grand Banc qu'il fallait se résoudre à traverser sinon à augmenter considérablement la route à faire.
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MessageSujet: Re: François Talbot   François Talbot Icon_minitimeDim 25 Aoû 2019 - 17:14

Goupil fit escale à l'Isle Andross pour avitailler.
A la grande stupeur de l'écrivain du bord mais aussi de François Talbot, ce petit comptoir acheta toute la cargaison offrant des sommes extravagantes. Les balles de coton, acheté 27 piastres chacune furent négociées cent vingt cinq & les fourrures à 124 piastres trouvèrent acheteur à 242 !
C'est au point que Talbot envisagea sérieusement, avant d'y renoncer pour moult raisons, de retourner à La Louisiane pour emplir les cales de la frégate de coton & de fourrures.

Au delà du Tropique du Cancer, sur le Grand Banc de Bahama & juste au sud de l'Isle Eleuthéra, laquelle estoit assez renomméz pour abriter de nombreux brigands & rôdeurs des mers qui se livrent à une pyraterie éhontéz, Goupil fut pris en chasse par un de leurs vaisseaux percé pour plus de trente bouches à feu.
Goupil eut l'heur d'estre fort proche d'un dédale d'ilots dans lequel la frégate se faufila juste avant la nuit & mouilla dans une petite crique abritéz. Les forbans alloient devoir fouiller minutieusement l'archipel pour trouver leur proie mais pour ce faire, attendre le lever du jour car la navigation y estoit fort périlleuse de nuit sur ces  haut-fonds & la patience n'estoit point vertu première des bandits des mers.
Au matin, Talbot fit débarquer un guet qui grimpa jusqu'au sommet d'une petite éminence surplombant la mer & les îlots proches pour observer alentour. Il revint annonçant n'avoir vu aucune voile d'un horizon à l'autre. Goupil remonta ses câbles & établit ses voiles.

Deux jours plus tard, on observa & reconnu l'Isle Macaray nom sinistre pour François qui perdit au large d'y-celle un navire. La frégate vira sud-est vers le Cap Maisy. Dès lors, le voyage dans les eaux connues du Passage du vent & de la mer des Caraïbes se déroula sans heurt jusqu'à ce que la frégate mouille après un atterrissage parfait devant Rio de la Hacha son port d'attache.

Le bruit avait couru dès l'aube du port jusqu'à la ville haute que la frégate avait doublé les promontoires ouvrant la baie aussi,  quand François accosta le quai avec sa gigue, le juge Louis-Marie Dervieux, armateur de Goupil s'y trouvait aussi en bel équipage à quatre chevaux.
A peine les salutations échangées, le juge Dervieux fit savoir sans aucun ménagement que Goupil allait être désarmé & vendu puis d'un salut désinvolte de sa canne à pommeau d'or il monta dans sa voiture & disparut.

L'affaire fut traitée tambour battant, le sieur Louis-Marie Dervieux étant juge au tribunal de commerce. Le coffre de Goupil contenait cent trente cinq milles cinq cent piastres lesquelles furent déposée le jour même à la chambre des notaires de la ville.
Dans le mois qui suivit, la frégate fut vendue soixante six mille six cent piastres, les canons onze mille six cent trente quatre soit une valeur totale de 78634 piastres.
Avec le coffre déposé en les mains du sieur Pierre Anne Duplouy greffier-notaire. C'estoit donc un solde de campagne de 214134 piastres où  642402 livres tournoi.
De ce compte de campagne, il falloit cependant soustraire1/8 pour le Roy, 1/8 au capitaine du navire
1/8 encore pour les officiers & bas officiers du bord enfin, 1/8 huitième pour l'équipage.
Les actionnaires se partageoient les 4/8 restant soit 320 600 livres tournoi pour une mise hors de 270000 livres. La campagne estoit sans perte mais fort peu rentable. Ceci expliquant sans doute les façons de faire du juge Dervieux qui estoit l'actionnaire principal.

Le 1/8 de part de François comme capitaine lui rapportait 26716 piastres & ses 2 actions 2137 piastres soit pour toute la campagne 28853 piastres, un peu mieux que 86500 livres tournoi pour 3 mois de campagne sachant qu'un officier du Roy capitaine de frégate ne perçoit que 4500 livres (1500 piastres) de pension pour la même période (*)

(*)
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MessageSujet: Re: François Talbot   François Talbot Icon_minitimeSam 2 Nov 2019 - 16:46

Fort Royal de Basse-Terre, 21 Octobre de l'An de grâce 1719.

Avec la légère brise de terre qui se lève avec l'aube, la flûte Triton, lors même qu'elle ne porte que la moitié de son artillerie - faute en est à la cassette du bord qui est vide quand bien même la flûte ne soit chargée que de peu de fret & de surcroît de faible valeur - sort de la Baye Mahaut sous hunier de misaine, ourse & perroquet de fougue.
Le soleil n'est qu'à une main au dessus de l'horizon oriental quand la brise se meure & que s'installe la bonace.
Triton encalminée mouille son ancre tribord entre l'Ilet à cochon & le Fort Fleur d’Épée pour ne point être drossé à la coste. Le commandant du fort envoie deux chaloupes chargées d'hommes pour remorquer la flûte si l'ancre venait à chasser, les fonds étant de mauvaises tenues & les courants violents dans ce passage.

En fin d'après-midi, un léger souffle ride la surface de l'eau. Très faible  risée de nord est, qui plus est irrégulière cependant François, après avis du maître de navigation Ghislain Lebas, décide de sortir de cette situation périlleuse. Il fait remonter le câble & de mettre sous voiles.
On fait moult embrassades aux patrons des chaloupes qui se tenaient à couple & prêt à intervenir & on offre à chacun un cade de vin (2 pintes soit 1,861 litre)  & pour les équipages une velte à se partager ( 8 pintes soit 7,62 litres). Talbot remet aussi à l'un des patrons de chaloupe  une dame-jeanne d'une velte (8 pintes) de genièvre – prise sur un batave - & destiné au lieutenant de vaisseau d'Armois qui commande le Fort Fleur d’Épée.  
Au petit jour le lendemain matin, la flûte reste de nouveau encalminée à une lieüe ouest de l'Isle de Montserrat qui est aux anglois. Triton a l'heur qu'aucun des vaisseaux du roi Georges n'y soit où de ses corsaires & n'en sorte pour tenter d'arraisonner la flûte.
Le même soir, une grosse frégate est observée sur l'horizon nord-est & reconnu comme hollandoise. Une belle brise à huniers d'est se lève dans le même temps & Triton vent portant avec bonnettes hautes & basses, en  profite pour se fondre dans dans une obscurité fort bienvenue.

Sainte Croix, Baye de la Pointe Baptiste où est établie une forte batterie. Triton s'y est mis à l'abri une frégate batave croisant au large. Elle est, deux horloges avant la méridienne, rejointe par une consœur et se ne sont en jugent Talbot & Michel Roullet le second ni l'une ni l'autre celle observée au large de l'Isle Montserrat laquelle était plus grosse.
La division de frégate fait route au sud-ouest & François décide donc de mettre le cap sur San Juan de Porto Rico qui se trouve au nord-ouest.
Comme Triton doublait le  Cayo Diablo à l'extrémité orientale de Porto Rico,  la vigie du grand hunier signale la grosse frégate - formellement reconnue par plusieurs observateurs à bord - dans le nord-est & Triton court sous un bel étalage de voiles se mettre à l'abri des formidables batteries du Castillo San Felipe del Morro.
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MessageSujet: Re: François Talbot   François Talbot Icon_minitimeDim 10 Nov 2019 - 10:52

Aux dires de plusieurs patrons de pêche espagnols sortis tôt le matin & questionnés à leur retour au port, pendant qu'on achetait leur pêche, la frégate ennemy croiserait juste derrière  l'horizon septentrional.
Le capitaine Talbot décide néanmoins comme prévu d'appareiller au lever du jour prochain & demande à son lieutenant, Michel Roullet de trouver un patron possédant un rapide traversier & qui accepte contre quelques livres tournoi d'éclairer la flûte. On fait donc les préparatifs pendant que le maître Gislain Lebas calcule la route à suivre. Triton  fera de l'est pour peu que les vents ne refusent point, ce jusqu'à doubler le Caye du Diable puis elle devra virer plein sud.

Ainsi fait. Le vent, où plutôt les vents, sans contrarier jamais furent assez raisonnables dans leurs directions & leurs forces & la flûte mouilla sur une ancre par cinq brasses sur fond de bonne tenue à une encablure sous le vent de l'lsle Viéquès pour y passer la nuit.

Le lendemain, on fait route E.S.E. par légère brise d'est. Le capitaine Talbot, puisque les corsaires bataves croisaient si nombreux dans ces eaux,  fit doubler les vigies & demanda qu'elles fussent relevées à chaque demi horloge.

Navigation tranquille.
Au changement de quart de huit heure, on observa droit devant une coste dans le S.E. qui fut formellement reconnue deux horloges plus tardcomme l'Isle de la Martinique.
L'Isle de la Dominique gîsant par la hanche bâbord, Talbot fit virer pour franchir le canal du même nom dans l'intention d'aller s'en prendre au trafic anglois assez important pensait-il aux atterrages de l'Isle de la Barbade.
Le vent refusa. Le Cap Tourmente gisant à moins d'une lieüe sur tribord avant, on mouilla par  dix huit brasses.
Depuis l'aube, Triton courait sous huniers, bâbord amures par légère brise de nord-est. Le capitaine avait décidé d'établir sa croisière devant Saint Michel de l'Isle de la Barbade où les anglois y ont un établissement.
Triton est descendu jusqu'à la latitude de l'Isle de Nieuw Walcheren mais sans croiser aucun navire.
Le capitaine Talbot décide un coup d'audace. De nuit, la flûte sous pavillon hollandois & le branle-bas fait s'introduit dans la Baye de Courlande & y surprend au mouillage pas moins de onze navires de commerce d'une centaine de tonneaux. Las, il y a aussi trois corsaires de six à huit petites pièces de canons  & l'on doit mouiller dans une anse discrète jusqu'à la nuit où la flûte rejoint la mer libre à la faveur de l'obscurité..
Route au sud. On observe & l'on reconnaît Isle de la Trinité qu'on double par l'est. On observe deux jours plus tard mordant l'horizon sud-ouest les costes de la terre ferme.
Triton fait escale à San Tomé dans l'embouchure de la Rivière du Paria qui compte de très nombreux bras de mer au milieu d'une multitude de bancs de sable. A cause de la guerre, les autorités de la colonie espagnole ont retiré les piquets qui jalonnaient le chenal & sans un pilote du port, les risques de s'échouer sont énormes même en sondant.
C'est une colonie assez misérable environnée de marais. Leurs miasmes y apportent les fièvres. Le capitaine parvient à y vendre toute la cargaison de pierres de taille ainsi que nos cinq muids (1 muid = 274 litres) de cognac & nos dix balles d'écorce de quinquina.
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MessageSujet: Re: François Talbot   François Talbot Icon_minitimeJeu 5 Déc 2019 - 17:08

La flûte Triton appareilla sur lest le 5 de San Tomé par vents variables de N.O.
Aussitôt qu'elle fut en eaux libres, elle fit route S.E. en longeant la coste de la Terre Ferme qui restait visible à 2 où 3 lieues par tribord.
Le 6, le vent refusa & il fallu tirer des bords.

Le 8, la bonace contraignit le capitaine à prendre mouillage par 26 brasses sur fond de vase, l'embouchure de la Rivière Pomerou visible à 2 lieues par le travers tribord.

Le 10 au point du jour & succédant au calme plat - on avait sorti pour capter le moindre souffle d'air, voiles basses & huniers - un violent & bref coup de vent fait éclater notre perroquet de fougue & notre petit hunier. Nous eûmes l'heur que les courants avaient placé la flûte au vent arrière du coup de tabac sinon Triton, tout sabords ouvert pour aérer l'entrepont & le prenant par le travers, aurait certainement été engagé.
On dut enverguer des voiles de rechange avant de pouvoir faire route à nouveau en fin de journée.

Le jour de la Saint Martin soit le 11 Novembre, juste avant le second quart de l'après midi, on observe un trois mâts grée latin par le travers bâbord à 3 où 4 lieues & faisant route au N.O. Il est reconnu pour être un corsaire d'Espagne. Le capitaine fait régler les voiles pour rencontrer. Il est commandé par M. Lafayette qui nous demande si nous avons aperçu des navires ennemy depuis notre départ & nous propose de nous faire escorte.
Le Capitaine Talbot l'informe qu'aucune voile n'a été aperçu depuis notre appareillage de San Tomé & le remercie de sa proposition mais Triton est assez bien armé pour se défendre voire même pour se montrer offensif assez.

On prend quelques jours plus tard un petit senau de Zélande. Quelques marchandises sans grande valeur hormis un rouleau de 10 aunes de Paris (18 m) de satin des Indes Orientales furent transportées à notre bord ainsi que les vivres & tout ce qui pouvait servir à Triton avant qu'on ne coula la prise en crevant ses fonds.
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