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 Sir N. Huntington, Officer of his Majesty Royal Navy.

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Nathan Huntington
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MessageSujet: Re: Sir N. Huntington, Officer of his Majesty Royal Navy.   Mer 20 Aoû 2014 - 9:49

13 Août 1714, Rade d'Aruba.

Le 13 Août 1714, Onze heures et demies.

Nathan Huntington était assis derrière le bureau de sa cabine et venait d'ouvrir un livre de bord flambant neuf. Le cuir de la couverture craqua à nouveau lorsqu'il pris appui pour inscrire en haut de la première page la date et l'heure.

Nous quittons Aruba pour rallier les forces principales des Defenders of the Crown.

Pas de cap, pas de destination précise. Huntington avait posé la plume dans l'encrier pour se tourner vers les fenêtres de sa cabine qui offraient une vue imprenable sur l'île d'Aruba. Le livre de bord n'allait pas s'envoler, mais le panorama ne serait plus le même pour un temps indéterminé. Les ordres de l'Amiral Fox n'étaient pas précis, ce dernier ayant pris grand soin de rester évasif sur les délais de regroupement de l'escadre et des suites à venir.
Pour l'instant, le navire s'élançait vers l'Ouest Sud-Ouest pour arriver au large, prenant lentement de la vitesse.

Huntington ferma le livre de bord et alla le replacer sur une des étagères fixée à la cloison de sa cabine. Avant de le poser, il fixa la première de couverture quelques secondes : entre ses deux pouces brillait encore en lettres dorées le nom du Vaisseau : HMS Vanguard..

Il était entré dans le port d’Aruba une semaine auparavant, comme convenu. La prise de commandement, exceptionnellement, ne s’était pas déroulée dans un port de Sa Majesté, mais dans l’une des Trois bataves. Plaque tournante entre les forces de la partie Est des Caraïbes et les rares escadres britannico-bataves naviguant dans la zone Ouest, les colonies d’Aruba, Bonaire et la petite cité de Curaçao apparaissaient comme idéalement placées.
De toutes façons, il était impensable de faire naviguer seul, sans escorte et avec un équipage incomplet et sans vrai commandant un bâtiment de la Royal Navy tel que le HMS Vanguard. Trop de risque de tomber sur une flottille entière des Rois de France ou d’Espagne.

Lors qu’il quitta le bord du HMS Surprise pour la dernière fois, Huntington en eu le coeur serré. Le prologue de son histoire avait été écrit à la barre du HMS Fearless, mais les premiers vrais chapitres avaient vu le jour sur le pont de la Frégate.
L’Opération Mer Propre avec une capture et de multiples tirs échangés, la Bataille du Golf puis la chasse du Vaisseau de 68 canons français du Commandant Davis ou encore la capture du célèbre Achéron du Commandant Lafayette au large de Belize et de Caye Mujeres.
Des Faits d’Arme que l’Histoire associera plus tard au nom du HMS Surprise ainsi qu’à celui de la Royal Navy.

Mais Il était là.

Huntington se souvenait de ses premières impressions en découvrant déjà au port d’Aruba sa Frégate qui dominait ce jour là les autres navires à quai.
Mais aujourd'hui, à coté du HMS Vanguard, aucun navire présent dans la rade n’était comparable.
Le HMS Argo était en mission loin de là tout comme le HMS Conqueror de Sir Rooke, tandis que le Ferrailleur, le Soleil-Royal et la Louve naviguaient à des positions inconnues de la Royal Navy.
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Nathan Huntington
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MessageSujet: Re: Sir N. Huntington, Officer of his Majesty Royal Navy.   Mar 2 Sep 2014 - 22:00

Une fois au large d'Aruba, Huntington mis ses premières impressions trop subjectives de coté. Il savait qu'il ne devait pas se laisser submerger par l'élégance d'un tel navire de près de trois mille tonneaux ainsi que par les prouesses techniques des ingénieurs navals ayant rendu vivant un tel projet. Et ce sans compter le tout relatif luxe qu'offrait aux officiers un navire de cette importance.
(Beaucoup de nobles auraient trouvé la cabine du commandant digne d'une chambre de servante, mais Huntington, ayant navigué sur un Senault armé, appréciait le large espace et surtout la grande surface vitrée de sa cabine.)

Il avait prévu avec les autorités du port la mise à sa disposition d'une maquette de navire espagnol, grossièrement réalisée à l'aide des chutes de bois  inutilisables, afin de s'offrir un simulacre de tirs et de manœuvres avant de potentiellement rencontrer Français, Espagnols ou même pirates.

Pour se rendre sur les lieux, le HMS Vanguard devait contourner une bonne partie de l'île d'Aruba.
Le trajet sera suffisant pour apprécier grossièrement la manœuvrabilité, les changements de cap et les virées de bord ou encore la vitesse bien réelle de ce monstre des mers, avait-il conclu à ses officiers.

Le premier bilan fut mitigé.
Autant la manœuvrabilité fut une agréable surprise par rapport aux données théoriques, autant la vitesse de croisière réduite s'avéra pire que ce que le Commandant du HMS Vanguard redoutait.
Malgré une voilure plus grande, il était impossible pour le vaisseau de se mouvoir comme sa prédécesseur.

Voila une fâcheuse nouvelle … analysa-t-il. Mais il doit bien y avoir un moyen de contourner ce soucis de vitesse.

De la même manière qu’il avait adapté ses tactiques et stratégies aux caractéristiques de sa frégate, il allait devoir changer ses habitudes et sa façon de mener les combats, afin d’exploiter pleinement les capacités du HMS Vanguard et de ne pas se retrouver en position défensive.

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MessageSujet: Re: Sir N. Huntington, Officer of his Majesty Royal Navy.   Jeu 11 Sep 2014 - 9:56

21 Août 1714, au large de toute île des Caraïbes.

La nouvelle n’était pas encore arrivée au sein des Caraïbes, mais voila trois semaines que la Reine d’Angleterre, d’Écosse et d’Irlande (puis Reine de Grande Bretagne et d’Irlande) Anne avait été vaincue par la maladie, laissant orphelin tout un royaume jusqu’à sa succession par le Roi Georges Ier.

Non affecté par une nouvelle dont il n’avait pas connaissance, le HMS Vanguard faisait route au nord-ouest par l’ouest, rythmant la vie à bord par la cloche du changement de quart.

La violente tempête rencontrée peu après l’éloignement des ports Bataves n’avait que peu endommagé le gréement : juste quelques pans de la voilure, hauts situés sur les mats et non rentrés à temps, présentaient des déchirures éparses. Rien s’insurmontable pour le maître-voilier,son second et leurs deux aides-voiliers.
Ayant à charge les deux mille cinq cents mètres carrés de voilure, ils pouvaient s’estimer heureux qu’Huntington ait préféré la prudence à la volontés d’avancer coûte que coûte malgré la météo déchainée.

La mer s’était calmée au levé du soleil, en même temps que l’obscurité avait progressivement disparue. Le soleil s’était imposé et les nuages avaient rejoint d’autres horizons.
Lorsque la vigie annonça : Voile pirate par tribord avant !

Le lieutenant et l’enseigne de quart rejoignirent alors la proue du vaisseau armés de leur longue vue.

A l’oeil nu, au niveau du pont du navire britannique, le navire pirate était à peine perceptible, trop bas sur l’horizon. A la longue vue, on pouvait apercevoir distinctement la voilure, mais la coque restait masquée.

Le lieutenant releva alors la position de son propre bâtiment, inscrit cette information sur le livre de bord et plaça une marque sur la carte de navigation. Il estima ensuite de manière plus ou moins grossière la position des pirates. En considérant la voilure, sa taille réelle et celle relative vue depuis le navire anglais, il fit un rapide calcul et plaça une seconde marque sur la carte.

Il faut garder le cap actuel. Rapprochons nous pour identifier le navire avant de faire le moindre choix.

Le HMS Vanguard poursuivi sa route en ligne droite pendant près de deux heures avant de pouvoir avoir d’avantage d’information sur le navire pirate.
Il s’agissait d’un senault armé en course, hissant un pavillon classique de la piraterie. Pas de signe distinctif permettant aux marins britanniques de certifier l'identité du capitaine hors la loi.
Habituellement, les pirates n'affichaient leurs couleurs que lors de l'abordage, préférant de loin se cacher pour un pavillon nationaliste pour passer plus facilement inaperçu aux milieux des chiens de berger et atteindre plus facilement le troupeau de navire marchands.
Le pavillon encore hissé du senault, associé au fait que ses sabords étaient encore grands ouverts sur les bords, pouvait laisser penser que les brigands venaient de piller un navire commercial récemment : la voie d'Aruba à Kingston était fortement empruntée par de nombreux convois marchands, et elle croisait la route entre les petites Antilles et le Golf du Mexique, en faisant une zone de passage presque inévitable pour la majorité des commerces implantés dans les Caraïbes.

Les longues vues britanniques pouvaient à présent distinguer les matelots du senault armé qui s'affairaient avec précipitation, mais aussi la raison de l'immobilité de l'embarcation pirate.
Derrière elle se trouvait agrippé un senault marchand qui avait été démâté,  certainement lors de l'attaque des pirates qui s'empressaient maintenant de vider ses cales pour remplir les leurs.

Pilote, orientez nous droit sur eux !

Le vaisseau courba sa trajectoire et aligna les deux embarcations avec sa proue.

Que l'artillerie soit prête, canons chargés et sabords ouverts !

La bataille s'annonçait rudement inéquitable, entre un géant des mers dessiné pour le combat naval et un léger navire taillé pour la vitesse et les missions de course.

Mais avant même que le senault ne soit à portée des pièces de 36 livres, l'équipage pirate eu fini de transvaser les marchandises d'une cale à l'autre et sorti alors pour la voilure avant même de couper les grappins.
À moins qu'ils n'aient décidés d'abandonner les restes au profit de leur propre vie.

Le navire pirate pris rapidement de la vitesse, tandis que les premiers boulets des deux pièces de chasse fendirent l'air.

Le senault pirate arrivait, malgré son imposant butin de pillage, à atteindre une vitesse plus importante que le navire de Sa Majesté. Mais son principal avantage contre ce dernier restait sa capacité à remonter le vent, que le vaisseau de 74 canons ne possédait pas.
De sa position et avec le navire britannique dans son Sud, le navire pirate choisi cette option la plus sûre : s'aligner face au vent pour être certain de distancer son poursuivant. Même si ça avait été possible grâce à sa vitesse bien supérieure à celle du vaisseau, l'option choisie lui assurait un résultat rapide, et la vie sauve.

Peu après, voyant sa proie lui échapper, Huntington décida de stopper la une poursuite inutile et risquant de les entraîner aux abords de repaires pirates disséminés dans les alentours de l'Ile à Vache.

Henry, amenez nous donc sur Kingston. Nous reprenons notre mission initiale.

Le HMS Vanguard vira lentement, effaçant le nord affiché à la boussole pour l'ouest, les servants de canon refermèrent les sabords et l'équipage qui n'était pas de quart retourna se reposer.
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MessageSujet: Re: Sir N. Huntington, Officer of his Majesty Royal Navy.   Jeu 18 Sep 2014 - 20:05

2 Septembre 1714, Zone des récifs de Kingston.

Le HMS Vanguard patrouillait dans la zone depuis à peine 24 heures quand l'imposant drapeau tricolore du Révolution fut aperçu et annoncé par la vigie.

Chebec à trois nautiques, par bâbord avant ! C’est un Français !

Le navire britannique faisait route à l'est, tandis que le Chebec français se dirigeait droit le sur Vaisseau anglais, à son Sud-ouest.

Il était 17 heures dans les Caraïbes, mais le soleil était encore omniprésent. L’affrontement, si toutefois il avait lieu ce coup-ci,  se ferait encore sous le regard de l’astre du jour.

Le branle-bas de combat fut immédiatement ordonné du côté anglais, avec le tumulte habituel des dizaines de marins courant d’un bout à l’autre du navire.
Les gabiers s’élancèrent dans les hauteurs de la voilure, injectant aux matelots sous leur responsabilité les tâches à accomplir.
A l’opposé du navire, dans les ponts inférieurs, les mousses s’activaient à aller chercher la poudre pour les rechargements à venir. Aux cotés de leur pièce attribuée, les servants de canon armaient les soixante-quatorzes pièces d’artillerie du HMS Vanguard, cadencés par leurs chefs de pièce.

Lesdits servants de canon représentaient la plus grande partie de l’équipage en ces temps de guerre : chaque pièce d’artillerie de 36 livres nécessitait ainsi à elle seule 14 hommes pour la faire fonctionner à son potentiel maximum ! Ajoutés aux cent trente soldats à bords, on comprenait rapidement que la fonction principale d’un tel navire était l’art de la guerre navale.

Pilote, dirigez vous droit sur la pointe Jamaïcaine, à l’Ouest - Nord Ouest.

A la barre, le maître pilote s’occupait lui-même des manoeuvres durant les phases de branle-bas. Les dix timoniers sous ses ordres avaient suffisamment de bouteille pour qu’il leur laisse des quarts seuls et sans surveillance, mais pas encore assez de sang-froid à ses yeux pour les responsabilités de l’instant.

Le trois-mâts britannique vira par le Sud puis l’Ouest, avant de redresser sa trajectoire sur un léger Nord Ouest. Durant la manoeuvre, il avait pris soin de virer de bord à l’opposé de son ennemi, en simulant une manoeuvre de fuite. L’identique des réponses marchandes aux agressions pirates ou corsaires. Mais à la différence des navires marchands, qui ne possédaient à bord que quelques légères pièces d’artillerie, le vaisseau britannique était une véritable armurerie flottante.

La consigne courra rapidement sur les deux ponts principaux d’artilleries, ou les canons de 36 et de 18 livres étaient solidement fixés aux sabords.

Aucun sabord ouvert ! Les deux ponts dans le noir !

L’ambiance était pesante dans les deux ponts des batteries. Les hommes se tassaient dans ces espaces clos, attendant impatiemment les prochains ordres de la maistrance, qui transmettait les consignes du Capitaine, seul maître à bord après Dieu. Quelques raies de lumières filtraient par les écoutilles jusqu’au pont inférieur, qui se retrouvait sinon dans la pénombre : avec les barils de poudre ouverts, les gargousses trimballées de proue en poupe et inversement par les mousses, garder les chandelles allumées aurait tenu du suicide collectif.

A l’extérieur, le Chebec français se rapprochait à grands flots. Sur le pont, Huntington s’interrogeait cependant sur les intentions du capitaine français. Un chebec restait un navire extrêmement agressif, mais sa force résidait principalement dans l’effet de meute. Surtout sur une cible aussi grosse que le HMS Vanguard.
Mais en ce moment, le français paraissait parfaitement esseulé, aussi éloigné d’un port allié que l’était Huntington.

Le Chebec s’approcha par tribord, à moins d’une dizaine de mètres de la bordée britannique. A ce moment, les officiers anglais purent identifier formellement l’ennemi : il s’agissait de l’Explorateur de France Barbe Vert, membre des Corsaires de la Maison de France et capitaine du Révolution.

Huntington patienta encore. Le capitaine français pouvait toujours avoir des intentions pacifique, avec une possible reddition. Et il aurait été malvenu de mitrailler à bout portant des marins souhaitant rejoindre la cause de la Royal Navy, et fournir avec eux un navire de plus de deux cent mille piastres, artillerie comprise.

Mais brusquement, l’équipage français se mis à pousser des cris en tentant d’agripper le navire britannique. Le premier lancé fini entre les deux navires dans le creux d’une vague, mais les suivants s’accrochèrent au garde fou du HMS Vanguard.

Les intentions étaient désormais on ne peut plus limpides. Les français pensaient réellement pouvoir aborder seuls, à deux cent hommes seulement, le plus gros bâtiment de la Royal Navy des Caraïbes.

Tandis que les français commençaient à s’arc-bouter pour rapprocher leur bord du HMS Vanguard, la réaction britannique ne se fit pas attendre. Les vingt-neuf sabords de la bordée de tribord s’ouvrirent d’un même mouvement, offrant au maître canonnier et ses deux seconds une cible immanquable.
Relié au vaisseau britannique par une demie-douzaine de cordages, le Chebec venait de parapher la fin de sa carrière.

A l’unisson, vingt-neuf canons déversèrent la mort sur le pont adverse. Le fracas était assourdissant et la fumée envahirent en partie le no man’s land marin séparant les deux navires.
La batterie de 36 livres du pont inférieur était au niveau de la coque du Chebec. Les boulets perforèrent les cloisons fines du navire français, projetant des taillades de bois sur toute la longueur. Certains canons de 6 livres du chebec furent même détruits. A cent mètres, les boulets de trente-six livres étaient capables de traverser près d’un mètre et demi de chêne. Taillé pour la vitesse et l’abordage uniquement, le Chebec ne pouvait encaisser de pareils tirs.
La batterie de 18 livres, plus haute, était quant à elle au niveau que le garde-fou français. Chargée de boulets pleins et non de boulets ramés ou de mitraille, la bordée eu moins d’impact que sa grande soeur, certains boulets frôlant le Révolution sans le toucher.

Les deux navires, toujours arrimés l’un à l’autre, continuaient d’avancer. Le vent et la vitesse aidant, la fumée des tirs ne cacha pas longtemps la vue d’un navire à l’autre. Et quelques instant plus tard, une seconde série de détonations figea l’air. Plus sèches, elles venaient des hunes et des gaillards d’avant et d’arrière : les cent trente soldats venaient de porter le coup de grâce en faisant pleuvoir plus d’une centaine de balles de plomb sur les survivants.

Sur le pont du Révolution, l’atmosphère était indescriptible. Les cadavres s’entremêlaient avec les matelots mutilés. Les cris des agonisants avaient du mal à être couvert par les bruits des vagues et du vent dans la voilure.
La coque était à présent percée de toutes parts, offrant aux matelots anglais une vision d’horreur sur les dizaines de marins criblés d’échardes de bois issues des planches de la coque, quand ils n’avaient pas été directement touchés par les boulets. Un des français avait reçu en plein thorax le boulet de 36 livres, faisant littéralement exploser celui-ci à l’impact. Mort sur le coup, le pauvre homme n’avait pas eu le temps de se rendre compte que ses jambes étaient désormais à plus de deux mètres de sa tête.

Huntington s’interrogeait toujours. Que pensaient donc faire les Français ? Quelle idée avait donc germée dans l’esprit de leur capitaine ? Avait-il réellement pensé aborder un Vaisseau seul ?
Huntington restait perplexe sur cette situation étrange. Il lui manquait toujours une pièce du puzzle pour démystifier cette énigme.
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MessageSujet: Re: Sir N. Huntington, Officer of his Majesty Royal Navy.   Sam 20 Sep 2014 - 21:30

3 Septembre 1714, Port d’Aruba.

L’aube n’était pas encore là. La nuit était sombre, la lune étant occultée par les nombreux nuages dominants le ciel.

Le HMS Vanguard avait rejoint Kingston avec sa prise forcée et n’avait pas quitté son amarrage depuis.
La prise, fortement endommagée, n’avait pas rapporté autant qu’un chebec en état de naviguer l’aurait fait.

Mais pour Huntington, l’essentiel était d’abord la préservation des hommes. Les planches de bois pouvait s’acheter quand n’importe quel port ou chantier naval digne de ce nom, tandis que les marins expérimentés ne courraient pas les rues.
Quasiment aucun matelot libre des Caraïbes, prêt à s’enrôler à bord d’un navire, ne valait les hommes formés sur le Vieux Continent. Et cela s’amplifiant encore plus quand on se penchait sur les officiers et sous officiers.

Lors de son casernement à Kingston, l’équipage était logé dans des grands bâtiments militaires sur terre, tandis que le quart utilisé en mer se transformait en une sorte de garde à bord du navire. Ainsi, si le besoin de lever l’ancre rapidement apparaissait, une partie de l’équipage était déjà à bord pour mettre en route les premières manoeuvres le temps que le reste de l’équipage embarque.

L’enseigne de vaisseau tambourina fortement à la porte du logement qu’occupait le Rear-Admiral au sein du quartier de l’État-major.
L’information était arrivée dans la première moitié de la nuit, par le biais d’un corvette légère du service de messagerie de Sa Majesté dans les Caraïbes.
Au Sud-Est, l’équipage du rapide navire avait aperçu au loin un combat naval, opposant entre autres un Grand Chebec hissant le White Ensign. Le capitaine rapportait la présence d’un navire pirate sur chaque bord du navire anglais, un chebec et un second navire non identifié entre un chebec et un grand chebec.

Trop peu armée pour l’alléger et gagner quelques noeuds de vitesse, la corvette avait préféré filer toutes voiles dehors à Kingston en priant pour y trouver des navires de la Royal Navy à quai.

Le Second d’Huntington avait été réveillé en premier, son logement se trouvant plus près de l’entrée que celui de son supérieur et ami. Celui-ci avait alors stoppé l’enseigne de vaisseau pour lui dire de ne réveiller le Pacha qu’au dernier moment, quand le HMS Vanguard serait prêt à lever l’ancre. D’ici là, il s’occuperait de la supervision.

Vingt minutes plus tard, le Vaisseau se dirigeait sur la sortie de la rade.

Cap au Sud-Est ! Et que les vigies ouvrent leurs yeux, et les deux, pour ne pas passer à coté de ce que nous cherchons !

Neuf heures de navigation. Neuf heures à scruter l’horizon sans discontinuer, sans même savoir si le navire anglais pris dans l’escarmouche était toujours à flot.

C’est à la dixième heure de navigation, alors que le soleil avait dépassé son zénith, que l’un des lieutenants hurla.

Voile droit devant ! Voile sur l’horizon !

L’attention des officiers présents sur le pont se concentra sur la voilure qui venait de percer l’horizon. A la distance où le navire se trouvait, une identification était tout simplement impossible. Et cette incertitude ne faisait qu’alourdir l’atmosphère à bord du Vaisseau britannique.
Il était possible que la voile aperçue ne soit qu’un simple navire de commerce, chose banale en cette fin d’été avec toutes les récoltes à transporter.

De longues minutes plus tard, deux autres voiles furent en vue, légèrement à l’Est et semblant plus loin que la première.

Trois navires. Un premier chassé par deux autres. Voila qui collait possiblement à la situation décrite par le Capitaine de la corvette. Si le Grand Chebec anglais avait réussi à amorcer une fuite, les deux pirates n’auraient certainement pas laissé filer une telle proie et auraient engagé la poursuite pour rattraper le navire blessé avant qu’il ne regagne sa tanière de Kingston.
Les navires de la Royal Navy étaient, depuis quelques mois et notamment les dernières victoires contre français et espagnols, devenu des trophées de premier rang pour tout capitaine arrivant à en aborder un.

White Ensign ! C’est un Chebec de la Royal Navy !

Le grand chebec, maintenant identifié, avait l’air particulièrement touché. Le garde-fou avait volé en éclat sur les deux bords sous les impacts de mitrailles, la coque paraissait anormalement aérée tandis que plusieurs parties de la voilure étaient déchirées.
Mais heureusement, aucun mât n’avait été endommagé, et le navire arrivait tant bien que mal à tenir à faible distance les deux navires pirates qui le pourchassaient. Rester hors de portée de ses pièces de chasse était tout ce qui importait, afin de s’assurer que le gouvernail ne puisse être touché.
Si un boulet l’endommageait, cela signait la perte du navire britannique, qui ne pouvait résister à un contre deux, qui plus est avec un équipage diminué.

Sur le HMS Vanguard, les servants de canons s’activaient pour mettre en batteries les cinquante-huit pièces d’artilleries de trente-six et dix-huit livres. Les pièces de huit livres, de trop petit calibre, n’avaient pas une portée suffisante pour la situation.
A contrario, les pièces de trente-six livres pouvaient toucher leur cible à près de deux miles marins, soit plus de trois kilomètres et demi !

Henry William Paget rejoignit alors Huntington sur le gaillard d’arrière, à proximité de la barre et du maître pilote.

Le grand chebec a été identifié Capitaine, il s’agit du navire du Commander Captasus. Les deux poursuivants sont bien un grand chebec et un chebec pirate, mais ils n’ont aucun signe distinctif visible.

Nous n’avons pas besoin de savoir de qui il s’agit. Notre puissance de feu leur montrera qui nous sommes en revanche.

Le plan de Huntington était simple. Se placer entre le chassé et ses chasseurs, et imposer la puissance de son navire pour dissuader ces derniers de tenter toute attaque sur le HMS Renaissance.

Alors que le grand chebec britannique approchait, le Vaisseau hissa son message grâce aux pavillons codés.

Go to harbor, no back off.

Le HMS Renaissance passa à babord de Huntington, qui fit s’écarter légèrement sur tribord le HMS Vanguard afin de mieux virer sur bâbord par la suite. Le vaisseau releva ses voiles, n’utilisant que son inertie pour finir sa manoeuvre.
Il était maintenant placé à la perpendiculaire de la trajectoire des pirates, lui permettant d’utiliser l’ensemble de son artillerie de tribord quand les deux navires pirates n’avaient que leurs pièces de chasse pour ouvrir le feu droit devant eux.

Le HMS Vanguard ouvrit le feu dès qu’il fut en position, afin de ne pas laisser le temps aux pirates de changer de trajectoire.
La bordée fut tirée alors que les files se trouvaient à plus de mille mètres du coup de feu. A cette distance, impossible pour les artilleurs et chefs de pièce de savoir si leur coup avait atteint leur but.

Mais immédiatement,  le plus avancé des deux chebecs pirates infléchit sa route vers l'Est. Rester dans la ligne de tir d'un vaisseau de ligne aurait effectivement tenu de la folie pure, voire de l'inconscience totale.

À bord du HMS Vanguard, la voilure avait de nouveau été ressortie afin de remettre rapidement en mouvement le lourd bâtiment. Même s'il était encore hors de portée des canons de 6 livres pirates, Huntington ne voulait prendre aucun risque.

Lorsque le chebec du commander Captasus était passé à proximité, Henry William Paget avait pu détailler d'avantage les avaries visibles de son allié qu'il venait de sauver.
Hormis quelques trous dus au des boulets pleins "standards", la majorité des impacts relevaient de tirs de mitraille. L'objectif des pirates avait été de réduire au maximum l'équipage britannique afin de la aborder avec le moins de perte possible dans leur camp. Car comme pour les marines royales, voire encore plus, la piraterie connaissait également d'importants soucis de recrutement.

Remis en mouvement, HMS Vanguard pris la suite du HMS Renaissance tout en surveillant les deux navires pirates. Ces derniers gardaient leurs distances, mais restaient toutefois assez proche des navires britanniques.

Ce n'est que trois bonnes heures plus tard, constatant que le HMS Vanguard s'interposait toujours entre eux et leur proie affaiblie que les deux pavillons noirs changèrent radicalement de cap. Certainement pour se diriger vers des navires marchands beaucoup plus dociles.

Cet affrontement, associé au combat contre le chebecs français et la chasse du Senault Armé pirate de la semaine précédente, illustrait parfaitement la situation des Caraïbes et surtout le positionnement des Vaisseaux dans les combats des mers tropicales.
La chasse à la piraterie et aux petits trafics n'étaient pas leur mission. Ils étaient là pour asseoir la domination de la Royal Navy dans ces eaux, en écrasant les flottes des marines Royals françaises et espagnoles, coalisées ou indépendantes.

Selon les registres de Kingston et le Journal de bord du HMS Vanguard, les deux navires de Sa Majesté furent amarrés au matin du 4 Septembre 1714.

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MessageSujet: Re: Sir N. Huntington, Officer of his Majesty Royal Navy.   Lun 22 Sep 2014 - 20:29

4 Septembre 1714, Capitainerie de Kingston.

Bien que théoriquement plus rapide que son grand frère le HMS Vanguard, le HMS Renaissance n’arriva à Kingston que peu de temps avant le vaisseau du Rear-Admiral Huntington.
Endommagé, et surtout avec un équipage réduit, les conditions de navigation étaient loin d’être optimales.

Une fois à quai, le Commander Captasus pensait pourtant avoir devant lui une période de répit. Quelques jours pour récupérer de ses derniers jours éprouvants en mer.
Mais bien mal lui en prenait, car à plusieurs jours de navigation de la Jamaïque, les forces de la coalition Franco-Espagnole avaient déjà entamé des escarmouches avec les premiers navires de la défense hollandaise.

Autre phénomène incompris de la part d’Huntington, après la manoeuvre réalisée par le chebec français quarante-huit heures auparavant, l’incroyable capacité de communication et d’information des Gouverneurs britanniques des Caraïbes se révélait d’une étonnante efficacité.
Les sommes considérables investies dans les services de renseignement apportaient régulièrement leur retour sur investissement : en cette nuit du 4 au 5 septembre 1714, un cotre s’amarra dans une partie reculée du port, sous la surveillance des gardes anglais.
Deux hommes en descendirent pour se presser en direction de l’unique bâtiment allumé à toute heure de la journée comme de la nuit : le centre des opérations de la Royal Navy au sein des Caraïbes.
Un endroit très surveillé, où presque la totalité des informations concernant les positions des flottes ennemies et pirates se rejoignaient pour être tenues à jour sur d’immenses cartes.

L’information des deux arrivants était de la plus haute importance : l’imposant trois ponts de 116 canons du capitaine Pierrik venait (il y a plusieurs jours) d’être aperçu en direction de Bonaire et de Curaçao.

Recherché activement par la Royal Navy, désireuse d’éradiquer ce fléau naval, le voilà qui venait de lui-même.

Seulement, il ne venait pas seul. Mais escorté par trois à quatre confréries, dont deux autres vaisseaux de lignes et une nuée de navires rapides de classe Corvette et Chebec.
L’armada franco-espagnole ainsi recensée alignait ainsi les plus lourds navires de ligne avec les navires les plus rapides. Mais aucun navire de classe « intermédiaire », à l’instar des britanniques et leurs nombreuses frégates de 8 et 9 livres.

L’ordre était donné à tout les bâtiments des escadres Defenders of the Crown et Phantom Squadron de rallier les Antilles néerlandaises pour s’unifier aux forces hollandaises déjà sur place.

Le HMS Renaissance et le HMS Vanguard avaient ainsi 36 heures pour refaire le plein de vivres et de munitions, ainsi que d’hommes pour l’équipage de Captasus.

Afin d’accélérer les procédures, les officiers du HMS Vanguard s’unirent aux recruteurs du grand chebec pour doubler la vitesse de recrutement. Le HMS Renaissance avait besoin de 115 nouvelles paires de bras, qui n’allaient pas toutes venir de la réserve de la Royal Navy cantonnée à Kingston malheureusement.

A bord de son navire, le Commander Captasus supervisait les réparations les plus importantes, concernant la coque et l’étrave. Les réparations mineures, comme quelques déchirures de voiles, pouvaient se réaliser en mer durant la navigation jusqu’à Aruba.
En bas de l’écoutille, le quartier maître et le médecin du bord s’occupaient d’optimiser les rations de vivres embarquées.

Au coucher du soleil, il restait une dizaine d’heures aux deux navires de Sa Majesté pour lever l’ancre en direction d’Aruba, puis de Curaçao en fonction de la situation à leur arrivée.

Au sein de la salle des opérations, Huntington relevait sur l’une de ses cartes les positions connues des groupuscules pirates, celles des électrons libres franco-espagnols et les informations rapportées par les renseignement directement de Curaçao-Bonaire.
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MessageSujet: Re: Sir N. Huntington, Officer of his Majesty Royal Navy.   Sam 27 Sep 2014 - 18:45

12 Septembre 1714, Au large à l’Ouest d’Aruba.

Le HMS Renaissance devançait le HMS Vanguard de près d’une journée de navigation. Plus rapide et plus maniable, et surtout moins repérable à des dizaines de nautiques à la ronde par sa taille plus réduite, le grand chebec jouait les rôles d’éclaireur et d’avant-garde pour le vaisseau, paradoxalement au nom de ce dernier.

Huntington avait privilégié une navigation plus longue pour une approche d’Aruba déclarée « sûre » et « discrète », évitant les navires espagnols isolés se trouvant au Nord-Nord-Ouest du port batave.

Il fit mettre en panne à l’entrée de la rade d’Aruba, ne voulant pas rentrer dans l’estuaire du port, trop couteux en temps de manoeuvres.
Son Vaisseau était prêt pour le combat. La poudre et les munitions étaient à bord depuis Kingston, l’équipage au complet et envieux d’en découdre. Il ne manquait qu’une seule chose : des informations fiables et surtout récentes.
Pour y remédier, Huntington se rendit à terre avec son Second et une douzaine d’hommes pour ramer à bord du canot.

Sur le sol batave, les discussions furent brèves, tout comme leur passage dans les rues. Plusieurs rumeurs avaient vu le jour de façon éclair à propos des citoyens britanniques et des flottes de la Royal Navy.
Pourtant sans fondement, ces rumeurs s’étaient propagées et amplifiées à une vitesse folle.

Huntington soupçonnait certaines mauvaises langues de déverser leur amertume de l’absence de la Royal Navy de façon immédiate dans les environs de Bonaire et Curaçao, et surtout le choc de la perte de plusieurs navires hollandais sans la moindre perte franco-espagnole.

Il y avait sur la zone de Bonaire et de Curaçao, à l’arrivée de la Coalition, seulement quelques navires des Denfenders of the Crown en sus des navires hollandais des Witte Tijger.

En infériorité face à la flotte ennemie, et très loin de leur Amiral qui naviguait toute voile dehors depuis Belize, les capitaines Anglais n’avaient pas voulu se sacrifier de manière inutile, préférant jouer le temps.

De l’Ouest arrivaient le HMS Vanguard escorté du HMS Renaissance, mais surtout devaient arriver par la suite les HMS Argo et HMS Spirit of Babylon, escortés par les frégates et les chebecs du Phantom Squadron.

Le message fut transmis à tous les navires britanniques de la zone : Regroupement à l’Est d’Aruba, sans dépasser la longitude de Curaçao.

La flotte de la Coalition avait effectivement contourné Bonaire par le Sud, permettant à certains navires de se ravitailler à Caracas et Puerto Cabella.
Dans cette position, l’Ouest d’Aruba restait libre, ce qui était primordial pour l’arrivée du Phantom Squadron et de l’Amiral des DotC.

De ce fait, et en l’absence du Vice-Admiral Phillips occupé à Aruba avec les dirigeants hollandais, Rooke et Huntington avaient chacun pris la tête d’une flottille pour séparer les forces anglaises présentes en deux groupes.
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MessageSujet: Re: Sir N. Huntington, Officer of his Majesty Royal Navy.   Jeu 2 Oct 2014 - 14:27

18 Septembre 1714, entre Aruba et Curaçao.

Les deux groupes britanniques s’étaient mis en place durant la nuit.
Les corvettes, jouant le rôle d’éclaireurs, avaient signalé l’arrivée des premiers navires espagnols au milieu de la nuit, puis un l’arrivée du V116 au large de Curaçao peu avant l’aube.

Depuis l’arrivée de la flotte coalisée, la majorité des navires vaincus se trouvaient du coté anglo-battaves, et à très grande majorité hollandaise. Hormis celui de Angus Phillips, isolé, tous les navires défaits étaient sous pavillon hollandais.

Certains officiers anglais avaient vivement critiqués les tactiques déployées par les bataves, comparant certaines manoeuvres à un suicide, voir même une trahison.
De l’autre coté, les hollandais, notamment les capitaines abordés ou coulés (mais toutefois rescapés), s’ébrouaient à propos de l’inaction britannique, dont la Royal Navy alignait 5 Vaisseaux de ligne dans les Caraïbes.

Mais aux moments des faits, deux d’entre eux étaient sur le chemin tandis que le HMS Vanguard arrivait tout juste ans la zone des affrontements. Et les deux vaisseaux sur place, ceux de Rooke et Newgate, n’étaient pas de taille pour rivaliser dans un duel à deux contre deux face au vaisseau de 116 canons espagnol.

Au lever du soleil, seuls les espagnols étaient aux alentours de Curaçao. Il n’y avait aucune trace du moindre pavillon français depuis les positions anglaises.

Dix navires espagnols étaient en vue, une équité parfaite avec les deux groupes britanniques cumulés.

A neuf heures dix, le corvette espagnole Black Cat rompis la formation espagnole et vint à portée du HMS Renaissance pour canonner le chebec britannique qui répliqua dans la même seconde.
Le HMS Repulse amorça une approche sur la corvette espagnole, mais celle-ci s’éloigna par l’opposé, contrant la tentative de Westwind.

Quelques minutes plus tard, à neuf heures vingt-six, un groupe complet de navires rapides mis le cap sur le premier groupe britannique, constitué du HMS Vanguard, du HMS Renaissance et du HMS Repulse ainsi qu’un navire hollandais.

Toujours ciblant le HMS Renaissance, la corvette Murdisto tira à nouveau sur le grand chebec anglais, suivie de près par le chebec espagnol Don Julio.

Anticipant les mouvements de la corvette, le Commander Westwind ne se fit pas avoir une seconde fois et réussi à engager la seconde attaquante. Le HMS Repulse balaya le pont espagnol à plusieurs reprises de volée de mitraille, finissant le travail des ripostes du HMS Renaissance.

Quatre minutes plus tard, la frégate britannique était bord à bord de la corvette espagnole, qui abaissa son pavillon et se rendit au Commander Westwind.

Sur l’autre bord du HMS Renaissance, cible privilégiée des manoeuvres espagnoles, les navires rapides espagnols eurent une surprise en sortant des fumées des tirs : le groupe dirigé par le Rear-Admiral Rooke venait d’entrer dans la danse mortelle, amenant de nombreux soutiens aux quatre navires anglo-bataves (bien que deux d’entre eux n’aient pas encore ouvert le feu).

Les navires espagnols reçurent alors des tirs de plusieurs frégates mais réussirent à jouer de vitesse, avant d’être totalement engagés, pour rallier la position du Black Cat endommagé qui soignait certainement ses blessés à l’écart du combat, légèrement au Sud-Est.

Le No Parasan, grand chebec espagnol, voulut faire de même. Mais un boulet tiré depuis le HMS Jade toucha son gouvernail, scellant son sort.

Le navire espagnol se retrouva alors encerclé dans la plus mauvaise des situations, entre les deux Vaisseaux britanniques ayant pris part au combat, le HMS OstIII et le HMS Vanguard.
Sans pitié envers les agresseurs du HMS Renaissance, les deux géants balayèrent le pont espagnol à plusieurs reprises.

Le supplice fut achevé par le Commander Wolfen, qui à bord de la frégate de 9 HMS Arethusa, vint aborder l’espagnol au signal convenu : le HMS Vanguard changea sa Red Insign pour l’habituelle White Insign à l’instant même où il cessa de tirer.

L'Espagne venait de perdre deux navires tandis que 3 autres étaient endommagés matériellement ou humainement, tandis que seul le HMS Renaissance avait été ciblé.

La Royal Navy venait d’envoyer un signal fort, autant à ses ennemis qu’à certains de ses propres alliés qui avaient bafoué son nom et son histoire en critiquant son inaction dans le combat batave.

Parmis les autres navires britanniques ayant participé à ce combat, on retrouve le HMS Freedom et le HMS Fatalitas.


Le HMS Vanguard attaquant le No Parasan devant le HMS Arethusa - Sept. 1714
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MessageSujet: Re: Sir N. Huntington, Officer of his Majesty Royal Navy.   Jeu 2 Oct 2014 - 14:37

25 Septembre 1714, Petites Antilles Néerlandaises.

Après le naufrage de deux des leurs et la contre-attaque menée sur quatre autres navires, les forces espagnoles s’étaient repliées au Sud de Curaçao, hors de vue des corvettes et bricks anglais.

Du coté britannique, plusieurs navires se rendirent au port d’Aruba, tandis que les autres restaient en position à l’Est pour prévenir tout retour.
Le HMS Vanguard profita du court répit pour aller vider ses cales, n’ayant pas eu le temps de le faire depuis l’épisode du chebec français à l’Est de Kingston. D’autres navires comme le [/b]HMS Arethusa[/b] alla récupérer les hommes chargés de ramener à Kingston les navires abandonnés par les Espagnols, tandis que le HMS Renaissance fit un tour par les cales sèches du chantier naval. Tout comme à Kingston, seules les réparations de la coque furent réalisées, le reste pouvant se faire par l’équipage lui-même en mer.

Pendant ce temps, la jonction fut faite avec le HMS Argo de l’Amiral Fox et les navires du Phantom Squadron, enfin arrivés de Belize.

Si l’on ajoutait alors la corvette de 6 livres de l’indépendant David Freerider, les deux flottilles présentent à Aruba représentaient l’intégralité des forces britanniques présentent dans les caraïbes.
Certains hommes pointilleux réfuteraient cette constatation, arquant la présence d’un instructeur pour les nouvelles recrues, mais ne jouant aucun rôle direct dans le conflit naval, il était difficilement comptabilisable dans les calculs des forces nationalistes.

Hormis quelques capitaines absents par obligation pour de longs mois, la flotte de la Royal Navy comptait alors cinq vaisseaux de ligne, quatre frégates et six navires rapides de classe corvette ou chebec.

La flotte se rangea en formation de navigation au Nord-Est d’Aruba quelques jours plus tard et mis le cap à l’Est.

Régulièrement, des corvettes ou des chebecs, plus rapides que les lourds vaisseaux de lignes, faisaient des aller-retour au Sud pour actualiser les informations concernant les déplacements espagnols.

Selon les informateurs des gouverneurs néerlandais, la flotte espagnole s’était regroupée dans l’optique de rejoindre les petites Antilles françaises, sans plus de précision concernant un port en particulier.
Quoi qu’il en soit, l’objectif restait le même : la destruction, ou mieux, la capture, du vaisseau de cent-seize canons du capitaine Pierrik.

D’après les sources de l’Amiral Fox, les forces françaises s’étaient repliées vers d’autres horizons, laissant seuls ses alliés espagnols.

C’était alors l’occasion idéale de combattre les espagnols une seconde fois, afin d’enfoncer la lame un peu plus profondément. La Royal Navy pouvait prétendre à dominer l’Espagne et la France sur les océans, mais n’était pas (encore) en mesure d’affronter une Coalition à elle-seule, sans une aide d’envergure de son alliée la flotte batave.

La flotte britannique, forte de quintes navires, mis le cap plein Est, dans l’optique de coincer les navires espagnols qui avaient pris la même direction sur une route parallèle plus au sud, lorsque les terres s’avançaient au dépend des eaux au niveau de Cumana et Marguerita.

Cependant, les rapides navires placés aux avant-postes signalèrent plusieurs navires français, possédants des caps variés, droit devant la formation anglais.
Dans le groupe repéré se trouvait le Démon des Abysses du capitaine Erlick Thorns, un des trois Vaisseaux déployés par la Marine française au sein des Caraïbes.

A partir de ce moment, les ordres s’inversèrent. L’objectif devenait d’intercepter un (ou plusieurs si possible) navire français, profitant de la distance d’avec les Espagnols pour ne pas affronter les deux flottes en même temps.

Deux français furent alors engagés, tandis que les navires les plus au Nord-Est prirent leurs distances.
Escortant le Vaisseau de Thorns, la frégate de 9 Karkarias fut la première cible des britanniques. Les HMS Renaissance et Arethusa entamèrent les hostilités par de multiples volées de mitraille, avant de laisser la place au HMS Freedom pour l’abordage de la frégate française.

Isolé suite à la perte de la frégate l’escortant, le Démon des Abysses fut la seconde cible des britanniques. Le HMS Parsifal ouvrit alors le feu à de multiples reprises sur le vaisseau français, sans toutefois lui infliger d’avarie suffisante pour le conserver à portée. Les boulets de 6 livres n’étant pas de taille à lutter contre les 70 à 80 centimètres de chêne massif de la coque française.
Le HMS Conqueror fit entrer en jeu son artillerie par la suite, en limite de portée. Certains boulets touchèrent lourdement le vaisseau de 50 canons, mais aucun n’endommagea la direction, permettant au français de conserver son cap vers le port de la Martinique.

Dernière Thorns se profilaient sept ou huit navires de Sa Majesté, tous désireux de rattraper l’Amiral des Frères de la Caraïbes avant son retour à la Martinique.
Mais le vaisseau de 50 canons eu quand même l’assistance de trois grands chebecs, les mêmes qui avaient fui peu de temps auparavant les combats. Les matelots français se servaient des attaches d’amarrages pour lofer les trois navires rapides au lent vaisseau en partie endommagé, afin de lui faire conserver son avance sur ses traqueurs.

La majorité de la flotte britannique pris alors un cap Nord-Est, puis infléchie sa trajectoire vers les colonies britanniques de Montserrat et de Nevis.
Au Sud, deux navires rapides gardaient un oeil sur les mouvements de la flotte Espagnole, pour s’assurer de ne pas entrer dans un étau en se faisant attaquer par l’arrière.
A l’ouest, deux autres navires rapides surveillaient les mouvements de la confrérie supposée être les Corsaires de la Maison de France, après avoir identifié un Vaisseau de 68 canons hissant le pavillon français.

La Royal Navy avait atteint les Antilles et un navires de guerre de la Marine Française, le Karkarias, avait été réduit au silence. Les objectifs avaient beau être remplis, l’Opération n’apparaissaient pas comme un réel succès au moment d’entrer dans le port de Nevis.


Bataille franco-britannique au large des petites Antilles néerlandaises - Sept. 1714.
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MessageSujet: Re: Sir N. Huntington, Officer of his Majesty Royal Navy.   Jeu 23 Avr 2015 - 5:43

Afin de ne pas perdre cette partie de mon RP, je copie ici ma page "Capitaine" le temps de passer la MàJ de vendredi, de façon temporaire.

Huntington a écrit:

Nathan Huntington (9 Sept. 1685, Portsmouth, dans l’Hampshire - 30 Avr. 1772, London) est un aristocrate anglais également officier supérieur de la Royal Navy.
Il est principalement connu pour ses commandements dans les Caraïbes tels que le HMS Vanguard.

Origines.
Nathan Huntington est le seul fils de Georges Huntington, comte de Portsmouth, ville où il est né le 9 septembre 1685, et de Margareth Huntington, née Arrington.
C’est l’ainé de ses deux soeurs cadettes, Charlotte et Victoria.

Il fait ses études à partir de 1698 au prestigieux Eton College, avant d’intégrer le Britannia Royal Naval College dans le comté de Devonshire.
Il y acquiert l'éducation due à sa classe sociale et toutes les spécificités militaires telles que la rigueur, l'honneur et le devoir.

A sa sortie, son père lui obtint un poste d’officier supérieur après de John Leake, fraichement nommé Vice-amiral à son retour victorieux de Terre-Neuve.
C’est sur le HMS Prince Georges de l’Amiral Leake que Huntington participe, peu avant son 19ème anniversaire, à la capture de Gibraltar et à la bataille de Malaga le 25 août 1704, puis à la bataille de Marbella en mars 1705 dont la victoire permet la survie de Gibraltar comme territoire britannique.

Grâce à ses états de service impeccables, associés à l’influence de sa famille, Nathan Huntington aurait pu obtenir rapidement le commandement d’un vaisseau de ligne.
Mais en novembre 1708, il contrarie lors d’un repas officiel l’Admiral of the Fleet en fonction, Sir Cloudesley Shovell. Réfutant une tactique admise comme un dogme par l’Amiral Shovell, Huntington essaya de convaincre sa tablée à propos de son point de vue. Mais l’Amiral Shovell, à l’égo surdimentionné, fit des remarques d’Huntington un affront personnel, et mis tout le poids de sa fonction pour geler toute progression de carrière de l’indésirable.

Nathan Huntington passa plusieurs années (de décembre 1708 à octobre 1712) comme second sur des navires de quatre, cinq et sixième rangs.
Le 18 octobre 1712, il fut envoyé à Portsmouth dans les bureaux de la Royal Navy. C’est à ce poste qu’il mis sur pied son projet : se rendre dans les Caraïbes comme Corsaire de Sa Majesté la Reine Anne, afin de sortir de la zone d'influence de l'Amiral Shovell.

Il mis près de 6 mois à remplir les formalités et à recruter son équipage. L’acquisition du HMS Fearless, une corvette de 6 livres, fut chose aisée compte tenu de la fortune de la famille Huntington.

Carrière dans les Caraïbes.
- Work in progress -


Le HMS Vanguard (Vaisseau de 74 canons) contre une Frégate française - 1715
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MessageSujet: Re: Sir N. Huntington, Officer of his Majesty Royal Navy.   Mer 10 Fév 2016 - 13:56

10 Février 1716, au large de Marguerita.

La flotte des Defenders of the Crown faisait à présent route vers les ports Bataves de Bonaire, Curaçao et Aruba.
Après les derniers combats et les précédentes tempêtes, il fallait réarmer une nouvelle frégate et réparer certains navires.

Avec la Hermandad de Conquistador, les deux flottes se tournaient autour depuis près d'une semaine, jouant à cache cache dans les archipels.  
Alors que les éléments les plus avancés des DotC planifiaient l'abordage d'un navires espagnol, ils avaient finalement reculé à la vue des quatre V74 espagnols, ne pouvant faire le poids tant que tous les britanniques n'étaient pas regroupés.

Au soir du 7 février, les britanniques tentèrent de se replacer au Nord-Est, afin de profiter des vents favorables face aux espagnols. Dans la manœuvre de placement, la frégate du capitaine Feshwood connu un soucis de gouvernail, le clouant sur place.
A bord du HMS Vanguard, Huntington pris la décision de rester sur place pour dissuader les espagnols d'approcher la Frégate immobilisée.
Mais dans la première partie de la nuit, le Vanguard ne pu rien faire face aux nombreux navires rapides espagnols attaquant la frégate. Les chebecs étant trop rapides pour son vaisseau isolé, Huntington se résigna à laisser la frégate sombrer dans les eaux obscures.

Au lever du soleil, le Vanguard commença à mettre le cap sur les autres navires britanniques lorsqu'une frégate espagnole surgit de la brume matinale et ouvrit le feu à trois reprises sur les anglais. LeEl Cadiz, la frégate espagnole, tira avec des boulets enchainés, mais ses tirs imprécis atteignirent d'avantage la coque ou même la mer, sans réaliser de dégâts sur la voilure ou la mâture du Vanguard. Sur les 650 marins britanniques, seuls cinq décédèrent.

Le 8 février au soir, l'escadre britannique, rassemblée autour de l'imposant HMS Ost III, bifurqua au sud pour approcher les vaisseaux espagnols à la seule lueur de la lune. Attaquer attaquer de nuit assurait un fort effet de surprise, même si l'obscurité rendait les tirs d'artillerie plus imprécis.
Les vigies espagnoles remarquèrent cependant le mouvement des britanniques et les quatre vaisseaux espagnols descendirent au sud, en direction du port de Marguerita, puis disparurent derrière une île.

Au petit matin, le HMS Sea Wolf du commodore Wolfen profita de sa vitesse pour aller reconnaitre les positions des navires espagnols. Ses signaux furent bref : "deux vaisseaux isolés, deux chebecs au large".
Il n'en fallait pas tant pour que les commandants britanniques sortent tous leurs hommes de leur hamac.

A bord du HMS Caracara Plancus, l'Amiral Fox mena l'escadre au combat. C'était lui qui devait désigner la cible es attaques pour toute la flotte. Mais tandis qu'il s'approchait des deux vaisseaux espagnols, le El Verdugo du capitaine Pierrik vira de bord et mis de la distance entre lui & le second vaisseau, le El Juez. La cible était donc toute désignée, avant même le premier coup de canon du HMS Caracara Plancus.

Le vaisseau espagnol fut alors touché par de multiples bordées d'artilleries, dont les boulets explosaient tous sur leur passage. Des ponts d'artillerie inférieurs aux hunes, chaque canon britannique avait son objectif désigné. Les puissants canons du HMS Cornwall visèrent en plein dans les sabords, fauchant des douzaines d'hommes avec les terribles éclats de la coque, pendant que les canons plus légers des chebecs & senault s'occupaient de dilacérer la voilure.
Le HMS Vanguard se plaça à bâbord, lança ses grappins et le prépara à l'abordage. Six cents marins britanniques allaient en découdre contre les quatre cents espagnols encore vivants. Mais le El Juez trancha les cordages le maintenant contre le bord britannique et tenta de s'éloigner par tribord.

En tentant de s'éloigner par tribord, le El Juez ne fit que se rapprocher de l'imposant vaisseau du commandant Newgate, qui lui porta le coup de grâce. Au lieu des six cents hommes du Vanguard, ce fut plus d'un millier d'hommes qui s'élancèrent sur le pont espagnol afin d'en prendre le contrôle.
Trois cents marins espagnols y trouvèrent rapidement la mort, tandis qu'une centaine d'autres étaient rejetés à la mer.

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MessageSujet: Re: Sir N. Huntington, Officer of his Majesty Royal Navy.   Ven 19 Fév 2016 - 11:55

Tandis que tous les autres navires espagnols s'étaient repliés cap Sud-Est pour rejoindre la sécurité des batteries côtières de Marguerita, l'escadre anglaise aperçue l'erreur du capitaine Alcantara.
C'était le capitaine du El Cadiz, la frégate qui avait ouvert le feu trois jours auparavant sur le Vanguard.

Pour une raison inconnue des capitaines britanniques, le El Cadiz avait du faire route au Sud-Ouest les dernières vingt-quatre heures au minimum, car il tentait maintenant de rejoindre Marguerita depuis l'Ouest, avec un cap plein Est.
Selon Huntington, il avait du rallier le port de Caracas avant de se rendre compte que le reste de sa flotte se rabattait sur un port différent.

Ce fut les navires de Sir A. Phillips et du capitaine Cudriss qui "préparèrent" le navire espagnol, imposant leur forte puissance de feu au capitaine espagnol.
Avec les nouvelles lois & règles régissant les engagements, l'Amiral Fox n'émis aucun signal concernant un abordage de la frégate.  Mais le capitaine Auditore, certainement trop désireux de rendre justice pour les marins décédés sur le Vanguard et ne voulant pas gâcher le travail des artilleurs du HMS Hamadryad et du HMS Jade, lança quand même l'abordage.
Les britanniques s'emparèrent donc de la frégate espagnole par le biais du capitaine Auditore, tandis qu'Huntington préparait la lettre pour l'Ambassadeur Sir Gascoigne. Il fallait le mettre au courant de ces dernières victoires et l'informer que l'abordage de la frégate faisait suite à l'agression de celle-ci envers le HMS Vanguard, excluant de ce fait toute hypothétique demande d'indemnisation (bien que les Espagnols n'en firent par la suite aucune).

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MessageSujet: Re: Sir N. Huntington, Officer of his Majesty Royal Navy.   Sam 20 Fév 2016 - 21:09

18 Février 1716, au large d'Aruba, à l'Ouest.

Après les victoires dans l'Est des petites Antilles néerlandaises, l'escadre britannique avait décidé de rallier le port d'Aruba. Certains navires avaient besoin de recruter de nouveaux membres d'équipage, d'autres d'effectuer des réparations ou encore de vendre le vaisseau espagnol capturé.
Comparativement aux deux autres, Aruba avait l'avantage de se situer à proximité du détroit de Maracaïbo, lieu de passage important de contrebandiers espagnols : chacun de ses navires pouvait ainsi participer au financement des flottes britanniques lorsqu'ils étaient arraisonnés.

Au soir du 16 février, la vigie du HMS Ost3 aperçu au sud-ouest un vaisseau de ligne battant pavillon français. L'information est très rapidement transmise à l'ensemble de la flotte par l'intermédiaire des petits navires rapides, permettant un regroupement rapide des la plupart des navires à la pointe des falaises, au nord-est de Rio de la Hacha.

Les navires ainsi rassemblés patientèrent l'ensemble de la journée du 17 février, hors de la vue du vaisseau français et de ses potentiels escorteurs. Lorsque le soleil commença à lécher le bord de l'horizon, le capitaine Captasus échoua son grand Chebec et envoya une bonne partie de son équipage en reconnaissance par les terres, tandis que le capitaine Cudriss allait repérer la même crique par la voie des eaux.

Les premières informations indiquaient six navires dans une crique assez large. Il y avait dans un coin, plutôt isolé des autres, un grand Chebec espagnol identifié par les éclaireurs comme celui du capitaine De Castillon.
Séparés, les cinq autres navires faisaient parti de la confrérie des Frères de la Caraïbes. D'est en ouest, les éclaireurs avaient recensé la frégate de huit du capitaine Lerouge, celle du capitaine Lachaume puis celle du capitaine Barthes. Encore plus à l'ouest se trouvait la frégate du capitaine De La Fallière, à proximité de l'Indira, le vaisseau de 64 canons du capitaine Kuskoff.

La crique était certes large à son ouverture, mais n'offrait pas l'étendue du large. A l'intérieur, il serait bien plus compliqué pour les navires légers de manœuvrer pour éviter les tirs ennemis dans l'optique d'un combat. L'amiral Fox décida alors d'envoyer en tête de ligne l'HMS Ost3, afin d'utiliser l'épaisseur de sa coque pour encaisser les boulets de 8 livres des frégates françaises.

L'imposant vaisseau entra donc dans la crique au milieu de la nuit, tous feux éteints en dehors d'une lanterne de poupe pour signaler sa position au HMS Hamadryad qui le suivait.
Pris de court, les français se remuaient sur les quatre frégates pour ne pas se retrouver en face des canons meurtriers du commander Edward. Le vaisseau du capitaine Kuskoff ne pourrait quant à lui éviter les terribles salves.

Si la mer n'avait pas été plate cette nuit la, les marins auraient pu se croire au milieu d'une tempête dévastatrice. Les salves d'artillerie illuminaient la nuit de flashs lumineux, tandis que chaque détonation perçait le silence d'habitude paisible telle de terribles éclats de tonnerre. L'Indira fut secoué lorsque la première bordée de 36 livres transperça de part en part sa coque, puis ce fut au tour de la batterie de 32 livres de viser la mâture. Le mât d'artimon du vaisseau français s'effondra dans l'eau, à l'endroit même où se tenait la frégate Normandie quelques minutes auparavant.
Sur l'autre bord, deux navires français répliquèrent sur le chemin du large. Le Fleur de Lys et le Faucon Noir lâchèrent chacun quelques bordées sur le vaisseau de tête britannique. Mais comme l'avait planifié l'Amiral Fox, une bonne partie des boulets français eut du mal à percer la coque en chêne massif, minimisant les dommages reçus par l'équipage.

Bien qu'endommagé, le navire français tenta de regagner le large, comme venaient de le faire les frégate Normandie, Fleur de Lys et Faucon Noir. Derrière lui, la frégate Charcharias fermait la file à la sortie de la crique. Mais très rapidement, cette dernière pris de la vitesse et dépassa son compatriote et fila au sud-ouest, en direction du port de Rio de la Hacha avec les frégates.

Ne pouvant faire demi-tour dans l'entrée de la crique, le HMS Hamadryad incurva sa trajectoire pour s'occuper du seul espagnol présent. Les rumeurs disaient qu'une rivalité particulière existait entre le capitaine De Castillon et Sir A. Phillips, plus profonde et plus personnelle que la guerre Anglo-Espagnole. L'occasion était ainsi donnée au commandant britannique de prendre l'ascendant sur son rival. Mais trop maniable, le chebec espagnol réussi à s'extirper du piège anglais sans que le vaisseau de ligne ne tire le moindre coup.

A l'extérieur de la crique, le HMS Vanguard attendait que l'oiseau sorte du nid. Endommagé et avec un équipage trop insuffisant, le vaisseau de 64 canons français se retrouva rapidement bord à bord avec le vaisseau de Sir Huntington, dont l'équipage était affamé de victoire.
Cela faisait presque trop longtemps pour les hommes du Vanguard qu'ils n'avaient pas obtenu la reddition d'un navire ennemi directement par leur abordage. Presque trop de temps que leur navire avait le rôle de "préparateur" plutôt que de "finisseur" des abordages. Mais cette nuit la, l'Indira ne pouvait pas leur échapper. Même s'ils devaient pénétrer dans Rio de la Hacha pour faire capituler le capitaine français, la grande majorité de l'équipage n'auraient pas hésité à se jeter dans l'antre ennemie.

Au 19 février 1716, alors que le soleil commençait à dépasser l'horizon, le navire français abaissa son pavillon pour le remettre au R-Adm. Huntington à bord du HMS Vanguard.



Chantiers navals de la Royal Navy sur la Tamise - Londres - Avr. 1720.

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MessageSujet: Re: Sir N. Huntington, Officer of his Majesty Royal Navy.   Mer 9 Mar 2016 - 17:37

3 Mars 1716, au nord d'Aruba.

La flotte de combat de Sa Majesté Charles VI du Saint Empire n'avait plus aucun impact sur la géopolitique des Caraïbes depuis plusieurs mois. Elle ne disposait que de quelques navires éparses, ainsi qu'une compagnie de navires marchands.
Certains diront que l'escadre Witte Tijger était toujours en activité, bien qu'elle soit d'avantage occupée à chassers des pavillons alliés qu'à défendre les ports de leur Roi.

De ce fait, l'alliance anglo-battave n'était défendue face aux franco-espagnols que par l'escadre des DotC et le capitaine Cockney qui naviguait avec elle.
On dénombrait dix Union Jack patrouillant au large d'Aruba et deux autres au port pour des réparations majeures. La dernière tempête avait insi forcée les capitaine Wolfen et Cudriss à regagner le port pour plus d'une semaine.

En face s'était regroupée une véritable coalition de vingt-cinq navires minimum, aperçus par les vigies anglaises. Vingt-trois se trouvaient au nord, tandis que deux navires, dont celui de Jeanne Barthes, avaient fait route au SE pour réparer eux aussi semblait-il. L'importante flotte englobait La Hermandad de Conquistador, La Hermandad del Calamar et les Frères de la Caraïbe.


Les deux camps s'étaient tourné autour pendant plusieurs jours, avant que la coalition prenne l'initiative. A dix navires contre plus de vingt, Huntington n'aurait jamais fait le premier mouvement.

Ils en avaient discuté dix jours avant, au sein des DotC, pour savoir quel capitaine était partant pour le plus gros combat de l'histoire des Caraïbes, imaginant une bataille de deux camps d'une douzaine de navire. Beaucoup étaient prêts à se lancer dans ce genre de combat d'envergure, en sachant que le risque de perdre leur navire était grand mais que la probabilité élevée d'infliger des pertes encore plus grandes à l'adversaire compenserait les pertes.
Cependant, peu d'entre eux y étaient enclin à se lancer face à une flotte de plus de deux fois leur nombre.

C'est le Manus Dei qui ouvrit le bal en se concentrant sur le HMS Vanguard, seul en pointe du dispositif anglais. Le vaisseau de 56 emmenait dans son sillage le Mandibula, un vaisseau de 74 espagnol. Les deux ennemis ciblèrent principalement la mâture du Vanguard, afin de l'immobiliser et ainsi réduire sa défense pour les autres vaisseaux.

Immédiatement après, le Vanguard du subir les tirs d'une frégate et d'un chébec, qui se mirent à viser les deux ponts du navire anglais. Les ennemis commençaient donc à vouloir "préparer" le navire pour l'abordage.
Avec six navires de ligne en face, quatre V74 et deux V56, Huntington savait pertinemment que cette nuit là allait être la fin de l'histoire du HMS Vanguard. Mais ce n'était pas dans ses gênes britanniques de baisser les bras devant l'adversité : il comptait bien montrer à ses ennemis que s'attaquer à un navire de Sa Majesté Georges ne peut rester un acte impuni.

Une nouvelle frégate approcha le vaisseau anglais, le Normandie du capitaine De La Fallièrre. Elle se plaça sur babord, déchargea ses canons de 8 dans la coque du Vanguard et, à la surprise d'Huntington, vint se placer quasiment bord à bord pour amorcer une fusillade !
Ces français ne manquent vraiment pas d'air ! Ils me prennent vraiment pour leur amusement du soir avec leur puissance tellement supérieure !
Les premiers tirs furent tiré du Normandie , mais la riposte anglaise fut un choc pour le capitaine français. Près de la moitié des marins français présents sur le pont à ce moment la s'effondrèrent. La frégate venait, en l'espace de deux minutes, de perdre près d'un quart de son équipage quand sa coque cogna le chêne anglais.

Il n'en fallait pas tant pour que les soldats anglais se ruent à l'abordage du navire français. Comme l'avait toujours ordonné le commandant britannique, ses soldats ne tuèrent point le capitaine français mais n'en firent pas d'avantage un prisonnier. Il eu le choix de rejoindre par ses propres moyens la chaloupe derrière sa frégate, ou d'accepter l'aide que deux costauds lui offraient pour arriver plus rapidement au niveau de la mer.

Ça fait donc du un à zéro messieurs, et ça ne fait que commencer !
Le 56 ! Visez le 56 !


Le HMS Hamadryad mettait le cap droit sur le Manus Dei et Huntington voulait lui aussi "préparer" les abordages anglais. Le Vanguard réussi à tirer sur le vaisseau français malgré sa capacité de manœuvre extrêmement réduite.
Mais alors que Sir Phillips allait arriver, une forte bourrasque venue du nord bloqua le HMS Hamadryad qui du louvoyer pour approcher.


L'écriture de la suite de la bataille est en cours.
Spoil : le HMS Vanguard n'y survivra malheureusement pas ...
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Nathan Huntington
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MessageSujet: Re: Sir N. Huntington, Officer of his Majesty Royal Navy.   Ven 29 Avr 2016 - 8:23

Le Vanguard fit feu de toutes ses pièces à quatre reprises sur le Manus Dei. Légèrement anglés, les tirs de 8 livres, trop légers, ricochèrent sur l'épaisse coque du vaisseau français. Seuls les boulets de 36 traversèrent complètement de part en part l'armature accompagnés des centaines de fragments de bois créés par les boulets de 18 livres. Mais en compensation, le vaisseau français ne pouvait pas riposter, n'ayant pas le Vanguard en face des ses canons.

Tandis que les deux canots de sauvetage de la Normandie ramaient pour sauver leur vie, un nouveau vaisseau de l'alliance franco-espagnole entra dans la danse. Le Mandibula coupa la trajectoire du Vanguard par la poupe et tira une bordée, ne réussissant qu'un tir mitigé, de par la taille moindre se sa cible sous cet angle.

A l'opposé, le Hamadryad était encerclé de toutes parts. Mais Phillips, son capitaine, ainsi que tout son équipage jusqu'au dernier mousse, n'en démordaient pas : ils allèrent jusqu'à agripper et se coller bord à bord avec le Manus Dei alors qu'ils étaient sous le feu nourri de trois navires !
L'El Dungeness, l'Indira et le Typhon déchainaient un consciencieux feu roulant parfaitement continu sur le Hamadryad !

C'est alors qu'arriva la frégate anglaise Harmony, qui tenta de détourner l'attention de l'Indira en ouvrant el feu sur le chebec français. Mais l'imposant surnombre des franco-espagnols était insurmontable. Bien que les deux vaisseaux anglais étaient déjà à deux contre cinq, sans compter la Normandie déjà sur le fond marin, trois autres navires s'occupèrent de sceller le sort de l'Harmony.

Ils n'apprennent décidément jamais de leurs erreurs !

Le clairon des fusiliers embarqué sur le Vanguard retenti presque discrètement au milieu des assourdissantes détonations des artilleries. Professionnels et déterminés, les soldats concernés se massèrent sur le quart bâbord arrière. Mousquets armés et lames au clair, ils attendaient impitoyablement la Santa Isabelle, corvette de six espagnole qui pensait arriver par surprise.

Du coté du Hamadryad, le compte des ennemis était impossible à tenir. Au milieu de la brume et de la fumée des tirs, Phillips avait arrêté de compter ses assaillants pour se concentrer sur le Manus Dei. Seule une recherche future des historiens rapporta la participation du El Baggovout et du Rouge Sang, qui envoyèrent ce jour près d'une dizaine de bordées sur le vaisseau anglais.

Phillips lança l'abordage du Manus Dei une première fois, mais les espagnols résistèrent aux survivants anglais. Ils réussirent même à couper les grappins anglais et à prendre quelques mètres de distance, leur laissant un peu de répit avant un prochain abordage, qui ne faisait aucun doute face à la détermination du capitaine anglais.

Libéré du feu de la frégate anglaise, l'Indira canonna de plus belle de vaisseau anglais, tandis qu'un nouveau grand chebec espagnol répéta à nouveau le transbordement d'hommes à bord du Manus Dei.
D'après Huntington, le vaisseau de 56 espagnol devait sa survie de cette terrible bataille à cet apport à plusieurs reprises d'hommes frais et surtout valides. Au centre des affrontements, les hommes valides devenaient denrée rare.

A l'instant où les grappins de la Santa Isabelle s'enfoncèrent dans le bois du garde-fou, trente hommes se dressèrent et ouvrirent le feu sur le pont de la corvette. Bien plus basse que le vaisseau, l'angle de tir était optimal. cinquante autre se ruèrent à l'abordage à peine le dernier coup de mousquet tiré.
Moins de cinq minutes plus tard, l'élève officier Fitz hurla en direction du Vanguard :

Cela fait deux, Capitaine !

Les capitaines franco-espagnols devaient enrager. Et cela calmait un petit peu l'enragement d'Huntington, qui savait pertinemment l'issue du combat.

Le Manus Dei aligna le Vanguard et repris ses inlassables coups de canons sur le vaisseau anglais, facilitant les approches du Mandibula par l'autre bord.
Mais les marins anglais donnaient leur vie pour protéger le Vanguard, repoussant les espagnols sur leur navire et un bon nombre mort au fond de la mer.

L'héroïque résistance du Hamadryad pris fin avec l'arrivée d'un énième vaisseau. Les marins sous les ordres de Phillips ne purent résister aux puissants coups de canons et à l'abordage qui suivi, décimés par ce combat presque seuls contre tous.

Le pavillon du Vanguard tomba quelques temps après, abordés simultanément par les deux bords, par le Mandibula et le El Segador, un autre vaisseau de ligne espagnol.

C'était la fin d'un Grand des Caraïbes., après dix-huit mois dans ces eaux chaudes.
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