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 Sir N. Huntington, Officer of his Majesty Royal Navy.

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Nathan Huntington
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MessageSujet: Sir N. Huntington, Officer of his Majesty Royal Navy.   Jeu 26 Déc 2013 - 10:08

19 Décembre 1713, Nevis.

Le soleil n'avait toujours pas pointé ses premiers rayons au dessus de l'horizon, mais le port était illuminé de multiples torches. Il y régnait une activité anormale pour cette période de l'année, d'habitude très calme.

Dans une partie sécurisée du port, trois bâtiments de Sa Majesté avaient fière allure par rapport aux petits navires marchands du reste de la rade.
L'HMS Hades du Commodore Wolfen dominait l'HMS Pluton du Commander Westwind et l'HMS Fearless du Rear-Admiral Huntington.
Leurs équipages s'affairaient à toutes les tâches précédant un engagement : l'embarquement des munitions, des barils de poudre et des caisses contenants les sabres d'abordage. Suppléant les dockers, ils devaient s'assurer que les trois navires soient prêts à lever l'ancre au lever du soleil, sans le moindre retard.

A quelques encablures de la, dans une salle de réunion de la capitainerie, les trois membres des Defenders of the Crown se penchaient sur la carte de la région des petites Antilles. Selon leurs informateurs, un des plus grands navires actuels de la flotte française devait rejoindre le port de Saint Christophe peut après l'aube, et sans escorte.

- J'appareillerai le premier de Nevis, et j'attaquerais immédiatement l'Archeron, sans coup de semonce. Le Commander Westwind me suivra dans la minute, et fera feu de toutes pièces également. Il faudra, a minima, tirer plus d'une demi-douzaine de bordée avant l'intervention du Commodore Wolfen.
Pour l'HMS Hades, il faudra profiter de l'état de surprise : approche rapide, abordage sans prisonnier, et repli rapide.
Nous serons à l'entrée d'un port français, et aucun de nos informateurs n'a été capable de nous dire quelles forces y stationnent actuellement. La vitesse sera notre avantage, mais nous ne devons en aucun cas trainer sur la zone d'intervention plus longtemps que nécessaire.


Les schémas tactiques dessinés sur la carte ne trompaient pas. L'engagement était planifié de bout en bout et rien n'aurait pu normalement le contre-carrer.
Lorsque les premiers rayons du soleil percèrent la brume, les trois Capitaines rejoignirent leurs bâtiments.

- Larguez les amares ! Toutes voiles dehors, on file droit sur Saint Christophe ! Vigie, dénichez moi l'Archeron au plus vite, il ne faut pas que ce maudit français puisse rentrer dans la rade de Saint Christophe !


L'HMS Fearless pris rapidement de la vitesse et la vigie ne tarda pas à annoncer la cible prévue.

- Grand Chebec hissant pavillon français, il se dirige vers Saint Christophe depuis le Sud Ouest !

L'HMS Fearless arrivait de trois-quart arrière, filant de toutes voiles pour faire fondre la distante séparant les deux bâtiments comme neige au soleil. De cette direction, la vigie française ne devait pas les avoir remarqué, concentrée sur l'entrée du port français.

Les canons de la Corvette de 6 légère britannique étaient déjà chargés avant même d'avoir quitté le port de Nevis. Les artilleurs se tenaient prêts, attendant l'ordre de tir du Capitaine. La Corvette se mis à la hauteur du Grand Chebec par bâbord, et les canons lâchèrent leur mitraille à l'instant même où ils furent en joue du pont ennemi.

La fumée sortait encore des fûts quand les hommes les rechargèrent. Dans la même seconde, l'HMS Pluton se plaça sur tribord du Grand Chebec et lâcha une salve terrible qui faucha nombre de marins sur le pont, ainsi que quelques cordages.

Par un grand hasard, quelques éclats de mitrailles touchèrent au bon endroit : l'Archeron ralentissait, ayant abaissé ses voiles et faisant face au courant de la marée.

Les deux bâtiments de Sa Majesté purent ainsi lâcher une demi-douzaine de bordées supplémentaires à eux deux, avant que l'HMS Hades ne s'approche du navire français.


Dernière édition par Nathan Huntington le Sam 19 Mar 2016 - 14:25, édité 7 fois
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Nathan Huntington
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MessageSujet: Re: Sir N. Huntington, Officer of his Majesty Royal Navy.   Jeu 26 Déc 2013 - 14:58

Les deux premiers navires britanniques n'avaient pas quitté le port depuis plus d'un quart d'heure quand l'HMS Hades s'approcha du bâtiment français.
Le navire du capitaine Wolfen n'ayant pas eu à réalise les approches pour mettre le français dans sa ligne de tir, il lui avait fallu a peine 10 minutes entre son départ du quai de Nevis et son accolage forcé avec l'Archeron.

En cette fraiche matinée du 19 Décembre 1712, le Commodore Wolfen, Capitaine de l'HMS Hades, empoigna son sabre d'abordage et de la dunette, se tourna vers l'équipage qui se pressait sur le pont supérieur du Chebec.

- Sabres au clair et mousquets en joue ! N'ayez pas la moindre pitié pour ces maudits français ! Je ne veux pas de prisonniers !

Des deux cents marins du Chebec, plus de la moitié s'élança sabre en abat vers le bâtiment français. D'autres, dans les cordages, tiraient depuis leurs postes sur le pont ennemi.

Le Rear-Admiral Huntington, gardant à portée de tir le navire ennemi, observait l'engagement à travers sa longue vue.
Son plan se déroulait parfaitement comme les trois capitaines l'avaient décidé, l'Archeron serait bientôt une prise de guerre de Sa Majesté. Certainement revendue à un armateur local, elle servirait à renforcer la flotte des Defenders of the Crown pour assoir l'emprise britannique sur les mers des caraïbes.

Un seul détail avait échappé aux officiers britanniques. Un seul détail, qui fut pourtant d'une importance capitale dans la mêlée opposant les marins de l'HMS Hades aux français de l'Archeron du Capitaine Lafayette.

Aucun informateur n'avais eu vent de la dernière escale secrète du bâtiment français lors e son voyage vers Saint Christophe.
L'Archeron s'était arrêté pour embarquer une compagnie entière d'infanterie de l'armée française, qui devait rejoindre la garnison de Saint Christophe.
Le pont du navire avait beau avoir été soufflé par de multiples salves de mitraille, les ponts inférieurs du grand Chebec regorgeaient de soldats et de tout leur armement, invisibles aux yeux britanniques.

S'attendant à affronter un ennemi affaibli par les tirs de ses compatriotes, le commodore Wolfen vit une grande partie de la première vague de l'assaut mourir sous l'afflux des soldats français. Il en sortait de toutes les écoutilles sur le pont supérieur.

Malgré la surprise importante, l'amiral Huntington transmis immédiatement ses ordres : Rompez l'affrontement, privilégiez la survie de vos navires.
En clair, l'HMS Hades devait se désengager, sous peine de se retrouver à la merci des français pouvant sortir du port de Saint Christophe.

Ouvrant la voie, l'HMS Pluton regagna le port de Nevis rapidement. Les 80 marins du Senault armé n'avaient aucun chance si un Chebec ou une Corvette de 6 française sortie e Saint Christophe tentaient de l'aborder.
Le Chebec britannique coupa alors les liens le retenant au bâtiment français, qui s'empressa de rentrer dans le port de Saint Christophe.


Chaque capitaine pu donc regagner un port de sa patrie, certains avec un équipage réduit. Mais du côté britannique, beaucoup d'éléments venaient augmenter leur expérience du combat naval.

Pas mal d'erreurs avaient été faites de part en d'autres des feu camps, mais le Rear-Admiral Huntington avait bien conscience des siennes. On ne l'y reprendrait pas à deux fois de les reproduire, et le prochain français sur sa route en ferait certainement les frais.


Dernière édition par Nathan Huntington le Lun 20 Jan 2014 - 11:41, édité 1 fois
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Nathan Huntington
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MessageSujet: Re: Sir N. Huntington, Officer of his Majesty Royal Navy.   Mer 1 Jan 2014 - 14:02

1er Janvier 1714, Port d'Aruba.

Le soleil montait lentement dans le ciel, lorsqu'un coursier à cheval arriva au galop à l'entrée des docks.
Au lendemain du réveillon de la Saint Sylvestre, la majorité de la population dormait encore et seuls quelques services essentiels au fonctionnement de la Cité ou de sa sécurité fonctionnait normalement. Les vigies des tours de guet faisaient parti du nombre.

- Un pavillon français à l'Est, et il file toutes voiles dehors vers le Nord-Est !

La voie du coursier résonnait encore dans les docks quand la porte de la Capitainerie s'ouvrit violemment, tirant le capitaine Huntington de sa réflexion sur sa prochaine navigation.
Aguerri de quelques années d'expérience déjà, la réaction ne se fut pas attendre : il devait intercepter ce bâtiment français, car tels étaient ses ordres de mission dans les Caraïbes.

Il enfila le harnais de son sabre, attrapa son bicorne de Rear-Admiral des Defenders of the Crown (DotC) et sorti au pas de charge de la salle des cartes.
Sans ralentir la cadence, il transmis ses instructions au coursier.

- Alertez le Commodore Wolfen et le Commander Westwind ! Je veux impérativement leurs bâtiments en couverture, fouillez la ville entière s'il le faut ! Essayez également de trouver le Vice-Admiral Phillips, mais étant de repos hier, il peut se trouver dans n'importe quelle taverne de la Cité.

Le R-Adm Huntington avait encore à l'esprit les mauvaises surprises de l'Archéron, lors de leur sortie de Nevis quelques semaines plus tôt, et ne voulait laisser aucun chance à la Chaloupe-Canonnière française de continuer son chemin.

Quelques minutes plus tard, le HMS Fearless dépassait les dernières digues tandis que les équipages des HMS Hades et HMS Pluton regagnaient en courant leurs bâtiments.

La distance entre le navire français et la corvette britannique fondait comme neige au soleil, rappelant à tous les matelots français que la réputation de la vitesse du HMS Fearless n'était pas qu'une simple légende de taverne.

Le bâtiment de l'amiral Huntington tenta une approche rapide par tribord afin de surprendre le capitaine français par la rapidité de sa manœuvre. Alerte, ce dernier ne se laissa pas duper et vira de bord pour ne pas se retrouver à portée de tir des canons anglais. Le HMS Fearless s'approcha alors par bâbord, exposant le pont français à ses pièces d'artillerie de 6 livres remplies de mitraille.

Le tonnerre de la première salve déchira le silence de la calme matinée, entrainant au trépas une dizaine de matelots français. La seconde fut tout autant meurtrière et non moins assourdissante. Le bastingage vola en éclat par endroit, ajoutant des copeaux de bois au déluge de fragments de mitraille.

Le HMS Pluton, arrivé entre temps à portée de tir, se plaça sur l'autre bord du navire français avant d'ouvrir le feu avec une troisième salve sur le Français.

Les HMS Hades et HMS Fearless vinrent alors s'agripper de part et d'autre de la coque du Bro Gwened, ne laissant plus d'espoir de fuite au capitaine Thomas Le Galoudec.


Dernière édition par Nathan Huntington le Lun 20 Jan 2014 - 11:39, édité 1 fois
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MessageSujet: HMS Surprise - R-Adm Huntington   Mer 8 Jan 2014 - 22:16

Plus rapide dans la manœuvre d'approche, ce fut l'équipage du HMS Fearless qui lança l'abordage le premier. Un abordage très théorique, car outre quelques résistants, l'équipage du Bro Gwened avait déjà déposé les armes.

Le Capitaine français et ses hommes furent mis à bord de quelques canots tandis que les Officiers britanniques surveillaient le transfert de la fortune du capitaine déchu à bord du HMS Fearless.
Un des lieutenants fut chargé de ramener le navire capturé au port, afin de le revendre à l'armateur local. Les Corsaires n'avaient que faire d'embarcations trop petites comme celles-ci, mais elles rapportaient toujours quelques piastres quand on évitait les arnaques des armateurs locaux.


2 Janvier 1714, Bâtiments de la Royal Navy, Angleterre.

- The Admiral of the Fleet ! tonna le planton qui ouvrit la double porte de la grande salle.

Au milieu de la salle se trouvait une grande table ovale ainsi qu'une vingtaine de fauteuils, quasiment tous occupés. En ces temps de tensions, la bataille pour la domination des Océans rassemblait chaque semaine un certain nombre d'Officiers importants de le Royal Navy, des conseillers particuliers de Sa Majesté la Reine Anne et le Lord Amiral, Sir Stafford Fairborne.

Lorsque tout le monde fut installé, un des officiers se leva pour récapituler la situation.
- La situation dans les Caraïbes est préoccupante. Les Français et les Espagnols se renforcent chaque jour, tandis que les pirates pullulent dans toute la région. Heureusement, nous pouvons compter actuellement sur les flottes Hollandaises, mais la Royal Navy n'est pas dans son meilleur jour.

- Nos troupes en garnison contrôlent toujours nos ports, mais les Gouverneurs en place font part de rapports inquiétants quand au futur, poursuivi l'homme de droite.

Les chiffres & données des différents rapports revenus des Caraïbes prirent la suite du résumé de la situation, mais n'apportaient rien. La majorité des personnes présentes ne s'intéressaient pas réellement à la situation aux antipodes du Royaume Uni : leur prochain repas, bien gras et plein de sauce, était bien d'avantage présent dans leur esprit.

Un homme d'une quarantaine d'années, situé entre les Conseillers Royaux et les officiers de la Royal Navy, pris la parole à la surprise générale. Le bruit de fond généré par les multiples conversations, bien qu'à voix basse, cessa rapidement.

- Nous avons la solution sur place, depuis quelques temps déjà. Laissez moi vous expliquer comment je compte m'y prendre.

L'intervention de l'homme suscita moult réactions, dont certaines furent particulièrement vives.

- Arrêtez de raconter des sornettes ! La Royal Navy n'a plus d'emprise sur les Caraïbes, et nous n'avons aucune flotte qui navigue actuellement en direction de ces eaux la. Nous n'avons actuellement pas de flotte disponible pour renforcer notre présence, et quand bien même nous aurions des vaisseaux, nous n'avons actuellement aucun capitaine connaissant réellement les Caraïbes et leurs spécificités de disponible.
Et puis d'abord, qui êtes vous donc ?


- Sir Jameson. Isaac Jameson. Je suis chargé des relations entre le gouvernement de Sa Majesté et les Corsaires titulaires d'une lettre de Marque de la Couronne d'Angleterre.
La solution vient d'ailleurs d'eux : il existe aux Caraïbes une confrérie de corsaires hissant l'Union Jack, tous titulaires d'une lettre de marque de Sa Majesté. Mais lors de mon entretien avec eux, j'ai d'avantage senti en certains d'entre eux l'âme de Commandants de la Royal Navy que de simple corsaires.


L'orateur marqua quelques secondes de pause, pour laisser l'assemblée assimiler les premières informations.

- J'ai d'ors et déjà fait appareiller un messager à destination de nos différents Gouverneurs des Caraïbes, il y a deux mois, avec une consigne simple. Nous devons nous débrouiller pour incorporer ces capitaines au sein de la Royal Navy, et nous en servir comme tête de pont. A la fois pour reprendre pied dans cette partie des océans et pour nous assurer d'une formation possible de nouveaux équipages.

Je connais personnellement l'un d'entre eux, le Capitaine Gregory Rooke. Il est le fils de l'Amiral Rooke, prédécesseur de Sir Fairborne ici présent. Il est monté jusqu'au grade de "Captain" au sein de la Royal Navy, avant de la quitter pour les Caraïbes à cause de soucis avec un Vice Amiral. Je suis persuadé qu'il signera à nouveau, et convaincra les autres de le suivre.

Puisque nous n'avons ni les bâtiments ni les capitaines nécessaire pour envoyer une flotte aux Caraïbes, nous devons la forger la bas...


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MessageSujet: Re: Sir N. Huntington, Officer of his Majesty Royal Navy.   Jeu 16 Jan 2014 - 22:34

6 Janvier 1714, Palais d'un Gouverneur Britannique dans les Caraïbes.

Le navire dépêché par Sir Isaac Jameson avait mouillé dans la rade du port deux jours auparavant. Le temps avait été favorable durant tout le trajet depuis le Vieux Continent, qui avait duré légèrement plus de deux mois. L'équipage était content, car la plupart des navires mettaient habituellement deux semaines de plus pour effectuer le trajet.

La missive étant arrivée aux Caraïbes, l'option choisie par sir Jameson allait pouvoir apercevoir son avenir : si le fils de l'Amiral Georges Rooke, vainqueur de la bataille de Vigo et conquérant de Gibraltar, n'acceptait pas la proposition de Sa Majesté, il n'y avait aucune chance que les Capitaines de sa confrérie le fasse.

Le HMS Conqueror n'apparut à l'horizon qu'en fin d'après midi de la veille, le 5 Janvier 1714. Les cales pleines, il rentrait de plusieurs jours de vadrouille autour de son port d'attache, avec quelques noms supplémentaires à la liste des navires arraisonnés.
Les espagnols continuaient coûte que coûte à essayer de passer par ici, et le R-Adm G. Rooke se frottait les mains à chaque fois : ces navires représentaient des prises faciles pour la Couronne d'Angleterre, participant en même temps au financement de son prochain bâtiment.
Bien que l'armateur local soit reconnaissant du sentiment de sécurité apporté par la présence de l'équipage britannique, il ne consentait nullement à effectuer quelques ristournes sur sa Corvette de 6 livres en particulier.

Le navire britannique n'avait pas encore manœuvré à l'entrée du port que les coursiers du Gouverneur attendaient déjà Sir Rooke à l'extrémité de la jetée. Ils patientèrent à peine qu'il eu fini de transmettre ses consignes à ses lieutenants, puis l'invitèrent avec insistance à rencontrer le Gouverneur sur le champ.
Patriote jusqu'à la moelle des os, le jeune mais talentueux capitaine emboita le pas des estafettes.

Le salon du Gouverneur, pièce majeure du Palais, disposait d'une riche décoration. C'était la représentation du pouvoir de Sa Majesté dans les possessions territoriale du Royaume Uni, raison de son utilisation comme pièce de réception des invités et des représentants rencontrés par le Gouverneur.

- Ah, Capitaine Rooke ! Je me réjouis que vous ayez pu venir aussi rapidement !

Grégory Rooke ne releva pas l'erreur de grade. D'éducation militaire, il respectait la hiérarchie dans la plupart des situations, sauf quelques rares cas d'urgence. D'autant plus qu'il n'appartenait théoriquement plus à la Royal Navy depuis son départ du Vieux Continent pour les Caraïbes, en échange d'une lettre de marque.

- Nous dirons que vos estafettes ont su être convaincantes.

- Cela fait près de 48 heures que nous attendons votre retour, après avoir pris connaissances de directives de la Couronne. Vous connaissez Sir Isaac Jameson, n'est-ce pas ? D'après ce que j'ai pu lire, il me semble qu'il vous apprécie autant que la Royal Navy apprécie les exploits de votre père.

Le Gouverneur exposa ensuite l'ensemble des informations à sa disposition. Sir Rooke était un capitaine intelligent : en plus de l'aspect patriote de sa personnalité, il comprendrait rapidement l'ampleur de la situation et la nécessité de la formation de cette nouvelle escadre de la Royal Navy.

Réintégrer officiellement la Royal Navy. Reprendre ma carrière, celle-ci qui avait rendu mon père si fier. La Couronne a besoin de moi, je ne peux fermer les yeux ! Avec en sus la conservation de mon "grade" officieux, et donc l'intégration de l’État-major de cette nouvelle escadre ...

Les pensées du jeune Capitaine fusaient. Mais sa décision était déjà prise. Il pris la plume posée à coté de l'encrier, trempa la plume dans le liquide bleuté et parapha la déclaration jointe par Sir Jameson dans le pli initial.

Moi, Sir Gregory Rooke, m'engage sur mon honneur de gentilhomme à servir Sa Majesté et la Royal Navy, comme je le fis précédemment et comme le fit si brillamment mon père.

L'information de l'acceptation de la proposition par Sir Rooke fut transmise discrètement à trois coursiers, qui cavalèrent rapidement en direction du port : plusieurs navires rapides de course étaient prêts à lever l'ancre pour les diverses colonies britanniques des caraïbes.
Pour monter une escadre, un capitaine était insuffisant, aussi bon soit-il. Il fallait maintenant que les autres Capitaines des Defenders of the Crown suivent les traces du Rear-Admiral Rooke, Commandant du HMS Conqueror.



Entrée du Rear-Admiral G. Rooke dans la Royal Navy, 6 Janvier 1714.


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MessageSujet: Re: Sir N. Huntington, Officer of his Majesty Royal Navy.   Lun 20 Jan 2014 - 11:38

20 Janvier 1714, Mer des Caraïbes.

Les coursiers anglais avaient, en deux semaines, rallié un grand nombre de port pour transmettre leur missive. Seuls les colonies et les comptoirs les plus éloignés du centre des Caraïbes n'avaient pu être joints à ce jour.

Mais les navires battants l'Union Jack des Defenders of the Crown n'avaient pas mouillé en territoire britannique depuis l'arrivée des dernières nouvelles.

20 Janvier 1714, Port d'Aruba.

Depuis quelques temps, quelques navires britanniques étaient amarrés dans le port de la colonie hollandaise d'Aruba, au milieu des navires autochtones.
N'importe quel passant en transit, par Aruba ou même au large, pouvait compter une impressionnante flotte aux couleurs bataves, composée pour une grande majorité de navires de courses des confréries majeures hollandaises, les GWC, Nieuw Niederland et Nieuw Amsterdam.

Mais il fallait s'approcher de plus près pour voir la réalité telle qu'elle était vraiment : plus de la moitié des navires présents requéraient des réparations et les équipages étaient absent.
Ce qui s'apparentait au premier coup d'oeil à une menace imposante pour les ennemis de la nation batave n'était à ce jour qu'un leurre.

Les Capitaines Wolfen et Huntington attendaient malgré tout ce jour avec impatience. Retardés par le blocus orchestré par des pirates au large, certains matériaux avaient manqué pour achever la construction de leurs nouveaux navires. Mais c'était maintenant chose faite.
Huntington n'était cependant pas parvenu sans peine à rassembler la somme demandée, et il avait du compter sur les capitaines Hartog & Westwind pour compléter ses prises personnelles. Cela restait cependant un prêt, qu'il s'était engagé de rembourser au plus vite, sur son honneur de gentleman.

Le Commodore Wolfen eu fini au petit matin les préparatifs de son nouveau navire, une corvette de 6 livres. Les 20 canons avaient été embarqués avec toutes leurs munitions, ainsi que les vivres nécessaires pour une longue sortie en mer. Lors qu'il partait en mer, il ne savait pas vraiment quand serait la date de retour ...
Par amusement, et en référence à la mythologie scandinave qu'il a toujours apprécié, il baptisa sa nouvelle affectation "Kraken". Tout le monde craint le Kraken ! s'amusait-il à raconter.
Mais pour des raisons administratives et éthiques vis-à-vis de la Couronne d'Angleterre, le bâtiment sera inscrit dans les registres sous le nom de HMS Pickle.

De l'autre coté du quai attendait patiemment le plus gros bâtiment n'ayant jamais hissé l'Union Jack dans les Caraïbes : le HMS Surprise. Armée de 26 affuts de 12 livres, la frégate n'avait d'égale que son homologue hollandaise, le De Weldigende du Capitaine Willem Hartog.
Le R-Adm Huntington monta à bord et parcouru lentement le pont supérieur en laissant ses doigts caresser le bastingage tout neuf. Mais il devait se soustraire aux rêveries, car une longue journée l'attendait, lui et ses officiers.
Ils allaient devoir acquérir 26 pièces d'artillerie sans se faire entourlouper par ces marchands avares, recruter 70 hommes d'équipage supplémentaires, et diverses formalités administratives. Sans compter les préparatifs habituels précédents l'appareillage.
Autant dire que ces tâches ne s'annonçaient pas de tout repos, surtout dans un port, certes allié, mais étranger.

En redescendant la passerelle permettant l'accès au quai, il se surprit à exprimer à haute voix ses pensées, devant ses officiers, bien que ceux-ci furent d'avantage des amis pour lui.
Que Dieu prennent soin des âmes de nos ennemis, car ce vaisseau n'a pas été construit pour la croisière de plaisance.

HMS Surprise, 25 Janvier 1714.
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MessageSujet: Re: Sir N. Huntington, Officer of his Majesty Royal Navy.   Mer 22 Jan 2014 - 10:58

22 Janvier 1714, Zone d'Aruba - Bonaire.

Depuis la veille au soir, des navires bataves et britanniques se réunissaient au Nord Est d'Aruba. Le lancement par les quatre plus puissants gouvernements européens de l'opération Mer Propre, visant à éradiquer la piraterie aux Caraïbes, remuait la région. Des navires de multiples pavillons se regroupaient lentement, coordonnés par quatre Amiraux depuis leurs imposants vaisseaux militaires.

Pour permettre à l'opération de rencontrer le meilleur des succès, les gouvernements avaient décidé de signer une trêve dans leurs querelles, entrainant l'interdiction formelle d'abordage ou de tirs directs sur un équipage ne hissant pas de pavillon noir.

En milieu de matinée, la frégate britannique HMS Surprise rejoignit la position du senault armé espagnol Alicante du capitaine De Bayar. Le navire espagnol était au ralenti, l'équipage certainement affairé à diverses tâches variées.

Une missive était partie par pigeon peu avant, à destination du capitaine espagnol, des capitaines anglais & hollandais présents aux alentours ainsi qu'à l'Amiral britannique Stephen O'Brady.

Citation :
En regard de l'agression ouverte et l'utilisation de tiers capitaines, reconnus coupables d'actes de piraterie, dans le but d'agresser de manière directe des navires Hollandais & leurs équipages,
Mais en rapport avec la trêve signée par Sa Majesté la Reine Anne avec les Nations européennes,
L'équipage de l'Alicante du capitaine De Bayar sera mis épargné.
Cependant, son navire sera mis hors état de nuire.
N. Huntington - HMS Surprise

Le Capitaine Alejandro De Bayar était un corsaire espagnol, un membre de la confrérie des Corsaires Andalous et un capitaine au sens de l'honneur plus que douteux. Sa confrérie regroupait 3 capitaines, tous naviguant en Senault armé et hissant pavillon espagnol.
Elle avait fait parler d'elle ces derniers temps par le blocage des ports hollandais, l'agression de plusieurs navires de pavillon bataves et surtout sa coordination avec les forces pirates des Marchombres. Les rumeurs parlaient même de l'engagement de ces derniers comme mercenaires pour que les trois espagnols puissent s'attaquer aux forces hollandaises.

Les Amiraux britannique, hollandais et espagnol essayaient donc de statuer sur la position exacte des trois navires, et principalement sur celle du capitaine De Bayar, qui se trouvait à portée de nombres de navires anglo-bataves.
En considérant leurs actes, les Corsaires Andalous pouvaient-ils être considéré comme des pirates, et donc passer outre l'interdiction d'abordage ?
Avaient-ils fait part de leur situation, de possibles remords de leurs actes auprès de leur Amiral national ? Avaient-ils définis où ils se situaient dans la future traque des pirates ?

Pour le R-Adm Huntington, la guerre menée contre les pirates incluaient également leurs soutiens nationaux directs, ainsi que ceux qui auraient pu financer leurs activités. D'un accord commun avec l'Amiral O'Brady, tout pavillon ennemi (français ou espagnol), non clairement identifié comme membre de la grande Flotte Internationale contre la Piraterie, était suspecté d'intelligence avec l'ennemi pirate et considéré comme tel.

Mais en l'absence de réponse claire de l'Amiral Espagnol à propos des corsaires Andalous, ces derniers pouvaient toujours être repenti. Et dans ce cas, être protégé par la Trêve.
Huntington refusait d'attaquer de possibles repentis, même si une part de lui-même l'y poussait. De tels actes envers les hollandais, avec tant de victimes, ne pouvaient rester impunis.

Messieurs ! Pour l'entrainement au tir avec nos nouveaux canons, rien ne vaut des cibles réelles et dans des conditions réelles de navigation !
Je sais que vous vous êtes rapidement échauffé à terre ces derniers temps, mais il est l'heure de mettre tout ça en pratique !
Ces lâches espagnols qui requièrent l'assistance de pirates ne sont pas encore officiellement pirates, et ne peuvent donc être abordés, mais nous ne pouvons les laisser prendre le large !
Chargez les canons de boulets ramés, nous allons les mettre en panne !


Les 26 affuts furent prêts à tirer en un temps honorable compte tenu de l'inexpérience relative de l'équipage et de sa nécessité d'adaptation au nouveau navire. Entre les canons, les officiers canonniers répétaient les consignes de tir : uniquement le gréement, avec une priorité pour le grand mât et le mât de misaine. En détruisant ces deux mats, le beaupré était inutilisable et le mât d'artimon, relié au grand mât, avait de grande chance de finir au fond de l'eau également.

La première bordée à partir fut la bordée tribord, provoquant une déflagration sonore incomparable avec celles des bordées de son ancien HMS Fearless. La bordée de bâbord suivi peu après, dès que les pilotes eurent réussi à s'aligner de nouveau.

Sur le pont de l'Alicante, la pagaille régnait en maitre absolue. Le mât de misaine flottait à bâbord, tandis que le grand mât, arraché du pont à un mètre de sa base, n'était relié au navire espagnol que par les cordages entre lui et le mât d'artimon, infligeant au senault espagnol un fort gite.
Pour ne pas sombrer, entrainés par le grand mât, les marins espagnols furent obligés de tailler à la hache lesdits cordage, laissant dériver leur grand-mât au gré des vagues.

Le Senault de De Bayar était ainsi immobilisé, jusqu'à ce que les amiraux de la Flotte Internationale contre la Piraterie statuent.



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MessageSujet: Re: Sir N. Huntington, Officer of his Majesty Royal Navy.   Mer 22 Jan 2014 - 17:27

Angus avait reçu de nombreuses missives expliquant et traitant l'incident de Bonaire.
Bien que n'ayant pas pu répondre positivement aux sollicitations reçues pour participer à l'Opération Mer Propre, il décida d'envoyer un message à l'amiral O'Brady...





Satisfait, il retourna dans sa cambuse où l'attendait son maître coq pour commencer l'inventaire de la cave aux alcools...
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Nathan Huntington
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MessageSujet: Re: Sir N. Huntington, Officer of his Majesty Royal Navy.   Mar 4 Fév 2014 - 22:48

3 Février 1714 - Port de Kingston.

Unique frégate hissant l'Union Jack dans toutes les mers chaudes des caraïbes, le HMS Surprise & son capitaine Huntington étaient facilement identifiables par tout ennemi à portée de vue.

Au sein de la flotte multinationale, l'Union Jack en haut du grand mât n'avait que peu de concurrents : désormais, ils étaient quatre capitaines à commander des frégates d'une telle envergure. Willem Hartog, à bord du De Weldigende, première frégate embarquant des canons de 12 livres, ainsi que son compatriote Albert De Jong et son Wraak. Il y avait aussi le capitaine De Grandmont, à bord de L'effrontée, qui était une frégate de 8 modifiée par son capitaine.


C'est grâce à cela que le pli du Gouverneur de Bermuda pu lui arriver en pleine mer. Il fut donc mis au courant des plans de la Royal Navy, de la volonté de celle-ci à l'intégrer dans ses rangs et la nécessiter de raffermir la domination de l'Angleterre sur les océans.

Mais entre-temps, la Flotte multinationale s'était formée. Et cela retarderait d'autant la mise en place d'une réelle escadre de la Royal Navy par les membres des Defenders of the Crown qui accepteraient de la rejoindre.

Pour le moment, la Flotte avait décider de rallier Kingston et il fallait préparer l'arriver d'un tel nombre de navires.

Les trois bâtiments des DotC présents dans la flotte prirent les devants. L'ensemble naviguait au rythme des lents Vaisseaux des Amiraux, il fut donc aisé de prendre de la distance pour rallier Kingston plusieurs dizaines d'heures avant le gros de la Flotte.

La tempête des derniers jours n'ayant pas l'air de revenir, les lumières de Kingston furent aperçues par les vigie du HMS Surprise quelques heures après le coucher du soleil et la frégate s'arrima au quai au milieu de la nuit.

Outre l'épisode avec le pirate De Bayar, le HMS Surprise avait arraisonné deux navires à l'apparence marchande, mais qui étaient suspectés de fournir les repaires pirates en vivres & munitions.
A bord des deux navires, les britanniques avaient découvert des caisses entières de boulets de 6 livres dissimulés sous la cargaison usuelle. Aucun des deux navires n'ayant de pièce d'artillerie, ni de telles marchandises déclarées, plusieurs questions avaient été posées aux capitaines, qui craquèrent au bout de quelques heures. Ils étaient sensés ravitailler certains ports pirates en boulets de 6 livres, calibre standard des Chebecs Corvettes utilisées par les pirates.

Les cargaisons saisies furent ainsi déchargées de l'HMS Surprise et stockées dans les docks de la Confrérie, en attendant de les revendre aux marchands locaux, le quartier-maître alla recruter une dizaine de nouveaux membres d'équipage et le capitaine se rendit au bureau du Gouverneur pour demander une entrevue au petit matin.

Les dizaines de navires qui composaient la Flotte multinationale seraient bientôt ici, et la population devait être avertie. Les forces de l'ordre devaient se tenir prêtent, tandis que les échoppes, pubs et autres lieux d'amusement devaient optimiser leur capacité d'accueil pour augmenter leurs profits.
Une telle fréquentation pouvait ainsi apporter une grande rentrée financière pour la Ville.
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MessageSujet: Re: Sir N. Huntington, Officer of his Majesty Royal Navy.   Dim 9 Fév 2014 - 15:39

9 Février 1714 - Pointe Est de Cuba.

Le soleil déclinait doucement, continuant inexorablement sa descente vers l'horizon. La flotte coalisée se trouvait actuellement dans le détroit à l'est de Cuba, entre plusieurs ports & criques, chacun pouvant renfermer un piège de la part des pirates.
Les Nationalistes devaient donc avancer lentement, pour permettre aux navires rapides de fouiller chaque bras de mer dans les terre.

Parallèlement à cette fouille minutieuse, certains navires occupaient les avant-postes pour pouvoir répondre de manière rapide à un raid pirate. Et bien que les premiers éléments soient pour la majorité anglo-néerlandais, les bâtiments franco-espagnols n'étaient jamais bien loin.

Lors qu'une corvette de 6 et un Chebec arrivèrent par le Nord-Ouest, les vigies ne s'affolèrent pas. Plusieurs navires étaient partis en reconnaissance, et la position du soleil gênait la vision de leur pavillon.

L'alerte ne fut donnée que de longue minutes plus tard, lorsque la corvette changea son pavillon pour un drap noir. C'était le Caught somewhere in time, du pirate Balther Moonchild. Il mis un Grand Chebec dans sa ligne de mire et déchaîna sur le pont un tir nourri. Ces hommes devaient avoir un entrainement imposant, à la vue de la cadence de tir soutenue de la corvette, confiera plus tard un matelot anglais présent à proximité.

Sur le pont du Wolfen, c'était le chaos. Les détonations des canons pirates étaient entrecoupés des cris des blessés et des agonisants. La fumée limitait la vue, et la majorité des officiers étaient hors d'état de commander : le navire hollandais ne pouvais pas répliquer de façon efficace, sonné par l'effet de surprise.

Le chebec pirate, le El Guacamole, s'agrippa au Wolfen par le bord contro-latéral des coups de mitraille. Puis, par deux fois, son équipage tenta de s'emparer du Wolfen, sans succès. Héroïque, les matelots ayant survécu à la mitraille repoussèrent à chaque fois les assauts violents des pirates, au prix cependant de lourdes pertes.

Cet héroïsme fut la bouée de sauvetage du Wolfen : il laissa tout juste le temps aux navires coalisés de se mettre en place pour riposter.

Tandis qu'une nouvelle tentative d'abordage venait d'échouer, le De Weldigende du Capitaine Hartog cloua littéralement contre la coque du Wolfen une bonne partie de l'équipage pirate. La mitraille des canons de 12 livres de la frégate déferlait sans discontinuer sur le pont du Chebec. Pris entre les résistants du Wolfen et la mitraille du De Weldigende, les assaillants subissaient trop de pertes.

Mais certainement pour venger leurs frères tombés face aux pirates dans la zone d'Aruba-Bonnaire, le Draak du capitaine Rodolph Van Der Noob enfonça le clou en suppléant la puissance de feu de la frégate.

A peine les tirs avaient-ils cessé que le De Weldigende s'approchait du navire pirate pour lui porter le coup de grâce. Sur le Wolfen, les 11 survivants et leur capitaine, Anna Neeltje Van Assen, ne s'extasièrent pas de la victoire du capitaine Hartog : quasiment tout leurs compagnons avaient été tués dans ce raid.


La corvette pirate avait profité pendant ce temps de n'être pas agrippé à un autre bâtiment pour tenter de s'éloigner, afin de se mettre hors de portée de tir de la contre-attaque.

Le premier navire a réagir à cette tentative de fuite fut le HMS Surprise de Huntington.

- Nous sommes au dessus de leur navire sur tous les tableaux, sauf un : la maniabilité. Puis en se tournant vers les élèves officiers présents à bord, il continua : Voici comment on prend l'avantage de manière définitive sur un navire plus rapide, tant que nous l'avons à portée de tir.*

- Boulets ramés aux canons ! Première salve dans le gréement, la suite à la mitraille sur le pont ! Ces vandales espèrent s'enfuir, nous leur offrons un aller simple chez Lucifer !

Il n'avait pas fallut attendre les ordres pour que les 26 affuts soient chargés de boulets ramés. L'équipage connaissait son capitaine depuis le temps, et les nombreuses heures du capitaine passées à enseigner la tactique navale à ses matelots leur donnaient de précieuses minutes d'anticipation.

Les voiles se déchirèrent de partout, laissant s’engouffrer dans les brèches le vent si précieux à la survie du Caught somewhere in time. La corvette ralentissait, freinée inexorablement par les vagues à contre-courant.

Cinq minutes plus tard, la Corvette l'élançait lentement vers Kingston, dirigée par le Lieutenant du HMS Surprise, tandis que la Frégate ralliait le reste de la flotte nationaliste sous le couvert de son fidèle ange gardien, le HMS Pickle du Commodore Wolfen.

Je me demande bien pourquoi Anna a-t-elle baptisé son navire du nom de mon ami Wolfen ... Ces deux la me cacheraient-ils quelque chose ?

Amusé, Huntington retourna superviser le compte du butin transféré sur le HMS Surprise.
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MessageSujet: Re: Sir N. Huntington, Officer of his Majesty Royal Navy.   Mar 11 Fév 2014 - 10:31

[HRP : Après relecture, ce message sous couvert de RP était déplacé. Je tiens donc à m'excuser auprès des joueurs à qui il a porté atteinte.]


Dernière édition par Nathan Huntington le Mer 5 Mar 2014 - 7:06, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Sir N. Huntington, Officer of his Majesty Royal Navy.   Mer 19 Fév 2014 - 23:14

14 Février 1714, entre Eleuhera et Tortuga.

Alors que les Amoureux venaient de passer la majeure partie de leur journée enlacés sur les plages de sable fin, les affrontements entre pirates & capitaines de la Coalition ne cessaient pas.

En fin d'après midi, alors que la majeure partie des forces coalisées redescendaient avec un cap au Sud, la Frégate de 12 du capitaine batave Albert de Jong, le Wraak prenait du retard sur la formation, déjà désorganisée.
Isolée en arrière, elle apparaissait aux yeux des pirates comme une proie de choix. Un navire de cette importance faisait une cible privilégiée, entamant à coup sur le moral du camp touché en cas de naufrage.

Les pirates lancèrent donc leurs navires rapides à l'attaque de la Frégate, puis ouvrèrent le feu dès qu'ils furent à portée. Au total, ce n'était pas moins d'une centaine de canons de 6 livres qui se trouvaient autour de la Frégate hollandaise, dont les 20 affûts de la célèbre corvette La Mauvaise Fortune du meneur pirate Vincenzo Doria.

Conscient de l'importante du Wraak dans la flotte coalisée, le capitaine Westwind lança sa propre corvette, le HMS Seadog, au sein de la mêlée pour contre-attaquer les pavillons noirs. Il se dirigea directement sur La Mauvaise Fortune, abattant un déluge de mitraille sur le pont de celle-ci. Et avant même que les autres brigands ne réagissent, le HMS Seadog s'accola bord à bord avec le navire pirate.

L'abordage fut rapide, mais d'une extrême violence. Les morts se comptaient par dizaines dans chaque équipage, mais La Mauvaise Fortune était toujours la possession du capitaine Doria.


Enlevé les premiers instants, ainsi que la vitesse d'action et l'effet de surprise associés, la corvette de 6 du capitaine Westwind n'était pas faite pour résister à 5 navires pirates. Les pirates ne laissèrent ainsi aucun chance au bâtiment britannique : Piotr Curtiss prépara le pont anglais pour l'abordage du Libertador de Don Lobo.

Mais l'action héroïque du capitaine anglais ne fut pas vaine : le Wraak profita de l'intermède pour rejoindre le gros des forces coalisées, tandis qu'un capitaine batave téméraire abordait et s'emparait de La Mauvaise Fortune.

La tête du regroupement pirate était maintenant au fond d'un canot de sauvetage, mais au prix de l'équipage entier du HMS Seadog et d'une multitude de blessés sur les autres navires.
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MessageSujet: Re: Sir N. Huntington, Officer of his Majesty Royal Navy.   Mer 19 Fév 2014 - 23:58

17 Février 1714, zone de Port Margot - Tortuga.

Depuis la sanglante bataille au Nord-Ouest, la flotte coalisée avait rejoint principalement le port de Port Margot depuis l'Ouest, ainsi que quelques éléments à Cockburn Town.
Les navires pirates arrivaient quand à eux du Nord ou du Nord-Ouest principalement, et rentraient rapidement dans la rade de Tortuga.

Chaque camp permettait ainsi à ses équipages de faire relâche, avant un possible affrontement massif dans les jours à venir.

Des deux cotés, des navires s'étaient dissimulés dans des petites criques environnantes, permettant d'espionner les différents navires au port et leurs activités, renseignements essentiels avant de se lancer dans un combat relativement rangé.

Le capitaine français Edward Davis était l'un d'eux. Sa corvette de 6 soigneusement mise à l'abri des regards, il avait posté des guetteurs pour être tenu informé des mouvements pirates et des navires au large du port.

Du coté de Port Margot, le Gouverneur avait ordonné la mise en place de navires sentinelles devant le port. Parmi eux, le HMS Surprise veillait tous feux éteints hormis une lanterne à la vigie du grand mat. Si d'autres lumières venaient à être éclairées, cela était sensé indiquer aux veilleurs du Port l'approche d'un danger.

Ayant eu vent des festivités pirates la veille, faisant suite à l'arrivée des équipages fourbis, Edward Davis tenta sa chance en fin de matinée sur la Corvette de 6 du pirate Mors Slayer, le Blackcorps.
Arrivant par la poupe, les canonnades surprirent l'équipage pirate. Mais habitué des combats, ce dernier réussi à esquiver les manœuvres d'accouplement du français.
Davis pris alors cap au Sud Est, ayant un vent du Sud l'empêchant de regagner directement Port Margot pour se mettre à l'abri.
Mais les affaires de Mors Slayer étaient loin d'être finies : prévenu par pigeon des intentions de son compatriote, le capitaine de l'Acheron, Lafayette, se coordonna pour attaquer la corvette pirate quand cette dernière se crue épargnée.
Les 220 hommes du Grand Chebec n'eurent aucune pitié à envoyer par dessus bord l'équipage pirate abordé.




La contre-attaque pirate fut lancée par Piotr Curtiss, capitaine du Métal Hurlant. Mais délaissée par ses compagnons  qui ne l'avaient suivi, la corvette de Curtiss se retrouva au large à l'Est de Tortuga, seule face à une petite escadre coalisée.

En garde devant le port, le Commandant Huntington sur le HMS Surprise fut le premier à réagir.
A 16H07, la frégate britannique se plaça à portée de tir du Métal Hurlant et ouvrit le feu dans la seconde qui suivit. Déployant une puissance de feu de près de 3 fois supérieure à celle de la corvette, le HMS Surprise ne laissait d'entrée de jeu que très peu de chance de survie au navire pirate.

Mais à 16H10, le "Tropical Storm" -surnom du navire de l'Amiral Fox- arriva sur place et rajouta ses 18 affûts à la canonnade, suivi par le HMS Thirsty Mermaid et le Fougueux des capitaines Phillips et de Sisley.

Cinq minutes plus tard, le pavillon noir était abaissé par le capitaine Phillips en personne, maître du Métal Hurlant.
A bord, nulle trace de Piotr Curtiss : son corps n'apparaissait pas parmi les cadavres, tandis qu'aucun canot de sauvetage n'avait été mis à l'eau.

Pour les capitaines de la coalition, ce n'était pas vraiment un problème. Le point de vue général étant que ça faisait toujours une vermine de moins sur ces eaux.

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MessageSujet: Re: Sir N. Huntington, Officer of his Majesty Royal Navy.   Lun 24 Fév 2014 - 18:45

23 Février 1714, Port de Cockburn Town.

La trêve entre les différentes grandes nations européennes présentes dans les Caraïbes avait pris fin quelques jours auparavant.
L'importante flotte multinationale s'était alors séparée par morceaux, certains capitaines peu au courant des changements.

Du coté britannique, une partie des navires des DotC s'étaient regroupés au large de Cockburn Town et avaient procédé à l'interception de plusieurs navires marchands espagnols & français.

Le HMS Surprise avait quand à lui mis directement le cap sur le port et profité des installations de la Navy décharger les marchandises de ses prises. Il y en avait pour plus de cinquante mile piastres, un joli butin qui nécessitait une bonne garde pour démotiver d'éventuels larcins.

Les cales vidées, le HMS Surprise fut installé en cale sèche pour une inspection complète de la coque. Cette dernière devait être parfaitement entretenue pour conserver toute la vitesse du bâtiment, variable si importante au combat.
L'escale à Cockbrun Town prendrait plusieurs jours, c'était donc l'occasion de faire l'entretien.



Tandis que la présence de la frégate dans le port attirait sur le quai enfants & badauds, une grande réception dans la demeure du gouverneur réunissait l'ensemble des personnalités de la ville. Riche marchands ou postes à responsabilités de la Cité, tous avaient été conviés à la soirée célébrant les victoires de la flotte de Sa Majesté contre les pirates locaux.

C'est également au cours de cette réception que le capitaine du HMS Surprise, Nathan Huntington, reçu officiellement le titre de Rear-Admiral de la Royal Navy, intégrant les rangs de la redoutée armada de Sa Majesté, comme l'avait fait son compatriote Gregory Rooke.
Les planifications de Sir Isaac Jameson pour réintroduire des bâtiments de la Royal Navy, et non des navires sous lettre de marque, au sein des Caraïbes se mettait ainsi doucement en place.

Mais au lendemain de cette intronisation, rien n'avait réellement changé pour Huntington : ses objectifs personnels avaient toujours été en concordance avec ceux de la Royal Navy. Seules l'apparition d'un solde régulier et une meilleure reconnaissance dans les ports amélioraient maintenant sa situation.

Réception au Palais du Gouverneur.
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MessageSujet: Re: Sir N. Huntington, Officer of his Majesty Royal Navy.   Mar 4 Mar 2014 - 21:35

4 Mars 1714, Port de Cockburn Town.

Les victoires et coups d'éclat apportent renommée et financements. Et les puissantes flottes ainsi financées apportent à leur tour des victoires.

Cette simple règle régnait depuis plusieurs mois dans les Caraïbes, mais l'important dispositif déployé par les quatre Majeures du Vieux Continent avait permis de diversifier ses atteintes.
Les forces britanniques, jusque la mises à mal par leurs multiples confrontations aux solides navires pirates, allaient enfin pouvoir naviguer en tant que dominatrices des mers.

L'immense majorité des travailleurs des chantiers navals britanniques dans les Caraïbes étaient regroupés à Cockburn Town et Kingston depuis maintenant plus de 6 mois.
Les dispositions de Sir Issac Jameson ne comptaient pas que sur le recrutement de capitaines aguerris et habitués aux mers caribéennes, mais prévoyaient de fournir à ceux-ci des navires surpassant les autres Nations et principalement les flottes pirates, références d'armement au déploiement du plan.

Après 6 mois de travail intensif et des milliers d'heures de labeur, la Confrérie des Defenders of the Crown avait pris livraison de nouveaux bâtiments.
Plusieurs capitaines avaient ainsi fait amarrer leurs senaults pour prendre le commandement de Chebecs tout juste vernis : la Commander Cudriss à bord du HMS Jade II, le Commander Edward le HMS OSTIII, le Commander Cole le HMS Junior. La flotte avait également incorporé le grand chebec du Capitaine Bâton, le HMS Black Panther, qui avait reçu une lettre de marque de Sa Majesté avec les survivants de l'équipage du tristement célèbre Piotr Curtiss.

Le Vice-Amiral Phillips, renommé au sein des Caraïbes pour ses connaissances en matière de spiritueux et autres nectars, devait recevoir dans les jours à venir le commandement du sister-ship du HMS Surprise, une seconde frégate de 26 pièces de 12 livres.

Quant à l'Amiral Fox, il avait pris le commandement du HMS Sunshine, une frégate de 26 affûts de 9 livres, dans l'attente de la construction de son navire-amiral, un Vaisseau de 64 canons.

A Kingston, les Commanders Pete et Bowmore attendaient toujours leur nouveau navire, dont les finitions étaient en cours. C'était l'affaire de quelques jours pour que le gréement finisse d'être mis en place et les canons installés aux sabords.

Lors que l'ensemble des navires en constructions auront été livrés, l'escadre de la Royal Navy pourrait compter sur une puissance de feu totale de mile neuf cents deux livres. Cinquante-deux affûts de douze livres, vingt-six de neuf livres et cent soixante-quatorze affûts de six livres !
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MessageSujet: Re: Sir N. Huntington, Officer of his Majesty Royal Navy.   Mar 4 Mar 2014 - 22:49

4 Mars 1714, Port de Cockburn Town.

Un peu moins d'une semaine après sa mise en cale sèche, le HMS Surprise avait retrouvé la douceur de l'eau sur sa coque. Amarrée au quai central du port, les habitants venaient observer la frégate pour avoir sous les yeux la réplique exacte de celle encore dans le chantier naval de l'île.
Poncé, repeint & verni avec soin, le HMS Surprise avait fière allure sous le soleil des Caraïbes.

Le HMS Surprise à quai à Cockburn Town.

Le Rear-Admiral Huntington admirait son bâtiment. Il en était extrêmement fier et le chérissait : n'ayant pas d'épouse à aimer en métropole, il se donnait cœur & âme chaque jour pour son équipage, son navire et les missions qui lui étaient confiées.

Après quelques désillusions auprès de femmes avides de richesse, de trains de vie luxueux et d'un mari en mer, Huntington avait trouvé d'autres occupations lors de ses séjours à quai.
Bien qu'il participait toujours avec plaisir aux soirées et bals auxquels il était convié, il passait une grande partie de son temps à lire. Des ouvrages relatant de batailles navales d'Europe, des tactiques employées par chacun des deux camps et des conséquences de celles-ci étaient présents dans tous les palais des Gouverneurs des colonies britanniques, et son statut au sein de la Royal Navy lui ouvrait toutes les portes nécessaires à ses lectures.

Mais pour le tacticien qu'il était, rien ne valait la pratique et l'entrainement en mer. Le HMS Surprise sortait donc régulièrement de ses ports d'amarrage pour quelques jours, même lorsque toute la flotte des DotC était à quai.

Un équipage entrainé, avec des automatismes, c'est comme avoir le temps de son coté. Les gestes sont fluides, les actions maîtrisées et parfaitement exécutées.


Le HMS Surprise au large de l'île de Cockburn Town.
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MessageSujet: Re: Sir N. Huntington, Officer of his Majesty Royal Navy.   Lun 10 Mar 2014 - 9:19

10 Mars 1714, à l'Ouest de la Jamaïque.

Catastrophique. Le R-Adm Huntington n'avait pas d'autre mot pour décrire les évènements de la nuit du 8 au 9, qui avait vu deux navires de Sa Majesté se transformer en gigantesques torchères flottantes.
Et cela confortait ses principes, selon lesquels l'expérience de l'équipage était primordial.

La flotte britannique, après un accrochage avec des navires pirates à l'ouest de Tortuga, devait profiter de la nuit pour passer le goulet formé par Tortuga, Port Margot et l'île de Cuba.

Mais au lever du jour, deux navires n'étaient pas encore sortis du détroit. Leurs équipages, qui effectuaient leur première vraie sortie en mer, avaient pêché par imprécision et manque de concentration.

Sorties de plusieurs criques, les pavillons noirs fondirent sur les deux retardataires escortés du HMS Surprise. L'attaque fut rapide et sans pitié, concentrée dans un premier temps sur le navire-Amiral de Fox.

Huntington hésita un instant, son esprit oscillant entre la défense de son Amiral et la raison de sauver son équipage d'un suicide collectif. A un contre sept navires pirates, ils ne pouvaient rien faire.
Ce furent deux bordées d'un Chebec pirate qui le ramenèrent à la réalité : le HMS Sunshine brulait de toutes parts tandis que le HMS Hangover ne donnait aucun signe de vie.

Le HMS Surprise fila toutes voiles dehors, droit sur Kingston, laissant dans son sillage deux navires de Sa Majesté en proie aux pirates, sans pouvoir réagir.
Encore sur le gaillard d'arrière, Huntington fulminait. Il y en avait pour plus d'un demi-million de piastres, sans compter toutes l'artillerie embarquée. Une véritable fortune.
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MessageSujet: Re: Sir N. Huntington, Officer of his Majesty Royal Navy.   Lun 10 Mar 2014 - 11:50

10 Mars 1714, à l'Ouest de la Jamaïque.

Les derniers évènements laissaient Nathan Huntington anxieux : voilà plus de vingt-quatre heures que l'Amiral Fox avait été envoyé par le fond, tout comme le R-Adm Phillips. Et il n'avait aucun moyen de connaitre leur situation.

Avaient-ils été tué durant les affrontements ? Avaient-ils été capturés par les équipages pirates ? Ou, par l'action d'une bonne étoile dans la tourmente, avaient-ils réussi à rejoindre un canot pour échapper à leurs agresseurs ?

Mais en ce matin du 10 mars 1714, ce n'était pas le sort d'un Commandant des DotC qui préoccupait le R-Adm Huntington, mais celui d'un navire marchand de Sa Majesté, le HMS Odyssey.

La frégate marchande avait appareillé de Cockburn Town le lendemain matin de la cérémonie de la Royal Navy promouvant Jérémy Fox a son grade d'Amiral et chef des DotC.
Elle devait rallier Kingston en un peu moins de cinq jours, avec à bord des passagers et un million de piastres en cargaison : de l'argenterie ayant servi à la réception, des fonds pour la solde de la garnison de Kingston et des matières premières pour les joaillers de la colonie britannique.

Parmi les passagers, on retrouvait plusieurs éléments de la société britannique. Des marchands désireux d'établir de nouveaux partenariats après la disparition de Port-Royal (lors du tremblement de terre du 7 juin 1692), des négociants en marchandises exotiques à la recherche des dernières trouvailles des explorateurs locaux, ainsi qu'un administrateur d'une famille noble d'Angleterre, Billy Baithes.

Monsieur Baithes avait pour devoir de visiter toutes les cinq saisons les plantations Jamaïcaines de la famille Wesley, les Comtes de Somerset. Il partait donc pour un périple de plusieurs mois, afin de s'assurer du bon déroulement des cultures et de la gestion des trois propriétés sur l'île.
Exceptionnellement, il était accompagnée cette année par la fille cadette de la famille, Katherine Wesley.

Habile oratrice, elle avait convaincue ses parents des bénéfices d'une tel voyage avant son enfermement dans une grande demeure, conséquence quasi certaine apportée par une perspective de mariage arrangé. Elle espérait ainsi pouvoir jouir d'une certaine liberté et profiter du temps radieux des Caraïbes durant plusieurs mois. Il faut également avouer que sa menace de se rendre au couvent, privant ainsi sa famille d'héritier, son frère étant rentré dans l'armée de Sa Majesté, avait mis la pression sur ses géniteurs pour obtenir l'autorisation de ce voyage.

Le bal organisé à Cockburn Town en l'honneur de l'amiral Fox avait coïncidé avec l'escale du HMS Odyssey. De ce fait, mademoiselle Wesley avait été invitée, au même titre que quelques autres passagers de marque.
La jeune Kate avait profité de l'occasion pour revêtir l'une des deux robes achetées à Charles Towne quelques semaines auparavant. Agrémentée d'un chapeau orné d'une large plume, elle avait fait grande impression auprès des gentilshommes présents, et notamment Huntington.

Ils avaient partagé un grand nombre de danses, parcouru bon nombre d'allées des jardins de la propriété et discuté de multiples sujets. Le R-Adm savait ainsi que la jeune femme n'avait aucune hâte de rentrer en Angleterre, préférant les paysages caribéens aux collines agricoles du Somerset. Elle avait un faible pour les homes bruns par rapport aux blonds et s'était passionnée pour le piano et les mathématiques, au grand damne de ses parents qui la voyait fouiller les relevés comptables leurs exploitations.

De son coté, elle avait eu droit après quelques réclamations à un résumé, même succins, de la carrière du britannique. Et bien qu'elle le supplia, elle n'obtint pas l'autorisation de visiter le navire sous son commandement.
- Le milieu de la nuit n'est pas réellement l'heure propice pour embarquer une jeune dame de votre prestance à bord d'un navire de la Royal Navy, lui avait-il répondu en souriant. Peut-être qu'au Port de Kingston nous aurons de meilleures conditions, si toutefois nous nous revoyons.

Mademoiselle Wesley quitta la réception assez tôt, raccompagnée par monsieur Baithes, leur navire devant appareiller tôt le lendemain.



En ce 10 Mars 1714, le capitaine Huntington, assis au fond de son fauteuil dans sa cabine, paraissait pensif.

Cette demoiselle compte un peu plus pour lui qu'il n'ose me l'avouer ...pensa son Second, le capitaine Henry William Paget, après l'avoir observé pendant de longues minutes.

- Pavillons noirs à un quart par tribord arrière ! Au moins cinq !

Mademoiselle Katherine Wesley, Comtesse de Somerset. Wellington, 1712.


Dernière édition par Nathan Huntington le Mer 12 Mar 2014 - 14:16, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Sir N. Huntington, Officer of his Majesty Royal Navy.   Lun 10 Mar 2014 - 21:30

HRP : A partir d'aujourd'hui, ce RP ne contiendra que les actions concernant le navire du commandant Huntington, ainsi que celles à portée de vue. Pour les actions "extérieures", elles ne pourront être racontées qu'une fois que Huntington en aura pris part, donc en rentrant au port avec les capitaines concernés ou après mise au courant par missive, mais toujours une fois au port. Ceci dans un but de RP plus poussé.
Je précise également que le point de vue est celui du capitaine britannique (ou un point de vue légèrement extérieur pour certaines actions, comme les pensées de ses officiers ou de matelots présents sur les évènements), donc il se peut qu'il y ai un déséquilibre dans les récits des victoires, vis à vis des défaites de la flotte britannique.
Je remercie tous les lecteurs de ce RP, et d'avantage ceux qui me font part de leurs critiques, positives comme négatives, pour l'améliorer à chaque message.
PS : j'ai commencé à écrire ce message de RP à 20H30, pour le finir deux heures après. Des fois il faudrait que j'arrive à me concentrer sur une seule chose...  lol 

* * * * * *


Le capitaine du HMS Surprise tira sa longue vue d'un tiroir de son bureau, se retourna et ouvrit une des fenêtres qui donnaient sur la poupe.

Le hunier ne s'était pas trompé. Ils étaient bien au moins cinq, vu qu'il comptait exactement six pavillons noirs.

Les navires pirates les plus proches se trouvaient à environ un mile nautique, dans le sillage de la frégate. Pour se retrouver là au milieu de la matinée, ils ne pouvaient pas venir du lieu du naufrage de la veille. La vigie aurait du les voir avant dans ce cas.
Ils devaient certainement se tapir derrière l'île, en 18°30N, 75°15W, à attendre le passage des rescapés britanniques.
Deux grands chebecs, ainsi qu'un chebec, des pavillons noirs classiques, sans aucun signe distinctif. Aucun moyen de deviner l'identité des capitaines.

Plus loin sur l'horizon, au moins trois autres pavillons noirs. Une corvette, certainement emportant des pièces de 6 livres vu les habitudes des pirates, et deux autres navires de type non identifiable.

- Monsieur Jimmy ! Êtes vous certain d'avoir sorti toute la voilure que nous avons à bord ? Nous devons atteindre l'entrée de la baie de Kingston avant la tombée de la nuit !

- Nous avons mis le maximum Amiral ! Avec plus de voilure, nous risquons de tout rompre !

- Et bien que chaque homme qui n'est pas dans les hunes sorte son mouchoir de poche pour augmenter notre vitesse !

Voila deux fois qu'il fuyait devant l'ennemi, deux fois qu'il ne pouvait absolument rien tenter qui ai la moindre chance de réussir.

Peu avant que le soleil ne commence à redescendre sur l'horizon, la voie des huniers retenti à nouveau.
- White Ensign par tribord avant ! Une frégate et deux corvettes !

Certainement Iann Westwind, ainsi que deux autres capitaines des DotC. Enfin une bonne nouvelle aujourd'hui !

Le HMS Surprise ralliait chaque minute d'avantage la rade de Kingston, mais toujours avec les black sails dans son sillage. Chaque minute passée en conservant l'écart avec ses poursuivants les rapprochaient de la sécurité du port.

La tension ressentie chez chaque membre de l'équipage ne commença à redescendre qu'au moment où le soleil croisa l'horizon. A ce moment où la mer devient rouge et se confond aux nuages lointains, quand l'obscurité se rapproche et menace d'engloutir tous les navires.

Les navires pirates furent perdus de vue dans l'heure qui suivie, la faible clarté de la lune cette nuit la n'offrant pas assez de visibilité pour apercevoir les voiles des chebecs.

Ils avaient réussir à atteindre Kingston et le reste de l'escadre des Defenders of the Crown. Mais deux navires hissant la White Ensign avaient péri par les flammes, endeuillant cette journée qui aurait du être festive : le rassemblement de quasiment l'ensemble de l'Escadre, pour la première fois après les évènements de la Coalition anti-pirate.
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MessageSujet: Re: Sir N. Huntington, Officer of his Majesty Royal Navy.   Mer 12 Mar 2014 - 15:46

11 Mars 1714, Port de Kingston.

La nuit était sombre, avec une lune à son premier quartier uniquement. Le HMS Surprise pénétra dans le port en dernier, escortée sur chaque bord d'une barque afin de facilité ses manœuvres dans la pénombre. Il s'amarra entre le HMS Arethusa du capitaine Wolfen et le HMS Bounty du capitaine Bowmore.

Dans sa cabine, Huntington finissait de planifier les opérations prioritaires à réaliser, entouré de son Second et de ses principaux officiers.

Il faut rapidement demander une escorte pour les piastres que nous avons à bord. Malgré que nous soyons en port britannique, elles ne peuvent traverser la ville sans protection.
Concernant les marchandises en cales, stockez tous dans les docks de l'escadre. Les administrateurs s'occuperont de faire l'inventaire et la gestion.


Les hommes ont combien de temps de libre, avant de devoir ré-embarquer ? Malgré que nous ayons fait relâche à Cockburn Town il y a peu, ils ont sérieusement besoin de profiter de la ville.

Un peu moins de quarante-huit heures. Après ce délai, nous devrons appareiller pour la suite des opérations. La piraterie ne sera pas réduite en se promenant en ville Lieutenant.
Il faut également pendant ce laps de temps embarquer les stocks habituels de vivres et de munitions.
Nous appareillerons demain en fin de journée, peu avant la nuit. Ainsi, des éventuels observateurs vendus à l'ennemi postés sur l'île ne pourrons être avertis de notre départ.


Tout le monde s'apprêtait à quitter la cabine, quand un des lieutenants de vaisseau se retourna.

Mon Amiral, serez vous à bord durant ces quarante-huit heures, ou descendrez-vous à terre ? Au cas où nous aurions besoin de vous pour trancher sur une décision.

Je serais à la ... Le Capitaine Paget sera mis au courant, référez vous à lui. Il n'est pas mon Second depuis tant d'années sans raisons.

Le capitaine Henry William Paget était le Second du Rear-Amiral Huntington depuis maintenant plus de sept ans. Il avait depuis ce temps développé une profonde amitié avec celui qui était pourtant son supérieur, ce qui expliquait son poste de Second alors qu'il était à même d'obtenir son propre commandement depuis quelques années déjà. Il avait une confiance aveugle envers les compétences de fin tacticien de son ami et profitait pleinement de ses explications de l'Art du combat naval.
En contre-partie de cette fidélité, Huntington faisait en sorte de toujours le faire inviter aux réceptions officielles auxquelles lui-même était convié. N'ayant pas eu le privilège de naître noble, Henry n'avait pas autant de portes ouvertes. L'uniforme jouait en partie, mais l'arbre généalogique d'avantage.

Une fois sur le quai, Huntington réquisitionna une voiture et deux chevaux au poste de garde, afin de pouvoir se déplacer rapidement dans Kingston.

Sa première destination fut les autorités du Port. Il fallait qu'il signale les dernières positions pirates connues, ainsi que les faits déroulés ces derniers jours. C'était également là qu'il aurait le plus de chance de se renseigner à propos du HMS Odyssey.
Il n'avait pas vu la frégate auprès des docks. Mais ces emplacements spéciaux n'accueillent que les navires en cours de déchargement essaya-t-il de se rassurer.

Le Commandant du HMS Surprise ! fut-il annoncé lorsqu'il fit irruption dans le bureau principal.

L'officier marinier de garde cette nuit là salua l'Amiral, débarrassa grossièrement la table des cartes pour dérouler la carte des Antilles et ouvrit un imposant registre sur la table d'à-coté.

Les nouvelles galopent plus vite que les chevaux dans les colonies. Je suppose que vous êtes au courant des attaques pirates que nous avons subit ?

Le marin acquiesça. Si vous voulez bien nous indiquer les positions de ces attaques, ainsi que les caps des pavillons noirs après les faits.

Huntington posa son doigt sur la carte déroulée à deux reprises. Le HMS Sunshine a été attaqué ici, et voila la dernière position connue du HMS Hangover. Pas de signe de vie depuis, d'aucun des deux navires.
Il déplaça alors son index pour retracer la route empruntée. Au niveau de l'île déserte, il marqua une pause.
Deux grands chebecs nous attendaient derrière cette île et nous ont pris en chasse jusqu'à la tombée de la nuit. Ceux qui nous chassaient depuis le détroit de Cuba se sont arrêté à l'Ouest de l'île.

La plume de l'officier inscrivait la moindre parole de Huntington : la Royal Navy conservait toutes les informations concernant les actes de piraterie et les positions des navires de guerre espagnols et français. Des informations essentielles pour préparer les opérations.

Est-ce que le HMS Odyssey est arrivé jusqu'à Kingston ? Une frégate marchande, qui a appareillé le 5 mars de Cockburn Town. Il devait emprunter la même route que nous, et je crains donc qu'il ai fait de mauvaises rencontres en chemin.

Absolument, le HMS Odyssey a accosté le 10 au petit matin. Ils ont déchargé ... attendez ... L'officier marinier feuilleta un second registre, toujours aussi volumineux que le premier. Ah voila. Déchargement de perles et de joyaux, des étoffes et également de l'argenterie du Gouverneur. Il repassa ensuite sur le premier registre. Il est reparti le même jour, à 18 heures. Destination Bélize, à l'Ouest. Le capitaine n'a pas fait part d'actes de piraterie subits durant le trajet depuis Cockburn Town.

Merci Premier-Maître.

Avant de passer la dernière porte qui donnait sur la rue, Huntington profita de la torche du hall et du miroir présent sur le mur pour inspecter sa tenue. C'est à ce moment qu'il aperçu un trou et une belle déchirure dans sa veste.

Encore un cadeau de la mitraille pirate ! Cocher, ramenez moi à borddu HMS Surprise !
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MessageSujet: Re: Sir N. Huntington, Officer of his Majesty Royal Navy.   Ven 14 Mar 2014 - 8:05

11 Mars 1714, Port de Kingston.

Huntington avait du repasser par le HMS Surprise pour se changer : les tirs de mitraille du chebec pirate avaient largement entaillés sa veste d'uniforme au niveau du dos, sans pour autant lui infliger la moindre plaie!
Et même s'il pestait contre la perte d'une veste d'excellente qualité, il savait parfaitement qu'il avait eu une bonne étoile avec lui à ce moment là.

Sur le quai, il conserva son couvre chef emplumé à la main avec la légère brise qui balayait le port. Il y avait certainement mieux pour la santé qu'un bain avant le lever du soleil en Mars, surtout pour un bicorne tombé à la mer.

Il congédia le cocher qui l'attendait et emprunta uniquement un cheval au poste de garde. Il trouva sans trop de mal l'adresse donnée par un planton du port, étonné au premier abord que celle-ci fut située à l'intérieur de la ville. Les habitations des propriétaires terriens étaient généralement situées dans leur propriété, à l'extérieur.

C'était trop beau pour être vrai, pesta Huntington. Il venait d'arriver devant une haute bâtisse, dont la façade était gravée d'un imposant "Wesley Export". Mais l'ensemble des accès étaient fermés, cadenassés par de lourdes chaines. Et pour cause, il s'agissait du comptoir de commerce de l'exploitation, nullement les habitations.

L'Anglais remonta sur sa monture et se dirigea vers l'une des portes de la ville.

Kingston était une des places fortes du Royaume de Grande-Bretagne. Il y avait donc en permanence une importante garnison dans le fort, permettant la mise en place de patrouilles nocturnes pour renforcer la sécurité de la ville.
A chaque entrée principale, six gardes étaient en poste chaque nuit. Un moyen de dissuader d'éventuels fauteurs de troubles et un excellent moyen de se renseignent pour Huntington.

Une petite demi-heure de cheval, toujours sur la route principale. Vous ne pourrez pas ne pas la voir, c'est la plus grande exploitation, avec d'imposantes bâtisses à proximité de la route.
Le soleil commence à apparaitre à l'horizon, vous avez de la chance. La nuit, les routes ne sont que très peu fréquentées, et s'y promener seul peut s'avérer dangereux.


Une fois lancé, le Contre-Amiral tilta sur un détail. Diable, ils ne m'ont pas précisé si c'était une demi-heure au pas ou au galop ! Se basant sur la vitesse des chariots transportant les récoltes jusqu'aux docks, il maintint un rythme un peu soutenu afin d'arriver plus rapidement.

Les premiers bâtiments furent en vue une vingtaine de minutes après qu'il ai franchi les limites de Kingston. Éclairés à intervalles réguliers, les soldats ne s'étaient pas trompés : la plantation était parfaitement en vue sur le bord de la route.

Arrivés à proximité des bâtisses, le Contre-Amiral continua à pied, bride à la main. Il était encore tôt et il ne souhaitait pas réveiller l'ensemble de la plantation. Il contourna les premières constructions et continua à travers la cour en direction de l'habitation principale.

La plantation Wesley, vue de la route de Kingston. 1715
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MessageSujet: Rear-Admiral N. Huntington & Her Majesty Royal Navy.   Dim 23 Mar 2014 - 19:24

Wesley Manor, Kingston. April 1714.




11 Mars 1714, Plantation Wesley - Kingston.

Boum. Boum. Les deux coups de heurtoir contre la porte en bois massif résonnèrent dans l'air frais du matin. L'hiver vivait ses derniers instants et la chaude météo renommée de ces régions revenait à grands pas.

Face à son reflet dans la partie vitrée de la porte, Huntington ajusta son bicorne à plumetis et tira sa veste.

La porte s'ouvrit quelques instants après, mû par un majordome peu éveillé.
Est-il la une heure pour frapper chez les gens ? Que se passe-t-il donc pour avoir de la visite à un tel moment ?
D'abord légèrement agressif, le majordome se ravisa en partie une fois en face de l'uniforme.
Monsieur ?

Nathan Huntington, Rear-Admiral de la Royal Navy. Mademoiselle Wesley est-elle ici ?

Mademoiselle est ici, oui. Mais elle dort et quand bien même elle serait éveillée, elle ne peux pas vous recevoir dans sa tenue.

Je vais donc patienter le temps qu'elle puisse s'habiller. Je ne suis pas pressé, mais qu'elle ne traîne pas trop tout de même.


Huntington patienta dans le petit salon tandis que mademoiselle Wesley ôtait bonnet & chemise de nuit pour une tenue plus correcte. Le majordome n'ayant pas transmis le nom de l'invité, elle se questionnait sur cette rencontre bien matinale. Qui pouvait donc vouloir la voir à ce point, dès le lendemain de son arrivée à Kingston ?

Une fois habillée, elle shunta la coiffeuse et descendit les escaliers de marbre en tentant de démêler ses cheveux avec ses doigts.

Commandant Huntington ? En voilà une surprise de bon matin !
Souriante, elle avait l'air enchantée de cette visite matinale.
Ma compagnie vous manque tant que ça depuis que je vous ai laissé à ce bal, à Cockburn Town ?

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MessageSujet: Re: Sir N. Huntington, Officer of his Majesty Royal Navy.   Lun 28 Juil 2014 - 11:04

De son départ début Avril 1714 à son amarrage au port de Kingston près de quatre mois plus tard, seules quelques brèves informations sur les faits du HMS Surprise avaient traversé les années pour arriver jusqu'aux historiens militaires du XXIème siècle.

Tout ce que l'on savait, c'était son passage à Belize, inscrit dans le registre du port à la date du 23 Juin 1714. La majorité des documents de la garnison de la Royal Navy de Belize ayant été consumée dans un incendie au moment de la bataille de Saint Gorge's Caye, la date du départ n'était pas connue avec certitude.

Mais elle ne pouvait être après le 27 Juin 174, car les archives de la Royal Navy et de la Marine Française s'accorde pour dire que la Frégate du Rear Admiral Huntington participa bien à l'escarmouche au sud du repaire pirate de Caye Mujeres. Bataille au cours de laquelle leHMS Surprise envoya justement par le fond l'Achéron, navire du Commandant français Lafayette, porté disparu depuis ce jour : les témoignages divergent à propos de la mise à l'eau ou non d'un canots avec ou non la présence de l'officier français.

13 Juillet 1714, Port de Kingston.

Le HMS Surprise s'amarra au petit matin, après avoir été guidé par les lumières du phare pendant le dernier quart de la nuit.
Depuis le temps qu'ils opéraient dans les Caraïbes, les marins britanniques étaient rodés aux spécificités de la Royal Navy dans la région : les abordages de navires contrebandiers étaient en effet peu fréquents aux abords de l'Angleterre, et il n'y avait donc que de très rares occasions de décharger des marchandises.

De plus, les frégates n'étaient pas utilisées à ces fins sur le Vieux Continent, car de simples sloops ou corvettes légères suffisaient à intimider les contrebandiers un peu trop entrepreneur.
Dans les Caraïbes, et encore plus dans la partie Ouest qu'à l'Est, la piraterie et l'illégalité d'un nombre incalculable de trafics avaient pris une telle ampleur qu'envoyer un brick aurait suscité l'hilarité des hors la loi.

Malheureusement pour ces brigands, l'escadre de la Royal Navy présente déployait d'autres moyens autrement plus convaincants. En sus, elle avait été rejointe ces derniers mois par une seconde escadre, plus petite mais également plus rapide et plus furtive que les Vaisseaux de 64 canons, le Phantom Squadron, mené par le Commander Mc Namara.

L'information de l'arrivée à quai de la frégate de 12 fit rapidement le tour des dirigeants de l'île, qui s'empressèrent de convoquer Huntington pour onze heure. Ils avaient besoin d'un certain pour se préparer et "s'occuper des affaires pressantes" — terme officiel pour expliquer la durée de maquillage et de mise en place de leur perruque

Nathan entra dans la pièce précédé par un des nombreux majordome de la résidence du dirigeant de l'île, et s'enquit  des personnes présentes tandis que le majordome l'introduisait.

- Sir Huntington, Rear-Admiral des Defen...
- Oui, oui, merci. Vous pouvez nous laisser, coupa le Gouverneur. Asseyez vous donc ici, Sir.

Le Gouverneur de Kingston et de la Jamaïque, le Commandant de la garnison présente, trois hommes qui lui étaient inconnus. Tandis qu'il contournait la table en passant derrière le gouverneur pour aller s'assoir, Nathan aperçu le visage des deux hommes qui tournaient le dos à la porte. Oh, ce cher Gregory Rooke. Enfin un visage amical parmi ces froids bureaucrates.

L'homme à la droite de Sir Rooke n'était pas inconnu à Huntington, mais il n'arrivait pas à mettre un nom sur ce visage. Ce en fut qu'au bout de quelques minutes qu'il percuta qu'il s'agissait du second de Grégory, le commander Follet.

Le Gouverneur ayant fini ce que l'entrée avait interrompu, il s'adressa directement aux deux membres des DotC.
- Deux choses importantes. Ou plutôt trois, mais deux vous concernent plus précisément.
La première, et certainement celle vous touchant le plus, est que j'ai été informé il y a trois semaines que la construction de deux Vaisseaux aux chantiers de Deptford Dockyard arrivent à leur fin. Un des deux est même certainement terminé à ce jour.


- Quel est donc le lien entre cette information et notre escadre ? demanda Rooke. La Royal Navy en possède plus d'une centaine aux dernières nouvelles.

- J'y arrive. Ce n'était pas forcément planifié comme cela lors du lancement du HMS Conqueror et du HMS Vanguard, mais à l'heure d'aujourd'hui, ces deux bâtiments sont maintenant prévu dans les plans des hautes instances pour opérer dans les Caraïbes. Vous savez que les français ont commencé déjà à envoyer ici une puissance de feu majeure. La Royal Navy ne pouvait donc pas rester simple spectatrice.

La seconde chose, d'ordre plus générale, est que les guerres espagnoles comptent une fortune à la Couronne. Et quelques instances décisionnaires savent que les Caraïbes sont en quelque sorte une véritable fortune, à condition de l'exploiter correctement.

Ce qui amène la troisième information. La décision d'octroyer deux Vaisseaux de Ligne aux forces de la Royal Navy dans les Caraïbes a un but caché, derrière celui de la domination des mers turquoises : pouvoir ensuite avoir le monopôle sur la régulation du commerce et les arrestations des contrebandiers, flibustiers et aux vermines.
Car ne nous voilons pas la face : la valeur ainsi récupérée s'élève à des sommes astronomiques. Et tout ce que nous récupérons en sus, est toujours ça de pris directement aux Français et aux Espagnols.
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MessageSujet: Re: Sir N. Huntington, Officer of his Majesty Royal Navy.   Mer 20 Aoû 2014 - 9:49

13 Août 1714, Rade d'Aruba.

Le 13 Août 1714, Onze heures et demies.

Nathan Huntington était assis derrière le bureau de sa cabine et venait d'ouvrir un livre de bord flambant neuf. Le cuir de la couverture craqua à nouveau lorsqu'il pris appui pour inscrire en haut de la première page la date et l'heure.

Nous quittons Aruba pour rallier les forces principales des Defenders of the Crown.

Pas de cap, pas de destination précise. Huntington avait posé la plume dans l'encrier pour se tourner vers les fenêtres de sa cabine qui offraient une vue imprenable sur l'île d'Aruba. Le livre de bord n'allait pas s'envoler, mais le panorama ne serait plus le même pour un temps indéterminé. Les ordres de l'Amiral Fox n'étaient pas précis, ce dernier ayant pris grand soin de rester évasif sur les délais de regroupement de l'escadre et des suites à venir.
Pour l'instant, le navire s'élançait vers l'Ouest Sud-Ouest pour arriver au large, prenant lentement de la vitesse.

Huntington ferma le livre de bord et alla le replacer sur une des étagères fixée à la cloison de sa cabine. Avant de le poser, il fixa la première de couverture quelques secondes : entre ses deux pouces brillait encore en lettres dorées le nom du Vaisseau : HMS Vanguard..

Il était entré dans le port d’Aruba une semaine auparavant, comme convenu. La prise de commandement, exceptionnellement, ne s’était pas déroulée dans un port de Sa Majesté, mais dans l’une des Trois bataves. Plaque tournante entre les forces de la partie Est des Caraïbes et les rares escadres britannico-bataves naviguant dans la zone Ouest, les colonies d’Aruba, Bonaire et la petite cité de Curaçao apparaissaient comme idéalement placées.
De toutes façons, il était impensable de faire naviguer seul, sans escorte et avec un équipage incomplet et sans vrai commandant un bâtiment de la Royal Navy tel que le HMS Vanguard. Trop de risque de tomber sur une flottille entière des Rois de France ou d’Espagne.

Lors qu’il quitta le bord du HMS Surprise pour la dernière fois, Huntington en eu le coeur serré. Le prologue de son histoire avait été écrit à la barre du HMS Fearless, mais les premiers vrais chapitres avaient vu le jour sur le pont de la Frégate.
L’Opération Mer Propre avec une capture et de multiples tirs échangés, la Bataille du Golf puis la chasse du Vaisseau de 68 canons français du Commandant Davis ou encore la capture du célèbre Achéron du Commandant Lafayette au large de Belize et de Caye Mujeres.
Des Faits d’Arme que l’Histoire associera plus tard au nom du HMS Surprise ainsi qu’à celui de la Royal Navy.

Mais Il était là.

Huntington se souvenait de ses premières impressions en découvrant déjà au port d’Aruba sa Frégate qui dominait ce jour là les autres navires à quai.
Mais aujourd'hui, à coté du HMS Vanguard, aucun navire présent dans la rade n’était comparable.
Le HMS Argo était en mission loin de là tout comme le HMS Conqueror de Sir Rooke, tandis que le Ferrailleur, le Soleil-Royal et la Louve naviguaient à des positions inconnues de la Royal Navy.
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MessageSujet: Re: Sir N. Huntington, Officer of his Majesty Royal Navy.   Mar 2 Sep 2014 - 22:00

Une fois au large d'Aruba, Huntington mis ses premières impressions trop subjectives de coté. Il savait qu'il ne devait pas se laisser submerger par l'élégance d'un tel navire de près de trois mille tonneaux ainsi que par les prouesses techniques des ingénieurs navals ayant rendu vivant un tel projet. Et ce sans compter le tout relatif luxe qu'offrait aux officiers un navire de cette importance.
(Beaucoup de nobles auraient trouvé la cabine du commandant digne d'une chambre de servante, mais Huntington, ayant navigué sur un Senault armé, appréciait le large espace et surtout la grande surface vitrée de sa cabine.)

Il avait prévu avec les autorités du port la mise à sa disposition d'une maquette de navire espagnol, grossièrement réalisée à l'aide des chutes de bois  inutilisables, afin de s'offrir un simulacre de tirs et de manœuvres avant de potentiellement rencontrer Français, Espagnols ou même pirates.

Pour se rendre sur les lieux, le HMS Vanguard devait contourner une bonne partie de l'île d'Aruba.
Le trajet sera suffisant pour apprécier grossièrement la manœuvrabilité, les changements de cap et les virées de bord ou encore la vitesse bien réelle de ce monstre des mers, avait-il conclu à ses officiers.

Le premier bilan fut mitigé.
Autant la manœuvrabilité fut une agréable surprise par rapport aux données théoriques, autant la vitesse de croisière réduite s'avéra pire que ce que le Commandant du HMS Vanguard redoutait.
Malgré une voilure plus grande, il était impossible pour le vaisseau de se mouvoir comme sa prédécesseur.

Voila une fâcheuse nouvelle … analysa-t-il. Mais il doit bien y avoir un moyen de contourner ce soucis de vitesse.

De la même manière qu’il avait adapté ses tactiques et stratégies aux caractéristiques de sa frégate, il allait devoir changer ses habitudes et sa façon de mener les combats, afin d’exploiter pleinement les capacités du HMS Vanguard et de ne pas se retrouver en position défensive.

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