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 Retour à la mer de Latimer Bertrick.

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Bertrick
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MessageSujet: Re: Retour à la mer de Latimer Bertrick.   Mar 4 Aoû 2015 - 16:49

Les langues de feu déchirent l’air, projetant un épais nuage de fumée blanchâtre. L’âcre odeur de la poudre envahie le pont. Quelques hommes courent pour amener des gargousses aux servants des canons.
Tirs désordonnés mais continu. La mitraille vrombit sur le pont français leur interdisant de mettre leurs pièces en batterie pour riposter. Cinq volées avant qu’ils ne parviennent à filer leurs câbles par le bout pour manœuvrer et se soustraire à notre feu.

Squalor Victoria et Abysse sont à portée et font feu. Le grondement de leurs six livres roule au dessus des Cayes. Les navires sont tout environnés de l’épaisse fumée que la faible brise peine à disloquer.

Sicaire devrait être alerté par la canonnade. Pas moins de quinze bordées depuis le début de l’engagement.
Enfin, le brick apparaît, vire, range le français à l’honneur et fait feu. il porte les plus grosses pièces de notre flottille. Ses bordées fauchent le pont de Calvaire, lui causant grand dommage. Le sang ruisselle par les dalots.

Calvaire parvient cependant à établir une de ses grandes voiles latines, il prend la fuite au vent arrière.
Nos navires doivent lofer pour lui courir sus. Le plan d’eau entre les Cayes est restreint, ils se gênent l’un l’autre.
Calvaire nous échappe mais, du temps qu’il aille relâcher dans un port pour recruter, il manquera à l’escadre franco espagnole pour un bon moment.

Si le français a mis le cap au S.E. ce n’est que pour avoir le vent arrière et mettre le plus d’eau possible entre lui et nous. Sur ce cap, il ne peut que rejoindre Port Margot, bien trop éloigné avec un équipage réduit de moitié.
Je crois qu’il va se mettre à l’abri dans les Jardins du Roy et virer ensuite cap à l’Ouest jusqu’à La Havane.
J’en fait part à mes comparses qui abondent dans mon sens. Nous mettons la nuit à profit pour descendre plein Sud jusqu’aux Isles des Jardins du Roy pour intercepter Calvaire.

1er Août
La crique où nous voulions nous embusquer est occupé par une corvette française. Celle plus à l’Est aussi par … notre proie !
Calvaire est plus à l’Ouest que je n’envisageais.
Nous mouillons plus à l’Est. Les autres nous rejoignent.

2 Aout
Notre mouillage est découvert !
La corvette française a vu le capitaine Legoff se diriger vers la côte pour se joindre à nous et s’en est emparé à notre barbe avant de se cacher le long de la côte.
Sicaire la recherche mais elle reste introuvable. Nous décidons de nous replier. Elle va certainement divulgué notre position à l’escadre. La meute ne saurait tarder.

3 Août
Dans la taverne  où les capitaines ont coutume de se retrouver, j’ai ouïe de funestes nouvelles. Drosera a perdu son navire dans Les Jardins du Roy  un peu à l’ouest d’où nous étions et Jeremiah a été  surpris au nid et abordé.
Une désastreuse expédition !
En outre, un capitaine me fait part qu’une escadre anglaise s’est déployée dans l’Est.
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Bertrick
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MessageSujet: Re: Retour à la mer de Latimer Bertrick.   Jeu 6 Aoû 2015 - 13:08

Nous reprîmes la mer par jolie brise de Sud. Bâbord amures jusqu’à doubler le Cap Muspa puis nous virâmes au vent portant.

- Holà en bas ! Voile en vue droit devant !

J’affûtais ma rapière dans la grand-chambre quand j’entendis le cri de la vigie. Je jetais mon arme et la pierre sur mon branle, me nouais un foulard sur la tête, empoignais ma lunette et sortis.

- Qu’est ce que c’est ?

- J’sais pas capitaine ! Un grand navire, coque juste sur l’horizon !


Je longeais le passavant tribord avec l’intention d’aller me jucher tout à l’avant sur la liure de beaupré. Les hommes que je croise près des canons et sur le gaillard d’avant me font de grands sourires.

- C’est un galion capitaine !

Je n’ai qu’une petite lunette d’approche de mauvaise facture – la mienne s’est perdue avec Red Devil et celle-là n’est que pillage sur notre dernière prise -  elle me permet de discerner un trois mâts sous huniers.
Il n’a pas envoyé ses perroquets, ce n’est donc ni une frégate corsaire ni un navire de guerre, eux l’eussent fait par une telle brise.

- Gouverne comme ça, nous l’aurons rattrapé demain au lever du soleil.

Les heures passent, nous gagnons sur lui. C’est un marchand espagnol de haut bord et ventru à souhait.
Même s’il a deviné notre nature, le capitaine espagnol doit se dire que nous devons le juger top fort parti pour nous, coque de  noix de cent tonneaux à peine.

4 Août
Le soleil levant dévoile notre chasse à un moins d’un mille droit devant. C’est une flûte jaugeant dans les six cents tonneaux.

Vers midi, nous sommes à une couple d’encablures dans son sillage. Quand nous abattons un peu pour la déborder sur tribord, je compte huit sabords sur son flanc.
J’ai déjà arraisonné quelques flûtes, même du temps où je n’avais qu’un lougre. Elles portent douze pièces de six livres pour un équipage d’un peu plus de soixante hommes. Celle-ci est plus lourdement armée …?
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Bertrick
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MessageSujet: Re: Retour à la mer de Latimer Bertrick.   Jeu 6 Aoû 2015 - 13:19


- Delmas, les canons à élévation maximale. Je vais la ranger au plus près !

Javelot, tel un roquet harcelant un bœuf, virevolte autour de la flûte faisant feu tantôt d’un bord tantôt de l’autre, prenant grand soin de n’être jamais sous le feu de ses canons, deux 6 livres sur les gaillards et six 8 livres sur le pont … de chaque bord !

Quatre bordées à mitraille à  vingt yards où un peu plus.
Je lis l’inquiétude dans le regard des hommes. La Chica fait quarante pieds de plus que Javelot, son pont domine le nôtre de près de neuf pieds. Et les gueules menaçantes de ses canons.

- Hogg, amène nous sur lui.

Un choc sourd, les grappins volent et crochent. Les deux navires sont accouplés.

- A l’abordage !

Il faut véritablement monter à l’abordage !
Les espagnols, en surplomb, nous repoussent avec des piques et nous offensent de coups de mousquets et d’espingoles.

Ils sont bien plus nombreux que je ne le pensais, au moins une centaine !
Les gerbes de biscayens de nos canons en ont fauchés assez peu, protégés qu’ils étaient par leur position dominante et abrités derrière la lisse.

Nous devons refluer. Ceux des nôtres, une quinzaine, qui ont déjà pris pieds sur leur pont sont occis où rejetés à la mer. Plusieurs sont broyés entre les murailles qui s’entrechoquent au gré de la houle.

J’ai moi-même eu la joue et l’épaule gauche entaillés par un coup de sabre. Je réorganise mon monde et nous repartons à l’abordage.
Malgré notre hargne, rien n’y fait. Un carnage !

Nous sommes repoussés sans même réussir vraiment à prendre pieds. Je suis à nouveau blessé d’un coup de pique au flanc droit.

C’en est trop ! Je fais couper les grappins. On laisse filer écoutes et boulines, la muraille de l’espagnol glisse le long de notre bord. La flûte s’éloigne doucement.
Mon canonnier a été tué, le crâne fendu d’un coup de hache.
Nous ne sommes plus que trente deux !

Les espagnols ne se gaussent ni ne tentent de déplacer leurs pièces de gaillard pour les pointer sur l’arrière et nous désemparer. Leur nombre est plus que réduit de moitié et un trois mâts est en vue à moins de deux milles dans le sud-est qui fait force de voile, pavillon noir en tête de mât.
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MessageSujet: Re: Retour à la mer de Latimer Bertrick.   Mar 11 Aoû 2015 - 21:08

Ding-ding – Ding-ding – Ding
Deux heures trente ! Avec le jusant, Javelot commence à éviter sur son ancre.
On hisse le grand foc, la légère brise de terre fait pivoter le cotre face à la passe. L’ancre est virée au cabestan, le hunier déferlé, bordé et hissé, la vergue brassée.

8 Août, Baye du St. Esprit.
Nous avons arraisonné Castilla, un petit brick senau espagnol de 80 tonneaux. Piètre prise mais qui satisfit grandement l’équipage.
Un bon tiers d’entre eux sont des terriens n’ayant vu la mer que depuis une côte et quelques uns, des esclaves marrons. Ils ont depuis lors, le sentiment d’être de vrais forbans.
Nous sommes trop près de la côte pour incendier Castilla, la colonne de fumée révélerait notre présence aux autorités, nous la coulons à fond après l’avoir pillé.
L’affaire nous a coûté trois hommes.

Nuit du 8 au 9 Août.
Un très fort coup de vent nous prend par surprise. Il lève une grosse mer. Pas même le temps de caler le mât de perroquet. Notre hunier, qu'on a pas arisé non plus, est presque aussitôt arraché et emporté. Le cotre, à sec de toile, roule et tangue à faire passer notre mât par dessus bord.
Nos terriens, pris de panique, se sont réfugiés dans la cale tout pleurant et invoquant Dieu pour obtenir miséricorde.
Ce doit être contagieux car quelques marins se sont joint à eux.

Heureusement, il en reste un carré qui, autour de moi, sont sur le pont et oeuvrent au mieux pour maintenir l’intégrité du cotre. Nous parvenons à établir la trinquette et nous mettre à la cape. Javelot dès lors, même s’il danse encore la gigue, fatigue moins alors même que le déchaînement des éléments atteint son paroxysme,

Comme tout "coup de chien" celui-ci prend fin aussi soudainement qu’il s’est abattu sur nous. Les hommes et moi-même sommes hébétés, hagards, trempés. Je fais distribuer la double. Ceux qui avaient cherché refuge dans les tréfonds du navire remontent un à un piteusement sur le pont.

Manquerait plus que ces pleutres entonnent un Te Deum pour remercier le Ciel !
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MessageSujet: Re: Retour à la mer de Latimer Bertrick.   Sam 29 Aoû 2015 - 17:03

Vingt neuvième jour de Août.

Nous étions à la cape dans le très gros temps par 25° Nord & à 1 lieue N.O. de Andross.

Une division anglaise forte d’une frégate, d’un chebec & d’un senau armé pour la course, s’est portée sur nous dans l’intention de nous attaquer, malgré une mer tempétueuse.

Le senau HMS Sea Wolf s’est approché par bâbord nous envoyant trois volées de boulets ramés qui ont gravement offensé notre mât & nos gréements.

Nous n’étions plus en mesure de manœuvrer pour éviter l’approche de la frégate Caracara Plancus arborant le pavillon amiral. La frégate est venue à couple par tribord.
Nous sommes parvenus à repousser son abordage bien que seulement soixante contre plus de deux cents goddons. Las, le second assaut a eu raison de notre vaillance.

Seul survivant, j’ai lancé un espar par dessus bord & me suis jeter à l’eau pour m’y accrocher avec l’espoir de joindre la côte proche.
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MessageSujet: Re: Retour à la mer de Latimer Bertrick.   Ven 4 Sep 2015 - 19:02

Avis aux Hardis & aux Braves !

La corvette Triton est en cours d’armement. Le capitaine Bertrick la commande.
C’est un marin d’exception
respecté par ses pairs & honni par les valets à la botte des souverains
qui le nomment en tremblant


Le Diable Rouge

Avec un tel chef, vous gagnerez en parts de prise  assez d’or pour faire pâlir d’envie les emperruqués des capitales d’Europe !

Hâtez-vous ! Il n’y a que 160 places disponibles
Le Quartier-Maître tient permanence


Ici
Dans l’arrière salle de la taverne
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MessageSujet: Re: Retour à la mer de Latimer Bertrick.   Dim 6 Sep 2015 - 16:38

30 Août
Triton est amarré au milieu du bras de rivière jouxtant le chantier. Une grande allège, tel un insecte monstrueux avec ses rames de galère et sa bigue tripode sur le pont, manœuvre pour venir à couple.
Elle vient livrer l’artillerie. Il faut larguer l’un après l’autre les grelins tribord, et les frapper à nouveau sur les bittes du rivage après son passage, pour qu’elle puisse progresser et venir bord à bord sous les porte-haubans du grand mât.
Les manœuvres de transbordement commencent aussitôt qu’elle est à poste.

Sur le pont de Triton, on s’affairent. Il faut déposer chaque tube sur son affût et assujettir ensuite la pièce avec ses bragues et ses palans  … sous l’œil critique & les coups de gueule de Purdey le canonnier.
Le moral de la compagnie, bien qu’encore incomplète, est bon & tous mettent du cœur à l’ouvrage pour armer au plus vite le vaisseau.
Au soir, on distribue la double puis, l’équipage se rend à terre. Ne restent à bord que Raleigh le maître d’équipage avec les quelques hommes du quart au mouillage.

31 Août
La chaloupe & le grand canot, ont remorqué Triton dans la rade. Affourché sur ses ancres de bossoirs, la corvette envergue ses voiles & embarque son avitaillement. L’équipage est à présent complet.

1er Septembre
Triton s’est désaffourchée, à pic sur son ancre tribord, vergues croisées dans l’attente d’une brise favorable pour appareiller.

2 Septembre
Nous mettons sous voiles. Les manœuvres sont longues, Près d’un tiers de la compagnie ne sont pas des marins et ne différencient pas un cargue-fond d’une balancine. Il faut leur mettre le cordage dans les mains pour les faire hâler dessus.
Nous avons établi notre croisière à l’ouvert du canal. C’est une route commerciale fréquentée. Petits navires mais proies parfaites pour aguerrir la compagnie.

La chambre du conseil. La pièce est spacieuse & même belle avec ses grandes fenêtres de galerie inclinées courant d’un bord à l’autre. Accoudée à l’une d’elle grande ouverte, je fume un petit cigare, hypnotisé par les remous autour du safran quand le cri de la vigie de grand hune me tire de ma rêverie.

- Voile en vue !

Je jette le cigare dans le sillage, prend la longue vue dans son râtelier et me rend sur la dunette.
J’y trouve Purdey, chef de quart.

-Là-bas capitaine ! me dit-il en tendant le bras en direction de la côte. « Deux mâts …cap Ouest. Il cherche à se glisser entre la côte et nous mais il va devoir tirer un bord pour doubler le cap … et se jeter dans nos bras ha ha ha !

J’ouvre la lunette, fait la mise au point.
C’est un brigantin aux français … au près serré, il ne peut nous échapper, prit qu’il est entre la côte et nous, avec trop peu de mer pour lofer … et le cap droit devant.

Moins d’une couple d’heures plus tard, nous en sommes maître.
Je découvre en lisant le "Manifeste de Cargaison" qu’il y a à bord de l’Inconstance un lot de pierres précieuses … introuvable dans la cale malgré deux inventaires minutieux.
On applique « la question » au capitaine. Il ne tarde pas ... après quelques tourments, à nous en révéler la cache, aménagée derrière le vaigrage de la grand-chambre.
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Bertrick
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MessageSujet: Re: Retour à la mer de Latimer Bertrick.   Sam 12 Sep 2015 - 12:33

7 Septembre
La pluie, le vent qui forcit, la mer qui se forme, des signes avant coureur d’une forte tempête. Je fais dépasser nos mâts de perroquets qu’on range sur le pont avec la drome.

Les heures passent, tout l’horizon sud est barré de noir & le vent forcit encore. La mer est à présent formée. On arrise les huniers, un ris, puis deux l’heure suivante.
Les braises des feux de la cokerie sont noyées & jetées par dessus bord, les bragues des canons doublées ainsi que les amarres des canots & de la drome. Les panneaux d’écoutilles sont fermés & aveuglés par des prélarts.

Il faut bientôt caler les mâts de hunes & placer le vaisseau bout au vent sous trinquette.
Triton roule & tangue à faire passer les bas-mâts par dessus bord &  faire rendre tripes & boyaux aux mieux amarinés.
Le vent hurle dans le gréement, Les membrures de la corvette gémissent sous les coups de boutoir d’une mer croisée & déchaînée. Le ciel est aussi sombre que par une nuit sans lune. On devrait pourtant avoir encore une couple d’heures de jour.

La nuit se fait sans que la tempête faiblisse.
Un chebec inconnu s’est dévoilé un instant à la faveur d’éclairs & d’une trouée dans le rideau de pluie. Lui aussi est à la cape à moins d’un mille sur notre hanche bâbord.

8 Septembre
La tempête, après une nuit d’épouvante a fait place à une bonne brise d’Est sur une mer peu agitée. Nous avons mis Triton en sauvegarde à temps et la corvette n’a pas subit de dommage important.
Le grand chebec, il arbore le pavillon noir, est à présent à deux lieues sur  bâbord devant. On découvre aussi une flûte droit devant à trois lieues au vent arrière.

Au changement de quart du matin, je profite des deux bordées sur le pont pour faire guinder les mâts de hunes & de perroquets.
Devant, le chebec délaisse la flûte qui est, nous en sommes certains à présent, à l’espagnol.

J’imagine un stratagème. Nous allons faire force de voile en arborant le pavillon du Rey feignant de courir sus au vaisseau pirate. Le capitaine espagnol pensera que c’est la raison pour laquelle le chebec n’a pas cherché à le prendre.
Sans méfiance à notre égard, il nous laissera approcher.

A la prise du premier petit quart, par frais d’Est mer forte. nous sommes à portée de canons. Ma ruse a parfaitement réussi !

Le chebec les a croisé à bonne distance & les espagnols ont remis les canons à la serre. Ils nous font de grands gestes aimables quand nous parvenons à leur hauteur … & sont totalement pris au dépourvu par notre bordée.
On lofe dans le sillage de la flûte. Purdey envoie une bordée dans la poupe … peu efficace car les pièces sont chargées à mitraille. Peut-être le capitaine espagnol est-il tombé car on ne le voit plus sur la dunette.

On "range à l’honneur" Gobatero. Deux nouvelles bordées puis l’on vient à couple lancer les grappins. Les Dons sont encore nombreux mais désorganisés & beaucoup sans armes. On en tuera plus de soixante pour cinq des nôtres.
Le coffre du capitaine recèle près de douze milles réaux. Nous transbordons à notre bord cinq tonnes de porcelaines de chine puis nous incendions la flûte.

9 Septembre
Nous relâchons dans le repaire le plus proche. La porcelaine est cédée au négociant pour vingt milles piastres.
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MessageSujet: Re: Retour à la mer de Latimer Bertrick.   Jeu 17 Sep 2015 - 18:49

11 Septembre
Nous avons établi notre croisière dans les Isles Lucayes & y avons amariné un senau aux espagnols. Prise modeste mais qui satisfit grandement l’équipage.
Nous sommes sortis des sondes. Grand largue, bâbord amures, sous une brise à perroquets. Le loch indique sept nœuds.

13 Septembre
Après la méridienne, le vent tourne & refuse d’heure en heure pour devenir tout à fait contraire au premier petit quart.
La vigie signale une voile, une gabare espagnole. Elle est, à notre grand dam, au vent à nous. La compagnie la regarde s’éloigner, dépitée.

Nous tirons des bords pour maintenir notre cap mais avec une brise aussi faible, nous gagnons peu où prou. La nuit arrive & la brise meurt tout à fait. Nous mouillons par 12 brasses à 3 lieues N.O. du Cap Mayzi.

14 Septembre
Légère brise d’Est. Nous mettons sous voiles & nous établissons au près bon plein sous perroquets & cacatois. Un brigantin aux français en vue, que nous dédaignons car la passe est dangereuse dans l’ignorance où nous sommes de la présence de corsaires à Port Margot.
Au quatre coups du premier quart, nous virons, vergues brassées en pointe & embouquons le Canal Passe du Vent.

- Navire en vue droit devant !

C’était prévisible dans ces eaux. Je découvre dans l’objectif de ma lunette un chebec à deux lieues, cap plein Sud.

- Ce pavillon écarlate ?… Par Belzébuth ! Mais oui, c’est un vaisseau de Jolly Roger !

- Raleigh ! Qu’on envoie le Joli Rouge en tête de mât !

- Purdey ! Un coup de canon sous le vent pour attirer son attention !


Là-bas, en signal, à deux reprises le Joli Rouge descend puis remonte le long de sa drisse.

A la fin du second petit quart, la Pointe du Mole St. Nicolas sur notre hanche bâbord & l’Isle de La Gonâve par le bossoir du même bord, nous virons cap Sud au vent arrière.

Le Cap Dame Marie est droit devant à 4 lieues. Le chebec – sans aucun doute le capitaine Spriggs - a doublé le cap & n’est plus en vue.

- Voile en vue ! Voile sur bâbord arrière !

C’est une frégate espagnole. Elle débouque du Canal de Saint Marc au Nord de l’Isle de La Gonâve. Elle n’est qu’à 2 lieues.

Elle est peut-être en éclaireur. Un port français est situé au fond du Golfe de Gonâve.
Nous faisons force de voiles & doublons le Cap Dame Marie. La frégate ne semble pas nous donner la chasse.
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MessageSujet: Re: Retour à la mer de Latimer Bertrick.   Sam 19 Sep 2015 - 10:35

Nous joignons le chebec au delà du Cap Tiburon. Il s’agit de Chien Fou, le capitaine Spriggs.
Je me rend à son bord avec la yole. Nous convenons de rester embusqué là pour le cas où la frégate espagnole sortirait du détroit.

La nuit survient sans qu’elle n’apparaisse. Nous louvoyons le long de la côte jusqu’à la Baie des Cayes où nous mouillons sous le vent de l’île.

16 Septembre
Au petit jour, nous tirons des bords jusqu’au débarcadère. Nous parvenons à vendre notre butin.
Nous mettons sous voiles & sortons de la Baie des Cayes par le chenal sud. Le capitaine Spriggs nous a devancé de quelques heures.

17 Septembre
Nous rallions notre conserve à 5 lieues Sud du Cap Tiburon.
A 2 lieues au vent, une frégate & un chebec espagnol sont visibles. Nous approchons Mad Dog à distance de porte-voix.

- Je n’ai pas résisté à la tentation ! Ils étaient à 3 lieues à mon vent, j’ai laissé porter sur le chebec. J’ai offensé son gréement sans jamais lui donner la possibilité de riposter. La frégate n’est pas intervenue. Je te propose qu’on attaque celle-ci avant la nuit … Si elle n’a pas déjà pris la fuite !

- Décidément, tu mérite bien le sobriquet de Chien Fou. T’en prendre seul à un chebec et une frégate, chapeau bas !

La brise refuse. On la reçoit à présent sur la hanche tribord.
Nous rattrapons la frégate à 6 lieues Sud (estimé) du Cap Tiburon.
Le chebec est à 1 lieue S.E. sur un cap Sud.

Je résume la prise de la frégate La Vuelta.
Sont en présence une corvette de 8 et un chebec de Jolly Roger contre une frégate de 8 améliorée et un chebec aux espagnols. Les forces en présence se valent, avec un léger avantage en hommes pour les Dons.

Jolly Roger décide d’une attaque éclair sur la frégate. Si on s’en empare, le chebec n’osera pas revenir pour intervenir.
Comme c’est souvent le cas, se sont les pirates qui prennent donc l’initiative.

Mad Dog (Spriggs) se place à portée de canons de la frégate La Vuelta (Ethel Torres) et fait feu à 4 reprises.
Triton (Bertrick) s’approche sur l’autre bord et lance ses grappins après 4 bordées, hélas, deux abordages sont repoussés.
La Vuelta à un équipage « Très insuffisant » alors que Triton dispose encore de 130 hommes.

Peu avant une 3ème tentative - qui ne peut qu’être décisive - le chebec El Baggovout au bruit de la canonnade a lofé en grand pour prêter main forte à son compatriote. 3 volées sur Triton avant de l’aborder.
Les Dons sont repoussés mais reviennent à la charge. Le capitaine de Castillon s’empare de Triton.
Le rapport de force tourne à l’avantage des espagnols. La frégate et le chebec canonnent Mad Dog jusqu’à la nuit faite.

18 Septembre
Dans l’obscurité, le capitaine Spriggs s’empare de La Vuelta et y hisse le Jolly Roger après avoir coulé à fond son chebec.
Au lever du jour, La Vuelta et El Baggovout échangent sporadiquement des bordées.
A la méridienne le capitaine de Castillon rompt le combat et met le cap au Sud.

19 Septembre
La Vuelta est interceptée et reprise au large de Île à Vache par une escadre anglaise.
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MessageSujet: Re: Retour à la mer de Latimer Bertrick.   Mer 23 Sep 2015 - 16:26

17 Septembre
Ils étaient huit, Bertrick compris. Huit survivants sur un équipage de cent soixante !

Ils s’étaient hissés à bord du canot que la frégate espagnole avait en remorque. Ils avaient largué la touline & l’avaient laissé dériver.
Tant à bord de la frégate que du chebec, les Dons avaient bien assez à faire que de s’occuper d’un canot partant à la dérive.

Il était grée d’un mât sur lequel une voile était ferlée. Sur les bancs de nage, trois paires d’avirons.
Quand il fut, à un bon demi mille ils établirent la voile. Une petite voile carrée sur une vergue volante permettant de naviguer au vent arrière & au largue.

Ils firent l’inventaire. Dans le coffre sous le banc du barreur, un tonnelet d’eau douce & une boite de biscuits de mer en tôle de fer, enroulée dans de la toile huilée.
Aucun instrument de navigation mais Bertrick connaît approximativement sa position. Le soleil & les étoiles permettront de suivre un cap.

Trois jours de navigation où l’on eut l’heur d’être au vent portant le plus souvent.
L’eau douce commença à manquer, on se rationna. Il y avait aussi une ligne dans le coffre. mais sans appât, on ne prit rien. On commença à ressentir les affres de la faim. On se rationna aussi  sur les biscuits.

On avait peut-être dérivé & doublé l’île sans la voir. Si tel est le cas, une autre journée au moins sera nécessaire pour arriver à la côte et plusieurs encore pour la suivre jusqu’à un lieu habité & ami.

« Par Ino déesse des marins et des naufragés, une fois à la côte on pourra toujours tenter d’y débarquer pour faire provision de vivres et d’eau douce » pensais-je.

- Terre ! Une terre en vue … là-bas !
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