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 Où un forban reprend ses répréhensibles activités.

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Bertrick
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MessageSujet: Re: Où un forban reprend ses répréhensibles activités.   Mar 18 Déc 2012 - 20:20

A l’issue de ces deux jours de fols libations et autres excès, la compagnie embarqua à bord de « La Créole ».
Tous étaient présents à l’heure dîtes, peu, il est vrai, en état d’accomplir une quelconque tâche à bord. la corvette parvint néanmoins à larguer ses aussières et à se déhaler au milieu du port où elle mouilla..
Elle remonta ses câbles quelques heures plus tard et sortit de Port Morgan sous huniers.
Le capitaine la dirigea dans une petite anse discrète située quelques milles à l’Est. Il était convenu que « Gitana » devait l’y rejoindre. Ce fut chose faîtes au soir.

Le lendemain, les deux corvettes firent voiles, cap S.E. « au près », tribord amures, sous huniers & perroquets brassés en pointe, par petite brise d’E. & mer belle.

C’était une joie pour le capitaine Bertrick d’admirer sa corvette depuis la dunette et de pouvoir la contempler aussi « de l’extérieur » en regardant « Gitana » sa sœur jumelle.

« La Créole » se révélait très saine. Peu de dérive, facile à gouverner & sèche dans ses fonds. Voilà qui faisait moins regretter à Bertrick sa chère « Princesse ». D’autant moins de regrets lorsque du regard, il balayait le pont où s’alignaient les dix huit pièces de six où lorsque les pièces de chasse en cuivre du gaillard avant, étincelaient au soleil.
C’est que les hommes de pont affectionnaient ces deux longs canons. Ils les briquaient chaque matin pour les rendre aussi brillants que les doublons d’or qu’ils n’avaient plus dans leurs bourses.

Les deux conserves vinrent bord à bord, brasseyèrent petit hunier et perroquet de fougue « à contre », barre dessous, pour mettre en panne.
La gigue de « La Créole » fut mise à l’eau & l’équipe de nage parcourue les vingt brasses (36m) avec toute la célérité qu’exigeait le patron de canot de Bertrick.
A bord de « Gitana » les deux capitaines convinrent de leur prochaine destination et de la route à suivre.
Après quelques heures passées à boire & à déguster quelques mignardises avec Francisco, Bertrick rejoignit son bord.

- Faîtes servir ! » ordonna t-il dès qu’il eut franchi la coupée.
Lof bordé, barre à zéro, « La Créole » reprit lentement de l’aire. L’un derrière l’autre, à une encablure de distance, les deux navires firent route.
Moins d’une demi ampoulette plus tard, « Gitana », qui tenait la tête, tira du canon de chasse « sous le vent » - signal dont les capitaines étaient convenus - puis, elle vira.

- Monsieur Hyppolite, nous allons virer de bord à la suite.
- Vent devant ? … Bien Capitaine !

Le maître saisit son porte-voix.

- Holà le monde ! Paré à virer ; envoyez ; choquez la civadière ; bordez la brigantine ; la barre dessous … en douceur ; aux bras de devant … devant changez ; aux bras de derrière … derrière changez ; bordez la civadière ; choquez la brigantine … zéro la barre. Bras et boulines partout … Tournez … Amarrez !*

Lentement, la corvette entra dans le vent, hésita un instant, ralingue de chute au vent du grand hunier, fasseyante. Elle franchit enfin le lit du vent et s’établie gracieusement sur son nouveau cap à la suite de « Gitana » deux encablures devant.
Le capitaine Bertrick était heureux, « la Créole » n’avait pas « manquée à virer » devant témoins.

Jolie brise N.O. mer belle. Au lever du jour, les vigies des deux corvettes aperçurent à l’horizon de nombreuses voiles. A n’en pas douter les navires forbans qui étaient au port & qui leur donnaient la chasse. Courant sur leur nouveau cap, les deux corvettes passèrent derrière l’horizon.
Elles virèrent encore dans la matinée, espérant ainsi semer leurs poursuivants.
Las ! Peu après la méridienne, les vigies signalèrent une frégate à quatre lieues. Les corvettes coururent pour passer à nouveau sous l’horizon.

* Ordres authentiques pour virer vent devant.
En cas d’échec, il faut recommencer mais, sous le vent d’une côte, ce n’est pas toujours faisable. La marine se souvient encore du 74 « Golymin » qui manqua à virer alors qu’il louvoyait dans le goulet de Brest et s’échoua sur la roche Mengam le 23 Mars 1814
(voir très beau dessein d’ Ozanne).
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Bertrick
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MessageSujet: Re: Où un forban reprend ses répréhensibles activités.   Sam 22 Déc 2012 - 14:48

21 Décembre. Ancré dans une petite anse de la presqu’île de Port Royal.
Notre canot, armé d’une couple d’hommes feignant de pêcher, s’est approché du port anglais proche. Trois hollandais, deux frégates et une corvette ainsi qu’ un senau anglais armé en course s’y trouvent. Une autre frégate et un chebec sont dans la rade, hollandais tout deux.
Le lendemain, nos faux pêcheurs partis à nouveau inspecter le port, reviennent à la corvette faisant force de rame. Le capitaine fut prévenu de ce retour en hâte par la vigie. Il attendit avec impatience sur la dunette.
Hyppolite barrait le canot. A peine accosté, il embarqua et se précipita auprès de Bertrick.
- Capitaine ! Le senau Anglais est sorti du port. Il est à l’ancre dans la rade. Il va sans doute sortir en mer bientôt.
- Suit moi. Qu’on prévienne Zacharie ! Qu’il nous rejoigne immédiatement dans la grand chambre.

Quand Zacharie eut rejoint, Bertrick exposa à ses deux lieutenants son intention.
- Nous allons effectuer un coup de main sur le senau anglais pendant qu’il est dans la rade. A la barbe de ces gros marchands bataves ventrus. Il faudra agir avec rapidité. Nous allons sortir de notre cache. Nous avons une bonne brise d’E. avec une mer agitée mais dans la rade se dernier point ne jouera pas. Voyez la carte ; nous sommes plein S. du port. Pour contourner la presqu’île où nous sommes jusqu’à la rade, il y a deux milles à courir au grand largue puis vent de travers. Vent de travers aussi pour revenir et au près pour nous cacher à nouveau. Nous établirons l’ourse , la civadière et son hunier pour être le plus manœuvrant possible, huniers et perroquets d’artimon. Il doit avoir quatre vingt hommes à son bord. Zacharie, trois bordées ! Appliquez vous nous n’aurons pas le temps d’en faire plus. Dès votre troisième tirs, je passe à l’abordage. Hyppolite, Immédiatement après notre retour à bord, faîtes couper les grappins et ramenez nous ici au plus vite.
Quelques détails furent discutés puis les ordres fusèrent. « La Créole » s’activa promptement mais avec efficacité.
La corvette surgit dans la rade, vira très court devant le chebec, au risque de se prendre sans ses câbles, longea la frégate et se glissa le long du flanc bâbord du senau.
En limite de portée, pour de la mitraille, Zacharie envoya une bordée.
Hélas, elle ne fit qu’effleurer le pont du senau. Peu de dégâts sur l’anglais. Les canonniers rechargèrent leurs pièces avec une belle célérité puis coururent aux pièces tribord. Hyppolite fit lofer en grand. La corvette pivota sur son axe et revint sur le même bord du senau presque à toucher cette fois. Sur l’anglais, précipitation, affolement, flots de jurons, d’un équipage non préparé à cette attaque …
Dans leur port et au milieu d’une flotte alliée !
La bordée cette fois toucha, balayant le pont d’une grêle de mitraille meurtrière.
Hyppolite, juste avant cette seconde bordée, fit brasseyer le grand hunier « à contre ». La corvette perdit son aire se maintint à hauteur du senau.
La troisième et, comme convenu la dernière bordée, toucha de plein fouet !
Hyppolite, fit tourner follement la roue du gouvernail et amena les deux navires bord contre bord. Un craquement de bois quand les bordés prirent contact.
- Lancez les grappins !
Du pont, les grappins fusèrent. Des hunes, un feu de mousqueterie les accompagna. Les grappins furent raidis en hâte.
- A l’abordage !
Capitaine en tête, une centaine d’hommes passa sur le pont du senau. Le combat fut sanglant mais bref.

Quelques minutes de pillage individuel, le temps pour Bertrick de se précipiter dans la cabine du vaincu, de s’emparer des cartes, de quelques instruments de navigation et du coffre du capitaine.
Sur les navires hollandais proches, des ordres étaient aboyés, des hommes couraient partout. Des sabords commençaient à s’ouvrir.
- A bord ! Holà ! Tout le monde à bord vivement !
- Coupez les grappins !

Dès que le capitaine eut enjambé le pont de « La Créole » il commanda à Hyppolite.
- Faîtes servir !
Grand hunier brassé, barre à zéro, la corvette se détacha lentement du senau dans le craquement du bois soulagé de la pression. Quelques hommes, les bras encombrés de butin, durent faire un bon entre les deux navires pour embarquer.
De retour dans la petite anse, Bertrick fit le point des pertes. Il manquaient 18 hommes, tués, blessés oubliés, où pillards n’ayant pas rejoint « La Créole » avant qu’elle ne s’écarte.
Le canot fut remis à l’eau et les « pêcheurs » partir pour une nouvelle reconnaissance. Ils revinrent à la corvette rapidement. Une des frégates hollandaises était sortie de la rade à la recherche de "La Créole".
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MessageSujet: Re: Où un forban reprend ses répréhensibles activités.   Ven 28 Déc 2012 - 13:43

Le matin suivant, le canot sortit de nouveau. Dans le port, les deux navires hollandais les plus rapides, le chebec et la corvette, avaient disparu. Le capitaine envoya son canot au large, à une lieue au Sud.
Sage décision !
Les deux Bataves étaient embusqués deux lieues à l’Est, hors de vue depuis Port Royal. Fort de ce renseignement, Bertrick comprit que sortir, impliquerait de mettre cap à l’Est, avec des vents souvent contraires. En outre, une frégate hollandaise, partit quelques jours plus tôt, pouvait très bien l’attendre entre le banc de récifs et Navassa Island. Quitter le mouillage ne serait donc pas sans risques.

A la tombée du jour, « La Créole » remonta ses ancres, cap à l’Est par jolie brise de N.E. & mer peu agitée.
Le grand banc de récifs & les vents contraires, incitèrent le capitaine Bertrick à mettre son navire au mouillage pour la nuit près de la côte O. de Navassa Island où aucun navire hollandais ne l’y attendait.

Un petit groupe ayant débarqué pour pêcher & chasser eu la surprise de rencontrer quelques membres de l’équipage de la corvette du capitaine Francisco el Magnifico, ancrée de l’autre côté de l’îlot.

« Gitana » à levé l’ancre la première. Francisco avait fixé rendez-vous à « La Créole » quelques lieues plus au N. à Bahia Guantanamo. Bertrick l’y rejoignit dans l’après midi. Ils y passèrent la nuit de Noël.
Le lendemain à la mi-journée, par petite brise O. & mer belle, les deux navires remontèrent leurs câbles puis mirent le cap à l’Est. Le vent contraire obligea les deux capitaines à jeter l’ancre près de Port de Paix.
Dès le lendemain, « La Créole » traversa le canal de La Tortue où Bertrick vendit dans le repaire Pirate les seize pièces de 4 livres de la frégate « Princesse » qu’il avait conservé en cale. Il ne s’attarda pas plus qu’il n’était nécessaire & appareilla.
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Bertrick
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MessageSujet: Re: Où un forban reprend ses répréhensibles activités.   Lun 31 Déc 2012 - 16:48

Une petite île étroite, tout en longueur, orientée Nord Sud.
Sur le façade Ouest, se trouve le comptoir anglais. Un seul navire, un dogre arborant le « Joly Roger », est accosté le long de l’appontement en bois.
De l’autre côté de l’île, dans une baie profonde « La créole » est affourchée, sa batterie bâbord battant l’étroite passe d’accès. « Gitana » est accolée sur tribord. Une passerelle relie les deux bâtiments.
Dans la grand chambre de « La Créole » les capitaines Francisco et Bertrick, boujaron de rhum à la main, se penchent sur une carte étalée sur la table.

- C’est une bonne idée Bertie, j’avais oublié ce détail.
- Vas y ! « La Créole » à besoin qu'on refasse les liures de beaupré. Cela ne se peut que lorsque nous sommes à l’ancre.


La journée était fort avancée quand « Gitana » rentra la passerelle, largua ses aussières et sortit de la baie sous huniers.
Le lendemain, après la méridienne, « La créole » remonta ses câbles et sortit à son tour de la baie, cap N.O. par grand frais d’Est & mer forte.

Au vent arrière, sous voilure aisée, la corvette s’approcha de l’île Mayaguana. Elle la longea jusqu’à sa pointe N.O. celle-ci était constituée d'une barrière corallienne de plus d’un mille de long.
« La Créole » longea le récif, lofa et, cap E.S.E. entra dans la baie. Elle mouilla à moins d’une encablure d’un lieu appelé Pirate Well Pond.

- Monsieur Hyppolite, qu'on mettre à l’eau le petit canot. Désignez trois hommes pour l’armer. Choisissez les parmi les moins utiles à la manœuvre où aux canons.

- Les moins utiles … ? A vos ordres Capitaine !

- Dîtes leur que c’est moi qui prendrai la barre. Nous irons faire une petite expédition à terre. Départ quand tintera le premier quart de nuit.

- Bien Capitaine ! Quelles armes ?

- Juste leurs coutelas. Il n’y a pas que je saches, de sauvage ni de fauve ici. Dîtes le leur !


Juste comme tintaient les double coups du premier quart de nuit, le canot déborda. Les hommes se tenaient coit, du fait que le capitaine lui même dirigeait l’embarcation. Pourtant, les questions ne leurs manquaient pas. Où va t-on de nuit, si peu nombreux et sans armes à feu ? Que contenaient les trois gros sacs de toile à voile renforcés de cuir qu’ils apercevaient sous les bancs de nage ?
Le canot s‘échoua bientôt sur la grève. Ils débarquèrent, le tirèrent au delà de la ligne de marée.

- Vous devez vous poser des questions compagnons. Je vais vous expliquer ce que j’attend de vous. Monsieur Hyppolite m’a dit que vous étiez les trois en qui nous pouvions avoir le plus confiance parmi tout l’équipage.

Le trio se jeta des oeillades en se rengorgeant.

- Les sacs contiennent les parts de prise de la compagnie. On ne peut prendre le risque de les garder à bord, des fois qu’une « fortune de mer » nous soit défavorable. Nous allons donc enterrer notre magot. Il y a deux pelles et une pioche dans le coffre arrière du canot. Prenez les. Je vous ai choisi pour que vous soyez témoins au nom de l’équipage et, pour le cas où il m’arriverait malheur, que quelqu’un ; Vous ! Soyez capable de récupérer le butin quand la compagnie sera dissoute et que viendra le temps du partage. Allons compagnons ! J’ai étudié la carte, suivez moi.

Les hommes prirent les outils et les sacs d’or et emboîtèrent le pas à leur capitaine. Sur leur droite, au sud ouest, se trouvait une habitation de quelques dizaines d’âmes. Il ne pouvait être question d’aller par là.
Sur leur gauche, une falaise formait un arc de cercle partant en pente douce et s’élevant jusqu’à une centaine de pieds en allant vers le nord ouest. Ils montèrent jusqu’à parvenir à l’extrémité qui surplombait la barrière de récifs.
Ils se rendirent jusqu’à la pointe.

- Souvenez vous bien compagnons ! A partir d’ici, la côte part vers le sud-est jusqu’à Little Bay. Nous allons la suivre jusqu’à l’amorce d’une autre falaise en arc de cercle du nord au sud. Elle épouse la forme de la baie où nous sommes ancrés. Nous attendrons le matin car il nous faut apercevoir la pointe sud de la baie. J’ai apporté une boussole. Nous enterrerons nos piastres juste à l’endroit où cette pointe sera exactement Sud- Ouest de nous.

Ils reprirent leur progression dans la nuit, à la lueur de la lune. Moins d’un mille plus avant, ils aperçurent le contrefort de la falaise.

- Halte compagnons ! Nous allons attendre ici le lever du jour. Tenez j’ai apporté du rhum.

Bertrick sortit deux bouteilles de son havresac et les leurs tendit.

- Ho merci Capitaine ! » dirent-ils avec un ensemble presque touchant.
Ils burent. Le capitaine fit mine d’en boire aussi une bonne rasade quand la première bouteille eut fait le tour complet.

- Allez y compagnons ! Je vous laisse boire le reste. Après quoi, essayez de dormir. Il va falloir patienter encore plusieurs heures avant que le jour ne permette de voir l’autre côté de la baie. Je vais faire un petit tour de reconnaissance. N’ayez crainte pour moi. Ici, il n’y a aucun danger.
Bertrick s’éloigna un peu puis s’assis. Il patienta longtemps.

Peu avant l’aurore, il sortit les deux pistolets qu’il portait sous sa tunique, en vérifia les amorces, les passa dans sa ceinture. Il revint vers les hommes avec moult précautions. Ils étaient tout trois allongés sur le sol, l’un ronflait bruyamment.
A moins de deux yards du groupe, il dégaina son poignard. Il bondit, s’écrasa de tout son poids sur le plus proche, lui trancha la gorge. Le borborygme réveilla les deux autres.
Trop tard !
La lame plongea dans la poitrine du second, une balle fracassa la tête du ronfleur.
Bertrick vérifia que tout trois étaient bien mort. Il essuya la lame de son coutelas sur le vêtement de l’un des cadavres.
Au jour naissant, il sortit sa boussole, fit le relèvement de la pointe sud de la baie, marqua sa position avec une pierre, vérifia à nouveau son relèvement.

Il passa une couple d’heure à creuser le sol, déposa les sacs au fond du trou, y jeta les trois corps pantelants et ensevelit le tout. Un dernier coup d’œil. Un coin de terre fraîchement remuée mais très vite il n’y paraîtrait plus, rien d’autre. En chantonnant, il revint au canot.
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Bertrick
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MessageSujet: Re: Où un forban reprend ses répréhensibles activités.   Ven 4 Jan 2013 - 13:22

Allure au près, cap Sud Est par bonne brise de S.E. & mer agitée. Ourse sur l’artimon, voile d’étai de grand mât et de misaine, et sur le beaupré, grand foc, petit foc, clinfoc*.
Ces quatre dernières voiles était pour « La Créole » une nouveauté. Depuis sa dernière escale, elle ne portait plus sur son mât de beaupré ces voiles carrées qu’étaient la civadière et son hunier. Les nouvelles voiles latines de l’avant, permettaient de bien mieux remonter au vent. C’était justement le cas ce jour et le capitaine et ses officiers étaient rassemblés sur la dunette. Ils appréciaient et commentaient ce progrès.

- Non seulement nous serrons le vent de beaucoup plus près mais en outre, nous avons une bien meilleure vue vers l’avant depuis la dunette.
- Sans compter que sans le mât de hune de civadière, le beaupré est bien moins fragile.
- En revanche, la hune de beaupré était bien pratique pour lancer la sonde où pour pouvoir guider le timonier dans un chenal étroit et sinueux.
- Vous pourrez toujours vous tenir dans le filet mon cher.
- Bien sûr ! Pour le guidage tout au moins, mais il est bien plus près de l’eau. Il sera moins aisé d’anticiper. Quand a y lancer le plomb de sonde …
- J’en conviens. Il faudra sonder depuis la herse où depuis les bossoirs d’ancre.
- Et pour guider, il vous faudra monter en bout de vergue de misaine … Ha mais j’oubliais. Vous souffrez du vertige !
- Le vertige ! Moi ? Espèce de ….
- Allons messieurs ! Avancez plutôt jusqu’au carré. J’ai fais préparer du punch pour fêter cette nouvelle garde robe.
- Ha ha ha ! la garde robe de la créole ! Ha ha ha ! Personnellement, je préfère quand elle n’en a pas !
- Comment ? « La Créole » sans voile aucune ?
- Mais non mon ami ! Je pensais aux femmes créoles … nues !
- Heu …. Pas toutes alors. Par pitié ! Ha ha ha ha.


Ils se dirigèrent joyeusement vers le carré.



* Cette nouveauté date de la fin du règne de Louis XIV.
Sur les vaisseaux de guerre, le beaupré portait une quatrième voile latine ; la trinquette.
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MessageSujet: Re: Où un forban reprend ses répréhensibles activités.   Lun 7 Jan 2013 - 19:39

4 Janvier 1713

A bord de « La Créole » Au près, cap Sud Est par Jolie brise d’E. mer belle.
La veille au soir, le capitaine Francisco a signalé une grande flûte hollandaise à 4 lieues un peu au Sud de l’Est, cap au Sud.
Au matin, nous nous établissons sur un cap d’interception. Lors de l’approche de cette flûte de près de mille tonneaux, nous découvrons une frégate Pirate à 3 lieues dans le Nord Est du Batave.
Faisant fi de cette frégate inconnue, nous approchons la flûte. Celle-ci lofe cap N.O. pour fuir.
« La Créole » la prend en chasse et parvient à l’approcher assez pour ouvrir le feu. Elle lui envoie 5 bordées à mitraille qui touchent toutes au grand plaisir de Zacharie notre Maître canonnier.
Francisco a manœuvré pour approcher la flûte sur l’autre bord. Il réussi à crocher dedans & passe à l’abordage. Las ! Les Gitanas sont repoussés. Après avoir réorganisé son monde, Francisco investit à nouveau le pont de la flûte. Cette fois avec succès ! Les hollandais se rendent à merci. Ils ne sont plus que vingt neuf sur les cent vingt que comptait l’ »Amsterdam » !
La compagnie du capitaine Francisco à perdu vingt et un des siens.

Francisco se porte à bord de « La Créole » pour informer Bertrick qu’il y a 21000 piastres de butins. La cargaison de viande boucanée n’a pas été récupérée. Francisco ne tente pas non plus de terrir la prise. Il est vrai que nous sommes trop loin des côtes. Un équipage de prise, forcément important pour une tel navire, risque de faire mortellement défaut par la suite. Décision est prise d’incendier la flûte.

Quand à la frégate Pirate, elle a disparu.

- Son capitaine a détourné les yeux d’un air faussement outré ! Gloussa Bertrick à l’intention de son maître d’équipage.
- Je pense surtout qu’il a été fort marri qu’on lui souffle ainsi une proie, capitaine.

Dans la nuit, « Gitana » laisse porter, laissant « La Créole » seule. Au petit matin, cap Sud Est. Bertrick met son navire au mouillage en fin de journée, près de Prune Island dans l’archipel assez proche.
Un dogre Hollandais y entre dans la journée et la corvette file ses câbles par le bout et l’attaque.
Elle s’en empare sans difficulté – la compagnie n’a perdu aucun homme - sans même permettre à Zacharie de pouvoir utiliser ses « bébés ».
Le dogre ne porte aucune cargaison mais … Ho surprise, le coffre du capitaine recèle un butin de cent dix milles piastres !
Beuverie, rires & chants à bord de « La Créole » toute la nuit et le jour suivant.
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Francisco el Magnifico
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MessageSujet: Re: Où un forban reprend ses répréhensibles activités.   Lun 7 Jan 2013 - 21:21

De nombreux membres de l'équipage de Bertie le surnommaient le capitaine porte bonheur. Certains s'étaient même fait tatouer le portrait de leur capitaine.

La vie de pirate était souvent difficile. Compte tenu de l'espérance de vie très limitée dans le métier, peu de forbans avaient le bonheur de participer à plusieurs opérations lucratives dans leurs courtes carrières.
Les marins de la Créole étaient comblés de ce point de vue et avaient réalisé plusieurs belles prises avec des pertes limitées au cours des dernières semaines.

Il faut dire que Bertrick était un sacré bon navigateur.
Il jouait parfois les rustres, mais Francisco s'interrogeait de plus en plus sur le passé de son ami.
Pour sûr, l'homme avait de la bouteille dans le métier, que ce soit la taverne ou aux commandes de son navire. Mais il semblait à Francisco qu'il n'avait pas pu apprendre tout ce qu'il savait qu'à bord d'un navire. On notait, à le côtoyer un certain temps, que c'était un homme d'une grande culture et d'un certain goût... la panse de brebis farcie étant l'exception qui confirme la règle.

Francisco n'avait pas l'intention d'embarrasser son ami de questions malvenues.
Aujourd'hui, Bertie sentait l'alcool mais fleurait surtout le goût de l'aventure et c'étaient sans doute ces deux points communs qui faisaient d'eux de joyeux camarades.

Gitana et la Créole voguaient bon train, remontant le vent en direction de leur prochain objectif. Ils allaient là où on annonçait du grabuge, sans savoir encore quelle rôle leur y réservait la Providence.
Un gros galion chargé d'une cargaison précieuse. Une proie ? Un appât ? L'occasion de surprendre les conventions ? Après leurs récentes prises fructueuses, les deux capitaines semblaient avant tout résolus à maintenant s'amuser et peut être écrire quelques pages atypiques de leur histoire dans les caraïbes afin de soigner leurs égos et leurs légendes.
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MessageSujet: Re: Où un forban reprend ses répréhensibles activités.   Lun 14 Jan 2013 - 10:51

Colonie Espagnole de San Tomas.

La rumeur concernant le «Galion» avait ici plus d’ampleur que partout ailleurs dans les caraïbes. Il faut dire que quelques jours auparavant, la gabare « Santissima Trinidad » avait appareillé pour rechercher le galion et lui servir d’escorte !
Bertrick et Francisco en avaient ri à chaude gorge.
Une gabare marchande ! Un navire lent, armé de douze « pétoires » de 4 livres et moins de soixante hommes à bord. Comme escorte ! Une seconde proie tout au plus !
D’autant qu’avec la rumeur, les ennemis de l’Espagne, hollandais et anglais, allaient se précipiter. Sans compter tout les forbans.
Francisco était Espagnol. Il jouissait donc d'un réseau de correspondants dans toutes les possessions de ce royaume. Il les activa pour proposer ses services par pur "Esprit d’aventure".

Bertrick, lui, était Hollandais, de souche anglaise. Il s’exclue bien évidemment de cette entreprise. Il décida néanmoins - sans s'en ouvrir à son ami - de le suivre de loin, prêt à lui venir en aide si besoins étaient.
Les deux compères appareillèrent donc séparément.

Delta du Rio Orinoco.

« La Créole » était ancrée dans les eaux boueuses et peu profondes du delta. Un tau avait été tendu au dessus du gaillard arrière. Si les hommes du quart de mouillage étaient ainsi abrité des ardeurs du soleil, rien ne les protégeaient de la moiteur malsaine de l’air. Et que dire des conditions des vigies dans les hunes ?
Celles-ci, pourtant, veillaient et ne perdaient pas des yeux la corvette du capitaine Francisco el Magnifico, au large, trois lieues dans l’Est.
Elles alertèrent le capitaine. Un chebec, arrivant du S.E. venait de fondre sur « Gitana ». Bertrick se hissa dans la hune de misaine avec sa longue vue. Le chebec, un Pirate, appartenait à une confrérie honnie ; Hermanos de la Costa ! Cette confrérie à qui il devait la perte de son premier navire, le chebec "Iznogoud" et plus tard d'un misérable dogre baptisé bien mal à propos ;"Espoir".
Tous, à bord de « La Créole » perçurent nettement le son du canon & virent les deux navires s’environner de l’épaisse fumée bleutée des bordées.

- En haut le monde ! Paré à appareiller !
- Hyppolite ! Frappez une bouée sur l’aussière et laissez filer le câble par le bout.


Extrême effervescence sur le pont et dans le gréement. Leurs amis de « Gitana XII » étaient attaqués !

- Cap Est pour prêter main forte aux Gitanas !

« La Créole » surgit de l’embouchure du rio. Par très légère brise de Sud Ouest & mer à peine ridée, ses voiles éclorent sur toutes ses vergues.
Bertrick, revenu sur la dunette, gardait son télescope braqué sur le navire de son ami.
Une autre corvette, jusque là masquée par la côte vint se mêler au combat. La canonnade prit de l’ampleur, le nuage de fumée, que la trop légère brise ne dissipait que peu, s’épaissit encore.
Pendant l’approche, une gabare battant Pavillon d’Espagne – sans nul doute « Santissima Trinidad » vint se joindre à la confusion de la mêlée.

- Amenez les perroquets !
- Carguez la misaine !



« La Créole » perdit rapidement de l’aire, entra dans l’épais nuage de poudre brûlée. Entre les volutes, Bertrick saisit de la situation.
« Gitana » à voir son gréement en désordre, venait de subir les tirs du chebec. Celui-ci avait à son tour reçu quelques bordées de l’autre corvette qui s’avéra être celle du capitaine Erwan de Kerloch. Le chebec se faisait à ce moment même canonner par « Santissima Trinidad ».

Bertrick amena « La Créole » à portée du chebec nommé "La Sierra", sur l’autre bord.
Zacharie pu faire donner de la voix à ses bébés. La première bordée ne fit qu’effleurer "La Sierra" mais les quatre suivantes portèrent.
Le chebec parvint à se mettre hors de portée. La gabare et « Noche Caliente » la corvette de Erwan manœuvrèrent pour l’approcher à nouveau.
C’est le moment que choisit le vaisseau marchand, « L’Angélique 3C » battant aussi pavillon Espagnol – le fameux galion de la rumeur - pour se joindre à la partie.
« La Sierra » parvint à s’esquiver à nouveau mais c’est, cette fois-ci, Francisco qui revint à distance de tir et ouvrit le feu à son tour. Sept bordées dont cinq touchèrent.
Bertrick, jugeant du nombre d’hommes que pouvait encore avoir le chebec à son bord, décida de l’aborder.
« La créole » vira et s’approcha.

- Monsieur Hippolyte, distribuez les armes puis amenez nous contre son gaillard avant. Vous autres, préparez les grappins !

Dans un fracas, "La Créole" aborda le chebec entre son bossoir d’ancre bâbord et la cloison de coltis.

- Envoyez les grappins ! Feu à volonté !

Les crochets volèrent par dessus les bastingages et agrippèrent « La Sierra ». Une violente mousquetade partit des deux bords.

- A l’abordage !

En hurlant, quatre vingt rufians se ruèrent sur le pont du chebec. Le corps à corps fut terrible. Les deux équipages en rangs serrés échangeaient coups de piques, de sabres, de haches, de poings même. Les hurlements le partageaient aux grognements, ahanements, borborygmes, le tout à peine couvert par le cliquetis des sabres et les détonations des armes à feu.
Bien retranchés, les Sierras tenaient bon les gaillards de leur navire. Autour de Bertrick, les hommes tombaient et ne progressaient pas.

- En arrière ! Retournez sur « La Créole » !

Reculant pas à pas, sans cesser de faire face, les assaillants revinrent sur la corvette.
La compagnie avait perdu vingt deux des siens. L’équipage du chebec était exsangue après les bordées de mitraille et les quelques quarante hommes tués lors de l’abordage.
Bertrick réorganisa son monde en deux groupes, chacun devant investir, qui le gaillard avant, qui celui d’arrière de « La Sierra ».
Les pistolets, tromblons, mousquets et autres espingoles furent rechargés et Bertrick allait commander un nouvel assaut quand …

Le sourd bruit d’un énorme choc bois contre bois, les craquements d’espars qui se brisent, une gigantesque clameur.
La corvette « Noche Caliente » abordait le chebec par l’autre bord. Son équipage passa rapidement du gaillard d’avant au beaupré emmêlé dans les haubans du grand mât du chebec, jusque sur le pont de ce dernier. La lutte fut féroce mais fort brève.
Erwan de Kerloch était maître de « La Sierra » presque sans coup férir. Au grand dam de Bertrick, il s'emparait d'un très beau butin de 243 000 piastres !
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MessageSujet: Re: Où un forban reprend ses répréhensibles activités.   Mar 15 Jan 2013 - 21:35

Les deux navires de commerce du Vicomte Marco Simoncelli étaient à l’abri à San Tomas.
Pas plus Bertrick que Francisco où qu’Erwan n’avait souhaité les y suivre. Les trois corvettes, après avoir remonté en file indienne le Cano Mayordomo sur un bon quart de mille, avaient jeté l’ancre.
Suffisamment proche de la colonie cependant, pour pouvoir s’y rendre avec les chaloupes, y compléter les équipages & s’y approvisionner en poudre et vivres. Pour l’eau, une aiguade d’un accès aisé se trouvait tout près de leur mouillage.
Les trois compères n’avaient surtout pas souhaité que près de quatre cents cinquante forbans déferlent dans la colonie et la mettent sens dessus dessous.
Le Vicomte eut peut-être alors, changé d’avis quand à son choix d’une aussi encombrante escorte, surtout vis à vis des autorités locales.
D’autant, que les trois équipages n’ignoraient pas que le capitaine Erwan de Kerloch avait déchargé de la « Noche Caliente » un coffre de piastres – butin pris sur le chebec « La Sierra » - et procédé au partage avec les capitaines Bertrick et Francisco el Magnifico.
Octante et un milles piastres pour chacun !
Bien qu’ils ne sussent pas vraiment quoi faire de leurs parts de prise - hormis des ricochets à la surface des eaux glauques du mouillage - tout cet or avait de quoi faire tourner bien des têtes aux équipages.

Le Vicomte n’avait pas été informé de l’importance du butin.
Il eut dans ce cas, sans nul doute, exigé sa part, voir l’intégralité, du magot sous le fallacieux prétexte qu’il commandait l’escadre et que sans « L’Angélique 3C » le chebec n’aurait pas croisé par ici.
Bertrick en était, à tout le moins, totalement convaincu.
Mais baste ! Il n’aimait pas beaucoup les aristocrates et il était parfaitement conscient ( au moins jusqu’à avoir vidé une bouteille de rhum) que ça faussait l’impartialité de son jugement.
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MessageSujet: Re: Où un forban reprend ses répréhensibles activités.   Ven 15 Fév 2013 - 14:54

Suite au silence interminable de l'Amiral, le Vicomte Marco Simoncelli, la gabare du capitaine Ponce de Gamboa, la « Santissima Trinidad », avait quitté le port de San Tomas seule.
Elle avait été prise quelques jours plus tard près de Santa Lucia avait-on appris depuis.

Quand à l’escorte, elle s’était dissociée. Le capitaine Erwan de Kerloch était parti vers le Nord tandis que les capitaines Francisco el Magnifico et Bertrick avaient mis le cap à l’Ouest.

Ces deux derniers avaient du fuir fort loin dans l’Ouest d'ailleurs !
Deux chebecs et deux vaisseaux des « Hermanos de la Costa » les poursuivaient de leur vindicte, "La Sierra" coulée pendant l'escorte étant le chebec de leur chef, le capitaine El Rouskoff.

Francisco avait même bien faillit y perdre sa corvette, laquelle fut démâtée par les tirs aussi meurtriers que précis d’un cinquante canons.
Réparation de Gitana XII faîtes et équipage complété, les deux forbans étaient sortis de Cartagena à la faveur de la nuit, échappant ainsi définitivement à leurs poursuivants, postés au large.
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MessageSujet: Re: Où un forban reprend ses répréhensibles activités.   Mer 20 Fév 2013 - 13:34

La Créole mouillait dans la Baie de la Galère au Nord-Est de Marguerita.
Les charpentiers et les gréeurs de l'équipage réparaient les dégâts provoqués par la tempête.
Bertrick envoya un petit groupe sous les ordres du Quartier-maître, pour recruter quelques hommes dans les tavernes du port espagnol. Plusieurs étaient passés par dessus bord, emportés par des paquets de mer déferlants sur le pont où tombés des vergues.

Deux jours plus tard, équipage au complet et remis en état, La Créole fit voile, par coup de vent de Sud Est & mer grosse, cap à l’Est.
A la latitude de Cumana, elle vira cap Nord-Est.
Aux atterrages de Grenada, la vigie signala une voile un peu au Nord-Ouest de l’île. Une corvette hollandaise !
La Créole mouilla dans la Baie de Goyave, au Nord du port français de St Georges.
Le lendemain, la corvette Gitana, du capitaine Francisco, jeta l’ancre à moins de cinquante yards de La Créole.
Quelques bouteilles plus tard, pour fêter le plaisir des retrouvailles, Bertrick fit part à Francisco du navire hollandais aperçu la veille.

- Je vais aller faire une reconnaissance dans les Grenadines où elle s’est peut-être embusquée.

Avec cinq compagnons, Bertrick partit le soir même avec la chaloupe du bord grée d’un mât à pible portant une voile au tiers . Ils ne revinrent que dans la matinée suivante. Bertrick s’invita derechef à bord de la corvette de son ami.

- Invite moi à déjeuner. En attendant d’être servi, je boirai bien de ton rhum.
- J’espère qu’à ce prix là tu as des nouvelles intéressantes à m’apprendre.
- Oh que voilà un homme pressé ! Laisse moi d’abord le temps de m’humecter la glotte.


Bertrick fit durer l’attente, appréciant la couleur du breuvage, humant, goûtant à petites gorgées, faisant longuement tourner en bouche chaque lampée .

- Un tel rhum ne peut provenir que de Jamaïque ! Le meilleur qu’on puisse trouver !
- Bon ! Ça suffit comme ça ! Cette corvette hollandaise … tu l’a vu ?
- La corvette hollandaise … ? Ha oui ! Ben en fait …. Y’en avait deux !!! Il y a une corvette anglaise avec elle. On a pu, avec l’obscurité, les approcher d’assez près. Deux corvettes de 6.
- Ha ! Voilà qui est fort bien ! Une attaque bien coordonnée nous permettrait sans doute de prendre l’une d’entre elle.
- Les deux peut-être … Si Erwan se joignait à nous rapidement.


Le matin suivant, les vigies signalèrent Noche Caliente, la corvette du capitaine Erwan de Kerloch. Elle était sous voilure aisée un peu au Nord de l‘Ouest de la Baie de Goyave …. à deux lieues seulement de l’archipel des Grenadines.
Volontairement où pas, Erwan faisait un magnifique appât … Qui fonctionna à merveille !
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MessageSujet: Re: Où un forban reprend ses répréhensibles activités.   Mer 20 Fév 2013 - 21:59

Les vigies virent quelques heurs plus tard, la corvette anglaise sortir de derrière un des îlots toutes voiles dehors, virer joliment et fondre sur Noche Caliente.
La Créole fila aussitôt ses câbles par le bout et se rua sur les deux navires environnés déjà de la fumée de la canonnade.
La Créole entra dans le nuage. Sur sa dunette, Bertrick saisit la situation. Il amena La Créole à très courte portée du flanc bâbord de l’Anglais qui ne manœuvra pas pour s’écarter, trop occupé sur son autre bord à tirer sur Noche Caliente.
A quatre reprises, La Créole arrosa le pont anglais.

Gitana aussi avait filé ses câbles. Elle, se présenta à son tour, coupa la route de Is la Fière, la corvette anglaise, et lui expédia deux bordées sur son gaillard avant où les « Godons » se pressaient. Le capitaine anglais, sous cette double attaque surprise, tenta de prendre ses distances … En vain.

D’entre deux îlots, la corvette hollandaise surgit à son tour. Un renfort bienvenu pour l’Anglais. Dans l’épais nuage de fumée, le nouvel arrivant échoua à se placer à portée de tir de Noche Caliente. Sa seconde tentative fut couronnée de succès. Elle ouvrit le feu à cinq reprises.
Les canonniers de Erwan firent le dos rond sous le déluge de mitraille. Ils ouvrirent le feu, tirant à six reprises … sur les Anglais !
Ils coururent ensuite sur l’autre bord et tirèrent par deux fois sur Pannonie la corvette hollandaise qui venait de les offenser.
La canonnade se poursuivit dans la fumée. La Créole sur Is la Fière, Noche Caliente sur Pannonie.

Francisco profita de la confusion du canonnage pour venir contre le flanc de Is la Fière. Gitana envoya ses grappins, et dans une clameur, l’équipage passa à l’abordage.
L’assaut fut repoussé.
Bertrick, sur le bord opposé, aborda à son tour. Le combat fut d’une rare violence.

Victoire !
Après une défense opiniâtre, le Capitaine Gradlon Silverbeard amena son pavillon. Le butin s’élevait à 160 000 piastres.
Bertrick fit le point. Il venait de perdre une vingtaine d’hommes – les Godons avaient perdu près de soixante des leurs – il ne tenta pas de mettre un équipage de prise pour terrir la corvette, l’affaire n’était pas terminée.

« Is la Fière » vaincue, les trois corvettes pirates réglèrent leurs tirs sur la corvette hollandaise.
Bordées peu efficaces, les équipages accusaient la fatigue mais surtout, le capitaine hollandais - Bertrick avait apprit sur sa prise qu’il s’agissait du capitaine Cyrille de Rougemont – maîtrisait parfaitement son navire . Chaque fois qu’il voyait un foc faseyer où une vergue être brassée sur l’un des navires pirates, il modifiait légèrement son cap pour échapper à une nouvelle bordée. Il parvint à en esquiver plusieurs. Quelques une l’effleurèrent, peu portèrent En fin de compte, Pannonie parvint à s’éloigner vraiment. Elle se mis à l’abri sous les canons du fort de St Georges à Grenada.
Cyrille de Rougemont échappait à la perte de sa corvette mais déplorait la perte de près des 2/3 de son équipage.

Quand à Erwan, Francisco et Bertrick – ce dernier un peu marri, ayant escompté prendre les deux navires - ils empochaient plus de cinquante cinq milles piastres chacun, pour des pertes d’une vingtaine d’hommes sur La Créole et Gitana, d’une cinquantaine pour Noche Caliente.
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MessageSujet: Re: Où un forban reprend ses répréhensibles activités.   Mar 12 Mar 2013 - 14:01

Les trois corvettes couraient grand largue en échelons refusés. Après s’être emparées de la corvette anglaise Is la Fière au large de Santa Lucia, elles recherchaient sa conserve hollandaise pour l’attaquer.
En tête, La Créole suivit de Gitana XII et en retrait, assez loin derrière, Noche Caliente.

- Voile en vue !

Bertrick buvait du café dans la grand chambre. Il finit sa tasse d’une traite, prit sa lunette d’approche sur le râtelier et se rendit sur la dunette.

- Où ça ? » Cria t-il une main en porte voix et la tête levée en direction de la hune du grand mât.

- Par le bossoir tribord Capitaine ! Une corvette anglaise !

Bertrick regarda par dessus le couronnement. Ses amis suivait à vue. Il fixa à nouveau la chasse.

- Elle est sous notre vent ! Timonier laisse porter !

L’homme lança d’un coup de poignet la roue de gouvernail. La corvette prit de la gîte et vira. Le foc faseya dans un froissement.

- Holà devant ! A border les écoutes !
- En haut le monde ! A hisser les perroquets !


Les hautes voiles éclorent une à une. La moustache d’étrave monta plus haut sur le flanc bâbord de la corvette. La distance avec l’Anglais se réduisit rapidement.

- Holà le monde ! Branle-bas ! Canonniers, chargez à mitraille !

A bord de Cleveland - Bertrick venait de déchiffrer le tableau de poupe - la vigie ne devait pas regarder sur l’arrière. Quand elle donna l’alerte, La Créole était à moins d’un quart de mille.
Le capitaine Anglais n’avait pas fait guinder les mâts de perroquets, il ne pu que faire vivement établir les bonnettes pour fuir les trois Pirates qui lui couraient sus. La Créole envoya aussi ses bonnettes pour garder l’avantage.
Elle parvint à portée. Un léger coup de barre …

- Feu !

Les dix pièces de six livres crachèrent un épais nuage blanc traversé de langues de feu oranges avec des aboiements étourdissants.

Le capitaine Francisco avait lui aussi envoyé perroquets et bonnettes. Gitana à moins d’un mille, se ruait pour participer. Erwan était trop en arrière mais le bruit de la canonnade avait du l’alerter.

La bordée et le coup de barre avaient freiné La Créole. Avec d’avantage de toile que Cleveland, elle revint à bonne distance. Nouveau léger coup de barre …

- Feu !

A mitraille toujours, pour empêcher les canonniers Anglais de riposter efficacement.

Les bordées de La Créole se succédaient à cadence honorable. Les canonniers avaient acquis de l’expérience.

Très proche pour pouvoir tirer efficacement à mitraille, La Créole se fit prendre le vent par Cleveland et déventa.
L’Anglais s’éloigna de deux bonnes encablures.

Gitana quand à elle, était à bonne portée. Elle ouvrit le feu. Cleveland reçu encore plusieurs bordées.
Une brusque saute de vent laissa Gitana un moment déventée et l’Anglais en profita pour s’éloigner d’un bon demi mille.
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MessageSujet: Re: Où un forban reprend ses répréhensibles activités.   Ven 15 Mar 2013 - 7:14

Noche Caliente rejoignit ses conserves. Les trois navires forbans étaient maintenant bord à bord et faisaient force de voile pour revenir au contact de la corvette anglaise.

- Voile droit devant !

Bertrick observa le nouveau venu.

- Corne de bouc ! Une frégate hollandaise !

Malgré les dégâts qu’avait subit Cleveland, la frégate batave lui était un allié de poids. Les forces étaient plus à égalité. Cependant, Cockburn Town était tout proche. La frégate vira lof pour lof. Cleveland et son escorteur évitèrent le combat et se mirent à l’abri.
Gitana et La Créole se faufilèrent près du port, Bertrick et Francisco étaient bien décidés à les attaquer dès leur sortie.
Quelques jours plus tard, la corvette anglaise était toujours dans le port. Ses vergues décroisées montraient qu’elle ne sortirait pas avant longtemps. Quand à la frégate hollandaise, un matin, les vigies signalèrent qu’elle avait disparu.
Bertrick et Francisco firent voiles à sa recherche.

Plusieurs jours durant, la mer resta vide. Erwan revint se joindre aux loups en chasse.
C’est lui qui découvrit la frégate hollandaise au milieu du dédale d’ îles des Bahamas.
La Créole et Gitana la prirent en chasse, Noche Caliente entreprit de contourner un îlot pour l’intercepter et lui couper éventuellement un cap de fuite vers Nassau.

Les deux corvettes parvinrent à portée de tir et prirent Smaragd Zwart en tenaille,
La Créole sur son flanc bâbord. Le capitaine hollandais manœuvra comme un beau diable pour éviter les tirs meurtriers – et parvint à se soustraire à quelques uns – mais les corvettes étaient plus maniables et les canonniers des deux Pirates maîtrisaient assez bien leurs pièces . La frégate reçu nombre de bordées à mitraille fort dévastatrices.
De l’autre côté de l’îlot parvenait au Capitaine Erwan le bruit de la canonnade. Le temps d’en faire le tour, il parvint sur le lieu du combat pour juger qu’un abordage était faisable.
La Créole était à bonne distance suite à une manœuvre d’évitement réussie de Smaragd Zwart. Erwan choisit donc d’aborder la frégate hollandaise sur bâbord. Il réussit à s’approcher assez et lança ses grappins.

Des ponts de Gitana et de La Créole, tous observaient avec attention et inquiétude.
Mousquetade fournit de part et d’autres. Clameur folle des abordeurs. Confusion extrême sur le pont du hollandais.
Deux fois, Erwan et les siens furent repoussés !
Réorganisation des groupes d’assaut, harangue tonitruante du Capitaine, les Noche Caliente réinvestirent le pont de Sragd Zwart.
Hourra ! Le cri fut repris par les équipages de Gitana et de La Créole. Hourra ! Hourra ! Hourra !
La frégate hollandaise venait de succomber.
Son pavillon fut amené puis hissé à nouveau, à l’envers sous le Pavillon Noir frappé de trois crânes du Capitaine Erwan.
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MessageSujet: Re: Où un forban reprend ses répréhensibles activités.   Lun 18 Mar 2013 - 8:03

Erwan devait compléter son équipage. Francisco et Bertrick lui firent escorte jusqu’à Eleuthera où ils laissèrent leur ami.
Gitana et La Créole firent voiles vers Andross.

Gitana entra dans ce repaire pirate. Bertrick quand à lui préféra aller croiser un peu à L’ouest à l’entrée du Canal de Floride. Le canal recelait de nombreux îlots et archipel quand aux côtes, tant de Cuba que de Floride, elles offraient une myriade de criques où se cacher.

- Voile en vue par tribord devant !

Bertrick se trouvait sur la dunette. Il aperçu la tache blanche sur l’horizon. Il se fit apporter sa lunette, quand on la lui remis il se dirigea vers le gaillard avant et grimpa jusqu’à la hune de misaine. Il fit le point avec la longue vue.

- Ah ça, quelle aubaine ! Un grand senau, cap Sud Est.
- Holà en bas ! Monsieur Hyppolite ! Laissez porter ! C’est un marchand français !


La Créole vira et s’établie sur un cap de rencontre. La distance avec la chasse diminua rapidement. Le senau Français était « au près serré » et devait virer lof pour lof s’il voulait échapper. Encore qu’il fut bien plus lent que la corvette.

- Monsieur Zacharie ! Faîtes parer les pièces tribord. Chargez avec les boulets ramés que nous avons pillé sur la corvette anglaise. Je veux voir ce que ça donne et ça servira d’entraînement à nos canonniers.
- Les boulets ramés ! Avec joie Capitaine. Holà vous autres ! Boulets ramés et pointez vos pièces sur les vergues basses du mangeur de grenouilles !


La Créole fut rapidement à portée de tir.

- Monsieur Zacharie à vous l’honneur ! Monsieur Hyppolite amenez nous contre lui dès que Zacharie aura fait feu.

- Feu !


Deux boulets déchiquetèrent la misaine du senau. Le vent s’engouffra dans la déchirure et la voile s’ouvrit en deux. Les autres boulets sectionnèrent drisses et haubans de la vergue de grand hunier qui s’affaissa sur bâbord. Le grand senau français perdit son aire. La Créole vint se coller à son flanc, les grappins volèrent et crochèrent. L’équipage hâla, malgré quelques tirs de mousquets, pour maintenir les navires l’un contre l’autre.

- A l’abordage !

Une centaine d’hommes s’élancèrent en hurlant. Quelques coups de feu, un bref corps à corps. Un des Français coupa la drisse du pavillon qui s’affala sur la dunette. L’équipage français cessa le combat.

- Il est à nous. ! Désarmez et rassemblez les prisonniers sur l’avant ! Qui commandait ce navire ?

Un homme s’approcha.

- C’est moi ! Jean Michel Fronsac, capitaine de l’Avarice.
- Qu’y a t-il dans vos cales capitaine ?
- Cinquante tonneaux de parfum des Indes orientales.
- Rejoignez vos hommes sur l’avant. Ne tentez rien d’inconsidéré sinon aucun de vous n’y survivra. Je fais transborder votre cargaison à mon bord. Je garderai votre senau, je laisserais les canots pour vous et votre équipage.
- Monsieur Hyppolite Faîtes porter à notre bord tout ce qui est possible. Ensuite désignez une quarantaine d’hommes comme équipe de prise.


Les cales de la corvettes ne permettaient d’embarquer que quarante tonneaux de parfum. Des dames-jeannes emballées dans des caisses et bien protégées par de la paille.
Une petite fortune. Bertrick croyait savoir que ça se négociait à plus de 6000 piastres le tonneau.

L’équipage de prise, sous les ordres d’un second maître, prit possession du senau. Pendant le transbordement, ils effectuèrent les réparations de la misaine et enverguèrent une nouvelle voile.
L’Avarice et La Créole se séparèrent en fin de journée. Le grand senau fut bien terri et vendu.
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MessageSujet: Re: Où un forban reprend ses répréhensibles activités.   Lun 15 Avr 2013 - 16:33

La coste de Canouan Island défilait sur tribord, à deux où trois encablures. Le Mont royal au Sud Ouest était invisible derrière l’impénétrable rideau de pluie qui crépitait sur le pont et la mer tout autour.
La corvette, hunier de misaine et perroquet de fougue cargués, misaine et ourse au bas ris, entra dans Carénage Bay. Après la violence des éléments, le calme des eaux protégées de la baie avait de quoi surprendre.
Du pont, on entendait encore le vent mugir mais seul les huniers le recevaient.
Un homme juché sur les gambes de herpes tribord lança vers l’avant le lourd plomb de sonde et commença à chantonner sa litanie :

- Douze brasses, douze ! – Neuf brasses, neuf ! – Sept brasses et demi, sept et demi ! – Six brasses, six avec un fond sablonneux ! – Cinq brasses et demi, cinq et demi avec fond de sable et coquillages !

- La barre dessous ! – A choquer d’un tiers les écoutes de misaine & de l'ourse !
- Parer à mouiller ! …. Mouillez !


L’’ancre disparue sous la surface troublée des eaux de la baie, dans un grand jaillissement d’écume. L’aussière fila par l’écubier, soulevant un nuage de poussière de chanvre. La Créole couru encore. L’ancre crocha. Elle fit encore quelques yards, marqua un temps d’arrêt puis commença à culer.

- Choquer en grand partout ! – A tourner au cabestan ! – A ferler partout !

La corvette pivota doucement et s’immobilisa « bout au vent ».
Des palans furent guindés en bouts de vergues et les chaloupes une à une furent soulevées du chantier et mises à l’eau.
Une ancre à jet fut transportée avec la grande chaloupe à une quarantaine de yards puis mouillée pour que La Créole puisse s’embosser, ses pièces tribord battant l’entrée de la baie.

- Monsieur Mulligan ! Faîtes charger les pièces avec des ramés. Si un navire entre, je veux pouvoir le désemparer avant qu’il réagisse, et le faire s’échouer. Nous pourrons ensuite le matraquer au canon avant de l’aborder avec les chaloupes.
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MessageSujet: Re: Où un forban reprend ses répréhensibles activités.   Mar 16 Avr 2013 - 16:40

La pluie cessa. Une chaloupe, remorquant un train de barriques, nageait en direction de l’aiguade proche pour faire provision d’eau douce.
Le coq avait rallumé ses fourneaux, un filet de fumée s’éleva de la cambuse.

- Enfin un repas chaud ! Trois jours qu’on en a pas eu à se mettre sous la dent ! » lança Jason, un gabier de misaine.

- La !!! Dent. Tu en a donc encore une ? » lui renvoya en s’esclaffant Tobias, l’aide de l’armurier qui refaisait la lumière d’un canon.

- Bientôt l’ami, j’aurai toute la mâchoire en or grâce à mes parts de prise.

- Dans ce cas compagnon, tu ne devra prendre garde à ne plus t’endormir dans les bras des gueuses après avoir forniqué ! Elles seraient capables de te casser la tête pour te voler ton or. Ha ha ha !

- Qui te dis que j’irais encore voir des gueuses, mauvais bougre ? C’est avec des Dames du monde que j’irais.

- Ca m’étonnerait qu’les Dames veulent de toi compagnon » rétorqua Tadeus, qui tournait une drisse au râtelier du mât de misaine. « T’auras p’tète des dents en or mais y t’restera l’odeur ! Va aussi falloir qu’tu t’lave !

- Ha ça ! Jamais ! Fi des Dames du monde ! J’préfère prendre le risque d’avoir la gueule fracassée par les gourgandines des bordeaux.*


*bordeaux : On dit aujourd’hui bordel. Peut-être pour ne pas vexer les habitants de la cité portant ce nom ! Very Happy
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MessageSujet: Re: Où un forban reprend ses répréhensibles activités.   Jeu 18 Avr 2013 - 16:36

Le capitaine Bertrick, était vautré sur le grand coffre qui courait sous les fenêtres de poupe. Il passait consciencieusement une pierre à affûter sur la lame de son sabre. On frappa.

- Entrez !

- Capitaine, on entend des tambours. La vigie de la grand hune dit aussi qu’il aperçoit de la fumée au pied du Mont royal.


Bertrick se rendit sur le gaillard. Des battements de tambours étaient effectivement audibles. Ils venaient tour à tour de plusieurs endroits différents.
Il prit la longue vue dans la chambre de navigation, monta sans hâte dans la grand hune.
Malgré le ciel très bas et gris, il cru bien voir une faible colonne de fumée au N.E. au pied du Mont royal.

- Capitaine, pour les tambours, j’en ai déjà entendu de semblables dans l’arrière pays de la Coste des Cafres et du Golfe de Guinée. On appellent ça des tam-tams. On m’a dit là bas que les nègres s’en servent pour parler entre eux à distance.

- Tu as donc navigué sur un navire de traite ?

- Un seul voyage Capitaine, et je ne voudrais certes pas en faire à nouveau. Les mois à passer dans le Golfe de Guinée sont un enfer et la traversée jusqu’ici avec une telle cargaison tout autant.


- Donc, soit les sauvages d’ici utilisent aussi ces tam-tams, soit il y a des esclaves marrons qui ont trouvé refuge sur l’île. Fait bonne veille.
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MessageSujet: Re: Où un forban reprend ses répréhensibles activités.   Ven 19 Avr 2013 - 12:05

Bertrick redescendit. Tous l’attendaient.

- Monsieur Mulligan ! Mettez en batterie les canons bâbord. Chargez les à mitraille.

- Monsieur Philips ! Faîtes guinder les filets d’abordage. Les sauvages peuvent avoir des pirogues et vouloir nous attaquer. Faîtes aussi monter des mousquets et des pierriers dans les hunes. Prévenez tout les hommes, je ne veux pas qu’ils se saoulent. Je tuerais de mes mains tout ceux qui n’obéiraient pas à cet ordre.



- Monsieur Adams ! Désignez vingt hommes. Je vais à terre pour essayer de prendre contact avec ces gens. Nous prendrons cinq mousquets et des vivres pour deux jours.

- Monsieur Philips vous commanderez La Créole pendant mon absence. Hormis la grande chaloupe que je prend, toutes les embarcations resteront le long du bord. Désignez quarante hommes qui devront se tenir près à nous venir en aide si nous avions besoin de renfort. Je prendrais deux fusées. Une bleue ; j’ai réussi à prendre contact et tout va bien. Une rouge ; j’ai besoin du renfort. Deux vigies dans chaque hune même pour la nuit. Une, face à l’ouvert de la baie, l’autre, face à la coste.


La chaloupe s’échoua assez vivement sur la grève, les six nageurs ayant mis du cœur à l’ouvrage a en briser les avirons. Une douzaine d’hommes débarquèrent, de l’eau jusqu’à la ceinture et poussèrent où tirèrent l’embarcation plus au sec. Les porteurs des mousquets et le capitaine débarquèrent les derniers, à pieds secs.

- Monsieur Oswald vous resterez ici avec deux des rameurs. Prenez un des mousquets. Vous avez un tonnelet d’eau, un sac de galette de maïs et du lard sous le banc arrière. Les autres suivez moi, en avant !
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MessageSujet: Re: Où un forban reprend ses répréhensibles activités.   Sam 20 Avr 2013 - 16:56

La colonne, capitaine en tête, quitta la plage, traversa la large bande costière de mancenilliers et d’oliviers sauvages et s’enfonça dans un bois de chênes liège, cap sur le Mont Royal distant de six où sept milles au N.E.

Les tam-tams s’étaient tus peu après leur débarquement. Seul les bourdonnements d’insectes, les cris d’oiseaux, les cliquetis d’armes où de fourniment,quelques jurons aussi, troublaient le silence. L’air était lourd et moite. Les hommes, qui n’avaient pas marché sur un sol stable depuis des semaines, suaient et peinaient.

Un marécage devant. Plutôt que de contourner – il semblait fort étendu et la marche en serait d’autant plus longue – Bertrick prit la décision de traverser.
Les moustiques furent alors de la partie ainsi que les sangsues.

Tous pensèrent sans oser le dire :« Pourvu qu’il n’y ait pas de serpents où de caïmans ! »

De l’eau, souvent jusqu’à mi-cuisse. La marche devint plus pénible encore, avec les branches et les entrelacs de végétation immergés. Un des porteurs de mousquet chuta lourdement, mouillant sa poudre.
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MessageSujet: Re: Où un forban reprend ses répréhensibles activités.   Dim 21 Avr 2013 - 14:03

La terre ferme enfin.

- Nous allons faire une pause ici.

Les hommes s’affalèrent, burent, mangèrent. Beaucoup s’appliquèrent à retirer les sangsues collées sur leur jambes, leur bras, leur torse. Bertrick n’échappa pas à cette corvée. Il en détacha une demi douzaine – même dans ses bottes – avec le bout incandescent d’une mèche lente.
La marche reprit. Moins pénible maintenant que leur démarche redevenait peu à peu celle de « terriens »et que le sol était à nouveau ferme.
Au soir, une clairière. Ils y établirent un campement sommaire pour la nuit, sans feu, avec deux sentinelles.

La nuit passa sans incident.
Au petit matin la colonne reprit sa marche vers le Mont royal. Elle y parvint dans le milieu de l’après midi.
Les hommes de tête débouchèrent sur une petite clairière où se dressaient une vingtaine de huttes et de carbets.
Pas une âme. Les habitants étaient partis depuis peu, les cendres d’un feu étaient encore tièdes. Quelques ustensiles traînaient ça et là, fait de calebasses. une natte tressée en mauvais état, rien d’autres !

- Ils ont fuit à notre approche Capitaine. Ils ont tout emporté avec eux.

- Capitaine ! Par ici il y a des traces.


En effets, une quarantaine de personnes environ, une double ornière, semblable à celle qu’aurait laissé des fardiers de branchages que l’on traîne.

- Les tam-tams les ont prévenu de notre débarquement. Des éclaireurs les ont ensuite certainement informé de notre avance. Ils ne cherchent ni à nous combattre ni même a prendre contact pour commercer. Ils veulent nous éviter. Nous allons passer la nuit ici. Demain nous retournerons au navire.

- On ne les poursuit pas Capitaine ?

- Ils se déplacent plus aisément que nous et connaissent parfaitement l’île. Ce serait une chasse sans fin et j’envisageais plus une relation amicale, peut-être des échanges mercantiles plutôt qu’un combat. Enfin, nos provisions s’épuisent et j’avais dit à Philips deux jours d’absence.


Retour au navire, en contournant cette fois le marécage, ce qui prit une journée de plus qu’à l’aller.
Bertrick, curieux de nature, fut fort marri de ne pas avoir appris si l’île était occupée par des indiens Arawaks où par des esclaves marrons. Les deux avaient tout intérêt à éviter le contact avec des blancs.
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MessageSujet: Re: Où un forban reprend ses répréhensibles activités.   Lun 22 Avr 2013 - 17:07

Les corvettes Gitana & La Créole naviguaient de conserve cap au Nord par 14° 0 de latitude Nord un peu à l’Ouest de Santa Lucia où devait les retrouver Noche Caliente.
Le Capitaine Bertrick eut une information par une barque de pêche à qui le coq achetait ses prises. Plusieurs vaisseaux de l’Ordre du Chaos croisaient plus au Nord.
La Créole s’en fut en reconnaissance.

- Voiles en vue ! Voiles droit devant !

Bertrick étudiait une carte dans la grand chambre. Il prit sa lunette dans le râtelier et se rendit sur le gaillard.
Tout l’équipage où presque avait entendu le cri d’alarme et se pressait déjà sur le gaillard avant et dans le gréement de misaine. Depuis la dunette, la voile inconnue n’était pas visible. Bertrick monta dans la grand hune.

Il déplia la longue vue, fit la mise au point. Trois mâts … voiles latines.

- C’est un grand chebec !

Il redescendit. Tout son état major l’attendait, avide d’informations.

- Monsieur Philips nous allons lofer, cap Sud pour revenir sur Gitana. Nous venons de découvrir un des navires que les pêcheurs avaient signalé.

La Créole lofa en grand avec toute la maîtrise que permettait un équipage compétant. Elle fit force de voile pour rallier Gitana. Le petit canot du capitaine était en remorque, Bertrick fut donc rapidement à bord de la corvette de Francisco.

- Salut compère ! J’apporte des nouvelles.
- A voir la célérité avec laquelle tu es revenu, j’ai présumé que tu avais vu le Diable en personne. Ha ha ha !
- Presque mon ami ! Aussi noir et épouvantable que tu puisses craindre. Et …..J’en éprouve une fort grande soif !
- Aller, viens j’ai de quoi apaiser ta peur … Heu …Pardon ! Ta soif.
- Peur ! Que veux donc dire ce mot qu’on ne m’a point appris ?


Peu après, dans la grand chambre, un boujaron de rhum, plein à ras bord à la main.

- C’est un grand chebec, 24 pièces de 6 livres et jusqu'à 220 hommes. Les pêcheurs m’ont dit que deux frégates étaient avec lui. Je ne les ais pas vu. Sans doute sont elles plus au Nord. Qu’en penses tu ?

- Erwan ne devrait pas tarder à nous rejoindre. Un grand chebec et deux frégates de 8 sans doute, donc 200 hommes, contre nos trois corvettes, l’affaire sera assez chaude mais je suis partant. Comment vois-tu la chose ?


- Il va faire nuit. Avec l’obscurité, nous approcherons tout feux éteint et aussi silencieux qu’il est possible jusqu’en limite de visibilité. Dès l’aube, on attaque et l’on se replie par le Sud pour s’éloigner des frégates qui, je présume, sont plus au Nord.
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MessageSujet: Re: Où un forban reprend ses répréhensibles activités.   Mar 23 Avr 2013 - 13:10

Dans la nuit Erwan parvint à faire sa jonction. Il s’informa des intentions de Francisco et Bertrick. Les trois corvettes sous leurs seules basses voiles, pour être le moins détectable possible, approchèrent le grand chebec. Elles le trouvèrent, silhouette diffuse dans la faible clarté des étoiles. Elles ne conservèrent qu’un foc et l’ourse arisée et mouillèrent des ancres flottantes pour éviter de dériver.

Le soleil monta au dessus de l‘horizon. La mer était belle et une petite brise de Nord Est caressait le pont. Un temps parfait pour un combat en mer.
La Créole se couvrit de voiles et fondit sur le grand navire noir encore endormi. Elle se glissa sur son flanc bâbord, fit feu, lofa, coupa le sillage du chebec dont Bertrick put lire le nom ; Médusa.
Elle fit feu à nouveau, offensant sa poupe, vira et remonta son flanc tribord, fit feu encore puis s’éloigna cap au Sud. Elle rejoignit Gitana et Noche Caliente.
Au porte voix, Bertrick prévint ses amis.

- Les frégates ne sont pas là ! Celui-ci c’est Médusa. Il est seul !
- L’affaire sera donc plus aisée qu’il y semblait !


Gitana déploya ses huniers, ses perroquets et ses bonnettes hautes et basses et se précipita sur le grand chebec noir. Bertrick de sa dunette vit d’abord la fumée puis perçu le son avec un décalage. Quatre bordées. Noche Caliente suivait Gitana de près, quatre autres bordées troublèrent le calme matinal. Francisco et Erwan, étant donné l’absence des frégates, décidèrent de rester à portée.

La Créole les rejoignit.
Durant la matinée, les trois corvettes virevoltèrent habilement autour de Médusa, tirant tour à tour en prenant grand soin de ne jamais se placer sous le feu des volées du grand chebec qui recevait les coups sans pouvoir rien rendre.

Dans l’après midi, Bertrick jugea que l’équipage du grand chebec avait été suffisament réduit pour que l’abordage soit faisable. Il amena La Créole contre Médusa. Les grappins crochèrent.
La résistance fut très rude. Bertrick perdit onze hommes, il donna l’ordre de refluer.
Réorganisation rapide de l’équipage en deux groupes d’abordage, un pour conquérir le gaillard arrière qu’il commandera, l’autre, plus important, placé sous les ordre de Philips, pour investir le pont et la batterie.

- A l’abordage !

Cette fois le grand chebec succomba au prix de onze autres tués
Les cales de Médusa étaient vides mais le coffre du bord contenait cent dix milles piastres !
Bertrick à bord de son canot porta le tiers du butin à Erwan. Par prudence, il remit aussi quatre vingt milles piastres à Francisco.

- Si mauvaise fortune de mer nous coûte à l’un où à l’autre notre navire, il est préférable que tu prennes ceci. Il ne faut pas mettre tout les œufs dans le même panier. Ha ha ha !

Les trois corvettes s’amarrèrent bord à bord. La victoire fut fêtée par la distribution de « La double ». Les vingt deux morts de La Créole furent vite oubliés – aléas de la vie de Gentilshommes de fortune – ce qui augmentaient aussi la part de ceux restés en vie.

A la faveur de la nuit tombante, les trois navires forbans, par petite brise de S.E. et mer belle, déployèrent basses voiles, huniers et perroquets pour s’éloigner rapidement du port, en vue à quatre lieues à L’Est, où pouvaient être cachés les frégates de l’Ordre du Chaos.
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MessageSujet: Re: Où un forban reprend ses répréhensibles activités.   Sam 11 Mai 2013 - 16:06

La corvette sortie de Bahia de Ocoa. Ses vergues basses et de huniers furent brassées. Elle vira cap Sud Est. Là-bas, sur l’horizon, Gitana canonnait un navire marchand anglais.
La Créole couvrit rapidement la distance la séparant des deux navires. A moins d’une lieue, Bertrick fit battre la chamade. Aux roulements de tambour, l’équipage fit le branles-bas.

- Voile en vue ! Voile par bâbord avant !

Bertrick ouvrit sa longue vue. Une frégate loin dans l’E.N.E. Elle avait le vent pour elle. Bertrick prit la décision de courir sus à l’anglais et de ne pas tenir compte de ce nouvel arrivant.

- Maintenez le cap Monsieur Sullivan !

Le marchand anglais – un gros vaisseau - était maintenant à quelques encablures, Gitana sur son flanc tribord.

- Monsieur Sullivan, amenez nous à une trentaine de yard de l’autre côté.
- Monsieur Zacharie, chargez vos pièces à mitraille !


La Créole passa sur l’arrière du « Godon » Bertrick déchiffra le panneau de poupe : Nuciféra Coco. La Créole le longea sur son flanc bâbord.

- Feu !

Les dix pièces de six tribord de La Créole crachèrent dans un vacarme étourdissant. Quand la fumée se dissipa, les canonniers hurlèrent.

- Hourra !
- Excellent Monsieur Zacharie ! Un tir parfait !


La Créole se fit déventée par l’énorme vaisseau qui riposta. Trois salves – vingt pièces de 24 livres pour les deux tiers ! - touchèrent La Créole. Des boulets qui firent d’importants dégâts dans la coque et tuèrent cinq canonniers.

- Feu !

Durement malmenés par les canons anglais, les servants avait fait feu avant le sommet de la houle. La bordée ne fit qu’effleurer le pont du vaisseau.

- Capitaine, l’allonge tribord est endommagé à hauteur du grand mât mais le bouchain ne semble pas avoir été touché. Un maître couple est offensé et les charpentiers le renforce. Quatre pieds d’eau dans la sentine.
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MessageSujet: Re: Où un forban reprend ses répréhensibles activités.   Dim 12 Mai 2013 - 16:51

Le vaisseau s’éloigna sur l’avant de La Créole empannée dont les voiles reçurent à nouveau le vent d’Est. Gitana avait brassé son grand hunier « à contre » pour le laisser s’éloigner. Francisco vint à portée de voix.

- Holà Bertie ! Tu t’es fait durement secouer ! Regarde à l’Est, il y a maintenant trois frégates qui approchent. Ce sont les frégates noires de l’Ordre du Chaos. Il faut abandonner les Godons et fuir nous ne sommes pas de taille.
- Vas y ! Je répare au plus pressé et je prend la fuite !


La Créole n’eut pas la possibilité de fuir. Une des trois frégates parvint à portée de tir et ouvrit à deux reprises le feu à mitraille. Elle aborda La Créole par bâbord avant et lança ses grappins.
Une partie de l’équipage sous le ordres de Zacharie, déclencha une forte mousquetade pendant qu’un groupe, Philips en tête, se ruait avec des haches et des machettes pour couper les filins. Ils parvinrent à leur fin et la corvette s’éloigna de quelques centaines de yards.

- Capitaine ! Le maître charpentier a eut une jambe arrachée par la mitraille. Il ne s’en remettra pas. Le pire, c’est que ses aides manquent d’expérience pour renforcer le maître couple. La réparation va prendre bien plus de temps que prévu.
- Peut on faire voile en l’état ?
- Non Capitaine. Pas avec une telle mer. La coque se disjoindrait et le navire sombrerait sous nos pieds.
- Dans ce cas donnez leur autant d’hommes que nécessaire. Nous essaierons de tenir celle-là à distance »
dit Bertrick montrant du menton la frégate Voodoo Princess.

Les deux autres frégates de l’Ordre du Chaos se mirent à portée délaissant dédaigneusement le vaisseau anglais - riche prise pourtant, avec un équipage très affaibli - qui lentement s’éloignait en direction de Santo Domingo tout proche.
La Créole reçu une demi douzaine de bordées de la frégate Delta, à mitraille mais aussi avec des ramés et des chaînes dans le gréement. L’autre frégate, La Teigne, manœuvra pour se placer bord à bord. Deux fois, malgré un équipage réduit maintenant d’un tiers, Bertrick parvint à déjouer la tentative. La troisième fut réussie et les grappins crochèrent La Créole.


Dernière édition par Bertrick le Lun 13 Mai 2013 - 18:39, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Où un forban reprend ses répréhensibles activités.   Lun 13 Mai 2013 - 12:39

De nouveau, une mousquetade fournie pour obliger les abordeurs à baisser la tête pendant qu’un groupe se précipitait, haches en mains pour couper les filins. Ils y réussirent. Bertrick écarta La Créole puis l’éloigna de La Teigne de quelques encablures.

- Les aides charpentier ont réussi à renforcer le maître couple Capitaine ! Ca n’est ni très beau ni vraiment solide mais ça devrait cependant pouvoir tenir.
- Fort bien Monsieur Philips ! Il faut que ça tienne morbleu ! Nous allons essayer de prendre les jambes à notre cou et de fausser compagnie à ces foutriquets de curés du Diable.


Les réparations de fortune dans le gréement permirent à La Créole de s’éloigner d’avantage. La Teigne, la plus grosse des trois frégates fut distancée mais Voodoo Princess et Delta, un peu plus rapides, prirent La Créole en chasse.

Dans l’état où était le gréement, en attendant mieux - et les gabiers y travaillaient sans relâche - c’est au vent arrière que La Créole marchait le mieux. Bertrick fit établir tout ce que la corvette pouvait porter par ce coup de vent de N.E. et cette mer très forte.

Longue chasse deux jours et une nuit durant. A plusieurs reprises, Voodoo Princess la plus rapide des frégates noires revint très près. Bertrick en survoilant dangereusement La Créole, parvint à reprendre chaque fois un mille où deux.

En milieu de la seconde journée de poursuite, un craquement sinistre couvrit le hurlement du vent dans le gréement.
Le grand mât de hune venait de se fendre sur la moitié de sa longueur. Il fallut ferler la voile, rousturer le mât avec des barres de cabestan.
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MessageSujet: Re: Où un forban reprend ses répréhensibles activités.   Mar 14 Mai 2013 - 10:17

Malgré cela, le mât affaibli ne pouvait supporter l’énorme contrainte du vent sur une si grande voile.
Deux ris furent pris dans le grand hunier. La vitesse de La Créole s’en ressentit.

Même ainsi, ce fut plus que le mât offensé pouvait supporter.
Dans un terrible craquement, il se brisa et passa par dessus bord. La corvette fit une terrible embardée. Le mât de hune et tout son gréement accrochés le long du bord firent virer La Créole sur elle même.

- Capitaine ! Le renfort du maître couple à cédé à cause de l’embardée. Nous avons une voie d’eau importante sous la préceinte à hauteur du grand mât.
- Alors La Créole coulera sous nos pieds mais nous vendrons chèrement notre vie ! Hardi, compagnons ! Montrons à ces suppôts du Diable de quelle trempe nous sommes fait !


Deux des frégates rattrapèrent La Créole.
Voodoo Princess ouvrit le feu, impossible de manœuvrer pour éviter les trois bordées à mitraille. La frégate La Teigne vint bord à bord et lança ses grappins. Bertrick avait moins de septante hommes encore debout. A un contre trois, le combat était sans espoir.

La grande chaloupe de La Créole, avec dix sept survivants, s’éloignait du lieu du combat. Bertrick regardait sombrer son navire.

- Du moins, nul autre ne foulera le pont de mon navire !

Maigre consolation !
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